LIV. X, CHAP. XIV
Jésus-Christ vous a placé comme gouverneur du peuple chrétien ; » celle manière dont un homme pour lequel Karl avait une grande vénération lui rappelait précisément dans ce moment les degrés des dignités de ce monde peut avoir produit une impression profonde sur l'Âme du roi. Cette impression peut avoir été d'autant plus grande qu'Alcuin ajoutait : ce En puissance très-supérieur aux autres hommes 9 en sagesse tu brilles plus qu'eux et lu es plus élevé par la magnificence de ton empire. » Cela est dans la nature humaine. Karl calcula sa position, retendue de son empire et la grandeur de ses actions; et dans son âme mûrit la résolution de n'être inférieur à personne. Mais dans l'état des choses et d'après les idées du temps, cette résolution ne pouvait être exécutée que par l'investiture do la dignité d'empereur romain.
Une circonstance particulière, qu'Âlcuin rappela également, se Joignit à tous ces molifs et séduisit probablement encore son esprit. A Constantinople, l'empereur Constantin YI avait élé précipité du tr6ne par sa propre mère Irène, après une longue suite de discordes et de violences, de perfidies et d'intrigues. Il avait élé, de la manière la plus cruelle, privé de la vue ; et dans la nuit et dans la solitude il soupirait après une mort trop lente. Cette mère dénaturée elle-même s'était emparée du trône et régnait avec prudence et avec éclat sur l'empire romain. Une femme, la première qui atteignit un but si grand, était donc en possession de la première dignité temporelle de ce monde : elle y était arrivée par de grands crimes, et, sur le trône d'un empire sans vertu et sans activité, rempli de crimes et de honle, elle prétendait être en même temps Timpéralrice de tous les pays qui avaient Jadis appartenu à Fempire des Romains; par conséquent aussi l'impéralrice de Tempiro soumis au glaive et au nom de Charlemagne. Lui, ce roi puissant, devait-il être placé plus bas dans Fopinion du monde que cette femme? Devait-ii souffrir que des pays qui, depuis quatre siècles, avaient élé conquis et conservés par la bravoure de son peuple fussent toujours considérés à ("onslantinople comme des parties de Tcmpirc romain ? Tout ce qui avait une fois reçu la dénomination de Romain élait-il pour rétcrnité cl comme par une puissance magique attaché à celte dé- Domioatiott ? Était-il donc si difficile de se ren-
dre mattre de la ville éternelle, et avec elle du nom romain ?
A cela s'ajoutait celte circonstance que Karl avait toujours Jusqu'alors porté le titre de pa- Irice romain; la véritable idée qu'à celte époque on se faisait de ce titre ne peut être déterminée avec certitude. Mais vraisemblablement, ce patriciat était toujours considéré comme une dignité accordée par l'empereur. Karl , dans cette opinion, aurait donc été le patrice d'une femme qu'il ne pouvait ni considérer, ni craindre; mais il est facile de comprendre qu'il désira sortir de la position incertaine où il se trouvait à regard de Rome. Il était le défenseur de l'Église romaine et du siège apostolique. Pourquoi devait-il se charger decclledéfensc comme sujet lorsqu*il pouvait être souverain? Pourquoi employer son temps et la vie et la fortune de son peuple pour une ville qui semblait lui être réservée comme une proie digne de lui, qui pouvait lui appartenir avec toutes ses magnificences aussitôt qu'il aurait décidé qu'elle lui appartiendrait? Pourquoi laisser passer de nouveau Toccasion qui se prèsenlait à lui, sans la saisir et sans en profiler? Après l'examen dei toutes ces raisons, on peut croire fermement que Karl-le-Grand, familiarisé peut-être de^ puis longtemps avec la pensée de la dignité impériale, forma, dans les circonstances présentes, la résolution de s'emparer de cette dignilé, bien qu'il soit vraisemblable aussi qu'il n'avait encore pris aucune décision bien netle sur la nature et le caractère de Tcxécution. Mais, comme cela s'était fait anléricurcment, la prudence sacerdotale trompa encore une fois la volonté du roi. L'adresse du pape sut faire tomber l'avantage de son côté ; il introduisit par là dans la vie une relation nouvelle qui dans la suite du temps devint très-malheureuse, particulièrement pour le Teutschland.
Le pape Léon III vint à Paderborn avec une grande suite d'évêques, d'autres ecclésiastiques, et de seigneurs laïques. Le roi , pour le bien recevoir, avait envoyé au-devant do lui d'abord les hommes les plus distingués de son empire, et en dernier lieu son propre fils Pippin. Le roi lui-même reçut le pape avec le plus grand respect et la plus grande bienveillance. Il l'embrnssa de cœur et en versant des larmes, peut-être parcequ'il se rappelait Adrien, l'ami qu'il avail perdu ; ensuite les deux princes restèrent quelques jours ensemble à Pa-
derborn au milieu âe% fètcs de toute espèce. L'histoire, il est vrai, garde le silence sur les guestionsqu'ilspcuventavoir agiiées dans leurs conversations familières; mais il est difUcilo de douter que Karl ne se soit ouvert vaguement au pape sur ses projets et que le pape, tenant pomple du danger où il se trouvait, n'ait promis de contribuer de toute manière à leur accom* plissement. Puis Léon retourna à Rome , accompagné d'un grand nombre d'ecclésiastiques qui étaient venus avec lui d'Italie ou qui s'étaient réunis à Paderborn de toutes les parties de Tcmpire, auprès de Tévèquo apostolique. Il était accompagné en même temps de forces militaires. Il arriva heureusement à Rome et fut sur toute sa roule, comme dans la capitale même, reçu avec la plus grande solennité, soit que Topinion eût changé par rapport à lui, soit qu'on redoutât le courage et les armes de Karl. Karl avait aussi nommé des plénipotentiaires ecclésiastiques et Iaïque8(3), qui devaient sur-le-champ commencer une enquête contre les coupables qui avaient maltraité le pape ou qui étaient accusés do ce crime. Paschalis, Campulus et leurs partisans furent aussitôt mis en prison par Tordre de ces plénipotentiaires. On traita donc dès lors Rome comme si elle avait été sous la suzeraineté du roi des Franks, et il ne résulte pas des traditions de celte époque que cette manière d'agir ait soulevé aucune opposition.
Karl lui-même quitta la Saxe après avoir réglé le mieux possible les affaires de ce pays, et se rendit à Aix-Ia-ChapcIlc. Il y passa l'hiver et reçut de difTôrens côtés des preuves satisfaisantes de sa constante fortune et do la grande eoiisidération qu'il avait acquise au loin comme dans les pays les plus rapprochés; Au printemps de Tannée suivante, 800, Karl se rendit dans les provinces occidentales de son empire, en Gaule, où il était à peine venu depuis de longues années , car il trouvait sa puissance parmi les Teutschs, el son génie le poussait en Italie. Les Gaulois ne semblent pas avoir excité son attention ou avoir obtenu sa considération, mais ils semblent avoir été envisagés par lui comme une race dégénérée qui devait recevoir du Teutschland de nouvelles forces et une vie nouvelle. Il parcourut d'abord la côle septentrionale du pays et prit des mesures sur mer el sur terre pour le protéger contre les Nordmans, car les attaques et les pillages do ces pirates
devenaient d'autant plus dangereux que h lurbulens Bretons ne voulaient toujours pas s'habituer à Tobéissance, et qu'ils veoaientMulement d'y être contraints par lo margrave Wido. Après ces dispositions et d^autres qui semblent prouver que Karl regardait comme possible ou nécessaire une plus longue absence des provinces septentrionales de «on empire, il vint à Tours pour faire ses dévotions sur le tombeau de saint Martin ; il y proloogea son séjour jusqu'au mois de juin parce que saciin quième et dernière femme, Luidgarde, tomba malade et mourut. Il Tensevelil et revint easuite par Orléans et Paris à Aix-la-Chapelle au commencement du mois d'août. Il tint une assemblée générale des Franks à Mayence, et on y résolut sans doute une campagne en Italie; car immédiatement après celte assemblée, Karl commença une expédition au delà des Alpcf. A Ravenne il mit son armée sous les ordres de son fils Pippin et l'envoya vers Bénévent; luimême se rendit à Rome. Le pape alla au-dcvanl de lui et le reçut à Nomento avec de grands honneurs. Les deux princes mangèrent et burent ensembliî *, après le repas, Léon se hâta de revenir à Rome et Karl le suivit le lendemain dans la ville éternelle. On était au 23 novembre de l'an 800. Tout ce que Rome put déployer de magnificence fut mis en oeuvro pour celé' brer cette entrée. Le pape lui-même, enloaré de tout le clergé , se tint sur les degrés qui con* duisent à l'église de Saint-Pierre sur le Vatican. Le roi, revêtu pour la seconde fois du costume romain, monta ces degrés, et tout le clergé ks salua on chantant des psaumes et des actions de grÂces.
Karl se conduisit et fut traité en souveraio de la ville de Rome. Il se montra très-actif «c* Ion son habitude ] la cause du pape était son occupation principale. Il semble que de grandes accusations cl de grandes plaintes furent émises contre Léon; ses effbrls tendirent à détourner du pape les crimes qu'on voulait M^ retomber sur lui, et il semble que ce no fut pas une œuvre facile. Une seule semaine loulefois suffit pour disposer les choses de manière que le but put être convenablement atteint. En ef' fet, sept jours après son arrivée à Rome, Karl rassembla dans l'église de Saint-Pierre les Bt' chevèques, les évoques, les abbés et les aulrci ecclésiastiques qui se trouvaient dans la viil^! ainsi que tous les illustres Franks et Romsii^^
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de Tordre séculier } afin qu'iU prononçaMe»! tous ensemble sur les crimes dont le pape élail accusé. Dos Touverture de la séance, les archevêques, évèques el abbés ûrenl à Tunanimilé celle déclaralion : « Nous n'osons pas Juger le siège apostolique, car il est le cbef de toutes les églises de Dieu, nous-mêmes nous sommes Jugés par lui, lui-même n'est jugé par personne. C'est 1& Tancien usage. » U semble que les mem« bres de rassemblée furent amenés i cette dé« claration unanime par le roi et par Arno, évêque de Saltzbourg-, car Alcuin avait été d'avis qu'on ne pouvait agir que de cette manière, et il avait communiqué cette opinion à Tévêque Arno et au roi. KarU dans celle circonstance, comme dans beaucoup d'autres, avait suivi son conseil.
Après celte déclaration des évêqucs, il ne se montra personne qui os&t appuyer les accusa-* lions portées contre le pape. Aussi Léon dit-il, non sans confiance, qu'il suivait les traces de ses prédécesseurs ; qu'il était prêt à se purger des crimes qu'on avait cbcrché méchamment à faire retomber sur lui ; puis il monta en chaire devant toute l'assemblée, saisit les quatre évangiles et jura à haule voix le serment suivant^ qui parait également remarquable par son contenu et par sa forme : « Il est connu, chers frères, que des méobans se sont élevés contre moi cl m'ont souillé moi et ma vie des crimes les plus odieux i le Irès-gracieux et Irès-illuslre roi Karl s'est rendu dans cette ville avec ses prêtres et ses princes pour faire une enquête sur celle affaire \ pour celle raison, moi Léon, lo premier prêtre de la sainte Église romaine , sans avoir été condamné par personne, sans être contraint par personne, mais déterminé par ma libre volonté, je déclare en votre présence, devant Dieu, qui connaît la conscience, devant ses anges et devant saint Pierre, prince des apôtres, qui a dirigé ses regards sur nous, que je n'ai exécuté, ni fait exécuter les choses honteuses qu'on me reproche; prenant ù témoin Dieu, devant le tribunal duquel nous paraîtrons, en présence duquel nous nous trouvons, et je le fais sans y être forcé par aucune loi, sans prétendre imposer un usage ou une obligalion à mes successeurs ou & mes collégués, les évèques de la sainte Eglise, mais'pour éloigner d'autant plus sûrement de vous tout soupçon défavorable. » A ces mots, les arche- Yèquesi les évèques» les laïques èlevèrcol tous
la voix et remercièrent par 4es actions de grft** cesDieu, la sainte mère de Dieu; Pierre, prince des apôtres , et tous les saints de Dieu ; et ce fût par ces actions de grâces que se termina, autant que les traditions nous le font connaître, celle grande affaire. Léon III resta désormais, sinon sans êlre inquiété, du moins sans être ébranlé, sur le siège apostolique. Mais ses ennemis, Paschalis et Campulus et beaucoup d'autres illustres Romains, furent traduits en jugement ; ils avouèrent dans les tortures les crimes dont ils étaient accusés, et furent condamnés à mort suivant le droit romain. A l'intercession du pape, Karl-le-Grand leur accorda, il est vrai, la vie. On leur épargna aussi toute mutilation, mais Ils furent emmenés en exil au delà des Alpes, dans l'intérieur de l'empire des Franks. Cependant ceci ne se fit que lorsque déjà Karl portait le titre d'empereur, par conséquent lorsqu'il eut été solennellement reconnu souverain de la ville de Rome.
Les documens qui nous sont restés de celle époque no contiennent sur la manière dont Karl arriva à la dignité impériale que les rcnseignemens suivans dont l'importance est médiocre.
Le jour de la naissance de Notrc-Seigneur et Sauveur, le 25 décembre de l'an 800, jour od à celte épo(|uc commençait la nouvelle année 801, Karl se rendit dans l'église de Tapôlre saint Pierre pour entendre la messe. Comme il se tenait devant Tautcl où il s'était mis & genoux pour prier, Léon, le pape, lui plaça une couronne sur la tête, et tout le peuple assemblé s'écria : a Vie et victoire à l'auguste roi Karl, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur. » Là-dessus Karl fut adoré par le pape, selon Tusage des anciens, cl appelé imperator et auguste, sans y joindre le nom de palrice romain.
Voilà le petit nombre d'indications par lesquelles les écrivains ont fait entrer dans l'histoire un aussi grand événement que le rétablissement et le renouvellement de l'empire d'Occident le fut sans doute, ou qu'il pouvait du moins le devenir et qu'il lo devint effectivement dans la suite. Qu'ils aient écrit.dans l'inlérêl du [)ape ou dans celui do l'empereur, ils sont également pauvres et également arides ; car l'énuméralion qu'un écrivain pontifical a fait des présens riches cl variés en or, en argent et en pierres précieuses, que, dit-on, I9
nouvel empereur fit après son couronnement à rÉglisc romaine , n'explique pas le moins du monde la nalure, la marche cl les résultats de Févénement lui-même. On peut tirer tout aussi peu de lumières d'une assertion d'Einhard , conseiller et familier de Karl ^ il prétend « que Karl Tut dans le principe peu disposé à prendre le nom ûHmperaiar et d'auguste-^ que ce Jour même il ne serait pas allé à Téglise, bien que ce fût la plus grande fête des chrétiens , s'il avait deviné Tintention du pape. )>*Mais il est certain et, depuis des siècles, tous les hommes sensés qui ont porté leur attention sur le fait accompli en ce Jour ont reconnu que le renouvellement de Tcmpire d'Occident n'a pu avoir lieu ainsi; que des raisons secrètes durent contribuer À la manière mystérieuse et équivoque dont le couronnement du nouvel empereur fut célébré et que les écrivains ont été décidés par ces mêmes raisons secrètes à n'en pas dire plus qu'ils n'en disent; mais l'explication que l'on donne vulgairement ne suHit pas. On suppose en ctTet que révènement qui se passa le Jour de Noël dans Téglise avait déjà été convenu à Paderborn entre le roi et le pape, et qu'en agis* santavec tant de mystère, on avait pour but de faire croire que le pape avait été poussé à l'acte du couronnement soudainement et comme par une force divine, et que Karl, pour augmenter la considération qu'il devait recevoir do la dignité impériale , montra lui-même pour celte dignité un si grand respect qu'il n'osait même penser à s'en revêtir. Que bien plus, il aurait reculé effrayé, et qu'il n'avait reçu la couronne que par surprise. Mais commenl celle explication des faits pourrait-elle sulîlre ? Elle donne & ce grand roi un r61e dliypocrilc, indigne de lui, et no fait du pape qu'un instrument d*impudence et de mensonge auquel se serait difficilement prêlé un liommc qui occupait le siège de l'apôtre. Quelle raison d'ailleurs aurait décidé Karl à Jouer un rôle si indigne? Aurait-il reconnu devant le monde cl la postérité qu'il était indigne de l'empire qui, ù Gonstantinople, était entre les mains d'une femme intrigante, ou que du moins il n'osait pas réclamer un titre si élevé, bien que ceux qui Tavaient Jadis porté l'eussent plus souvent souillé qu'honoré? Et non sans doute ; ses grandes actions, qui remplissaient déjà toute une génération , n'avaicnt-elles donc fait aucune impression sur le monde? n'avaient -ciies donc excité en lui-
même aucun orgueil ? D'ailleurs , qui ce roi avait-il à ménager? LesFranks, qui Tadmiraient et le respectaient ; les Romains, qui le craignaient et étaient en son pouvoir, ou |icutêtre la cour byzantine, qui probablement n'était détournée d'hostilités ouvertes que parle sentiment de la faiblesse auquel elle ne pouTait échapper ? D'autre part, quel motif aurait pu déterminer le pape à prêter son ministèrt^ à l'hypocrisie, à une vaine déception, et, si cette expression vulgaire était permise, à jouer ainsi la comédie à la face du monde? Sans doute des violences pouvaient être exercées par Tépée du roi sur un prêtre sans armes et sans défense ^ mais il ne pouvait être amené par la terreur à une déception si misérable. Ou bien agit-il par reconnaissance envers un roi qai l'avait aidé à franchir Tabtme qu'on avait ouvert sous ses pieds ? Mais un tel acte de dissimulation ne saurait être justifié aux yeux d'un homme de cœur et n'aurait pas été propre à rendre au pape le respect du monde.
Il est certain que l'opinion vulgaire n>xpiique pas le fait ; une autre opinion, au contraire, semble le faire comprendre.
Nous avons développé les motifs qui rendent vraisemblable que la pensée de rétablir l'empire ne vint pas du pa|)e, mais du roi. Qu'ù Paderborn déjà, Karl se soit entendu à ce sujet avec le pape, ou qu'alors il n'en ait pas encore été question, il n'est pas douteux que Karl vint en Italie et à Rome avec la résolulion de prendre le titre d'empereur. Il s<) peut qu'il n'ait pas encore été bien d'accord avec lui-même sur la manière dont cela devait avoir lieu: ce qu'il peut toulefois avoir voulu positivement, c'est que le pape ne devait pas y prendre une part immédiate, mais n'y contribuer qu'indirectement par son inHuence spirituelle *, car l'empire avait été de toute antiquilé unedignitétemporcl]eet,enmêmotcmps,lcfane des honneurs et de la gloire militaire. C'est sous cette forme qu'il se présentait à l'âme de Karl, comme le prouve aussi ceUo circonstance, que Karl chercha dans la suite à se soustraire entièrement au pouvoir du pape, en plaçant luimême la couronne impériale sur la têlc de son ftls l.udwig, sans que le pape y participât ou le sût d'avance. II pouvait attacher aussi de l'im* porlanceà rendre la puissance temporelle plus indépendante de la puissance spirituelle, et â délivrer désormais sa famille de ces liens avec