FRISONS
f H Après que Karl , dit Einhard , eut pris le titre d'empereur , il remarqua que les lois de son peuple étaient très - incomplètes ; aussi forma-t-il la résolution de combler les lacunes, de faire disparaître les contradictions , d'améliorer ce qui était mauvais et altéré; mais sous ce rapport il se borna à donner aux lois des complémens peu étendus et insuffisans. Toutefois , il ordonna do rédiger par écrit les lois de toutes les nations soumises à son pouvoir qui n'étaient pas écrites. » Il semble résulter de ces paroles qu'au temps de Karl plusieurs peuples avaient encore des lois non écrites ; mais il est difficile qu'à l'exception des Saxons et des Frisons i oo cas se soit présenté chez au-
cun peuple teulsch t pour ce qui est des Frdnki, Einhard dit lui-même qu'ils avaient doux loiti lit loi saliquo et la loi des Ilipuaires qui, dans beaucoup de passages, étaient très-diversci, Mais les Allemanni , les Bavarois et les Thurio* giens étaient déjà réunis depuis trop longlcmpi à l'empire des Franks pour qu'on puisse admettre que , jusqu'alors , leurs lois n'avaient encore nullement excité l'attention des roisei des maires du palais, ou plutôt que les roit et les maires du palais n'aient pas cherché à connaître les anciennes coulâmes Judiciaires et les statuts de ces peuples , et qu'ils ne se soient pas efforcés d'introduire une concordance dans leurs procédures. En conséquence, bien que les lois des Bavarois, des Thuringiens et des Allemanni puissent avoir reçu des ehangemens et des intcrcalalions au temps de Karlle^Grand , il reste très-vraisemblable que leur première rédaction doit être reportée h one époque antérieure. Les expressions vagues d'Einhard ne peuvent donc s'appliquer qu'aux lois des Saxons et des Frisons ^ mais on ne peut rien dire de précis sur le temps où elles furent rassemblées. Il est possible que celle œuvre ail été entreprise dans le commencement de la conquête; il peut être cerlais, au contraire, qu'elle eut lieu avant l'anSOi, car il existe de cette année une ordonnance générale do l'empereur, dans laquelle «ilvcol que les Juges décident d'après les lois écriles et non d'après leur volonté, v
Mais le petit nombre de prescriptions qui sont arrivées Jusqu'à nous cl qui portent un titre qui promet beaucoup, celui do Codeia Saxons , ne peuvent avoir été l'ouvrage qui fut réuni et rédigé par écrit par l'ordre de Kartlc-6rand , ni ces lois écrites d'après lesquelles les juges devaient prononcer avec équité ] dles ne peuvent non plus être le germe duquel se développa dans la suito le droit des Saxons, tel qu'il parut quatre siècles plus tard dans le Sachsen Spiegel ( Miroir des Saxous ). Au premier coup d'œil,on est surpris de la petite étendue , de tout le désordre des dispositions (1] et de l'obscurité , de l'inégalité , du vague , du décousu du langage. Le doute augmente si os l'examine de plus près. Non -seulement oo trouve de grandes lacunes dans l'ensemble, mais dans les détails il manque aussi des prescriptions que la connexité exige de loute nécessité. Quelques parties s'accordent avec hi