‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 212 sur 298 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

INTÉRIEUR DE L^RMPIRE. •— PROJETS, TKN- DAMCES ET BUT DU K\RL-LR-GRAND.

Ki^rl àli|il arriva au terme de «on héroïque pprriëre. AprH Tavoir accompagné dans toute pa course, souvent avec clonncmenl et admi* ration, quclqucrois avec inquiétude el avec crainte, peut-être aus^i avec découragement et tristesse, rarement avec alTection et aycc une joie purp, jamais toutefofs «ans un intérêt naturel i rhommc, trois questions se présentent A nous, maintenant qu'il est arrivé au terme et qu'il a fixé les bornes de son empire. Ces questions s'élèvent avec d'autant plus de force qu'il est plus dilHcilc d'en trouver la solution dans le récit de ses actions. D'abord, de quels moyens put disposer ce grand prince |x>ur accomplir de si grandes choses? Comment disposa-t-il et forma-t-il les armées avec lesquelles il soutint ses batailles et conserva ses conquêtes , et de quelle manière chercha-t-il à les entretenir et à les récompenser? Ii)n second lieu, quelle influence les guerres et les conquêtes de Karl eurent-elles sur lo développement des relations sociales parmi les peuples teutschs ? Quelle fut la constitution de l'empire dans cette génération? Quelle en fut l'administration, la législation, Torganisalion judiciaire? Enfin que se fit-il dans cette période par Karl et sous sq protection poqr les besoins les plus élevés et les plus nobles de l'homme, et pour l'entière formation d'une vie morale, pour la religion, |e« sciences, les prts« l'agriculture, le commerce pi l'industrie?

Plus CCS questions sont importantes, plus on doit déplorer qu'on ne puisse répondre avec précision à aucune d'elles; bien plus, qu'on ne prisse trouver aucune réponse qui nous satisfasse jusqu'à un certain point, et que souvent il ref te ^ peine qu critique d'autres ressources que de se lancer dans des conjectures qui ne t'appuient pas toujours sur des bases solides.

Lesauteurs d'annales contemporains de celte époque! ou qui vécurent peu de (emps après ne font pas mention de choses de celte nature. Ils consignaient isolément les événemcns dont le souvenir leur semblait digne d'être conservé, sans s'inquiéter ni de leur cause ni de leurs eiïcts, des forces ni de la puissance, de la prévoyance ni de la direction. Ils sç fiaient sans

doute en même temps , pour les eho^es lempo* r<^*lles ainsi que pour les objets sacres de la r^ jigion et de l'Église, sur une tradition orale qui devait se propager à côté de leurs simples notes, se rattacher à elles, et de celle manière, conserver de génération en génération la mémoire des faits. C'est pour cela peut-être quHi se contentèrent d'ei^poser le fait dans toute la nudité. Partout aussi on manquait de principes relativement à la vie sociale^ dans toul^ ses manifestations et dans tous ses rapports ; et le défaut d'un ordre ancien et déterminé, aimi que la grande ditHoulté des communications intellecluelles, leur permettait à peine d'arriver à un coup d Œil général.

D'ailleurs les hommes dont ils étaient les contemporains connaissaient les relations de la vie tout aussi bien qu'eux-mêmes , et ils n'écrivaient que pour ces hommes sans réfléchir que les siècles suivans seraient étrangers à leur monde et désireraient pourtant en obtenir une connaissance complète. Einhard lui-mêœc, dans sa biographie de Karl-l&-GraDd,aàpciD6 touché quelques points qui puissent jusqu'à un certain degré éclaircir les recherches que qous nous proposons. Quant à ce qu'on peut trouver dans les écrits et les lettres d'autres hommei instruits de cette époque, comme dans Akuio, cela se borne é de simples indications qui ne font qu'exciter le désir de mieux savoir le« choses sans jamais le satisfaire. Enfin on rencontre rarement dans les biographies des sainU quelques détails qui peuvent expliquer mftuie une seule relation de la vie durant celte période.

Cependant Adalhard« abbé de Corbie, coa* sin de Karl-le-Grand,(l), écrivit, dit-on, un ouvrage particulier sur l'ordre et rorganisalioo administrative, non-seulement du royal palais, mais aussi de tout l'empire, sous Karl-lo- Grand, Hincmar, qui fut archevêque de Reiim environ trente ans après la mort de cet enopereur, assure lui-même qu'il a fait de cet écrit un extrait qui nous a été conservé. Dans le fait, cet opuscule ne manque pas d'importance, parce qu'il contient quelques indications qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Seulement d'abord, il ne touche qu'une petite partie des recherches qui nous occupent, et loin d'être complet, même dans cette partie, il présente de fréquentes lacunes, n'cHleurant que la «u* perflcie. En second lieu, ce petit écrit n'est pas considérai comme purement historique) mais il

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