ORGANISATION BIIUTAIRE DE L'EMPIRE DES FRANKS SOUS KARL-LE-GRAND
Lorsque Karl-lc Grand se met personnellement en marche contre les ennemis de l'empire ou lorsque ses fils , les rois Karl , Pippin et Ludwig, entrent en campagne, ils ont lo commandement de l'armée. Lorsqu'au contraire Karl est forcé de remettre la direction de la guerre ù ses généraux , il fait partir ses bandes avec ceux-ci. De plus, il est parlé de garnisons que Karl place dans quelques YtUes ou dans des châteaux soit conquis , soit construits par lui-même. Enfin , il est question d'un corps de compagnons qui se tient habituellement sur les points où se trouvent la femme et les enfans du roi (1).
Los écrivains qui ont vécu & cette époque ou
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précision. Ils confondent assez souvent Tarmée i et les bandes ; cependant on rencontre ces expressions si souvent , et de temps en temps Tarmée et les bandes sontsi formellementopposées Tune aux autres^ ou du moins si formelle* ment distinguées entre elles, qu'on ne peut s'empêcher de croire qu'il y avait deux sortes de guerriers qui n'avaient rien de commun par la manière dont ils étaient levés , par la nature de leur service et par conséquent parleur po* silion légale à l'égard de l'empereur et de l'empire. La distinction entre l'armée et les bandes n'est même pas étrangère aux diplômes de celte époque. Du reste Jes bandes se joignaient sans doute à l'armée et devaient être comptées comme en faisant partie, mais elles-mêmes ne formaient pas une armée lorsqu'elles étaient seules*, elles faisaient le service de troupes lé- | gères. Lorsqu'il fallait de la promptitude , de l'adresse, de l'audace, on recourait à elles; elles préparaientpar des attaques Icmcrairesla pesante altaque de l'armée, qui devait décider la victoire, cl après la victoire elles poursuivaient l'ennemi fugitif (2).
L'introduction des bandes comme fraction parliculièrc des forces militaires no fut certainement pas Tœuvre de Karl -le -Grand*, avant lui déjà on voit figurer des bandes; mais Karl peut avoir perfectionné cette inslilu- Uon ainsi que toute l'organisation militaire en général. Par là ce nom eut sans doute , selon les diverses époques , une signiûcalion différente ; par là aussi il est difficile et peut-être impossible de dire avec précision quel était le caractère particulier des bandes appelées, vraisemblablement dans leur généralité, bandes franciques.
Cependant, les bandes sont évidemment soumises à d'autres obligations que Tarmée. Le roi les envoie où il veut, et aussi souvent qu''il le veut *, tandis que l'armée devait consentir à l'action. Il s'en servait dans des entreprises difficiles ; lorsqu'il marcha contre le roi Désidérius, en Italie, et lorsqu'il fut forcé de s'arrêter devant les cluses des Alpes , les bandes durent franchir les montagnes pour menacer le roi ennemi sur les derrières. Il s'en servait pour des actes de violence où il ne s'agissait ni de bravoure ni d'activité déployée dans un combat honorable , mais d'obéissance illimitée et d'une exécution prompte et myslérieuse: orsqu'il voulut surprendre les hommes les plus
nobles parmi les Saxons et les arracher à leoit foyers et à leur patrie pour tes disséminer dasi tout son grand empire , il chargeâtes bandes de l'exécution de cet ordre cruel. Il les faisait encore entrer en campagne lorsque l'expëditioQ de son armée était déjà terminée , et lorsque les hommes soumis au service militaire s'étaieat séparés. Lorsqu'à son retour de la première expédition au delà des Pyrénées, il apprit que les Saxons avaient recommencé la guerre, et qu'ils avaient attaqué ou menaçaient les pays situés sur le Rhin , quatre bandes durent se mettre en marche, en automne, pour arrêter la dévastation et repousser les Saxons sur leur propre territoire. Il les envoyait enfin de côlé et d'autre, même dans les années où aucune campagne n'était entreprise; en sorte qu'il semble que ces bandes aient été en tout tempi à la libre disposition du roi. Il est donc vraisemblable que le corps des compagnons où Tob Yoit figurer Karl-le-Grand lui-même, dont il entoure sa femme et ses enfans, et par lequel il fait recevoir et entourer des étrangers illustres , tel que le pape , faisait partie des bandes franciques , ou se soit composé d'hommes appartenant à ces bandes. Il est également vraisemblable que des hommes appartenant à ces bandes formaient les garnisons que Karl-Ic- Grand jugeait convenable de placer dans quelques villes et dans quelques châteaux et par lesquelles il chercha à protéger les porls de mer, ainsi que l'embouchure des fleuves, contre les irruptions des pirates nordmans.
Deux cas seulement sont possibles : ou les bandes étaient choisies parmi les hommes srumis au service militaire , de sorte qu'ils de* vaient se tenir prêts à un service permanent, afin que le roi ne fût jamais dépourvu d'une force armée -, ou bien les bandes franciques^ indépendamment de l'obligation du service militaire, étaient réunies librement, et dune manière particulière , et formaient ensuite h's forces permanentes de la maison du roi, <^ par là une armée de l'empire toujours prcHc à marcher. Les écrivains et les lois laissent loul cela dans rincertitude.
Plusieurs circonstances, il est vrai, semblent favorables à la première de ces suppositions. Il n'est pas toujours parlé des band« lorsqu'il est question d'expéditions miliiair<^' Elles étaient donc regardées comme partie de l'armée , et, perdues dans l'armée, elles êlaicfli