‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 220 sur 298 · LIV. XI · texte numérisé non relu

LIV. XI

toutes lot doctrines de la foi et de veiller à la pureté de ceilo-ci. Mais d'autre part Karl, soit que rhomme qui croit dût on sa personne être réconcilié avec le chef suprême de Tempire, soit qu'il ne pût résister au développement rapide de rÉglise, soit enfin qu'il réfléchtt à la posi« lion de son trône et à la nouveauté de sa race, permit à FÉglise de suivre sa propre roule. Toutes les églises avaient auparavant déjà trouvé leur unité dans le pape \ les églises de Tempire des Franks étaient des membres de rÉglise universelle et soumises au pape. Les idées qu'on se faisait des relations de la puis-» ftance papale avec la puissance royale, par rap» port aux églises, pouvaient être obscures et confuses; mais les généralités remportaient nécessairement sur les particularités. Karl se rendit donc plus d'une Ibis aux conseils ou aux sommations du pape; il s'efforça de combler les vœux de celui-ci et n'osa pas décider contre lui , et la position toute particulière où sa maison se trouvait à l'égard du siège apos^ tolique l'empêcha sans doute aussi de faire bien des choses. L'hérédité de la dignité royale dépendait du pape; c'était par les mains du pape que la couronne impériale avait été placée sur la tête de Karl. Gelui^i cherchait donc à gagner le pape é son opinion lorsqu'elle différait de la sienne ; mais s'il ne pouvait y par* venir, il aimait mieux laisser tomber l'affaire que s'aventurer dans une discussion avec le saintrpére. En même temps, la dernière main fut mise à la hiérarchie; Tordre le plus sévère semblait nécesuiire dans TËglise si la religion chrétienne devait acquérir sur le monde toute rinflueoce que méritaient ses vérités divines et dont avait besoin une vie aussi confuse. Loi principes de l'Eglise primitive furent propagés de plus en plus, soit isolément, soit par des collections antérieures ou postérieures. De nouveaux synodes produisirent des principes nouveaux ; tous étaient calculés sur J*unité intérieure de l'Église ou inlcrprétés dans son sens. Ahaque ecclésiastique s'affermit de plus en plus dans sa position ; ses droits furent précisés, et ses obligations délcrminées; les cercles do robéissance et du commandement furent tracés avec une rigueur toujours croissante. La multiplicité des couvens, le perfectionnement do la vie monastique, la discipline sévère qui était imposée à celle-ci , ci l'apparence do sainteté qu'elle répandait, contribuaient é former

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la hiérarchie ; car la vie canonique des couvens fut considérée comme salutaire même par les prêtres séculiers, là où elle ne leur était pas imposée. Or, le clergé avait déjà gagné le droit de paraître comme ordre de l'État. Ses richesses devenaient toujours plus grandes; elles s'augmentaient par la libéralité du roi, qui calculait fort bien et par la piété des laïques ; elles s'augmentèrent aussi par la nécessité du temps, par l'oppression de l'hériban et par les moyens bons et mauvais employés par les ec-* clésiastiques eux-mêmes. En ouvrant à l'Église le pays des Saxons , on lui assura un champ nouveau ; le clergé s'accrut en nombre et par là même en force. La lutte continuelle contre l'élément païen accrut la considération des saints missionnaires; ils pouvaient se permettre chez ces peuples opiniâtres bien des choses qui n'auraient pas été permises dans d'autres pays de l'empire , et ils pouvaient compter sur l'indulgence, sur l'appui, sur toute espèce de faveur du roi et des laïques ; mais ce qu'ils gagnaient sur un point pouvait servir d'exemple sur un autre ; en même temps les possessions de l'Église reçurent de nouveaux accroiss&mens, et beaucoup d'occasions s'offrirent de l'augmenter encore, Au milieu de tout cela les ecclésiastiques vivaient entre eux selon leur propre droit. Ils formèrent sans doute en si*;' lence, et sans exciter l'attention, leurs pclaiions intérieures et changèrent ainsi leur position é l'égard de l'empire.

Enfln, la nouvelle organisation que Karl donna à l'état militaire, la soumission de tous les hommes libres de l'empire à l'hériban eurent sans doute une grande influence sur les relations du droit public. Au fond , toute liberté pure fut enlevée par celte obligation du service militaire; elle ne put plus exister comme elle avait existé chez les anciens Germains. Les hommes libres furent mis sur la même ligne que les vassaux, et le vain jeu qu'on fil du mot ne s'accorda jamais avec la réalité. La situation devint d'autant pire que les anciens hommes libres n'avaient qu'à se soumettre au fardeau imposé aux vassaux sans participer è leurs avantages. Mais le bien perdu ne fut pas oublié; les passions se réveillèrent. Chez les peuples qui avaient succombé sous la force des armes, par exemple chez les Thurin» giens , les Saxons et les Frisons , il serait pos* siblc do jusliOer cette organisation ; Us subii«

saient le sort ordinaire des vaincus. Mais il en était autrement chez les peuples qui s'étaient réunis en vertu de traités à Tempire des Franks, tels que les Bavarois et les Souabes. On leur avait perfidement enlevé leur ancien honneur, et s'ils trouvaient peut-être dans la grandeur et la gloire de Tempire une excuse à cette mesure; ils n'y trouvaient, certes, pas un dédommagement de la perte qu'ils faisaient, puisque cette gloire elle-même ne s'étendit que sur le nom des Franks. Les cantons situés le long du bas Rhin, qui avaient vu la naissance et le développement du nom frank , qui avaient été la demeure des ancêtres des Franks , qui, trois siècles auparavant, avaient fondé l'empire dans la Gaule, pouvaient-ils avoir oublié qu'ils descendaient des mêmes aïeux que les conquérans auxquels ils devaient désormais obéir ? Gela devait être ; les efforts de Karl donnèrent lieu & des efforts contraires. Tant qu'il véculel agit par lui-même, on put tâcher partout de conserver une obéissance apparente à ces lois ; mais certainement on chercha à les éluder le plus possible, et de même que dans la suite quelques grands propriétaires territoriaux surent se soustraire au fardeau qu'il avait fait peser sur tous, de même que quelques hommes libres de Tordre inférieur , qui vivaient au loin , et que cette raison, ainsi que la nature de leur pays, mettait à l'abri du cb&timent et de la vengeance , surent arriver de nouveau à une véritable propriété, tandis que d'autres hommes libres, placés dans des circonstances moins favorables, restèrent sous le Joug du service militaire-, de même , dés le principe , on avait assurément cherché , tantôt d'une manière , tantôt d'une autre, à sauver ou à attirer à soi quelques débris de l'ancienne liberté et à séparer ainsi la vie réelle du droit oOlciel.

On peut donc admettre que, dès le temps de Karl-le-Grand , les relations officielles dans l'empire des Franks étaient devenues si singulièrement compliquées qu'il est impossible de les embrasser dans leur ensemble et de dire combien il y eut de classes d'hommes, et comment les droits et les devoirs étaient distribués. Les serfs et les esclaves restaient dans leur ancienne condition , et par là, il y eut aussi des affranchis qui s'efforçaient d'acquérir une position assurée, tantôt dans l'Église, tantôt dans la vie civile. Parmi ceux qui furent considérés comme libres , il y avait dos hommes qui vi-

vaient sur leurs terres et sur leurs propriétés héréditaires, entourés de leurs manans , selon l'usage de leurs pères, mais obligés , conlrairement à ces mêmes usages, à se rendre à farmée avec leurs manans. Il y eut des hommci libres de Tordre inférieur soumis également & cette obligation, el qui, dans aucun moment, ne se virent assurés de leur ancienne liberté ; il y eut des vassaux royaux et des arrière-vassaui qui passaient tous pour libres ; il y eut donc des hommes libres sur les terres des ecclésiastiques et sur celles des laïques ; il y eut des hommes libres qui possédaient en même temps des alleux eldes bénéfices, qui par conséquent conservaient l'apparence d'une véritable liberté et qui cependant étaient ou vassaux royaux ou arrière-vassaux ^ il y eut aussi des vassaux royaux qui furent arrière -vassaui, soit de l'Église, soit d'un grand vassal laïque; il y eut enfin des colons et des lites^ et tous ces hommes avaient des droits ou des obligations diverses les uns envers les autres ; ils étaient tous également tenus par la puissance de Tbè* riban dans la dépendance de l'empire.

A tout cela se Joignaient encore les villes avec leur organisation particulière. Il y atail, il est vrai, dans Tinlérieur du Tcutschland, sur la rive droite du Rhin et sur la gauche du Danube , des villes qui conmiençaiciil à peine de naître; mais sur l'autre rive des deux fleuves des villes construites du temps des Romains continuaient à subsister dans leur ancien éclat. Toutefois, on ne parle pas de la position politique de celles-ci. Sans doute elles avaient été inféodées comme bénéfices à des évêques ou à de grands officiers laïques , oo bien elles formaient des parties intégrantes du fisc royal. Leurs habitans , continuant à vivre entre eux selon le droit romain , restaient tou* jours sur la même ligne que les lites, et étaient considérés et traités comme arrière- vassaux^ en tout cas ils contribuèrent aussi & augroenla confusion de Tétat de choses.

Cependant la constitution de cet empire, sous Karl-le-Grand, semble, dans son essence et sa généralité, dévier i peine de la consliiulion que cet empire avait reçue précédemment.

L'empire était considéré comme héréditaire, bien que l'hérédité dans la maison des Karolingiens reposât sur une base diflcrentc do celle sur laquelle elle avait reposé dans la

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maison des Mérovingiens. Le roi était le chef de la communauté dominante des cooquérans, jadis leules, maintenant vassaux ; il était le mettre des autres hommes. Malgré la mfiijesté que semblait lui imprimer le litre impérial ^ le roi et empereur avait besoin , pour tous ses projets, pour toutes ses volontés, pour tous ses efforts, de Tassentiment de cette communauté qui, depuis le temps de saint fionifacA, se composait sans doute de deux ordres, du clergé et des laïques. Le langage de cette époque nous induit souvent en erreur, et Tinsufilsance de Texpression latine nous trompe facilement. .De même que les limites de Tempire changèrent et s'agrandirent constamment , de même les détails de Tintérieur prenaient d'année en année une forme différente; mais le langage resta le même. Karl s'exprime de temps en temps en mattre qui ordonne, quelquefois comme un prince librement élu et qui prie ses subordonné» d'obéir à la puissance dont il est le dépositaire. Mais ses fidèles parlent tantôt comme des sujets, tantôt exposent leurs réclamations comme des seigneurs libres.

Dans l'automne de chaque année, Karl réunissait autour de lui les vassaux et les officiers en qui il avait le plus de confiance , les membres ecclésiastiques et laïques de son conseil, les gouverneurs des provinces. On prenait pour prétexte que les hommes convoqués devaient présenter au roi les dons annuels qu'ils avaient à lui remettre par droit ou par usage ; mais Karl se faisait rendre, par les personnages assemblés , un compte exact de l'état de l'empire, dans l'ensemble comme dans les détails , des relations extérieures et intérieures ; il écoutait leurs avis sur les besoins de rÈtal ; ensuite il délibérait avec rassemblée sur ce qu'il fallait faire dans ces relations et en présence de ces besoins ; sur les moyens par lesquels on pourrait arriver à faire tout ce qui était nécessaire pour ia sûreté , la paix et la gloire. Les résolutions qu'on prenait étaient tenues secrètes. Dans le cours de l'hiver, CD agissait plus activement en silence; chacun de ceux qui avaient eu l'honneur d'être invités à celle assemblée devait, dans sa contrée et dans ses relations, préparer les esprits à ce qu'on avait reconnu comme nécessaire ou à ce qu'on avait cru convenable ; il devait les tranquilliser ou les enflammer , selon les circonstances. Les objets moins importans, ^ui ne

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concernaient pas Tempire , mais seulement la maison royale, les vassaux et les fidèles, étaient discutés afin qu'on n'en fit pas un objet da^is** eussions publiques ; des querelles étaient apai-« sées, des dissensions terminées, des discordes éloignées , des ennemis réconciliés. Certainer ment ces assemblées n'étaient pas une institution nouvelle introduite pour la première fois par Karl; l'étendue toujours croissante de l'empire ne la rendait pas moins nécessaire que la faiblesse du lien qui unissait entre elles les diverses parties et la position des différentes classes d'hommes dans ces parties, entre elles^ mêmes et par rapport h tous. Karl-le-Grand, cependant, peut Tavoir perfectionnée, en con* voquanl ces assemblées d'une manière régulière à un temps déterminé, tandis que précédemment peut-être elles n'étaient convoquées que lorsqu'il se présentait une circonstance grande et importante. Yraiseniblablement les grandes fêles des églises chrétiennes, auxquelles les hommes les plus influons de l'empire avaient coutume de se rendre à la résidence du roi, étaient mises à profit pour ces délibérations ; et en effet , Karl-le-Grand en profita constamment de celle manière.

Mais au printemps une assemblée générale était convoquée. L'ancien champ de mai en avait sans doute donné l'occasion et sembla continuer à vivre en elle. Mais alors celte assemblée était devenue tout autre chose. Le champ de mai avait, dans l'origine, une dou* ble destination : il était la revue générale de l'armée et en même temps la dièlede l'empire. Toute la communauté des conquérans se rassemblait, se montrait fidèle A ses obligations, prêle au combat et armée pour le soutenir, et en même temps elle délibérait sur ses relations cl prenait en conséquence des résolutions qui devaient être maintenues comme lois. Tout membre de cette communauté avait sa voix égale aux autres, et l'ensemble, dont le nombre pouvait être facilement constaté, donnait le vote décisif. Mais l'étendue toujours croissante de l'empire rendit peu à peu une telle réunion impossible et les différences qui existaient entre les sujets de l'empire la rendirent peu prudente. Aussi la diète fut entièrement séparée de la revue de Tarmée ; on ne sait pas à quelle époque. Et bien qu'en temps de paix la diète pût avoir lieu simultanément avec la revue de l'armée, la diète cependant n'avait de commua

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avce la revue quo le lieu et le temps. Sous le règne de.Karl-le-Grand, comme presque chaque annAe, on entreprit une nouvelle expédition; la revue avait habituellement lieu avant Touverture de la campagne , dans le lieu in* diqué comme rendcz-'Vous général de Tarmée. ' Il est difficile do dire quels hommes devaient se rendre à la diète et étaient autorisés & y paraltrct car les expressions des lois et des écri-* vains sont vagues. Le mot de pmip/e a eu à différentes époques et en différentes occasions une signiflcation différente -, il est tout aussi vague que le mot tous, dont il est également fait usage en parlant des individus réunis. Tous ceux qui se réunissaient en réalité , délibéraient avec le roi sur les affaires publiques et en décidaient avec lui, étaient précisément le peuple ; mais la question de savoir de quels hommes ce peuple était composé reste sans réponse.

Si Ton se rappelle Torigine do Pcmplre , son organisation primitive et son accroissement successif , on peut admettre que la communauté des conquérans formait la diète à cette époque comme précédemment ; mais è celte communauté des conquérans appartenaient, outre les princes de TÉglise, évèques et abbés, tous les véritables Franks aussi bien que tous les membres d*autrcs peuples réunis aux Franks , qui avaient obtenu par leur réunion des droits égaux, et accepté des obligations égales. Ainsi Ton y voyait les anciens leutes et fidèles du roi, tous les vassaux immédiats ou royaux de Tempirc, aussi bien que tous les officiers publics, qu'ils appartinssent au conseil du roi ou qu'ils fussent chargés de Tadministration des cantons. Quant aux anciens hommes libres du Teulschland , qui conservaient leurs propriétés pures et qui ne voulaient pas les confondre avec la grande propriété commune des conquérans pour les recevoir ensuite à titre de bénéfices ou de flefs , quelques-uns d*entre eux, puisque désormais ils étaient aussi forcés à se soumettre au service militaire , et que peut-être ils conduisaient è la guerre un nombre considérable de manans, furent peutêtre également convoqués, selon le bon vouloir du roi, lorsqu'on voulait les gagner et que Ton eomptait sur leur innuence auprès de leur peuple. Mais ils n'avaient pas assurément le droit de paraître et de prendre part aux discussions! et probablement il n'était nullement

question des petits possesseurs d'alleux, bien que le poids de i'hériban pesât sur eux et qu'ils fussent forcés à sacrifier leurs biens et leur vie pour l'empire.

Dans le Tait, Hincmar ne cite nommément que Ui évêqu$$ , le$ abbé$ et le$ eedéiUutiqua hêplui illuêirei de cette etpêce, puis U$ wmtti et le$ princes de cette espèce. Les hommes les plus considérés, les plus éminens, les seniam et les sénateurs de l'empire sont seuls noininés comme exprimant leur opinion et donnant leur suffrage. A côté d'eux, on voit sans doute figurer encore une grande multitude d'hommes d'un rang inférieur et de juniores (2) \ mais cette multitude n'était pas réellement appelée à la diète \ elle n'avait aucun droit d'y venir pour son propre compte et pour ses propres affaires \ mais elle s'y montrait soit comme es* cortc des comtes et des seniores pour augmenter l'éclat qui entourait ceux-ci , soit par curiosité pour voir le grand roi en communication avec ses fidèles et pour assister en même temps à la solennité qui devait nécessairement avoir lieu en cette occasion. La présence de celle foule n'est donc pas d'une grande importaocCf puisque en tout cas il est hors de doute que tous ces hommes étaient exclus des discussions, et que peut*ètre les décisions seules élaicol portées à leur connaissance. Cependant leur présence n'était pas absolument sans utilité; l'empereur ne manquait pas de se montrer au milieu d'eux, de les saluer, de leur adreuerla parole, de les questionner , de converser avec eux, et de chercher par tous les moyens à s'assurer leur faveur et leur attachement.

L'assemblée de la véritable diète avait lieu en plein air lorsque le temps éinil beau, à couvert lorsque le temps était mouvais. Les ecclésiastiques avaient des places réservées, ainsi que les laïques, en sorte que les doux or^ dres de l'empire étaient expressément dislin^ gués l'un de l'autre. Les premiers délibéraient sur les affaires ecclésiastiques, les seconds sur les affaires temporelles*, ce qui avait été décidé dans l'assemblée de l'un des ordres était porté à l'assemblée de l'autre pour y être approuvé. Lorsqu'il s'agissait d'affaires k la fois civiles et religieuses, les deux chambres se réunissaient dans un local commun (3).

Le roi faisaitdesproposilions; probablement elles concernaient des objets sur lesquels il

s'était déjà entendu avec ses conseillers iniimei

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dans rftssembléc d'automne; ceux-ci dirigeaient la discussion. Il y avait des examens de diverses sortes, des questions et des réponses, des discours et des réfutations. Souvent les choses se passaient & Tamiable; de temps à autre il s'élevait des contestations. Habituellement le roi n*assistait pas aux séances, mats il y paraissait lorsqu'il le jugeait convenable et lorsque l'assemblée désirait sa présence ; le résultat de la délibération lui était soumis par ses conseillers : alors sa sagesse décidait. Les résolutions confirmées par lui s'appelaient capiiulaires et avaient force de loi. Ce qu'il avait approuvé était considéré comme Tordre de Tannée courante et devait être mis en pratique \ on ne s^en écartait que dans la grande nécessité. L'assemblée durait un ou deux Jours ou plus, selon les circonstances, selon Timportance des alTaires mises en discussion. Les résolutions de la diète par lesquelles des changemens étaient introduits, avec des additions faites aux anciennes lois des peuples, à la loi salique , à celle des Ripuaircs et des autres nations, devaient encore, à ce qu'il semble, être soumises à l'assemblée particulière de ces peuples, afin que tous ceux qui devaient vivre sous ces lois y donnassent leur assentiment, ou plutôt afin qu'ils en reçussent notification. Aussi tous les hommes libres étaient-ils appelés à cette assemblée.

Du reste les états de l'empire étaient aussi consultés séparément sur l'étal des choses dans leurs contrées : on leur demandait si le peuple y était inquiet et s'il murmurait ^ en général s'il s'était présenté quelque chose qui dût être soumis à rassemblée; on voulait savoir où on en était avec les peuples subjugués et avec les voisins, et chaque membre, au moment du départ, recevait la mission de s'informer exactement auprès des hommes du pays, auprès d'étrangers ^ auprès d'amis cl d'ennemis de tout ce qui intéressait l'empire cl de rendre rigoureusement compte de ce qu'il apprendrait.

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