‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 246 sur 298 · LIV. XII · texte numérisé non relu

LIV. XII

prudence pcut-^lrc, mais avec oulant do rèsolulion , Karl-lc-Grand avait, sur ]a fin do sa vie, secoué le joug de celle dépendance, après ravoir porté treize ans; il avait fait dercmpirc une dignité purement temporelle; il Tavait ainsi opposée au sacerdoce, et réveillé en celuici toutes les inquiétudes que Léon avait cru écarter par tant de prévoyance. Léon lui-même était resté spectateur silencieux de ce progrés, Â couse do son grand ûgeet do la position difficile où il se trouvait à Rome , et les projets qu'il' forma en secret pour le rendre inutile avaient échoué. Etienne lY fit donc tous ses eiïorts pour détruire, sous les dehors de la paix et de Tamitié, l'œuvre de Karl , si riche en résultats. Ses tentatives lui réussirent. Un homme aussi pieux que Tétait Ludwig et aussi dévoué au sacerdoce , honoré du surnom de second roi David j se laissa facilement persuader qu'il était roi par un droit héréditaire qui s'appuyait sur une décision du pape, mais qu'il ne pouvait se considérer comme empereur que lorsqu'il aurait été sacré et couronné par le souverain pontife. Le pape avait apporté deux couronnes d'or d'une grande beauté, dpnt l'une était ornée de superbes pierres précieuses. Le dimanche suivant, le roi (car Ludwig ne figurait ici que comme roi ) se rendit avec sa femme et le pape dans la cathédrale de Reims. Le pontife monta à l'autel ; le roi se plaça prés de lui avec sa femme Irmingardc. Le pope sacra le roi avec l'huile sainte, lui mit sur la tôle la couronne ornée de pierres précieuses, et le proclama empereur devant le clergé assemblé et devant le peuple. Il mit la seconde couronne sur la tôle de la reine Irmingarde, et la salua impératrice. Une messe solennelle suivit cet acte solennel. Le pape se félicita du succès du son entreprise, sentant toute l'importance de ce qu'il avait obtenu ; et Ludwig, qui ne se doutait pas de l'étendue de sa concession, se réjouit dans^on âme, parce qu'alors seulement, après qu'il eut reçu la bénédiction et la consécralion de l'Église, il se considéra comme vèrilablc empereur , ainsi que l'avait été son père. Ce qui témoigne de la joie de son âme, ce sont les riches prèscns avec lesquels il congédia le Sainl- Père quelques jours après son couronnemenl, cl les grandes démonstrations de respect dont il Tenloura. Etienne IV toutefois avait accompli son œuvre. Il mourut trois mois après son retour à Rome, le 20 janvier de l'année sui-

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vante; et, deux jours après sa mort , le prôlro Paschal fut élu pape d'une voix unanime.

Lu visitedu Saint-Père prolongea son impression sur l'esprit de Ludwig. Sans le vouloir, il avait reconnu que le pape était maître de conférer la dignité impériale, et qu'elle ne pouvait ôlre ni prise ni donnée par un prince laïque; d'autre part, il accordait dans son empire au sacerdoce tout ce qu'il lui demandait. Son assiduité à s'occuper des choses saintes , des doctrines delà foi chrétienne, de la vie sacerdotale et de la vie des cloîtres , ces habitudes si chères de ses premières années , ne Tavaicnt pas quitté depuis qu'il avait pris possessi.)n du trône de son père. Immédiatemcntaprôslc départ du pape, il convoqua un grand nombre de vassaux ecclésiastiques et laïques à Aix-la- Chapelle, et, plein de senlimens pieux et des pensées de la vie spirituelle que le pape avait de nouveau réveillées en lui , il proposa à celle assemblée une série de réglcmçns qui se rapportaient uniquement aux ecclésiastiques, aux moines et aux religieuses, aux églises et aux couvons , à leurs possessions et à leurs ornemens, au respect qui leur était dû et au sacrilège. Il ne fut question ni de l'empire, ni de son adminislralion , ni d'aiïaircs temporelles en général ^ car il croyait qu'on ne pouvait mieux employer les momens de paix qu'au profit de la sainte Église de Dieu, qui était en môme temps le profit commun de tous les hommes. Il ne parait pas , il est vrai , que rassemblée clle-mômc , qui n'était pas une vèrilablc diète, fût aussi fermement convaincue que l'élait l'empereur de la nèccî^silé de ces réglemcns. Cependant Ludwig promulgua ces réglemcns comme lois de l'empire, etfournit par là une nouvelle matière aux doutes, à l'indignation et au méconlentement. Du reste, le plus important de ces réglemcns rendus pour l'Église est celui par lequel Ludwig, faisant une loi de ce qui jusqu'alors n'avait élé qu'un usage, ordonnait que l'élection des évoques restât libre aux ecclésiastiques et au peuple, selon les principes de chaque diocèse-, il voulait que Ton n'eût égard ni aux personnes, ni aux prcsens, mais seulement au mérite et â la sagesse.

Trois années s'écoulèrent ainsi dans une paix apparente; car une expédition que les Saxons et les peuples teutschs voisins durent enlrcprendre, en 816, contre les Sorabes, qui n'avaient point paru à la diète de Padcrborn,

et ne s'étaient pas reconnus tributaires de Tenipire, fql sans aucune importance. Les Sorabes furent ramenés sans peine à leur ancienne position. Quelques troubles qui éclatèrent dans les Pyrénées , chez les Wascons , et do nouvelles querelles avec les Sarrasins, furent bientôt apaisés , et furent sans influence sur les re):itions des peuples teutschs.

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