LIV. XII
nouveler. Parmi les ecclésiastiques, des hommes întiuits se rapelèrent le grand Théodose, qui jadis, à la suite d'un acte d^emportement, avait tremblé devant la colère de saint Âmbroise, et avait cherché, au faite de la puissance impériale, à mériter de nouveau, par de rudes pénitences, les bénédictions de la religion et le repos de sa conscience , et ils se réjouirent de ce que la religion n'avait rien perdu de sa force dans le cours des générations. Tout homme de bien applaudira aussi au repentir sincère que le bon empereur ressentit et témoigna. Mais la chose en elle-même n'en était pas moins dangereuse. Ludwig n'était pas, comme Théodose, repoussé de la communauté des fidèles : il était l'ami et Tespoir des ecclésiastiques -, il n'était pas forcé par la crainte à des pénitences, parce que son avenir dépendait de leur accomplissement *, il n'y fut poussé que par la crainte qu'il s'inspirait à lui-même. En tout cas il sembla d'un côté qu'il ne fût pas maître de ses actions, et de l'autre, qu'il ne fût pas maître de ses sentimens. Il parut faible contre les impressions extérieures , faible encore contre son propre cœur. Qui aurait pu compter sur lui ? qui l'aurait voulu ou osé? Nécessairement l'incertitude, ledécouragement,la timidité s'emparèrent des amis de Ludwig-, ses ennemis devinrent conGans, fiers, insolens, et les indiiïérens épièrent les circonstances pour agir selon elles. Il avait pour amis les hommes pieux , bons et modestes ; pour ennemis, les hommes avides , ambitieux et méchans ; le plus grand nombre était tiède et attendait.