‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 260 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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De l'an S8I à l*a« 8E3.

L'empereur Lndwig était de nouveau assi^ sur le Irônc de son père-, mais il n'y était pa? plus solidement établi qu'auparavant. Il n^ ti'élait délivré d'aucun ennemi et n'avait pap gagné d'amis, Il n'avait ni appliqué les peine» méritées par le orime, ni accordé un pardon qui obligeât ù la reconnaissance. Il avait donn^ aux méconlens comm() à ceux qui penchaient en sa faveur une nouvelle preuve d irrésolutioii et de faiblesse qui ne pouvait pas rester san» cfTet. Aucun des grand? coupables, aucun de» .véritables auteurs et des véritables fauteurs de la ré voile n'avait été atteint « parce qu'il les avait lenus éloignés d« Ifimègqe, et o^u^ qu( auraient dû èlrp mis dans l'impossibilité dç nuire, comme le vieux Wala, surent se représenter comme des martyrs, et lou» ceux qui avaient été punis suivirent leur exemple, Enfin il n'avait réveillé dans ses fils ni la confiance ni l'amour filial. JLolhar fut renvoyé en Italie avec des reproches el avçc une moindre auto-* rite, et supporta sa honte avec d'aMlant plu» de peine que sa faulQ avait été plus grandç} Pippin, qui le premier s élail soulevé contrç son père, conserva ce qu'il possédait, el revint avec son ancien orgueil auprès de ceux qui l'avaient soutenu contre son père^ el Ludv^ig, qui n'avait pas violé sa fidélité et qui avai^ rempli son devoir, fut traité comme Pippin , ^t i) ne se présenta probablement pas sans rou** gir ix ses Bavarois. Tous les élém^ns d'o4 élaienl sorties ces agitations existaient toujours^ s'augnienlaicnt et se fortifiaient ^ |I ne fallait î qu'une étincelle pour tout embraser de noii^ veau, el l'élincelle jaillit di) frotlemqnt dei passions, qui continuaient à fern^enter el qu9 Ludwig provoqua lui-pème.

Dans la diète tenue à Aix-la-Chapelle, aq mois de février de Tan 83), pp avait décidé

jLudwlg, qui n'étaient nullement revenus aux relation» que la nature a établies entre le père et ses enfans, étaient devenus plus accessibles que Jaftiats aux Intriguer de ses ennemis.

Lorque \à dlëte «e fut séparée , Tempcreur te rendit à Aix-la-Chapelle. Dans cette ville parut enfin , vers Noél , son flis récalcitrant Pippin, qui troubla pour lui celte iT^le sacrée. La perplexité, le chagrin, le méconlenlement et là colère régnaient des deux côtés. Le père, dominé par sa colère, ne put ni pardonner ni oublier ; Pippin, qui connaissait les dispositions dés VasAaux , montra de la mauvaise humeur de cette réception défavorable. Lùdwig voulut faire Valoir Tautorllé du père el de Tempefeur : Il lui défendit de retourner dans son royaume et le garda sous sa surveillance. Pippin, plus aigri encore par cette contrainte et dirigé par de violcns conseillers, s'enfuit pendant la nuit du palais impérial , au commen- <!ement de Tan 83â, et se rendit en toute hâie dans son royaume d'Aquitaine. L'empereur fut elTrayé; Il vit dans la fuite du roi un double Crime quil erut devoir punir et comme père et comme empereur, tl appela donc prés de lui tous ses conseillers pour délibérer avec eux sur ce qu'il y aurait à faire. La chose devenait d^aulant plus grave et plus inconciliable que Ton apprit que le duc Bernhard, qui avait quitté le palais impérial parce que Gunlbnld no voulait ni lui céder sa place ni la partager avec lui , s'était Joint au roi Pippin et le décidait dans ses projets. On résolut qu^au printemps une diéte générale serait tenue à Orléans, où Ton déciderait légalement au sujet de Pippin j que Lolhar devrait également y paraître, èlqueLudwig,roi de Bavière^ viendrait à Aix-la-Chapelle, d'où il se rendrait ensuite à Orléans avec son pore. Des exprés devaient être envoyé» de tous les côtés pour transmettre aux vassaux et aux seigneurs de Tcmpire l'invitation d*assisler à celte diéte.

Mais tandis que Ludi^ig prenait les mesures que nécessitait cette nouvelle assemblée, il fut surpris par la nouvelle que son fils Ludwig , roi de Bavière, avait mis tout son peuple sur pied; qu'il avait même armé les serfs et appelé comme auxiliaires le plus de Slaves qu'il avait pu , cl qu'il était entré en Allcmannie pour réduire en son pouvoir ce royaume, que Ludwig avait desliné à son flIs Karl ; que son plan était dé passer le Rhin après qvojr soumis l'Alle-

mannie, de faire irruption en France ei d'ar«* . racher la couronne à Tempereur.

Cette nouvelle était exagérée ; la crainte avait grossi le danger. Ce qui était Vrai , c'est que le roi Ludwig avait pris les armes et s'était rendu maître de TAIIemannie sur la rive droite du Rhin. Ce prince était mécontent parce qu'il se croyait négligé et ne se voyait pas récompensé des services quMI avait rendus ft Tempereur son père : il fut entraîné par l'agitation générale. La réapparition du duc Bernhard dans le palais de son père Tavâit blessé; son frère Lolhar, qui ne pouvait oublier sa honte et ses perles, ne manquait pas de l'exciter. Les vieux cdnemis de l'empereur le circonvinrent aus«i de leurs intrigues ; Matfrid eri particulier, cet ancien comte d'Orléans , sut lui persuader que s*il se prononçait décidément contre son pérc, tous les Saxons et tous les Franlcs orientaux se déclareraient pour lui. Dans cette altenle, il était entré en campagne. '

Ludwig-lc-Pîeux s'était reposé sur Ift fldélité des Teutschs; sa confiance en eux Tavait sauvé. Il était pour lui de la plus haute importance de raffermir cette fidélité que son fils cherchait & ébranler; aussi renonça-t-il aussitôt à l'assemblée d'Orléans el ordonna 4-il ft (ous les Franks de se réunir sans perdre dé temps auprès do Mayencc ; il fll dire particulièrement aux Saxons qu'il les attendaient au 17 avril près de celle ville. Aussitôt les Saxons, respectant la confiance de l'empereur, se dirigèrent en toute hâte sur le Rhin. Ils étoienlà Maycnce au Jour fixé. Leur exemple décida les autres peuples de l'empire d se rendre sans retard à Tappel de Tempercur contre son fils devenu son ennemi. Ludwig passa te Rhin et campa prés de Tribur avec sa nombreuse armée. Dans le même temps, son fils se tenait avec ses troupes prèsdeLangbardheim, en face de Worms. Mais lorsqu'il vit les forces avec lesquelles son père s'avançait contre Jui , le cœur lui manqua : il vit qu'il avait été Crompé el qu'il avait fondé ses espérances sur de vaines promesses. Il leva donc son camp, quitta lo pays qui était desliné à son frère Karl el retourna en toule hûle en Bavière. L'empereur Ludwig ne le poursuivit pas : les regards fixés sur l'Italie cl sur l'Aquitaine, il voulait èviler dans leTcnlschland une guerre qui, lors même qu'elle lui donnerait la victoire, aurait rendu tout incertain par sa trop longue durée. Peut*-

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