LIV. XII
èlre ou««i clniuil convaincu (fue icB Bavdroii ne cboncelaicnt poe dmi8 leur fldélité , mais que ëculcmenl 96ti flls avait été «éduil , et quo les Bavarois le suivaient parée qu*oti lui avait assigné leur pays* Ëh faveur de son flls poUvaien t se réveiller le souvenir de Nimèguc et lu sen^ liment qu'il avait mérité sa recOAnaissance. Ludwig ne continua donc sa marche que lenle^ ment pour ramener TAIIemannie ft Karl , kcn hivori. Il s'avança jusqu'à AUgsbourg. Là il appela prés de lui son flls» qui avait été trompé* Lé roi Ludiwig se rendit A Tinvitation do son père , qui le reçut avec son aflection et na dou« ceur habituelle. Tout Tut pardonné ; le flls toutefois dut promettre «ous serment que désormais il n'entreprendrait plus rien^contre son péro par lui*>mémd et qu'il n'appuierait plus ceux qui voudraient s'élever contre son père ; comme si les liens d'un èerment avaient pu enchaîner un flls qui n'avait pas eu horreur de briser les liens do la nature ! Du reste Ludwig revint par Sclt2 sur le Mein , où il trouva sa femme^ à Mayenoe , après avoir licencié son armée. Lé il fut rejoint par Lothar. Celui-ci avait peut*être quitté l'Italie dans une tout aptre attente ^ mais lorsqu'il connut l'issue do l'entreprise de son frère, il ne lui resta plus qu'A s'humilier ' devant son père, A l'assurer de son dévoue^ ment et A répudier formellement toute complicité dans Paudacieuse tentative de son frère, qui avait si mal réussi.
L'assemblée d'Orléans , qui avait dû se tenir au printemps, avait été remise au commence*ment du mois de septembre ; mais II ne se trouva qu'un petit nombre de personnes qui , A ce qu'il semble, étaient sincèrement dévouées à l'empereur. Pippin avait été particulièrement sommé de se rendre A Orléans ; l'empereur lui promit toute sûreté personnelle pour lui et pour les siens. Pippin se mit elTeclivemenl en route, mais il ne vint pas A Orléans. L'empe^ rcur, craignant qu'il ne se laissât entraîner A des actes de violence, passa donc la Loire avec tous ceux dont se composait l'assemblée et alla au-devant de son flls Jusqu'A Limoges. Il le ren-* contra dans cette ville cl y ouvrit TassembléOi On examina non '*< seulement la conduite de Pippin, mais encore celle de Bernhard, duc de Scpttmanie. Bernhard, qui était maintenant le premier conseiller de Pippin , s'était fail soupçonner d'infidélité ; mais il n'était pas certain qu'il eût excité Pippin A prendre les armes
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contre son père : il fut donc , Il est vrai , puni parla perle de ses flcfs; mais on ne le considéra pas comme criminel de lèse - majesté. Quant au roi Pippin, on lui ôta l'Aquitaine, et on le remit prisonnier entre les mains de son père avec sa femme etses enfans. Ludwig^ pour le chAtier et le rendre meilleur, le fit conduire dans l'intérieur de la France et eut le projet do le tenir A TrèVes sous |une sévère surveillance. Mais l'escorte que l'empereur donna A son fils ne fit pas bonne garde, soit par l'ordre de l'empereur lui-même, soit par négligence. Ce prince, si aigri, réussit donc, A la faveur de la nuit, A se soustraire A ses gardiens; mais il était seul et abandonnéi Son père, entouré do guerriers fidèles, se trouvait encore en Aquitaine. Sans doute il ne saVAit pas non plus s'il devait compter sur les disposilions des Aqui-tains; aussi cherchait-il A se cacher: il erra dans les campagnes comme un aventurier, en attendant que son père fût revenu d'Aquitaine. Mais Ludwig, troublé, bouleversé, irrité, ne quitta pas l'Aquitaine. Pour punir ses flls aînés, il donna ce royaume, dont Pippin avait été déclaré déchu, au fils qu'il avait eu de Judith ; il fit prêter A ce flls, A Karl , le serment de fidélité par les vassaux d'Aquitaine qui Tentouraient; il ordonna en môme temps que celui qui trouverait Pippin fugitif s'assurât de lui et le lui amenAt. Ceflit pour l'exécution de cet ordre qu'il resta en Aquitaine, ôû il Croyait, que son flls était caché ; et pourtant il sentait qu'il était temps de retourner dans sa rési-» dcnce ordinaire. Mais il attendit en vain*, vA pin échappa A toutes tes poursuites.
L'hiver approchait. D'abord des pluies excessives causèrent des inondations; puis une gelée survenue avant le temps couvrit les cam» pagnes submergées d'une glace qui n'avait pas de consistance, qui ne se brisait pas non plus el qui parlé môme rendait l'usage du cheval enliè** rément impossible. £n môme temps les Aqui-^ tains commencèrent A se montrer en ennemis. Les relations du père avec ses fils étaient telle'^ ment malheureuses qu'elles devaient froisser loutlc monde. Il était diflIcHe dédire qui les avait amenées, et peu de personnes le savaient ; mais la conduite de Ludwig dans ces déplorables dissensions était si incertaine, si faible, si équi« voque, que plusd'un homme de bonne foi put ar<^ riverA croire qu'on devait faire peser sur lui une grande partie de cet malheurs, et que.par cou'^
séquent il devait être facile à ses ennemis de présenter les choses sous un jour tel que toute la faute en retombât sur lui seul. De plus, le long séjour de Tempereur en Aquitaine n'était certainement pas agréable aux habitans de ce pays. Comme il vivait avec sa cour aux dépens de la province où il se trouvait, c'était un hôte onéreux, et les guerriers dont il était entouré durent à la longue retomber aussi à la charge du pays : de là les dispositions défavorables des Aquitains. Ajoutons à cela qu'il ne manquait certainement pas d^hommes qui , en leur qualjté d'amis du roi fugitif, cherchaient à exciter tous les senlimens nobles et bas que renferme le cœur humain en faveur de Pippin et contre l'empereur. Tous les désagrémens dont eut à souffrir l'entourage de Ludwig, et qui brisèrent son armée, le forcèrent à renoncer à son pian, à quitter l'Aquitaine et à revenir en France. Il repassa la Loire auprès de la rilla de Rest et rentra dans Aix-la-Chapelle comme s'il revenait d'une bataille perdue, dans un état pitoyable.
Dans cette position, un nouvel éclat était inévitable ; il fallait en appeler à la force et aux armes. Tous, qu'ils eussent de bonnes ou de mauvaises pensées, désiraient un changement. Les QIs de l'empereur étaient tous trois excités par leurs propres passions ou par des passions étrangères. Lolhar^ découragé et dégradé, désirait effacer la honte qui pesait sur lui et s'assurer l'empire; mais comme son père avait donné Ku fils de sa belle-mère l'Aquitaine, arvyhéeà son frère, qui pouvait répondre de l'avenir? Pippin, qui s'était soustrait 'par la fuite à la prison et qui errait comme un voleur de grand chemin sur les routes où le hasard le jetait, voyant son honneur et sa vie en danger devant la puissance de l'empereur, n'avait qu'un désir, celui de se venger et de se mettre en sûreté, grâce à l'impuissance de son père. Ludwig enfin partageait les sentimens de Lothar et n'était pas sans ressentiment de l'humiliation qu'il avait éprouvée en faisant valoir de justes prétentions. Les trois frères devaient de toute nécessité agir pour le moment dans un même esprit. Et comment tous ceux qui cherchaient à gagner, qui aspiraient à la vengeance, qui étaient poussés par quelque passion ne se seraient-ils pas attaches aux fils, puisqu'ils ne pouvaient espérer atteindre leur but que par un changement dans la marche des
choses! Ceux enfin en qui vivaient de plus nobles pensées, qui s&«rappelaient les anciens jours, les exploits et la grandeur des aïeux , et qui voulaient loyalement la sûreté, la pnispérite et le salut de l'empire, ainsi que l'honneur et la gloire de l'empereur, étaient sans aucun doute pleins d'affliction et de douleur : biea qu'ils rendissent volontiers hommage aux vertus tranquilles de Ludwig-Ie-Pieux ; bien qu ils désirassent sincèrement assurer à cet excellent prince le repos, le bonheur, la satisfaction que désirait son tendre cœur ; bien qu'enfin ils sentissent que le malheur des temps ne devait pas lui être reproché, mais qu'il en était la première victime, ils étaient pourtant aussi forcés d'avouer que le mal était grand et que Ton ne pouvait attendre de remède d'un homme si faible. Il sembla que le pieux Ludwig* ne trouverait un cercle d'action qui lui convînt que là où il l'avait lui-même cherché autrefois, dans les méditations de la vie monastique. On pouvait pleurer sur son infortune ; mais^a sûreté de l'empire contre les ennemis extérieurs était en danger; tout ce que la vie avait jusqu'alors produit de bon et d'important , tout ce que Karl-le-Grand avait fondé, procuré, développé dans riniérèt de la science, de l'art et de la civilisation était également. en danger. Les Franks consumaient leur propre énergie comme dans un délire ; ils prodiguaient leur tcnop^ en mouvemens sans succès comme sans fin et en courses ruineuses les uns contre les autn's. n'aboutissant qu'à la ruine du pays; une barbarie affreuse prenait la place de Tordre social , et Ludwig, le chef de l'empire, ne faisait qu'augmenter ce déchirement universel parles moyens mêmes auxquels il recourait pour ] mettre un terme !
La douleur causée par cet état de choses élail générale. Agobard, archevêque de Lyon, éiail sans doute un homme tenace et passionné; il n'était pas sans ambition; de plus, il voyait avec colère qu'à la cour de l'empereur on accordât une 'grande considération à Fridugi^ dans lequel il voyait un adversaire redoutable, parce qu'il avait avec lui au sujet de choses oiseuses d'oiseuses discussions dans lesquelles ils lie s'entendaient ni l'un ni l'autre. Ces discussions l'avaient aigri contre la cour de Ludwig ; il voyait d'un œil ennemi tout ce qui s) passait, parce qu'il rapportait tout à l'adversaire qui lui était odieux. Mais Agobard êUK