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et jeté le trouble parmi le peuple par sa négligence : que pour expier ces fautes il voulait subir publiquement la pénitence imposée par rÉglise ; et que, par le ministère de ceux auxquels Dieu avait donné la permission de lier et de délier, il espérait obtenir de la miséricorde divine le pardon de crimes si énormes. » Mais les évêques, en leur qualité de médecins des Ames (3) , lui dirent avec onction : « quMl devait se confesser simplement des péchés dont il tenait la liste à la main ; qu'il ne pouvait obtenir de pardon que par cette confession précise, faite à haute voix ; qu^il devait avouer complètement et expressément ses erreurs par lesquelles il avait le plus offensé Dieu, afin que l'on fût convaincu qu'il n'avait rien autre chose dans son cœur et qu'il agissait sans arriére-pensée aux yeux de Dieu. » Alors Ludwig , e(fr<ayé au delà de tout ce que Ton peut concevoir, lut publiquement la liste de ses péchés, en versant dQs larmes, arrachées non sans doute par le repentir, mais par la honte et la douleur que lui causaient ces mauvais traitemens : il confessa qu'il avait commis tous ces péchés, et en remit la liste au prêtre comme un monument et un souvenir éternel de sa honte. Le prêtre ( et c'était Ebo l'archevêque) déposa cet écrit sur l'autel. Ludwig détacha ensuite Tcpée de son côté, la déposa sur l'autel et se dépouilla du costume militaire dont il était revêtu. Il reçut en échange de la main du prêtre l'habit de pénitent, avec la déclaration que, selon les principes de l'Église , un homme qui avait subi une pénitence semblable ne pouvait jamais reprendre l'épée. Enfin, chacun des évêques présens dressa un acte authentique de tout ce qui venait de se passer, et le remit à l'empereur Lothar, afin que ce fils endurci eût entre les mains une preuve entièrement valable de l'incapacité de son père pour le gouvernement , et se trouvât pour toujours délivré de ses prétentions. Ces hommes crurent par là détruire tout l'effet du refus que Ludwig avait fait d'embrasser la vie monastique , et l'avoir soumis sans réserve à leur volonté par un un ignominieux abus de la religion. Ils se séparèrent dans cette persuasion , et Lothar traîna de force son père avec lui de Soissons à Aix-la-Chapelle , parce qu'il craignait encore de n'être pas assuré de son triomphe s'il n'avait pas sous ses yeux son père détrôné.
Mais dans ce moment déjà une nouvelle ré* volution se préparait. Les scènes odieuses du champ du Mensonge, de Gompiègne, de Sois-» sons avaient produit sur le monde une impression toute différente de celle que les ennemis de Ludwig avaient espérée dans leur aveugle passion. Les plus nobles sentimens du cœur humain s'étaient réveillés ; les mauvais traitemens que ce père si faible avait eus à souffrir de son fils révoltèrent même les [hommes les plus grossiers ; et l'hypocrisie avec laquelle des prêtres égoïstes ou égarés avaient fait ser* vir la religion de manteau à la passion et à des vues mondaines excita un juste colère dans toute ftme pieuse. Les frères de Lothar, Pippin et Ludwig, reconnaissaient de plus en plus qu'ils ne tireraient aucun profit du crime qu'ils avaient commis, et qu'ils n'avaient travaillé que pour Lothar leur frère atné. En même temps ils n'ignoraient pas lé vif intérêt que l'infortune de leur père inspirait à tous les hommes de bien. Ils en vinrent d'autant plus aisément à songer à se détacher de la conduite cruelle de Lothar et à faire leur propre cause de la cause de leur père, afin de ne pas tomber tous ensemble dans le même abtme. 11 se ma- / nifesta donc dans le courant de l'hiver une grande agitation sous des formes diverses. Ludwig, le roi des Bavarois, fit le premier |:^s. Il envoya une ambassade à Lothar, demandant que leur père fût traité avec plus de douceur. Lothar rejeta cette demande, mais proposa une entrevue avec Ludwig, sans doute dans l'espoir de le tranquilliser. L'entrevue eut lieu à Mayence. Mais Ludwig éleva plus haut ses prétentions : il demanda la mise en liberté de leur père commun ; et comme Lothar refusa de se rendre à ce désir, parce qu'il sentait bien qu'en y accédant il perdrait le dernier gage de sa considération impériale et ramène^ rait tout à l'ancienne position, les deux frères se quittèrent entièrement brouillés. Ludwig partit avec la résolution d'arracher par la force ce qui lui avait été refusé. A son retour, il envoya son oncle , l'abbé Hugo de Saint-Quentin, fils naturel de Karl-le-Grand^ à son frère Pippin, en Aquitaine , pour convenir avec lui d'une expédition armée pour mettre leur père en liberté -, et Drogo, frère de Hugo, et archevêque de Metz, qui n'avait pas violé sa fidélité envers son frère Ludwig-le-Pieux, et qui, pour des motifs de sûreté s'était, à cette époque, réfugié
HlStOmîî DU PEUPLE ALLEMAND.
en Bavière auprès du roi Ludwig, ainsi que d'aulres fldèlcs évoques, donnèrent cncoro aux envoyés des missions particulières dans le ni/^mc sens. Pippin partageait la colère de Ludwig; il entra donc facilement dans ses projets. En même il y avait partout des entrevues entre Jes vassaux et les seigneurs : en l'rance comme en Bourgogne, en Aquitaine comme dans le Teutschland 4 partout on élevait hautement des plaintes sur Je malheur du pieux empereur. Quelques hommes cherchèrent à réunir les mécontens, à les organiser, à les faire passer du sentiment à Taclion. Le roi Ludv^iglui-m&mccirarchevèque Drogo agissaient parmi les Tcutschs, comme Pippin et Hugo en Aquitaine : le comte Kggehard et le maréchal Wilhcm cherchèrent en France à enflammer ot à décider les esprits ; les comtes Bernhard (4) et Warin en faisaient autant en Bourgogne.
De Tautre côté, on ne pouvait arriver à rien dans le sens opposé. Parmi les partisans de Lothar, les uns croyaient avoir déjù fait assez , les autres se repentaient de ce qui s'était fait, parce que les mouvemens qui se manifestaient parmi le peuple éveillaient leurs inquiétudes et produisaient le regret. Beaucoup aussi pensaient bien plus ù calculer les récompenses qu'Us avaient méritées et qu'ils pouvaient réclanier, qu*é maintenir ce qu'on avait gagné et i\ afl'ermir leur seigneur. Ceux qui avaient le plus de pouvoir parce qu'ils pouvaient rendre le plus de services, les comtes JMairrid et Lambert, se disputaientla première place auprès de Tempereur. Lolhar lui-même avait trop à faire de surveiller et de travailler son père pour qu'il piU songer à rarmement et au combat. Car il désirait ot espérait toujours que Lud- ^ig-lc-Pieux, fatigué des continuelles obsessions des ecclésiastiques, se déciderait enfin à faire les vœux monastiques ; mais il n'y réussit pas. Ludwig rejota toutes les propo^iilions qu'on lui fit à cot égard , en déclarant qu'il n'y avait de vœux que ceux qui étaient sincères, et qu'il ne se prêterait à rien tant qu'il ne serait pas maître de sa conduile. Il fut aussi fortifié dans sa fcrniclé. Son fils Ludwig envoya vers lui l'abbé Grimoid de VVcissembourg et le duc Goboliard. avec une mission telle que Lolhar n'osa pas refuser à ces députés l'accès du captif, ou qu'il ne ju;;oa pas ce refus convenable. Us ne purent, il est vrai, conférer avec '
Ludwig qu'en présence d'hommes sur le dévouement et la vigilance desquels Lolhnr pouvait se fier, et celui-ci empêcha ainsi qui! fût prononcé un seul mot qui eût trait aux aiïaircs publiques \ mais les députés du fils s'inclioèrent avec respect devant le père, comme de* vaut le véritable empereur ; ils le saluèrent au nom de son fils et lui firent connaître par leur voix, par leurs regards et par leurs gestes, dod« seulement leurs propres sentimens, mais aus^i les dispositions de celui qui les envoyait. A partir de ce moment Ludwig attendit avec confiance l'heure de sa délivrance.
Et celte confiance ne fut pas trompée. Au prinlemps de l'an 834, Pippin réunit ses fidîles sur la Loire et Ludwig rassembla les sieiDi sur le Bhin. Do tous côtés accoururent ccui qui , bien qu'ils ne fussent pas vassaux du deux rois, avaient été gagnés en faveur du vieil empereur. Non-seulement les Bavarois, \m aussi les AUemanni, les Saxons et les Ironkt auslrasiens jusqu'à la forêt Charbonnière se réunirent à Ludwig, également avides de venger la honte dont on avait couvert Ludwig, ce prince si pieux.
Dans ces circonstances , Lothar leva conire Ludwig et contre les Teutschs toutes les fomi qu'il pouvait encore lever dans les pays du nord et de l'est de la Gaule ^ il résolut de marcher lui-même contre Pippin, espérant qu il lui serait plus facile de gagner celui-ci ou de le vaincre. Il chargea les comtes Matfrid oi Lambert, que la nécessité avait réconciliés, do couvrir la Loire jusqu'à son arrivée. Il citïtnm avec lui son père et Karl, le fils de celui-ci, et se rendit à Paris avec un corps de troui)es. li appela dans cette ville tous les hommes de ia Gaule méridionale sur le dévouement desquels il comptait, particulièrement ceux de la Bourgogne , et sans doute aussi ceux d Italie. I^e^ hommes de Bourgogne, et parmi eux les comtes Eggehard, Bernard et Warin se mirenl efTectivemcnt en route , non pour combalire pour lui, mais pour délivrer son père. Oniiiii au commencement du mois de mars. Le teinp^ était rude , les chemins mauvais • les fleuve:> débordés ou gonflés. Ces circunslaoces rolardèrent la marche de ces comtes ainsi qucc(-!i<' de Pippin. Lothar eut le temps de faire couper les ponts et de forcer ses adversaires à pi"* de lenteur encore dans leurs mouvemens. i^"pendant Iniques approchait, et avec ccMcfèlc
vcnaicnlde nouveaux obstacles. On entama donc des négocialions. Les comtes firent dire à l'empereur Lolhor: << Qu'ils demandaient la délivrance do Tempereur Ludwigi Si Lothai^ so rcndtttl à leurs vœuK i ils voulaient obtenir de son père qu'il restât comme précédemment en sûreté et en possession de ses bonneurs ; mais s'il agissait autrement « ils recourraient à la TorccpoUr délivrer son père, et avec Taide de Dieu se serviraient de leurs armes contre quiconque oserait s'opposer 6 cux« )t Lotbar ré^ pliqua ! « Que personne ne déplorait plus le molbeur de son p(;re que lui-môme, et que personne ne se réjouissait plus que lui de ce qui pouvait lui arriver d'beureux; QuMl était inno« cent. Qu'on lui avait imposé la puissance im~ périAle; qu'eux-mêmes la lui avaient remise. Que la captivité de son père n'était pas une ilétrifisure pour lui \ que tout le monde savait qu'elle était l'exécution d'une sentence épiscopale» » A celle réponse ^ on chargea de nou- Yoaux députés de faire de nouvelles tentatives d'accommodement. On cobvint du Jour où ils devaient paraître devant Lothar. Mais avant que ce jour arrivât, Lolhor partit de Paris, passa devant ses adversaires , et se rendit à Tienoc en Bourgogne, laissant derrière lui son père et son frère Karl à Saint^Denis^ où il les avait mis en priéon. Yraisembfnblement il avait appris que son frère Pippin était arrivé sur la Seine avec son armée, et essayait de passer ce fleuve *, et il pouvait craindre que le succès de cette tontalivc ne le réduisit â lui-même el n'entraînât sa captivité. D'autre part, il croyait peut-être pouvoir compter sur l'Italie, parcequ'on ne lui avait encore annoncé aucune dé-* fection dans ce pays ; en tout cas, il voulut essayer de le conserver. Il bisia derrière lui son père , soit qu'il n'eût pas le temps d'aller le chercher , soit que , dans les circonstances présentes, il ne se flât pas même â ceux qu'il avait chargés de sa garde.
Mais à peine la nouvelle se répandit que Lothar avait pris la fuite el que Ludwig se trouvait'encore â Saint-Denis , qu'on changea de langage, sirion de dispositions. Tous accoururent â Saint-Dehis pour oltrir leurs hommageé au vieil empereur, et ceux qui jusqu'alors lui avaient servi de gardiens furent les premiers â l'encourager à replacer aussitôt la couronne gur sa tèle. Ludwig toutefois résista à leurs instances. « L'Eglise, dit-il, m'a réprouvé,
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l'Eglise doit mo relever; des évêqueft m'ont désarmé, des évèques doivent md rendre les armes. » Et le dimanche suivant, ce qu'il avait demandé se fil dans l'église abbatiale de Saint-' Denis* Il reçut la bénédiction sacerdotale, et des tnains épiscopales le décorèrent de ses ar-> mes. La joie du peupld fut grande , et le ciel lai-même sembla célébrer cette fête; car après une longue suite de jours froids, orageux et sombres , le soleil parut tout d'un coup dan» tout son éclat el répandit une magnifique lu^ mière sur cet événement inattendu.
Mais l'âme de Ludwig n'avait pas été endurcie par le malheur. Après sa délivrance, îl ne montra ni sagesse ni énergie ] il se montra pas« sif , ne cherchant qu'à jouir de sa nouvelle liberté. Peut-être nourrissail-il. l'espérance que les èvénemens qui l'avaient sauvé amèneraient de plus grands résultats , et que tout se termi^ nerail paisiblement ; peut-être aussi se fiait>il, même en de telles circonstances^ sur la justesse de son principe , que les rois ne devaient que diriger les ailaires par leurs ordres et leur» conseils , et que les actes et l'exécution appar-^ tenaient aux fonctionnaires, leurs serviteurs^ peut-être aussi , dans ses pieuses pensées» re-gardait-il comme peu convenable de se mêler des choses humaines. Il reçut avec la plut grande bienveillance son fils Pippin ; il le remercia de ce qu'il avait fait pour sa délivrance^ et le fit ensuite reiourner en Aquitaine , soti qu'il craignît son voisinage, soit qu'il regardât sa présence en Aquitaine comme nécessaire, â cause des entreprises possibles de I^othar el des siens. Il remercia de même tous les vassaux et seigneurs laïques el ecclésiastques qui accou*rurent auprès de lui pour le saluer, et pernjit à chacun de s'éloigner où il le jugerait à propos. Tandis qu'il faisait mettre en prison l'archevêqueElio, qui avait été arrêté en cherchant à se sauver par la fuite, il envoya des députés dans toutes les provinces de l'empire pour annoncer oux hubilans son rétablissement sur le trône, et signifier un entier pardon â tous les vassaux qui assureraient qu'ils n'avaient pas violé leur fidélité » mais qu'ils ne s'élaient rangés qile par force du côté de ses fils. Il en^ voya des députés' à Lothar, pour rcmeltre à ce prince un pardon complet decc qui s'étailpasséy et l'inviter â se rendre auprès de l'empereur, On ne fit d'armement que contre les comtes Molfrid et Lambert , qui se tenaient sous les
armes dans le nord-ooesl de Tempire ; et Ton ne sait pas si ces préparatifs eurent lieu par son ordre ou seulement avec son assentiment. Ge^ pendant il revint à Aix-Ia-Ghapelle. Il y trouva son fils Ludwig, qui s'était avancé avec des bandes teutsches et qui s'y était arrêté à la nouvelle de ce qui s'était passé sur les bords de la Seine. Ludwig reçut son fils avec la Joie la plus cordiale ; car il savait bien qu'il était le premier Auteur de la révolution qui Tavait ramené dans le palais sacré de Karl-le-Grand , son père. D'ailleurs il avait la plus grande confiance, sinon en ce fils, du moins aux Teutchs qui Tentouraient : aussi les garda-t-il prés de lui à Aix-la-Chapelle pour la sûreté de sa personne. Enfin il eut encore un sujet de Joie qui peut-être fut plus intime que tous les autres : sa femme Judith arriva saine et sauve à Aixla-Chapelle. Lorsque la nouvelle des événemens de France, du soulèvement opéré en faveur du vieil empereur , de la fuite de Lolhar, du rétablissement de Ludwig-le-Picux sur le trône, arriva en Italie, d'une manière vague sans doute et propre à se transformer facilement selon l'imagination de chacun, de grandes passions éclatèrent dans ce pays , où il se forma des partis puissans. Dans ces circonstances, des hommes bien intentionnés craignirent pour la vie de l'impératrice. Pour la soustraire à tout danger, ils se rendirent maîtres de sa personne, et l'arrachèrent secrètement ou par force aux intrigues et aux embûches de ses ennemis. L'évêque Rathold , de Yèf one , le comte Boniface, de Toscane , et Pippin fils du malheureux roi Bernhard, pelit-fits deKarl-le-Grand, dont la fin déplorable avait inspiré à Lud^igle-Pieux un repentir si vif, étaient à la tête de cette entreprise , et ils réussirent à ramener sans accident auprès de son mari et de son enfant cette femme aussi belle que gravement accusée. Toutes ces choses semblent avoir d'autant plus étourdi le bon empereur, qu'il avait moins espéré un changement aussi soudain dans les relations ; et dans l'excès de sa joie et de son ravissement, il oublia, à ce qu'il semble , que l'édifice de sa nouvelle fortune reposait sur un sol creux et se trouvait au bord d'un précipice*, car il se livra aussitôt, comme autrefois, aux plaisirs de la chasse et de la pêche, et à la Pentecôte seulement il interrompit ces distractions , comme si l'empire avait joui de la tranquillité la plus profonde et d'une pro$^
périté générale. Mais bientôt il fut réveillé par un coup cruel de ce songe singulier.
Dabord on lui annonça que les Danois s'étaient montrés avec une flotte sur les côtes de la Frise, qu'ils avaient débarqué et ravagé une partie du pays; qu'ensuite ils s'étaient avancés par Utrecht Jusqu'à l'ancienne place de commerceappelée Durstadt (5) ; qu'ils avaientmassacré une partie des habitans, et emmené l'autre en captivité, et réduit Durstadt en cendres. Les Nordmans avaient à peine interrompu leurs courses et leurs brigandages depuis la mort de Karl-le-Grand. Les écrivains franks , si peu instruits, si ignorans et si partiaux, occupés tout entiers à suivre la marche des malheureuses discordes élevées entre le père et ses fils , ont très-rarement fait mention des malheurs que les héros aventureux du Nord ont pu faire peser sur les habitans des côtes et des rivages de l'empire des Franks. Mais comme dans le cours de ces dernières années les Normands ne se montrent pas seulement volaot, pillant et détruisant dans les Iles de Bretagne et en Irlande; mais aussi en Aquitaine, co Espagne, sur les côtes de la Lusitanie,el même sur le Guadalquivir et à Séville, on ne peut douter qu'ils n'aient aussi visité et dévasté sur plusieurs points les côtes septentrionales du Teutschiand et de la Gaule ; et les secousses terribles de l'empire desFranks, qui ne pouvaient leur rester inconnues, durent certainement les encourager dans leurs descentes et dans leurs violences. La descente dont il est question ici se distinguait vraisemblable ment par le grand nombre de ceux qui rentreprenaient , et par l'étendue des désastres qu'ils causèrent ; c'est pour cette raison qu'elle est mentionnée. La honte qu'il y avait pour un si grand empire à souffrir de tels mauvais traitemens ne fut pas vengée alors plus qu'elle ne l'avait été précédemment ; et où aurait-on trouvé les forces et le temps nécessaire ft la vengeance? Les princes et les vassaux de l'empire des Franks avaient assez à faire les uns contre les autres.
Vers ce même temps , Ludwîg-le-Pieux fut informé que ceux de ses fidèles qui avaient marché contre les partisans de son fils Lolbar, contre Matfrid et Lambert , pour les forcer à se soumettre, avaient été complètement battus par eux. Le comte Odo, auquel le comté d'Orléans avait été donné après la deslitutioo de