‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 271 sur 298 · LIV. XII · texte numérisé non relu

LIV. XII

y dressa une tente sous laquelle on mit l'empereur au lit. II vécut encore quelques semaines, presque sans manger; pendant quarante jours il ne prit que la sainte hostie le soir. Autour de lui se réunit un certain nombre de vénérables évêques qui mirent en œuvre tout ce que la religion a de sublime et de consolant pour le tranquilliser dans ce moment suprême. Parmi eux était Drogo, son frère, digne de sa confiance et qui ne voulut pas le quitter à sa dernière heure. L'empereur lui-même soupirait ardemment après Téternité ; mais les affaires de ce monde ne lui étaient pas encore indifférentes , et les vœux de son cœur restaient les mêmes. Il se fit donner une note de sa fortune et la partagea entre les églises, les pauvres et ses fils Lothar et Karl. Il assigna à Tatné , Lolhar, sa couronne et son épée, ornées d'or et de pierres précieuses , à condition toutefois qu'il garderait à son frère Karl et à l'impératrice Judith la fidélité qu'il leur avait promise. Mais les vénérables évêques voulurent aussi , pour le salut de son Âme, qu'il ne se présentât pas aux portes de la paix éternelle avec un cœur rempli de colère èontre son fils Ludwig. L'empereur répondit à leurs exhortations : « Gomme il ne peut venir près de moi , je veux lui pardonner devant Dieu et devant vous toutes ses fautes; mais il vous convient de lui rappeler que , sans respect pour mes cheveux blancs , il m'a conduit au tombeau â force de chagrin. » Cependant il était tranquille en son Dieu ; il croyait s'être bien acquitté de sa tâche. Lorsque déjà il avait perdu la parole et ne pouvait plus s'exprimer que par signes avec son frère, Drogo s'approcha de lui et lui adressa de consolantes paroles ; mais Ludwig leva les yeux au ciel en s'écriant : « C'est fini! fini (5)1 » et il expira entre les bras de Drogo. On était au 20 juin. Ce prince était dans la soixante-troisième année de son âge et avait porté pendant vingt-sept ans le titre d'empereur. Ses restes furent portés à Metz et ensevelis avec une grand solennité dans l'église de Saint-Arnuif , où reposait aussi sa mère.

CHAP. VII

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