‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 276 sur 298 · LIV. Xïi, CHAI*. IX · texte numérisé non relu

LIV. Xïi, CHAI*. IX

forcëH et rfitublir éà Considération. Lolhâh tairait donc dû s^adacher illi pourtiiitre KàM de itiatiti&re â Télbignet* Uil Rhin et à Tempêcher de se jdihdfë A Lud^ig ; mêlé ad lièti dé cela, il reéta où il élâlt^ ie laissa Jouer t)ar uh torp^ d'armée t]iie Karl fit ait laisèé dehrlèH) l(ii et HT ait jclë ail dielà de la Sëihe , beculâ len le

{iaii t>l*ot)rc à mointëhir la justice. Enfin houii bVohs été fbroës de remettre la l^ucélion au jugehienl du Dicd tout-puissant, a^ qUe, par é& décision, chacun se cohtehtftt de ce qui liii était dû. Dahs ce procès, vous le safèz, noUs soniméé restés vainqueurs p9r là miséricorde de Dieu. Le vaincu s'est retiré avec les sieds

temps à négocier aVëê NoHiëncius; dUc dés Bretons^ ifu'il Hin^é Vaihemëht d'attacher d ëa cause. Pippin Tut tblléUientëiliaspéré dé Tirrésolution de ion oncle qu'il se sépara de lui et retourna dans le pays pbtir la possession duquel il était pris les armes. Alors seulement Lothàr entra de Todrs dan» la Fraiice.

LudiVig se tenait sur le Rhin. Un ciertain nombre de vassaux, à la têlc desquels se trolîvait l'archevêque Olgar de Rlayehce, l'empfît;hdit d^ passer ce fleuve. Karl, inlbrmé de cet obstacle, accourut 6 son secours, gagnant ou blTrayaht ce qu'il trouva sur sa route, et marcha pnr Toul vers le Rhin. Lorsqu'il arriva à Saverne en Alsace, les adversaires de Ludwig quittèrent les bords du fleuve et se séparèrent. Ludivig passa donc le Rhin ^ et les deux frères se rencontrèrent â Strasbourg avec leurs armées. Le 14 février de l'an 842, Ik retiouvclèrent leuranciennealliance.Conimëtls sentaient que leur discussion avec Lolhaf devait enfin sb décider complélehicnt et qu'ils ne pourraient jamais par les armbs réduire ce frère, leur ennemi^ ni d Un acbomoderiicnt ni à la soumission, si , dans l'un et rftulrc ciis, ils ne restaient étroitement unis, ils crurent devoir donner à leur alliance la plus grande publicité et la plus grande solennité. Ils résolurent donc de jurer cux-inèmes celte alliance en présence de leurs armées cl de la faire Jurer également à celleSci, de sorte que le serment des princes fui en quelque sorlc confirmé par celui de chaque guerrier. Ce serment dut être prèle par Ludvfig en langue romane et par Karl en langue tculscbe, afin que personne, dans les deux arm'scs, ne pût douler de la sincérité de l'allié étranger. Les deux armées ^e rassehiblèrent donr^ el Ludwig, en sa qualité d'aîné, leur parla d'abord en langue Icutsche. Voici ce qu'il dit :

« Vous savez combien de fois, depuis la mort de noire père, Lolhâr a cherchée m'anéantir avec mon frère que voici. Ni l'amour fraternel ni la religion chrétienne, ou aucun 3 atitrd considération n'ont pu lo décider à une

sud-oueët aU delà de la Ldire; où il perdit du [ où il a voulu. Émus par l'amôtir fraternel et

par notte bompadsioii pour le t)euple chrétien, nous n'avons paé voulu tel poursuivre et lés anéantir*, maié Jusqu'à ce Uipmenl, comme au* paravant, nous nous sommés bornés à deinahdcrque chacun fût assuré de son droit. Mais lui , résistant Au jugement de Dieii , n'a pas cessé de poursuivre avëb des forces ennemies tantôt mbl, tantôt mon frère ; bien plue, il a désolé notre peuple par l'incendie, le brigandage et le meurtre. Et toinme nous craignons que VOUS ne dôulielfc de noire constante fidélité et de notre union fraternelle , nous avons résolu de Jurer en votre présence le serment d'alliance. Si nous le fhisonéj ce n'est point parce qUe nous sommes séduits par dés désirs criminels ; non : c'est afin que, si Dieu nous accorde la paix avec votre assistance, nous soyons d'aulàrlt plus assurés de noire avantage réciproque. Si jamais j ce que Dieu préserve, Je viole lie serment que Je prèle en ce moment. Je délie chacun d'entre vous des liens qui vous attachent â moi et du serment que Vous m'avez prèle. )> Karl répé.la ce discours en langue romane. Nithard, l'historien, qui, selon toutes les probabilités, était présent, l'a conservé en latin. Selon lui, les rois prêtèrent Un serment absolument semblable. Ludwig, en sa qualité de frère aîné, Jura d'abord en langue romane; Karl ensuite, eh langue teulschc. Enfin les deux peuples, chacun dans sa langue, prêtèrent un serment pareil. Ce môme historien nous a transmis 1 iltôralemenlces sermens dans les langues ou ilsfurenl prêtés par les rois et par les peuples. Voici le serment des rois : « Pour l'amotir de Dieu et pour le salut commun du peuplé chrétien et le nôtre ! A partir de ce jour, Je veux, aulant que Dieu m'en donne la connaissance et la force, êire à l'égard de ce mien frGre(Karl,ditLudwig-,Ludwig,dit Karl) fidèle et prêt, aujsi bien pourlesecours que pour toute autre chose, comme un homme doit à bon droit être fidèle et prêt pour son frère, s'il agit envers moi de la même manière. Et avec Lolhar je n0 consentirai â aucune trausactiou qui, par md

volonté, loumeraîtaudétrimentdeinon frère.» Les peuples de leur côlé jurèrent : « Si Ludwig (ainsi dirent les Aquitains; les Teulschs dirent Karl) tient le serment qu'il jure à son frère, et si celui-ci , monseigneur ( Karl pour les uns, Ludwig pour les autres], rompt de son côté ce qui lui a été juré, et si je ne puis Ten empêcher, je ne veux lui donner aucun secours contre son frère, et aucun ne doit le faire que je suis en état d'en empêcher (2). »

Les armées prêtèrent ce serment avecentratnemenl et avec joie. Les deux rois avaient gagné TafTection des guerriers. Tous deux de taille moyenne, ils offraient par leur extérieur un aspect agréable. Dans les mouvemens qui avaient eu lieu jusqu'alors ils s'étaient également montrés résolus et hardis. Ils n'avaient pas non plus manqué de libéralité: car les vassaux étaient accoutumés depuis longtemps à consacrer leurs bras au prince qui les récompensait le mieux. Et maintenant on leur fit même une réputation d'éloquence. Ce qui toutefois fil le plus d'impression sur les âmes de ces hommes, ce fut le tableau de la concorxlc entre les rois, h laquelle on n'était plus accoutumé depuis longtemps. On voyait les deux rois frères conlinuelicment ensemble; ils avaient une même demeure, mangeaient à la même table. Tout paraissait commun entre eux, et leur confiance mutuelle semblait Être sans' bornes. Et maintenant, après le renouvellement de leur alliance et la réunion de leurs armées, ils ordonnèrent aussi des jeux auxquels ils assistèrent eux-mêmes , des jeux qui étaient à la fois des exercices virils et uil plaisir pour ceux qui y prenaient part. On représenta une guerre. Les armées, divisées par nations, étaient opposées Tune à Tautrc, le Wascon au Saxon, l'Austrasien au Breton. Les deux parties se précipilèrenl à bride abattue l'une sur l'autre, comme pour une lutte formidable. Dans le choc, l'une des parties se retirait, comme si elle était battue, et était poursuivie vigoureusement et ù grands cris par l'autre partie comme par un ennemi victorieux. Mais bientôt le coup d'œil changeait : les vainqueurs cédaient et étaient à leur tour poursuivis par les vaincus , et la lut'c balançait. Jusqu'à ce qu'enfin les deuxTois, accompagnés d'une jeunesse brillante et joyeuse, s'élançassent entre les deux parties et terminassent la fêle. On avait ainsi sous les yeux une véritable

bataille ; seulement le sang n'y coulait pas et personne n'était blessé.

Mais la rigueur du temps mit bientét on terme à ces Jeux ; et probablement on ne s'y serait pas livré si la saison peu avancée n'avait apporté des obstacles à toute entreprise militaire. Au commencement du mois de mars cependant les deux rois se mirent en marche et descendirent le Rhin par des routes diiïéreoles jusqu'à Mayence. Là Karlmann, filsatné de Ludwig, rejoignit son père avec des troupes fraîches venues de la Bavière. Des nouvelles favorables arrivèrent d'autres pays également, en particulier de la Saxe. Cependant les frères unis envoyèrent des députés à Aix-la-Chapelle, où Lothar s'était rendu ; ils voulaient encore une fois se nH)ntrer disposés à la paix. Celle fois encore ils échouèrent. Les armées quillerent donc Mayence le 19 mars et descendirent sur trois colonnes le Rhin vers Coblenlz. Lolhar s'était rendu d'Aix-la-Chapelle sur la Moselle, qu'il songeait à défendre contre ses frères. Ses forces étaient disposées dans les localités où l'on pouvait le plus tôt tenter le passage. Otgar, archevêque de Mayence , le Danois llériold, auquel il avait cédé l'Ile de Walchern, le conile Hatto et d'aptres se tenaient prêts à repousser l'ennemi. Lothar lui-même se trouvait dans la villa de Sinzig j non loin de Coblenlz. Mais les deux rois passèrent sans perdre de temps le fleuve près de Sinzig, et les troupes les suivirent sans obstacle. Lothar, soit qu'il se crûl trahi, soit qu'il le fût réellement, fut saisi d'une telle terreur qu'il ne chercha son salut que dans la fuite ^ ses fidèles, se voyant tournés et séparés les uns des autres, crurent ne pas

devoir défendre plus longtemps sa cause, puisqu'il y renonçait lui-même: ils prirent donc la fuite et se dispersèrent, ne cherchant plusquà mettre leurs personnes en sûreté. La disp<*rsion de ses partisans mit Lothar dans une Icllc perplexité qu'il ne sut plus où s'arrêter : abandonnant la France proprement dite et sui>i d'un petit nombre de compagnons, il se retira vers la Gaule méridionale. Il n'osa s'arrOlcr que sur les bords du Rhône, à Lyon. Il voulait se rapprocher de l'Italie et de son neveu Pippin.

A la nouvelle de la fuite de Lothar, ses frères, les rois Ludwig et Karl, se rendirent à Aixla-Chapelle, siège de l'empire. Mais ils ne Irouvèrcntpas le palais impérial dans Iclatoùils

Page 1