LIV. Xtl
Alors chacun de& troiè Mren suivit éa prdprè tbié^ et (bus (rbis^ poussés pftr la colère et la Yengeance , iKaithôrent fi uhc œuvré diverse « mais également affreuse.
Lbthàr^ oubliant quil s'ëtHit réservé le ehoii ëhtre les trois parties de Teinpirë dbtit la Uéil^ tiiitatibrt précise était encore A tAlIrè , se reridtt aussitôt dans i& pays t^ùi lUi aVait été prbVisoi^ rement assigné^ dans le pays théâtre de sa bohle, où se (rouvëit le Ibyer dé 1 bihpire^ qu'il ûVait dépouillé Ûé èëS brnemeris. Ddtis lé pHiicipe, il sembla ne vouloir que se livrer aut plaisirs de la chaèse dans la forêt des At^ dennes) mais bientôt sh révélérerlt d'aùtrcè projets. Il ôta leurs fléfs A ious ceiix ^\i\ ; aprék aToirpris son parti, TaVaient abandonné lorsque Ludwig et Karl hVaièhl passé la Moselle, les accukaht de Félobié et de trahison ; il leè chassa de leurs possessions, tiU'ii dbhhaâccut qui étalent restés avec lui ou tiui s'étaient de nouveau ralliés A lui;
Ludwig exécuta alors TenlrepriSe contré les SaionS^ dont quelques mois auparavant la réapparitibn de Lblhar Favait détourné; Le soulèvement âelaSlMÎHgai des Frilidgs et des Latcs^ ne l'avait pas seul mis dans Tem'barras ] il avait aussi inspiré des craintes à tous ceut qdi ètaieht grahdS el éminbnè parmi les Tedtichs. Leé Saxons ^ il est vrai ^ conservaient avec le plus de force lé Souvenir de raneicnhé liberté ^ mais ce sbuvi^nir ne s'était cerlainement pas éhtiéremcnt effacé en Thiiringê, en Bsiviére et en AIIt>mahn!è. Et lors même ({ue dans ce pays, par Téxtinclidn de plusieurs générations ^ sous le pdids et dans les dangers de la vie , bn aurait oublié réellement tout A fait les jours heureux déS ancêtres, le cri de liberté ne pouvait passer sans effet sur les desccndans dliommés qui avaient été si forts et si fiers tant qu'ils avaient possédé ce trésor untique et sacré; du moins le poids du Joug que rorganisation vassalilique avait imposé aux hommes devait ùtre douloureux même aux esprits les plus vulgaires , et dans tous les cœurs devait s^éleverde temps en tcnips le désir de le briser, bien qUe personne ne se sentit la l'brce de rtietire un terme ft cette désolation. Lors même ({uts l'on voudrait révoquer éU doute ce désir, qui seniblo fbndésUr la nature humaine, Thisloire prouve dd la manière Ift plus évidente que ceux qui Jouissent de grands privilèges, protégé* il est vrai par le droit, niais hon fondés
GMâP. IX.
sur \à Justice , sont Habitûéllettieiît iHqbiclè et itiéflans, et qu'ils se laissent facilement diriger par des sbupçbhs corilrc les victimes de Tinjuiticé. Mais les tassâut de cette époque étaient Ube race arrogante bl dépravée, ^ui h'était ac^ c6Utliniéb qii'â la domination, aux armes et aii changement^ et ne corinaisshit ni ménagement rii pudeur; ils étaient terribles dans leur colèrb etihipito)fablés dans leur vengeance. Il estdohc hbrs de doute que les vassaux que Ludwig avait rassemblés autour de lui, et dont beaucoup avaient leurs fiefs en Saxe, suivirent avec Joie le roi dâhs ce malheureux pays et avec la ferme résolution de châtier cruellement les opprimés qui, cédant aux Insinuations de Lôthar, avaienl osé se soulever et s'opposer h la force; afin d'étotifîér èii eux tout sentiment él^vé et assurer à tout Jamais leur soumission. Proba*blërhcnt les ecclésiastiques firent à peine un elTort polir détourner bu retenir le glaive que brandissait le bras des seigneurs laïques. £n iSaxe, le corps ecclésiastique était étroitement uni au corps féodal , dont l'origine lui était commune. La croix avait été plantée avec l'appui du glaive et protégée par lui; les églises étaient construites sur un sol volé el s'entretenaient égalemeht par des terres Volées ; la dtmd était la cause principale de là lutte dëS Saxonè contre Ib christianisme. Or, Lothar avait rap^ pelé aux malheureux Frillngs et Laies les temps du paganisme et les avait excités^ A rétablir l'ordre de choses qui existait alors. Il n'est donc pas dodteux que les Saxons révoltés^ lorsqu'ils chassèrent de leur pays les seigneurs laifjucs, ne levèrent aussi la main contre les prêtres , renversèrent partout les croix el détruisirent les églises ; il n'est pas douteux non plus que les ecclésiastiques, aveuglés par leur foi el par leur zèle, ne reconnurent pas la véritable cause du soulèvement ou du moins no l'avouèrent pas, mais qu'ils ne considérèrent les dissidcns que cdmmc des hommes endurcis, opiniâtres, récalcilrans, poussés par l'éternel ennemi de l'hUmanité. 11 est donc très-probable qu'ils conseillèrent des mesures rigoureuses, sinon pour venger le Seigneur et eux - mêmes, du moins poiir châtier lès coupables cl détruire une telle dureté de cœur. Si l'on réfléchit & toutes ces choses, on redoute presque malgré soi les actes les plus horribles. Heureusemerit l'histoire tait le détail de ce qui se passa en Saxei Nilhard^ par respect peut-être pour Thu-
inanité outragée, «e conlenle d'indiquer ce qui suit: « Ludwig, dit-il, fit rentrer noblement, et pourtant par des meurtres légaux , dans la tranquillité les rebelles qui s'appelaient SUllinga; » et sous ce peu de mots il dissimule assurément un redoulable mystère. Un autre écrivain résume les événemens de cette manière : « Ludwîg rassembla ses vassaux à Seltz. De là il fit une expédition en Saxe et y apaisa avec énergie une grande conspiration rdrmée par les aiïranchis pour opprimer leurs seigneurs légitimes ^ leurs principaux chefs furent condamnés à mort. )) Un troisième auteur enfin est moins sec dans son récit , bien qu'il soit également pauvre: a l^udwig, dit-il, parcourut toute la Saxe et dompta par la force et la terreur tous ceux qui jusqu'alors s'étaient opposés à lui. Tous les auteurs d'une telle impiété, qui avaient presque extirpé la foi chrétienne elle-même, et qui s*étaient avec tant de vigueur opposés à lui et aux siens, furent saisis. Il en fit décapiter cent quarante; quatorze furent attachés au gibet ^ un nombre infini fut mutilé \ de sorte qu'il ne resta pas un seul récalcitrant. )> Voilà quelle fut la déplorable issue de la première tentative, faite par les Saxons pour rétablir la liberté que Karl-le- Grand leur avait arrachée. Après ces nouvelles calamités de ce peuple loyal et actif, les prêtres et les vassaux purent croire qu'ils seraient longtemps tranquilles ; mais le souvenir des injustices qu'ils ont souffertes ne s'efface pas aisément de la mémoire des peuples, et l'esprit n'est pas anéanti lorsque le corps est humilié et maltraité.
Karl enfin passa en Aquitaine pour continuer sa malheureuse lutte contre son neveu Pippin \ mais cette fois encore il obtint peu de résutals. On prétend qu'il mit en fuile ce jeune et malheureux prince, et il se peut qu'il ait obtenu sur lui quelques avantages; toutefois,Pippin ne fut pas dompté, et en péalité rien ne fut terminé.. Lorsque vers l'automne Karl partit d'Aquitaine, il en établit duc un homme nommé Warin , et confia à celui-ci et à quelques autres, sur la fidélité desquels il croyait pouvoir compter, la garde du territoire qu'il avait soumis.
Yers l'automne Karl quitta l'Aquitaine et Ludwîg la Saxe, afin que l'entrevue de leurs délégués avec ceux de Lothar pût avoir lieu à Metz, comme ils en étaient convenus dans Ttle
d'Ausilla. Ludwig et Karl réunirent à Worim les guerriers dont ils étaient accompapés. C'est là qu'ils laissèrent leurs, années. Ils se rendirent pour le 1" octobre à Metz, accompagnés des hommes qu'ils avaient choisis parmi les premiers de leurs fidèles pour faire le partage de l'empire. Lothar vint aussi à Meizam ses plénipotentiaires ; mais on sut en même temps que Lothar, contrairement aux codycd* lions, s'était avancé avec son armée jusqu'à Thionville, à huit lieues de Metz. Le voisinage de cette armée sembla dangereux aux frères de Lothar. Ils lui déclarèrent donc qu'il avait agi contre les traités; que s'il voulait que leurs plénipotentiaires restassent assemblés à Metz avec les siens , il eût à leur donner des otages pour leur sûreté; que s'il s'y refusait, il eûli envoyer ses plénipotentiaires à Worms , coqtre des otages qu'ils étaient prêts à lui donner; ou bien encore qu'il éloign&t son armée à une distance de Metz égale à celle qui se trouvait entre Worms et cette ville; ou enfin qu'il consentît à ce que les négociations eussent lieu dans un autre lieu , à une égale distance des deux armées ; que dans aucun cas ils ne pouvaient exposer sans défense à aucun danger quatre vingts hommes distingués dont la ruine serait pour eux une perte immense. Après celte déclaration , on s'accorda à fixer Coblenlz pour lieu de réunion aux délégués.
Le 19 octobre les délégués arrivèrent à Go* blentz ; mais la méfiance régnait des deux côtés et la violence des passions ne s'était pas encore calmée. On crut donc que le meilleur moyen d'éviter toute querelle était de fixer la demeure des plénipotentiaires des frères confédérés sur la rive droite du Rhin , et celle des plénipotentiaires de Lothar sur la rive gauche. Leurs séances se tinrent tous les jours dans l'église de Saint-Castor. Mais bientôt on en vint à des réclamations réciproques qui rendirent tout accommodement impossible, pui^^ des plaintes, à des reproches et à des récriminations. Selon les conventions faites, les plénipotentiaires devaient prêter serment de partager l'empire en parts égales, selon leur conscience et leurs facultés. Mais il se trouva bientôt que les plénipotentiaires ne connaissaient pas suffisamment l'empire. On se demanda donc pourquoi , depuis le traité conclu entre les trois rois, ils n'avaient pas essaye d'apprendre à le mieux connaître? comment