CHAPITRE I
(1) C'est-à-dire JDsqu'â la réunion de Tempire des Franks sous Chlotar I.
(2) German» (cap. 33).
(3) Comparez les livres IV et V de cet ouvrage , en divers passages.
(4) La première de ces choses fut faite par Cassiodore , par eiemplc , la seconde par beaucoup.
(6) C'est ce que disent Pbocops et Agathias , dont il sera question plus tard sous ce rapport.
(G)Grkg. de Tours a écrit vers la fin du sixième siècle. Il est mort en 595. Sa véracité se manifeste dans toute sa manière. Rien ne montre qu'il ait représenté â dessein les choses autrement qu'il ne les croyait. Mais il savait peu de chose de ce qui serait le plus important pour l'histoire , et croyait souvent sans motif. On comprend sans peine aussi qu'il faut accepter ses réciti avec beaucoup de précaution lorsqu'en qualité de successeur de saint Martin il se trouve personnellement mclé aui affaires.
(7) II indique lui-même (V, cap. C] les sources où il a puisé ces Libelli , quot de miraeulis Martini cornponere tentavii. Celare pasêus non $um quœ aut ip§e vidi f aut a fidelibus relata oognovi. Les fidèles sont des chrétiens remplis de foi.
(8) Du Chksnk {Historiœ Franc, Scriptt. coœt. 1. 1", p. 2ô3). L'édition de Ruinart porte aussi» et avec raison , ce titre : Sancti Georgii Florentii Grsgorii episcopi Turonensiê Historiœ ecclesiasticœ Francorum LibriX; dans Bouquet (t. II, p. 74).
(9) Le récit des événemcns, dans le sixième livre, en a fourni des exemples ; le récit des événemens subséqucns en fournira davantage encore. La foi de Grégoire en l'action constante d'une providence divine est presque un véritable fanatisme. Il porte ses regards sur la magnificence du christianisme , et pour cela il néglige souvent de faire usage de la liberté humaine et de désigner formellement ce qu'il trouve bon ou mauvais dans les actes humains. Mais on devient tnjuslc envers cet homme respectable et pieux si l'on suppose qu'il fut indilTérent ou qu'il ne refusa pas non plus son assentiment au mal. Il sait très-bien que nonnuUœ res sunt gestœ vel recte vel improbe ; il sait très-bien qu'il y a des flagitiosi et des recte vivenles. Voyez par exemple quel zèle il déploie au commencement du livre V ! avec quelle amertume il blâme beaucoup d'excès de brutalité, d'arrogance et d'indignllé chez les ccclésîasliqucs comme chez les laïques ; Dans son récit, le bon et le mauvais ne perdent
donc pas leur caractère , et Thistoire consene le tribunal qui lui appartient.
(10) Il ne pouvait en être aatrement: le gf«ml ciiaogement des choses devait induire les bommes en erreor, ou bien ils devaient détourner leurs regards du bonheur et du malheur terrestres. Mais la méflaoce contre tout grand seigneur de l'ordre séculier se comprend asseï facilement.
(11) Il le sait très-bien et le dit A plusieurs reprises, par exemple in prœfat. , et I , cap. l ; V, cap. 6.
(12) Je suppose tout cela connu, et Je regarde comme supeiilu d'en donner la preuve.
(U) Cela aéra prouvé dans la suite, dans les cbipitres VIII, IX, X.
(14) Peut-être comme plus tard le SachsenrSpiegel et le Schwaben-Spieget. Les préfaces des lois soiil évidemment postérieures, cela est prouvé; leur contenu peut seulement prouver que Ton sentit le besoin de chercher un commencement à ce qui était el de donner au droit en vigueur l'autorité de l'origine indépendamment de celle du tribunal. La préface de la loi'salique par exemple a admis dans cette vue ce q>ii avait été inventé par l'auteur des Gesta Francorum , qui peut-être ne vécut que vers le milieu du buitîéme siècle , pour rendre facile chez ses Franks venus de Troie l'introduction d'un roi Pharamond cl de lois. Dans les lois fk>anciques on ne voit point figurer d'au torité publique, si ce n'est peut-êlre dans quelques cas , qui peuvent être des additions postérieures. De plus il y manque de tout ordre que l'on aurail pourUnt droit d'attendre d'un code rédigé sous une aulorilé publique , et dans la position des titres nommémenl . les divers manuscrits de la Lex Salica différent beaucoup entre eui. Cependant les expressions sont toujours celles du commandement et de la volonté.
(16) Dans les cantons de la patrie, les Franks n'avaient certainement nul besoin , pas plus qu'aucun autre peuple teutsch , de mettre par écrit le droit qui était en vigueur. Ce ne fut que parmi les Romains et k cause de leurs communications et de leurs points de contact avec les Romains que se ût sentir la nécessité de rédiger par écrit les anciennes coutumes Judiciaires el de les préciser ou de les changer selon les nouvelles relations. Chez les autres peuples teutscbs , chez les Thuringîens , les Allemanni , les Bavarois, celte nécessité se manifesta par suite de leur réunion à l'empire des Franks, qui avait son foyer dans la Gaule. Voyez plus bas chapitre VlII.
(IC) « Par le roi lui-même. * On cobçoîI facilemeot qu'on ne peut songer aux lois des Bavarois et des Allemanni I où le roi parait w oppositi^q «y«c le duc*
NOTES DU LIVRE VIL
(17) In praAit. t ad éitereenâa initia pu^rorum, ut potui, aperte et iimpHciteT scripsi (Baluz. , Capitul, Reg, Franc,, U U« p. 370].
(18) L'histoire perd «mis aucun doule de sa vivacité )orsqa*eUe sépare ce qui '.était uni dans le monde et qu'elle rneoDte l'activité d'un peuple contre un autre peaple par la guerre et par les armes, ou la vie des rois et des liéros , en les détachant du développement des relations politiques et de la civilisation du peuple. Mail comment esMl possible de signaler une marche qai n'a point laissé de traces ? Comment est-ii possible de rapporter un acte à celui qui Ta accompli , lorsque l'iele seul est r«até dans la vie , ei que son auteur a dUpara du sonveair des hommes ?
(19) EUf vi potero , explieaho, née tamen quasi Pytkiut JpoitOt eerta ut sint et fixa, quCB dixero^ sed ut homunathu tmue e multis , probabilia conjectura sequeni, (Cicsa. TWcu/. Queet,, I» cap. 9).
(20} Quand ori jette lés yeux sur les monumens de notre histoire et de nos lois , il semble que tout est mer et que les rivages mêmes manquent à la mer. (MoTrESQcisu , Esprit des Lois, XXX , chap. 1 1.)
(31) Les Français Boolaiiivillibrs , Dubos, Mably ont pris leur siècle pour point de départ; ils se sont imaginé un développement historique pour arriver à ces relations , et ils ont interprété les témoignages historiques conformément à leurs systémes.Mais j'espère qae tes points de vue généraux qui ont été exposés ici ne pourront être comptés au nombre de ces théories : ils sont historiques. Ils parlent d'un point d'arrêt pris dans l'époque même à laquelle ils se rapportent. lis sont puisés dans les événemens antérieurs et non dans ceux qui suivirent, et ils n'ont rien de commun avec les opinions et les tendances de nos jours. Du reste les Français aussi sont actuellement revenus de la manière dont jusqu'aujourd'hui on a traité leur histoire. « Le plus sage, dit M. Guizut, dans it^ Essais sur l'histoire de France, est d'étudier la société elle-même pour connaître ses institutions politiqaes. Avant de devenir cause, les insUlulions sont effet , la société les produit avant d'être modifiée, et au lieu 'de chercher dans le système ou les formes du gouvernement quel a été l'état du peuple , c'est l'état du peuple qu'il faut examiner avant tout pour savoir quel a dû , quel a pu être le gouvernement. • Gela est Irés-jusle. Malheureusement cet examen a ses difficultés , et elles sont grandes.