CHAPITRE IV
(0 SenÀ fiscales. Cf. Dd Canoë (s. v. fibcalini). On ^(oit qie eea terfb n'étalent pas sbbs Borvelllance.
[ij^RfmrLîs {Alsatiaillustrata, lib. I, $ 3) fait dériver les noms d'Alsace et d'Alsaciens de la rivière d'Iu, qui, au moyen âge, s'était appelée Ell. Les deux niob, dit-il, signifient : Elli accola, vel possessor f*9<f»Us ad Ellum. De là seraient venus i Misatia, £iUatia, Elisata, Elisaza, Elisatium, Helisatia, AUecindSt Alsadnde, etc. D'autres savans, avant et ^ptisSchoepflin, ont eu la même opinion. Mais ce qui
ne sonffï'e aucun doule, e*esi que la plus ancienne forme est Alesatia, Alsatia; les autres sont poslérieures. Or si tous accordent que satia et sati dérivent de sassen (demeurans) et sitstn (demeurer), il ne s'agirait plus que d'expliquer Alr ou Ala. Que l'origine de celle syllabe doive cire cherchée dan% 1'/// ou VEll, c'est ce que .m'empêchera déjà de croire celte seule raison, qu'aucun nom de peuple, ou trèspeu de ces noms ont été formés de celte manière, c'est-à-dire d'après la demeure des peuples sur les bords d'une rivière. Au sujet des jilsaten, je le croirai d'autant plus difficilement que ces hommes ontété appelés déjà précédemment Ala ou Alb mannen,
(3) Les FARONES de FRÉfiâcAiRB : Burgufidia farones verOf tant episcopi, quant cœteri lrudbs. Je pense que Frédégaire pouvait faire un faro du teutsch /bre aussi aisément que PAut Diacbb a pu en faire une fara. Et de la manière dont Paul Diacre explique ce mot, farones peut sans inconvénient être traduit par familles. De même wahren (gardes, défenseurs) 6ari-barones,
(4) Sans aucun doule ! Cela n'est dit nulle part.
(5) Dans la Lex Angliorum et JVerinorum (CapccuNi, t. m, p. 31} nous rencontrons un adalihgus. Il en sera question dans le chapitre XI de ce livre.
(6) Cela se conçoit sans peine; mais cela ressort aussi de la Lex Bajuvariorum (tit. Il, cap. 10). Le dux doit être un homme , qui potest in easereitu am^ hulare, populumjudicare, equum viriliter ascenderct arma sua vivaciter hajulare, non surdus, nec oaeus, in omnibus Jussionem régis implere.
(7) Pour éviter une série de citations, voyez Zinrf.i- 8BN {Commentatio deFrancorum Majore domus, p. 1 10 et 117, J 2.)
(8) Comparez ci-dessus les chapitres V et X du livre VI. Le fait avec Théoderich est Jusqu'à un certain point entre les deux. Chlotar et Childebert veulent marcher contre la Bourgogne ; Théoderich ne veut point participer à celte guerre Alors les Franks lui déclarent [Grbgob. Tubon. Ill, cap. U) : ^t cum fratribus tuis in Burgundiam ire despexeris, te relinquimus et eas satius sequi PBiVOPTAMUS; mais ils ne lui font pas violence. Us ne forment encore qu'une armée et sont chez eux partout où flotte le drapeau des Mérovingiens. >
(9) Accipivnt regnum, est-il dit des premiers ; plus tard î Frand statuunt super se regem-, elegerunt rcgem; reœ, suffragantibus,., electus est, et autres expressions pareilles.
(10) En ce qu'ils n'appelaient pas le bien beneficium, mais le bien, que l'homme possède beneficio nostro ou ex beneficio nostro.
(U) Voyez Du Gange (s. v. flscus, fiscalinus, beneficiumy honor). J'ai traduit ce dernier mot par reconnaissance ou prix de services rendus, parce que cela semble être conforme à la langue postérieure do moyen âge.
(12) Voyez Du Cangb (s. v. vassus), ainsi que les autres glossa leurs. On a expliqué le mot vassaux par compagnons (gosellen), et cette opinion n'a pas été
NOTES DU LIVRE V
sans partisans. Malhcureasemenl les vasH sont là, et Il n'est pas facile d'en faire des gesellen. L'explication du mot vassus tirée de ralleraand du Nord (pour laquelle on peut citer ce fait que le bien d'un vassal était appelé tenementum, comme lui-mcmc était appelé Unementariut ,) ne peut être repoussée à cause de cet autre fait que ce mot se rencontre dans les lois allemannlques. Ces lois, telles qu'elles sont sous nos yeux, peuvent avoir été rédigées après le temps deMAncuLF, dans \t$ Formules duquel ce mot se trouve aussi déjà. Il yavaft aussi plusieurs sortes de «««t; ici on ne peut naturellement avoir eu en vue que les voêêi dominici. 11 en est du mot vassi comme des mots miniiteriaUs ci homines. Ces derniers désignent aussi le service le plus bas comme le service le plus élevé. 1a signification la plus élevée a prévalu pour ces mote. — Du reste ce passage de la Lex Alamannorum (tit. XXXVI, S 6) : QualUcunque persona sit, aut vassus dueis aut comitis, aui qualiscungue persona^ peut servir à confirmer la remarque faite plus haut dans le texte sur la position du peuple à l'égard du duc dans l'Allemannle. Comme la loi. après son troisième aut ne sait que répéter : çualiscunque persona, il semble que dans ce pays il n'y avait pas beaucoup d'individus qui ne fussent pas des vassL La puissance du roi reposait sur ses vassi; comme le duc s'efforçait d'étendre son Indépendance aussi loin que cela lui était possible, il cherchait à l'appuyer aussi sur ses vassi. Mais ceux-ci étaient des hommes d'une tout autre sorte : ils formaient le peuple 1 — Dans an second passage oà figure le mot VAssi(/:ex^/ajii.,til.LXXIX,S3), j'élève des doutes sur rexaclilude du texte. La suscription est : I>e eo qui pastores vel artifices oeciderU, Or le $ l traite du porcher, pastor porcorum ; le § 2, du berger, paslor ovium; le 5 4, du palefrenier, mariscalcus gui super duodecim caballos est. Mdis le S ^ dit. si alicujus senescaleus, quiservus est, et dominus ejus duodkcim VASsos infradomumhabet, œcisus fuerit. Comment les VASSI se trouvent-ils dans cette série oit l'on voit des porcs, des moutons, des chevaux ? Cela est d'autant plus singulier, bien qu'à ma connaissance personne ne s'en soit étonné, que la peine du meurtre reste la même dans ces quatre cas , c'est-à-^lire qu'elle est de 40 sous. Evidenunent , au bout de cette série, et avec ceuc égalité de composition, on pourrait s'attendre A trouver des vaches plutôt que des vassi. N'aurait-on pas fait de vaccas — vaccos? peut-être de vaccos —
VASSOS?
(13) Non pas du moins an temps des Mérovingiens : bien plus, en ce temps, le nom de leudes semble avoir été employé toujours plus fréquemment , comme le prouvera le livre suivant du présent ouvrage. — Homines n'est que la traduction de leudes. Hominium, komagium est leudemium , leudesamiumj plus tard laudemium. Voyez Du Cange.
(14) Inbenefieiare.
(16) Du Gamob en donne les preuves.
(16) Us étaient certainement comptés parmi les pagenses. On ne trouve rien qui soit contraire à cette opinion.
^ (17) De cette manière on peut comprendre, je eni». l'origine de rhériban, sa nalsire propraet ladiiréreBt« qui le dislingue du ban. Voyez du rate les glossaim.
(18) Il me semble tout à fait dans l'ordre des chOî« humaines que dans le principe on ail agi avec le plw de sévérité. Grégoirk de Tours donne les preuves qcf la peine de mort fut assez souvent prononcée. Sonne gîsel et Gallomagnus furent impliqués dans une masvalse affaire. Ils s'enfuirent devant le roi Childeberill dans une église. Le roi déclara : promitsimm hhete DE viTA , etiamsi cuipabiles inveniamini. 11$ en sortent, et eum rege ad jddicium venerunl (cela H expliqué, je crois, par Marculf, Formul, I, cap. :2. eum consitio fidelium nostrorum). Et la ûn^. Swintgisilus et Gallomagnus, priy au a bebcs, qdasafisc) MERUsRAMT.tn cxsUium rtf/rudttn/t/r (Grecor.Tcï.,LX, cap. 38. Comparez Vin, cap. 43). Dacco, fils de Daga rlch. avait abandonné le roi Chflpérîch (belicto rejî Ckilperico, c'est-à-dire qu'il s'était retiré de rarmtf . L'habile [industrius) Dracolen l'arrêta et l'amena lu roi, dato ei sacramento, quod viiasn illius ciw sege obîineret. Mais il dut mourir [Gregor. Turon., V.cap. 26). — Ennodium ek comitatv ad régis prtttentiam perduxerunt, Quo exsilio dasnnaio, facultates u« FiscosuBDiMRFjNT. Ssdpostonnum etpatriœetfaetiltatibus redditus est (Id., V, cap. 26). Bien plo», Grégoire de Tours parle aussi de erimina majsstatb. L'expression ne peut être douteuse. Il aioolc même (V» cap. 2S) : rei majestatU et patrim proditores. Ces crimes étaient punis de mort.
(19) Grégoire de Tours en donne des exemples; nous les indiquerons.
(20) Et n'échappèrent pas . comme la suite de Histoire le prouvera.
(21) On trouve en particulier des détoîls Irte-lnstmctifs sur cette question dans les actes qui accompagnèrent les mariages sous les fils et les pelid-flls ^ Cblotar, et que Grégoire de Tqurs raconte en plusieors passages de ses livres IV. V et VI ; les deuils les plus instructifs se rencontrent au livre VI. cap. 41. On voit par là que les rois et leurs épouses avaient des terres et des villes, qu'ils exploiUient selon lenrboD plaisir, mais ils ne pouvaient les aliéner, parce qu'elles devaient continuer â former un tout, c'est-à-dire parce qu'elles appartenaient au fisc. Ce qui témoigo^ aussi d'une manière irrécusable de ce dernier point» c'est la circonstance que la maison ro|ale fut successivement dépouillée de toutes les terres, et que looi tomba comme fiefs entre les mains des ieui^- ^ conséquence ces terres et ces villes ne peuvent êlrc considérées comme des fidéi commis de la maison royale.
(22) HonUnes fisealet et pueH régis on regH- Wei Du Gange.
(23) Le puer regius, quelque élevée que fût sa position, n'avait jamais que la moitié du webrgeld qu'a<^' ralt eu un Frank libre dans la même posillon.
(24) Il n'r avaU de dilBculté qu'à préciser X\v\^ de l'empire.
(26) On ne peut jamais compter sur VHistoriaEvi-
NOTES DU LIVRÉ Vlî.
oâ
ùmtâ lonqii^tto liévle pour des faits posUifs de 'hfsloiK de Oticoiiut ht Tours , mais on ne pourrait 1 rejeter lorsqu'elle traite de relations , de droits et i'tt!4ges. L'auteur inconnu de cet ouvrage, que ce soit FiÉûiGAiREou un autre, a pu rattacher d*une manière ineucte et arbitrairement ces relations, ces droils et ces usages é un nom quelconque et les placer ainsi à tort daDs un temps donné ; mais il ne s'ensuit pas que les choses soient fausses. Or cette HUtoria raconte [ cap. 68 ] que, dans la jeunesse de Sigit)ert, tous les Auslrasieos éllrent Chrodin pour mc^for domus, Chrodiniléclinacet honneur. « Paeem, dit-il, ego in Au»tnfaetn non valeo; maxime cum omnet primates i c» LiBEKis in iota Auêtro mihi consanguinei tint, nonpostum tx eis facebe disciplikam , nec quemqium nTEKricEiiE. • Cela veut dire que ces pnissans parens se seraieol opposés au majordome, qu'ils auraient clierché par tous les moyens à faire passer leurs bénéfices à leurs en fans ; ei Cbrodin ne pouvait prendre »ar sa conscience de faire conduire ses parens au fopplice.Ce fait se trouve dans le chapitre IJI de notre li^reVIlI.
iSS) Cela se eonçolt : crée l'assentiment du roi et des leotes ; cela se conçoit : au nom du roi , auquel tout l'empire était administré 1 En • conséquence , 00 ne doit pas être surpris que GaÉooiRc m Touss atuibae la concessioo au roi, et Ton doit en être surpris d'âBUat motos que le respectable évoque se représen- UiitOHjoars un peu les choses à la manière romaine. Par eiemple an livre \I (cap. 22) : Jtes IV<mnie/rii eu-
nti/Û, <JC1A ABSQUE LIBERIS EBAT, DlYEltSlS A EEGE CON-
CQS£ scNT.^ Au livre V (cap. 3} : Vulas, q«as Godino tu A Fiscom territorio Suessonico iNDUUiSBAT, abs- '»H(, et baHKeœ cùntulit beaU Medardi. Mais qui s'occopaii des formalités? qui faisait la proposition ? qui Teillait à l'exécution ? qui tenait compte de ce qui appartenait au fisc et de ce qui était alleu ? Le mcôor
m Le budget. Dent un empire qui avait de la eonsiiiapce, qui prospérait, qui faisait des conquêtes, fl e^t certainement impossible que pendant des siècles (ont M soit fait d*une manière barbare et sans ordre.
CBAPITRB V.
(I) Kn tant qu'elles étaient dans sa nature et pou- ^aieat être prévues. Il semble que les évéuemens de l'^oe suivante se comprennent plus facilement si C^w se rend compte d'avance en quelque sorte de la ^^'^ des choses, et 11 est plus facile d'assigner aux <^ils leur place dans l'ensemble. Lorsqu'une fols InVtanks eurent introduit le système féodal , H ne fut l^>sea leur pouvoir d'en éviter les suites; et l'Intro- 'vcUoi de ce système fût elle-même l'œavre de la néwiîté.
(2) Le monde renain et le monde tentseb.
'Vi A leur sens, la liberté reposait sur la propriété ^»eiére,et il n'y avait rien au delà de l'économie ru- '^^ nsTOttlalent continuer dans un grand empire la ^ des cantons teutschs ; ils voulaient être hommes librei et pourtant se soumettre i des services. Mais la «Wradicilon éUit inévitable.
(4) Ce qui fit l'avantage des États germaniques sur les États anciens, c'est que ces derniers rendaient im" possible le libre développement des facultés humaines, tandis que les premiers les favorisaient. Dans les États anciens resclavagc ne pouvait cesser; il ne pouvait s'y affaiblir; il devait y devenir toujours plus oppressif, t^a servitude au contraire, telle qu'elle fut admise chez les Teutschs, adoucit l'esclavage; l'admission des lités adoucit la servitude, et les liles ne restèrent point sans droits, par conséquent point sans liberté légale. Toutefois la servitude n'aurait peut-être pas disparu du monde sans la puissance indépendante que l'Eglise sut acquérir. Ce n'est pas une religion d'amonr et de miséricorde qui l'a détruite : l'homme le plus pieux n'est pas toujours le plus doux ; souvent il est le plus dur. L'histoire prouve par des exemples que le seigneur et l'esclave ont, avec une égale humilité, courbé la tête devant le Sauveur, sans que le fouet de l'un ait frappé moins rudement et moins arbitrairement le dos de l'autre. La puissance de l'Église n'a pas non plus détruit la servitude ; la liberté générale est peut-être issue du trône des rois ; mais la lutte de la puissance spirituelle avec la puissance temporelle a préparé cette liberté et l'a rendue nécessaire. Et dans l'antiquité la puissance spirituelle et la puissance temporelle étaient réunies dans les mêmes mains.
(&} Voyez les notes 26 et 26 du chapitre précédent. Comparez, par exemple, Grégoibs db Tocbs (YIII, cap. 22}. -*• Le due Bodegisel mourut, pîenut dientm. Ses fils avaient donc atteint l'âge d'homme et pouvaient entrer au service. En conséquence, nihil de fatultate ejus filUa mintAum est,
(0) Il n'est par conséquent pas nécessaire de discuter sur répoque où les fiefs devinrent héréditaires. £n droit ils ne le devinrent que fort tard; en fait, ils le furent dès le principe.
(7) Dans les États où l'armée est soldée en argent , il est difficile que le gouvernement ait à itdouter la désobéissance. La vie, le pain dea troupes dépendent de lui. Mais il n'en était pas de même dans tes États du moyen âge» où le vassal vivait sur ses propres terres, au sein de l'abondance, et devait être Jugé par ses covassaux, par ses pairs, presque toujours par ses complices.
(8) Comparez le chapitre V du présent livre.
(9} Vrais seigneurs libres, vrais barons, tels qu'ils sont restés dans le Teutsehland, grands et petits.