CHAPITRE m
GHILPBRICH. — GUNTCHRAMN. — CHILDE- BBRT. — CONTINUATION DE LA. GUERRE CIVILE.-^ FftEDBGUNDIS ET BRUNHILPIS.
De Tan hU i Tan 5S4.
Grégoire de Tours voit dans la roine Fre-
HISTOIRE DU PEUPLE ALLEALVND
degundU Tauleur du meurtre de Sigibert -, des auleurs postérieurs prétendent savoir aussi qu'elle avait promis aux meurtriers de grands honneurs s'ils accomplissaient adroitement leur crime , et le bonheur éternel en cas de mauvais succès (1). Aucun d'eux toutefois n'in* dique les sources où il a puisé, aucun ne dit comment celle promesse fut remplie , et tout ce qui précède celte mort , tout ce qui la suivit témoigne pour Tinnocence de Fredegundis.
Avant que Sigibert entreprît son expédition, révèquede Paris, saint Germain, qui plus tard donna au roi des avis significatifs , écrivit à la reine Brunhiidis, et sa lettre prouve les dispositions et les opinions des vassaux franks devant lesquels Sigibert périt : a Je t'écris, est-il dit dans celte lellrc» avec un cœur brisé, car des Jours d'inquiétude et de désastre s'approchenl de nous. Le bruit court que, selon tes (ijsirs, tes conseils, les suggestions, le roi Sigibert veut ruiner ce pays ^ je ne le crois pas, mais je te le dis afin que tu ne fasses rien qui puisse appuyer cette calomnie. Cependant nous espérons toujours en la miséricorde de Dieu ^ nous espérons qu'il détournera la main de la vengeance et qu'il éloignera celte disposition d'esprit qui produit la mort, la convoitise, qui est la racine de tout mal , et le ressentiment, qui délruil la prudence. Notre Sauveur dit : (( Malheur d l'homme par qui arrive quelgu>e vto- » lence; » et ce qu'il réprouve de sa propre bouche, il ne le laissera pas sans punition. L'un rejette la faute sur l'autre, aucun ne veut se soumettre au jugement de Dieu ^ mais si vos ennemis perdent l'empire, vous et vos enfans vous n'aurez pas un bien beau triomphe. Celui qui croit se tirer d'embarras avec l'appui d'une race étrangère tombe en danger de mort ; c'est une victoire sans honneur que de vaincre son frère, de déshonorer sa propre maison , de détruire ce qui a été fondé par ses aïeux, c'est combattre contre soi-même et anéantir son propre bonheur. L'ennemi accourt alors en toute bâte et se réjouit des .désastres qui nous arrivent. » Après ces paroles équivoques peut-être , mais non insignifiantes, le vénérable évêque montre les résultats ordinaires des discordes fraternelles par les exemples que fournit l'Ecriture sainte (2); mais ces exhortations eurent aussi peu de succès auprès de la reine que ses avis en eurent plus (ard auprès du roi.
Le roi fut assassiné. Si les Tassaax qui lavaient attiré dans la plaine de Yitry pour le proclamer leur souverain, ainsi qu'ils l'avaieot promis , avaient agi avec des intentions loyales , s'ils n'avaient rien su des projets formés contre sa vie , certainement ils auraient saisi les meurtriers mercenaires qu'on signala comme les instrumens de Fredegundis ; ils seraient accourus & Paris pour consoler Brunhiidis sa veuve, élever son fils et celui de Sigibert, Childebert, sur le pavois où Sigibert avait reçu les coups mortels ; ils n'auraient pas hésité à marcher sur Tournai avec l'armée des Teutschs de Sigibert pour faire périr ou chasser la coupable Fredegundis avec son indigne époux. Mais rieo de semblable n'eut lieu : les meurtriers disparurent, quelques serviteurs du roi défunt furent assassinés ou maltraités *, un fidèle Teulscb, le duc Gundobald, ne réussit qu'avec peine à ra* mener en Austrasie le fils de Sigibert par une fuite précipitée. Brunhiidis, qui n'eut pas le temps de se sauver', fut faite prisonnière à Paris, et les troupes teutsches qui avaient passé le Rhin avec Sigibert ne paraissent plus, certainement parce que» privées de leur chef et entourées de trahison, elles ne virent 'pour elles d'autre moyen de salut que dans un prompt retour au pays du malheureux prince qui les avait amenées.
Chilpérich, réduit auparavant à la deruière extrémité avec sa femme Fredegundis, se rendit maintenant sans obstacle de Tournai à Paris, dont il croyait pouvoir aussi mainteflaot prendre possession. Or si les vassaux avaient eu réellement le dessein de reconnaître Sigibert pour leur roi et si le meurtre avait été l'œuvre de Fredegundis , il est hors de doute que Chilpérich aurait puni leurperfidie et que Fredegundis aurait donné oo fait donner la mort à Brunhiidis, que certainement elle haïssait profondément ^^x^ cause première des extrémités où elleavailéle réduite. Mais loin de là : Chilpéricb parui comme auparavant parmi les siens sans exprimer ni mécontentement ni désir de vengeance; il fit ensevelir les restes de son frère dans Téglise de Saint-Médard à côté de leur p^re commun Chlolar. La reine Brunbildis fut transférée à Rouen pour y être détenue j ses filles furent conduites à Meaux, el Fredegundis ne montra pas celle avidité du m^^^^ qu'on lui reproche , bien qu'il parût évidcn*