‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 65 sur 298 · ISOU VELLE RÉVOLTE. — LES BAVAROIS ET LES LANGOBARDS · texte numérisé non relu

ISOU VELLE RÉVOLTE. — LES BAVAROIS ET LES LANGOBARDS

De Tan 586 à Tan S91.

Le drame sanglant qui se termina par la ruine de Gundovald ne ramena pas les hommes à la sagesse \ et les flammes de Comminges ne purifièrent pas les passions (1) qui les agitaient. Les deux reines Brunhildis et Fredegundis restèrent constamment ennemies déclarées ; et bien qu'aucune d'elles ne se soit vraisemblablement rendue coupable envers l'autre d'excès aussi odieux qu'on l'assure , il est à présumer néanmoins qu'à leur insu et sans leur volonté beaucoup de choses se firent qui, grâce à des soupçons réciproques, entretinrent des deux côtés la méfiance et la colère, et furent attribuées tantôt à l'une tantôt è l'autre par la jalousie , la haine ou l'adulation. Quant aux icules puissans, ils furent en partie poussés par la conscience de leurs propres crimes à chercher dans de nouveaux forfaits la sûreté dont ils avaient besoin pour leurs personnes et pour leurs possessions. Le désir de la vengeance , l'avidité, la dépravation, les portèrent aussi à former de nouveaux projets pour détruire l'ordre et la tranquillité. Les guerres que Guntchramn et Childebert avaient soutenues, l'un contre les Goths et l'autre contre les Langobards, ne furent point heureuses; aussi ne purent-elles anéantir ou comprimer les mauvais élémens qui avaient envahi la société. Le roi Guntchramn sentait très-bien que grftce à l'enfance de ses neveux tout dépendait de lui seul*, il avait d'ailleurs la meilleure volonté de maintenir la concorde dans sa famille et par elle l'ordre dans l'empire \ il ne se laissa pas non plus tromper sur la source du mal ; mais tout était contre lui. Ses droits comme roi n'avaient

point de limites précises, et il ne put jamais calculer avec certitude Jusqu'où arrivait sa puissance légitime ; les exemples de TAncien Testament pouvaient sans doute loi oiïrir une juste mesure, mais ces exemples ne faisaient que lui montrer ce qu'il n'avait pas la force d'exécuter. Les moyens d'action étaient entre les mains des vassaux mêmes qui s'élevaient contre lui comme ennemis. D'un autre côté il manquait tout à fait de ce génie qui entratne et soumettes hommes; il manquait plus encore de cette fermeté qui ne chancelle ni ne recule devant les obstacles. A qui d'ailleurs pouvait-il se confier? Son neveu Chlotar Datait qu'un Jeune enfant ; et ce ne fut pas pour lui une petite tâcheque de soutenir si longlensps l'enfant et la mère, dont la position lui inspirait d'autant plus de pitié qu'elle était plus vivement poursuivie par une haine féconde en accusations toujours nouvelles. Son second neveu Childebert grandissait; c'était sur lui qu'il fondait ses espérances, et il tenta plusieurs fois d'agir sur le cœur de ce Jeune homme. Mais Childebert avait pour ainsi dire sucé le lait de la haine: élevé à l'école des intrigues et des calomnies, il buvait tous les Jours à la coupe de l'animosité, de la perfidie, de la méfiance et du mensonge. Ce n'est pas tout: on l'avait marié encore enfant afin d'épuiser ses forces avant le temps et de l'amener au dernier degré de faiblesse par l'usage prématuré des- plaisirs. Aussi le roi Guntchramn lourna-l-il ses affections du côté du clergé, qui le trompa souvent sans doute, mais qui semblait opposer un contre-poids aux violences grossières des vassaux, auxquels il se trouvait de beaucoup supérieur en connaissances ; mais le clergé ne voyait pas non plus avec peine les troubles de l'empire parce qu'il s'en fallait de beaucoup qu'il eât atteint tout ce qu'il désirait atteindre. Eu l^ut cas il suivit sa propre route.

On n'avait fait jusque-là que de vains efforts pour anéantir la famille de Chilpèrich ; où insinua au roi Guntchramn que l'enfant, Chlotar, n'était pas le fils de son frère Chilpéricli : Guntchramn ne partagea pas ce soupçon odieux (2). Mais pour réduire au silence les ennemis de sa belle-sœur Fredegundis, il f^îi?"*^ d'ajouter foi à cette calomnie 5 il exposa wùme publiquement les bases sur lesquelles elle s'appuyait. Mais Fredegundis Jura p»** "" serment solennel que Chlotar était le fil« ^^

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