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tërenti lui, el te reconmirenl pour leur roi. La plu» grande 'partie des Neustrieos suivit cet exemple (5). Mais Brodulf , oncle du jeune prince Chariberl (6) et beau-rrère de Dagobert, ne voulut pas renoncer aux droits de son neveu : il mit tout en œuvre pour lui former un parti , et il réussit. Alors Dagobert , soit qu'il craignit ce parti , soit que les exhortations de quelques hommes qui interposèrent leur médiation eussent réveillé en lui Taffeclion fraternelle (7), jugea convenable de faire avec Charibert un traité par lequel il lui abandonna le sudouest de la Gaule, depuis la frontière du royaume des Golhs d'Espagne jusqu'à la Loire, Jusqu'au Rhône et au delà (8). Toulouse devint la capitale de ce nouvel état , et Charibert y établit sa résidence et le siège de son gouvernement.
Après cet accommodement , le roi Dagobert parcourut ses nouveaux pays pour gagner ceux que la surprise et la crainte avaient fait entrer dans son parti , et il les gagna. Car son séjour parmi les Tculschs lui avait conservé des mœurs pures , el les principes que Pippin et i'évèque Arnuif lui avaient inculqués (9) lui servaient encore de règle de conduite. D'ailleurs ils raccompagnaient Tun et I aulre, et il n'agissait que d'après leurs conseils. Aussi cxerça-t-il une justice exacte, effrayant les mèchans et les orgueilleux et protégeant les pauvres (10); il ne prenait ni sommeil ni nourriture avant d'avoir renvoyé satisfaits tous ceux qui se présentaient & lui. Il alla ainsi de lieu en lieu , et partout on se soumit avec joie à son autorité.
Mais la ville de Paris fut le tombeau de sa vertu , et avec la vertu il perdit la sagesse. Il laissa sa femme Gomatrudis à Neuiily près Paris , et tira de la domesticité pour l'élever sur le trône une jeune fille nommée Nantbildis (11), qui avait été au service de la reine. Les choses se passèrent alors comme sous les anciens Mérovingiens. Dagobert établit sa résidence à Paris , et prit pour modèle le roi Salomon , dans ses débauches et non dans sa sagesse. Bientôt, indépendamment deNanthil* dis , il eut encore deux autres femmes , Wulgundis ei Bcrchildis , et un si grand nombre de concubines que l'historien n'ose indiquer leurs noiiis. Aussitôt les portes furent de nouveau ouvertes à la cupidité, aux intrigues et à l'astuce. Le roi, qui était contraint de satis-
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faire la cupidité et prévenir les intrigues , qui de plus croyait nécessaire de réparer de temps en temps par de riches aumônes aux pauvres et par des donations aux églises le mal qu'il commettait tous les jours par sa conduite effrénée, usurpa et pilla tout ce qu'il put s'approprier (12). Il prenait à l'un et donnait à l'autre; en même temps il levait sur l'industrie cl le commerce de la ville de Paris des impôts nombreux , et il en partageait fidèlement le produit avec saint Denis (13). Les vassaux elles lentes gémirent de cette conduite du roi et de ses vices; mais ils cherchèrent aussi à faire tourner ses excès à leur propre avantage, et ils étaient Lien forcés à ce calcul les uns par les autres. Arnuif, le respectable évèque de Metz, aflligé de ce changement, se retira des affaires et du monde ; il chercha la paix de rame dans la solitude d'un monastère , puisqu'il ne trouvait plus aucune satisfaction à se mêler aux agitations sociales. Pippin s'efforça de remplir le vide formé par la retraite de cet homme si expérimenté (H) , el Chuniberl, évèque de Cologne, prit sa place auprès de lui comme conseiller et collègue. Mais il était impossible de tirer Dagobert du sentier de la volupté. Il n'écoula ni rcprésenlations ni conseils. La complaisance du Neustrien Acga convenait mieux à ses passions que les sages exhortations de Pippin. Les leutes d'Austrasie s'élevèrent aussi contre Pippin lui-même; tantôt ils l'accusîTent, tantôt ils le calomnièrent. Ce fut probablement parce qu'ils reconnurent un peu trop tard que désormais Pippin n'appar* tonait plus ù eux seuls , mais à un empire plus vaste. Ils trouvaient mauvais d'ailleurs qu'il séjournât à Paris , et non au milieu d'eux. Aussi semble-t-il qu'il fut paralysé dans son action par les mécontens (15); sa vie même courut des dangers , et vraisemblablement on en serait venu à de fâcheuses extrémités s'il ne s'était heureusement élevé une guerre qui fit à propos diversion et donna une autre direction aux esprits. Il fallut combattre les peuples slaves.
Si l'obscurité règne sur l'histoire des peuples de l'intérieur du Tcutschiand, cette obscurité doit être naturellement plus profonde lorsqu'il s'agit des peuples qui demeuraient à l'est des Toulschs. Il est rarement question de ces peuples, et l'on n'en parle jamais que vaguement. Leurs noms même sont inconnus ou incertainS|
HISTOIRE DU PnCPLE ALLEMAND.
on ne pcul même indiquer avec précision les frontières des pays qu'ils occupaient. Ces Tronlicres aussi étaient frès-înccrlaines entre les Tcutschs et les étrangers, car il n'y a pas de doute qu'il y eût entre eux des guerres conlinuelles, et que par le sort des armes les frontières ne s'étendissent ou ne se rapprochassent suivant les circonstances. Cependant ce ne serait peut-être pas une erreur trop forte que de supposer, pour le deuxième quart du septième siècle, la ligne moyenne de sa limite tantôt plus éloignée, tantôt plus rapprochée, en remontant du bas Oder au moyen Elbe , puis en suivant lu Saaie le long des montagnes qui entourent & Touest la Bohème, et en longeant TEns jusqu'à la pointe de la mer Adriatique. A Test de ces limites, c'est-à-dire depuis la mer Baltique jusqu'aux montagnes méridionales de la Bohême, on voyait dominer les peuples slaves^ et les Teulschs, qui avaient tenu les Slaves sous leur dépendance, vaincus à leur tour par les Slaves, avaient été soumis à la même dépendance qu'ils leur avaient fait subir au temps de leur fortune. Sur les bords du Danube jusqu'à la mer Adriatique et probablgmcmt aussi en suivant les côtes du golfe, on rencontrait les Avares, désignés habituellement par le nom de Iluns. Ils s'y étaient établis depuis l'émigration des Langobardsen Italie, et ils dominaient sur les Slaves , qui, dès la plus haute antiquité avaient habité une partie de ces contrées, et qui s'étaient peu à peu transportés dans une autre partie, car les Avares n'avaient pas déposé sur le sol de l'Europe leur caractère asiatique. Ils ne s'établirent pas dans des demeures fixes, mais ils erraient sans cesse , une partie du peuple sous les armes , et l'autre partieVonduisant leurs troupeaux, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, forcés peut-être par leur faiblesse à se conduire ainsi. Ils supportèrent donc sans peine que les Slaves habitassent le pays conquis : seulement les Slaves devaient être entièrement soumis et accomplir toutes les volontés de leurs seigneurs. Lorsqu'il y avait une guerre, les Slaves devaient entrer en campagne avec leurs dominateurs *, si on livrait bataille, les Slaves étaient les premiers exposés aux coups de lennemi , tandis que les Avares se tenaient immobiles et serrés les uns contre les autres en avant du camp, et attendaient l'issue du combat. Si les Slaves étaient vainqueurs, les Avares ne s'avançaient
que pour recevoir le butin ; si les Slaves étaient repoussés, les Avares s'avançaient pour les soutenir, et en cas de succès, c'étaient encore eux qui s'emparaient du butin, quoiqu'il eût été fait en commun. Ils l'enfermaient pour le conserver dans des forteresses que plus tard les Tcutschs appelèrent rings ou cercles, à cause de la manière simple dont elles étaient construites. En hiver et lorsqu'ils n'étaient pas en campagne, ils vivaient aux dépens des peuplades soumises sur le territoire desquelles ils se trouvaient, consommaient les provisions de celles-ci , prenaient tout ce qui leur était utile, les femmes mêmes et les filles étalent comme des esclaves livrées en proie à leur brutalité. Les autres peuplades soumises, exemptes pour celte fois de cet odieux traitement, étaient obligées de payer le tribut que leurs maîtres jugeaient à propos d'exiger.
Une situation si violente et si horrible produisit contre les Avares une haine d'autant plus grande que leur forme physique et leurs mœurs , semblables à celles des Huns , étaient un objet de dégoût pour tous les peuples européens. Parmi les Slaves que le malheur avait soumis aux Avares, faisaient les vœux les plus ardens pour trouver l'occasion de secouer ou de briser un joug si pesant. Ceux qui pouvaient se féliciter encore d'être libres cherchaient de toute manière à éloigner d'eux une semblable infortune. Mais on ne pouvait se promettre de voir les peuples slaves réunir toutes leurs forces pour frapper en commun un coup décisif. I^ lutte par laquelle ils avaient précédemment repris leur liberté des mains des Teulschs exerçait encore son influence^ l'inimitié des Tcutschs, soumis ou non soumis, paralysait et divisait les Slaves. La rapidité avec laquelle les Avares se mettaient en mouvement empêchait de commencera lutte et de la continuer, et il fallut recourir aux anciens artifices de la politique byzantine comme on l'avait fait aux époques antérieures.
Ainsi sur toute la ligne qui formait les limites du monde germanique libre et à l'est de cette ligne il y eut une lutte acharnée et à peu près continuelle, et dont le tableau est très-confus. Les peuples tcutschs, qui peut-être attaquaient quelquefois, mais qui habituellement étaient sur la défensive, combattaient, les Saxons et les Thuringiens contre des Slaves libres, les Bavarois et les Langobards