‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 87 sur 298 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

(1) Gregoh. (IV, 62) appelle \esduo pueri, que par précaution j'ai appelés deux Jeunes hommes, maleficati a Fredegundê regina. Mais Tauteur des Gesta reg, Francorum dit ce qui suit (cap. 32).

(2) La pièce est dans Duchksne (t. I, p. 855). Sainte Radegunde, suivant Tauteur de sa vie, doit avoir écrit à Sigîbert ainsi qu'à Ghilpérich, pour les exhorter é la paix et à Punion fralernelle.

(3) A partir de ce point, les livres V et VI de GtÉ- GoiRi servent de base à ce chapitre. Dans ces livres, la narration est singulièrement confuse. Lq» données importantes pour l'histoire sont Irès-éparses. Je me borne à signaler le plus essentiel. Chacune de mes paroles se rapporte à une expression de Grégoire.

(4) Gogo avait été ambassadeur en Espagne; il avait demandé la main de Brunhildis ; il avait amené cette princesse à Sigibert j il a été célébré par Fohtunat , qui du reste était prêté célébrer tout le monde. Grégoire (V, 47) rappelle regû nutbitius; cette qualification équivaut à celle de nutritor, que Grégoire (VIII, 22) donne à Wandclin, successeur de Gogo.

(5) Frédsgairb, ou plutôt l'auteur de Vllistoria Epitomata (cap. 58 et 59).

(6) Comparez la note 25 du chap. IV du liv. VII.

(7) Les expressions sont singulières; mais J'espère eit avoir saisi le sens : non poêsum ex eis facere discipHnam, née quempiam interficere : c*est-à-dire, ils profiteront de leur parenté pour ne pas obéir, et Je ne puis les traduire devant un tribunal. Ipsi vero per me insurgent, ui agant superstitiose. Bien plus, parce que je suis leur parent, ils se soulèveront et agiront dans cette folle idée, dans l'idée de parenté. Eorum actanon permutât Deu$, ut me in infemi claustra tradant !

(8) Primus ad ejus m^nsionem perrexit Chrodinus AD MiNisTERiuM. Au licu dc CCS mots Inintelligibles : Braeile Gorgoni in collo tenens, J'adopte l'autre leçon : Brachium ejus collo superponens siio,

(9) On a très-souvent parlé avec un grand mépris de l'époque des Mérovingiens, et il y a peu de temps encore qu'un savant critique a déclaré l'histoire des Mérovingiens sans intérêt et ennuyeuse. Mais je crains que ceux qui parlent ainsi en général ne connaissent pas cette histoire. Sans doute beaucoup de choses sont entièrement inconnues; beaucoup sont dénaturées et ont des lacunes; aucune n'est bien écrite. Mais dans les six derniers livres de Grégoire, qui n'embrassent qu'un court espace de temps, se trouve la matière d'un grand tableau richement coloré, qui, s'il était tracé de main de maître , ferait une profonde impression. Ici nous ne pouvons faire même un essai , parce que la matière appartient à l'histoire de France et non à celle du Teutschland; cependant 11 résultera, je l'espère, de l'esquisse partielle que nous en donnons, que l'ensemble ; exposé dans toute sa plénitude, ne manquerait pas d'un haut intérêt.

(10) Je crois que si l'on s'en tient é celte pensée on portera la lumière dans les ténèbres où Grégoire plonge ses lecteurs.

(il) Grégoire ne dit pas ceci; mais l'auteur des Gesta reg. Franc, et si celui-ci ne le disait pas, on serait forcé de le supposer.

(12) Cela est tout au moins très-vraisemblable, bien que personne ne le dise.

(13) Grégoire ignore ce fait ; l'auteur des Gesta reg. Franc, ( 31) ne l'ignore pas. Fredegundis, dit-il, amena Audovera à tenir son propre enfant sur les fonts. Elle devenait parente spirituelle de Chilpérich, son époux, et son mariage devait être cassé.

(14) La procédure qui eut lieu (Grbgor. V, 19) lorsque Chilpérich fit traduire le prélat devant un concile à Paris est remarquable, même pour apprendre à connaître l'historien. L'embarras de celui-ci fut extrême lorsque Prétextât episcopus, prostratus solo, ait I a Peccavi in cœlum et coram te , o rex !» Mais il sait expliquer la chose. El comme il parle contre le roi I — En faveur de la conjecture que Merwich prit le tilre de roi , on trouve une médaille é son effigie avec une couronne sur la tète; elle est citée par Daniel {Histoire de France),

(15) Puisqu'il put battre celte armée, il avait dû faire des préparatifs.

(16) Gregor. Turon. (V, cap. 3) : Siggo referendarius qui annulum régis Sigiberti tenuerat,

(17) Ib. (cap. 14) : Ad monasterium Cennomannicum, quod vocatur Aninsula.

(18) Ib. : Meroveehus vero de pâtre atque noverca multa crimina loquebatur : quœ cum ex pateb vera essentf credo acceptum non fuisse Deo ut hœc per FiLiuM vulgarentur.

(19) Bien que quelques hommes, tels que Chrodinus (Gregor., VI, 20) s'occupassent de la culture du pays, à quoi cela pouvait-il aboutir dans un tel siècle?

(20) Les villes, exposées à un danger continuel» devaient se défendre. Une fois habituées aux armes , elles s'en servirent bientôt pour leur propre coraiplc les unes contre les autres. On trouve plusieurs exemples dans Grégoire (V, 26 ; VII, 2, etc.).

(21) Il est presque continuellement question de maladies pestilentielles. Parmi les phénomènes dont celle époque était également riche, on distingue ce que Grkgor. raconte ( VI, 14). Au mois de janvier 582 il y eut des orages; les arbres fleurirent; une comèlc apparut, ita ut in circuitu ejus magna nigredo esset. Prodibat autem ex ea radius mirœ magnitudinis , qui tamquam fumus magnus incendii adparebat a longe, f^isa est autem ad partem Occidentis in hora noctis prima, I^ jour de Pâques, près de Boissons, le ciel parut embrasé ; on crut voir deux grands phares, qui , au bout de deux heures, se réunirent en un seul : Factaque pharo magna, evanuenmt. Une pluie de sang tomba à Paris , veru.t sanguis, et super vesdmenta mullorum hominum cecidit..,

(22) La conversion des juifs, qui, à celle époque,

NOTES DU LIVRE VJH

êuiciit Irés-aclirs, lui Icnait parliculiircmcDt à cœur. Mdîs comme les juiTs étaient en tel es , i\ ordonna de les bapliser sans cérémonie. Il fat le parrain de plus-eurs d*cnlre eux. Nonnulli tamen eorum corpore

tantutn non corde abluti Il désirait amener au

bapléme le juif Prfseus , qui et ad species coëmendas familiaris erat. Un jour Grégoire , l'historien, était présent , lorsque Priscns vint auprès de lui. Cbilpérich saisit le juif par les cheveux et dit à Tévéque : ÎKeni , sacerdos Deit et impone manum super eum. Prîscus se débattit, il pensait : « Deus non eget conjugio, neque proie ditatur, neque ullum consortemregni habere patihir. » Le roi réfuta celle doctrine.» Deits (dil-il) ab spiritali utero filium genuit sempiternum, eic. Le juif répondit : ■ N'umquid Deui homo fieri potuit, aut de mnîiere ncuci^ verberibus eubdi, morte damnari ?» A cette question le roi resta muet; mais révoque, placé sur son terrain, réduisit le }u\fiidabsurdum. Mais ,...nunquatn compunctu» est miser ad credendum,— Les tentatives forentcontinuées; Prîscus persista : Tuneiratus rex jttssit eum eustodiœ maneipari, scilicet ut quem erederevoluntarienonpoterat, saltemeredere faceret Vêt invitum. Prlscus fit des présens et sollicita un sursis, ftfin que son fils pût épouser auparavant une riche juive de Marseille. Il obtint un sursis; mais bientôt après il fut assassiné par un Juif baptisé, et Il s'ensuivit une horrible boucherie (Gregor., VI, 5 et 14).

(23) Sur le sujet qui éleva à celte époque de si malheureuses discussions sur la Trinité. C'était (Grkgob«, V, 45) Uidiculumy ut sancta Trinitas non est in personarum distinctions, sed tantum Deus nominaretur : adserehs indignum esse, ut Deus personOy sicut homo cameus nominaretur : affirmans etiam ipsum esse patrem, qui et filius idemque ipsum esse spiritum sanctum , qui pater et filius, 11 fit lire celle dissertation à l*évèqne Grégoire, et ajouta : « Sic volo ut tu, etreliquidoctores ecclesiarum credatis.» Il fut mal reçu ; révéque lui exposa durement la vraie doclrlnc. Le roi, échauffé, dit : « Sapientioribus tehœcpandam, qui mihi consentiant.* Grégoire s*écria : « Nunquam erit sapiens, sed stultcs, gui hœc quœproponis sequi voluerit,» Le roi, ad hœc frendens^ siluit. On conçoit qu'après de telles scènes et après des discussions entre révéque et le roi, par exemple au sujet du séjour de Mcrwich dans Téglise de Tours, le témoignage de Grégoire sur Cbilpérich et sa femme ne peut être impartial.

(34) Comme Fortumat, qui se croyait incomparable.

[Vi) Au sujet du cirque , voyez Grkgor. (V, 18); au sujet des lettres et des vers voyez le même (Y, 45 et VI, 4^). Grégoire, qui pourtant était connaisseur, est trèsmécontent de ces vers ; JVulli penitus metricœ conveniunt rationi, dit-il, versiculi débiles, nullis pedibus subsistere possunt, in quibus, dum non inteîUgebat, pro longis syllabas brèves posuit , et pro brembus longas statuebat : et alia opusculOt vel hymnos, sive missas , quœ nulla ratione suscipi possunt, La question est de savoir si l'obstacle consislalt dans la nullité poétique ou dans l'hérésie. — Les quatre nouvelles lettres étaient destinées à la langue latine, litteris KosTiis. Celaient » sicut Grœci habent, œ, the, uui.

(20) Grkgor. (v, lO). L'ami s'appelait Gailenus.

(27)— ad pontem, quem Petreum vocitunt . Pierre- Pont ou Ponl-Picrre. Gregor. Titroh. (V, cap. 18).

(28) Gregor. Tiiron. (V, cap. 35).

(29) Voici mon idée. La Lise frappait les villes d'où le roi et sa femme tiraient leurs revenus ; par conséquent on pouvait en disposer arbitrairement, parce qu'on les considérait comme bénéficia de la cour. Grégoire dit , il est vrai (V, 29) : Rex deseriptiones novas et graves in omni RKGNosuo/?mjw**i7.Maî8 il ajoute: Çua de causa multi^ relinquentes ci\iT\r\ s illas ou SUAS. El au livre V, 35, il est dit ; Jussit (regina) libros exhiberi, qui de civitatibus suis vénérant; c'està-dire qui probablement lui avaient été données «n morgengabe.

(30) Gregor. (V, 35). Il semble donc que Fredegundis ne fut pas l'objet d'une haine populaire.

(31) Ib. (cap. 40) : de noverca sua — non eondecibilia detvactabat,

(32) C'est ce qu'ajoute Grégoire comme excuse.

(33) Celte alrocilé doit être rejetée sur la superstition de cette époque, que Chilpérich et Fredegundis partageaient.

(34) Grkgor. (VI, i). VIJistor, epitom. dit (59) que Sigibert, mort depuis longtemps, fit périr Gogo à l'instigation de Brunhilde. X'auleur a voulu dire Childeberl.

(35) C'est ainsi que je comprends ce que Grégoire (VI, 3) fait dire au roi Chilpérich : Tantum dum advixero îiceat mihi sine scrupulo aut diaceptatione cuNCTA TENKRK. Car il allait tout seul qu'il voulût et dût garder l'empire, qu'il possédait déjà. I^ suite témoigne aussi de rexactilude de cette explication.

(36) J'indique ceci en général. Grégoire (VI, 23) dit : Ex hocjubet rex omnes custoâias relaxari, vinctos absolvi, compositionesque negligentum fisco debi'as prœcepit omnino non exigi. Il y a ici erreur. Ou il est question de civitatibus suis, ou l'on devait songer à ces mesures consensu Francorum,

(37) Tollantur (s'écrièrent- ils) a fade régis qui regnum ejus venundant , civitates iUius dominationi alterius subdunt , populum ipsius principis alterius ditionibus tradunt.

(38) On a sans doute révoqué ceci en doute , mais qui peut se fonder sur un tel doute?

(39) Gregor. Toron. (VI, cap. 35).

(40) Elle resta chez les Grecs, mais mourut en te rendant a Conslantinople.

(41) C'est tout ce que voulait Leovigild; cela résulte de sa conduite ultérieure. Comparez Gregor. (VI, 40).

(42) Grkgor. Turon. (VF, cap. 34).

(43) Comparez le chap. III du liv. VU, et la noie 48.

(44) GiiEGOR. (VI , 45). L'allocution de Fredegundis est remarquable : i» pM/0^i# , o viri, quicquam hic

NOTES DU LIVRE VIII

DB TUBSAua» ANTsiioRDM RSGUM hobeti ; Car ell« n'aurait pu s'on emparer : Omnia enim quœ eemitU, de mêa proprietateoblala sunt, quia mihigloriosUsimui rex multa largitus est. Et ego nonnuUa de proprio congregam labore, et ob domibus mihi concbssis, tam M fructibus quam de tridutis plurima reparavi. Sed et voê PLBRUMQUB me munbribos vestris ditaetis.

(45) Surgente» de nocte,

(46) Maintenant. Dans la suite les noms ne manquèrent pas.

(47) L'histoire racontée dans ce chapitre est conAise dans Grégoire, et par saite inintetligible. J'ai cherché A la soumettre à un ordre convenable ; Je crois avoir fait tout comprendre. Les hommes ont été rarement aussi méchans qu'on les fait.

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