CHAPITRE VIII
(i) Les Gesta disent : Senex et plenut dierum,
(2) Frkdég. (46) dit : anno XXXV regni Chlotharii (c'est-à-dire l*an 618) Rerthetrudis regina moritur, quam unico amore dilexerat Chlotharius ; et dans les Geita Dagoberti il est dit au même sujet : Pust Ber^ thetruâis obitum Chlothanns rex aliam accepit uxoreAi, nomine Sichildem, de qua hahuit filium nomine Hairbertum. D'après ces données, Charibert pouvait être Agé de neuf ans k la mort de son père, lors même que Chlolar n'aurait pas pleuré longtemps sa chère Berthrude. Trois ans après (631) . Charibert meurt et laisse, A TAge de douze ans, un fils, ou même trois fils, selon d'autres auteurs. Ceci a paru trop singulier k Valois (Rerum francicarum lib. XVIII, t. III, p. 13.) Aussi admet-il que Chlotardoit avoir eu IroisTemmes : la première (sur l'autorité de l'auteur de la f^ita Audoeni Rotomagensis episcopi), appelée Ualdetntdis , aurait été la mère du petit général Merwich dont nous avons parlé au chap. VI du liv. VIII et qui ne reparaît plus sur la scène, et de Dagobert; l'autre, Rerthetrudis, que l'on donne pour mère à Dagoberti aurait été celle de Charibert; et la troisième, Sichildis, qui passe pour la mère de Charibert , n'aurait pas eu d'enfans. Ce savant réussit par là à donner à Charibert l'Age viril. MaisValois oublie une question préalable. Comme de ces deux assertions, que Charibert, au moment de sa mort, devait être Agé de douze ans tout au plus, et qu'il fut père d'un ou de trois fils, l'une doit être nécessairement Tausse, on doit demander si c'est la première ou la seconde qui est fausse. Rt pourquoi ne serait-ce pas la seconde plutôt que la première? Des écrivains teutschs ont admis comme vraies l'une et l'autre de ces assertions, et c'est là le parti le plus court et celui qui prouve le plus de profondeur, vu les grands secrets de la nature I
(3) In Burgundia et Auster. Faute de copiste.
(4) SuessionoM peraccedens, dit Frbdkgaibe, et c'est encore une erreur.
(5) Frbdeg., 57 : Regnum Chlotharii tam IVeptrieo (la Neustrie) quam Rurgundiœ, C'est encore une preuve pour la réunion des deui pays après que les Bourguignons eurent renoncé à leur major domus.
(6) La mise en évidence de l'oncle (Fredkgar., cap. 55) semble indiquer aussi que Charibert était mineur, bien 4]ue Frédégalre ne nomme point la mère de ce prince.
(7) — Tandem misericordia motus, consilio sapieniium us us,
(8) Arles appartenait au royaume de Charibert.
(9) D'après les Gesta Dagoberti, Arnulf avait été l'instituteur et le tuteur du roi Dagobert. — Là même (cap. 2 el 6) on voit figurer un miracle de la jeunesse de Dagobert, miracle presque plus merveilleux et plus surnaturel que tous les autres miracles mis au jour en fi grand nombre par cette époque. L'auteur, moine de
Saint-Denis, veut donner A cette abbaye une orfgine digne d'elle. Il affirme que le roi Dagoberl y éprouva des choses singulières qui le déterminèrent à conslraire le magnifique édifice du monastère. Mais l'abbaye existait depuis longtemps, selon le témoignage de Gbégoire; et Valois (/. c, p. 15) a démontré tout ce que cette légende a de contraire à l'histoire. D'autre part , ce que Frédégaire (79) remarque peut être exact : Ecelesiatn S. Dionysii condigne... omaverat et condigne in cireuitu wdificari prœeeperat.
(10) Peut-être une expression employée à cette occasion par Fréoégairb (58) est-elle digne de remarque, parce qu'elle Indique aussi le développement du système féodal : tanta in universis leudibus suis, tam su- BLiMiBus quam fav peuibus judicabat Juslitia ^ rel. — Dans la J^ita Pippini, comme aux temps antérieurs dans Grégoire, les mots rex eipopulus, rex et plebs, sont à plusieurs reprises opposes les uns aux autres.
(U) Freoegar. (/. c.) : unam ex pdsllis hinisthrio.
(12) FfiEDBG. (60). Il faisait des aumônes supra modum largiter, de sorte qu'il aurait mérité une place dans le royaume céleste, sihujus rei sagacitas cupiditatis instinctu non prœpedisset. La P^ita Pippini : Cœpit ergo tam avaritia quam libidine mstuare , rébus ecctesiarum novos thesauros implere,
(13) Le Prœceptum Dagoberti l pro institutions nundinarum S, Dionysii (dans Bouquet, t. IV, p. 627) n'est pas authentique; mais il est remarquable pour le grand nombre de noms d'impôts qui pesaient sur le commerce. On voit que ces hommes s'entendaient à faire entrer de l'argent dans le fisc. Prœcipimus (estil d'il),., ut nullo unquam impedimento pars S, iHonysii habeat ex parte nostra et vestra, neque intra ipsa civitate Parisius, neque ad foras in ipso pago, theloneos , vel navigios, portaticos, rivaticos, rotaticos, vultaticos, themotaticos, chespetaticos, pulveratieos , mestaticos, laudaticos,saumaticos, salutaticos , omnia et ex omnibus, quidquid ad partem nos tram vel fisco publico de ipso mercado et ex ipsa mercimonia exactare potuerit, pars S, Dionysii vel sui agentes in perpetuo habeant. Voy. Du Camgb [Gloss, snb v v ).
(14) Selon la f^ita B, Pippini : Ante pontificatum hanc eandem dignitatem (celle de major domus) irreprehensibiliter administrarat.
(15) D'après les textes, on ne sait quelle position reconnaitre à Pippin ; mais cette position ressort de l'état des choses. Pippin resta major domus, mais dans tout l'empire; cela déplut aux Austrasiens; cela déplut sans doute aussi aux Neustriens. Il perdit son influence des deux côtés. Ipse (dit Frédégairb, 61) ao anno (629 ou 630) eum Sigiberto filio Dagoberti ad Charibertum regem (le frère de Dagobert) accessit. Charibertus Aurelianis veniens, Sigibertum de sancto lavacroexcepit. jEgo vero a ceteris Neptrasiis consilio Dagoberti erat assiduus,
(16) Pour cette raison je ne fais pas de citations. Mais chaque mot de ces observations peut être justifié par des passages des écrivains grecs, franks et italiens.
(17) Frsdecab. (cap. 48, ad a. 623) : de pago SE?i>0'
PiAGO.
NOTES DU LIVRE VU!
(18) HTinidi, Wendes.
(19) Tous les historiens ont compris Sennones, SmSf en Gaule. Cependant Semnones ou Sennones est sans aucun doute indiflTérent. Voyez du reste la note 11 du chapitre !«' du livre VI.
(30) Frkdsg. (cap. 68).
(21] — cum cANiBos. On a cru que c'était une allusion aui Huns; mais les Slaves n'étalent ni des Avares, ui des Huns. C'était une injure grossière, telle qu'il poovaU bien en échapper, selon l'expression de FréoicAïas , au stultus , à la super bia pravorum,
(22) Id. (cap. TZ) : eo quod de regno cer tarent,
(23) Ce récit n'est pas autre chose. Ces mots : jubet Dagobertus Bajoariis sont contraires à toute histoire.
(24) La plupart des écrivains ont cherché le ff^ogastisburc dans les Alpes, et Lazius, Eckhard, Adelung, ont cru ie reconnaître dans le Voitsberg de Slyrie. Mais Frsdégairk distingue (cap. 68) deui expéditions, qui n'ont de commun entre elles que le temgs. Dagobert convoque une armée de universo regno Austrasiorum contra Samonem et Winidos. En même temps des I.angobards et des Allemanni marchent hostUiter in ScLAvos, auxquels Frédégaire ne donne pas d^ nom précis, parce qu'il n'en connaissait pas. Puis : plurimum numerum captivorum le Sclavis Alemanni et Langobardi secum duxemnt. AustrtuitYLtio, cum ad castrum fVogas tisburc, ubi plurima manus fortium WjiciDORUM immoraverant,.. Et ces Austrasiens furent battas, inruunt Wimidi in Thoringiam. Il ressort du moins de ces mots que ces Winides combattirent sur un point tout autre que les Slaves dont il a été précédemment question. D'autres, avec et d'après Tu uhm an, ont fait de ff^ogas tisburc Vogtsburg, et ont cru le retrouver dans le Voglland ; mais ils ont confondu les temps. Sans aucun doute les Austrasiens ( comme ils l'avaient projeté l'année suivante) se mirent en route en partant de Maycnce, et longèrent le Mein. Et \\ogastlsbonrg était situé dans les montagnes qui bornent la Bohème.
(26) Il est écrit : Dervanus dux grntis URBioRUM.Or la supposition que le copiste a oublié un s, et qu'il aurait dû écrire gentis Surbiorum^ est fort vraisemblable; mais ce n'est jamais qu'une supposition.
(26) Frkdegar. (cap. 74) : Scaram de electis viris fortibus de Neuster et Burgundia cum ducibus et grafionibus secum habens,
(27) f^accœ infbrkivdales ne sont pas sans doute antre chose que les vaches mises en réquisition.
(28] Chlotar avait été battu et avait même imploré la paix.
(29) Frédbgairk (cap. 67) dit lui-même : Fkrtur , facHone Dagoberti fuisse interfectus CMlperiaiS.
(30) Voyez ci-dessus la note 2.
(31) Elle nst de Karl-le-Chauve et de Tan 845, et le premier qui l'ait fait connaître est Aguirrk {Histoire générale du Langnefloc, t. 1, p. 332 et Preuves, p. 86). L'authenticité de ce diplôme est altaquée; elle est
aussi défendue , et avec succès. Un diplôme peut être authentique bien que le contenu en soit faux.
(32) Cette opinion, qui semble conforme aux relations, accorde aussi, selon moi, les écrivains entre eux. D'après Frédégaire, d'après les Gesta Dagoberti et d'après AiMoiN, Adalgisel fut nommé avec l'évéque Chunibert ad palatium et regnum gubemandum (ainsi que Frédégaire s'exprimail). La f^itaPippini au contraire et les Gesta regum Francorum ne connaissent pas Adalgisel. On lit dans la f^ita : Sigiberto régnante sed
PlPPlNO REGENTE ET ACCOMMODANTE OPERAH SUAM. DanS
Frédégairr, Pippin est continuellement appelé «mi/or domust et ce titre n'est pas donné à Adalgisel. Après la mort de Dagobert, Pippin reparut en Austrasie comme major domus^ et Adalgisel a disparu. De tout cela il semble résulter que Dagobert n'avait pas suivi l'exemple de son père en reconnaissant l'indépendance de l'Austrasie, mais qu'il se borna à élever son flls à la dignité royale en se réservant la souveraineté durant sa vie. Aussi ni la Neustrie ni l'Austrasie ne purent avoir un major domus particulier, mais Pippin garda celle dignité dans les deux pays.
(33) Fbédsgairs (cap. 76). Le fait me semble remarquable. Il arriva consilio JVeustrasiorumt eorumque admonitione, que Dagobert vint à bout de la chose per pactionis vineulum cum Sigiberto filio suo. Et comment? Quoi T Et Austrasiorum omnes prima-tes, pontifices, cetbriqub leudes Sigiberîi , manus eorum ponentes insuper, sacramentis firmaverunt, ut Neptricum et Burgundia solidato ocdipie ad regnum Chlodoveipost Dagoberti discessum adspicerent: Auster vero idemque ordine solidato, eo quod et de POPOLo et de spATioTERRyE cssct coŒquans, od regnum Sigiberti idemque in integritate deberet adspicere. L'Austrasie devait obtenir tout ce qu'elle avait possédé jadis, à l'exception du duché contesté de Denielin» quod ab Austrasiis iniquiter abtultus fuerat; ou plutôt parce que la possession de ce duché aurait amené les Austrasiens jusqu'aux portes de Paris.
(34) Id. (cap. 77). Frédégaire dit : Cœperat Jiadulphus contra Sigibertum rebellare, et fait venir ce fait de victoriœ superbia. Mais le véritable motif ne peut être autre que celui que nous avons indiqué.