‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 95 sur 298 · LIV. IX, CHAP, I · texte numérisé non relu

LIV. IX, CHAP, I

les indolens et derniers héritiers de rhéroTqœ race mérovingienne , ou qui leur était préparé de longue main, devient pour l'observateur un sujet d'affliction toujours plus pénible à mesure qu'il voit s'avancer la catastrophe qui doit consommer la ruine d'une cause déjà perdue. Des princes autrefois riches et opulens, maintenant revêtus des baillons de la misère, excitent la compassion des hommes bienveillans s'ils s'abstiennent dans leur malheur de plaintes et de murmures^ l'aspect des étrangers qui se sont partagé leur héritage change même cette compassion en une douleur soupçonneuse. Beaucoup d'hommes osèrent beaucoup pour arriver au pouvoir suprême, et plus d'un personnage, qui dans ses habitudes privées paraissait un homme bon et loyal, sembla négliger et rejeter comme chose vulgaire les éternels principes de la morale lorsqu'il s'agit de la' plus haute position qui peut s'oiïrlr dans la vie ^ alors il ne recula pas même devant les plus grands crimes. Si nous savions mieux l'histoire de la maison des Mérovingiens. qui tombaiten ruine, si nous savions mieux celle des Karolingiens, qui s'élevèrent sur ces ruines, l'intérêt que nous inspirent ces événemens serait peut-être plus pur, et il ne serait pas nécessaire pour défendre le passé de faire un appel à l'avenir. Mai& la stérilité et la partialité des écrivains permettent dillicilement d'étoufTer cette pensée : que les degrés par lesquels les Karolingiens arrivèrent au trône ne furent pas toujours aussi purs de taches que ce trône lui-même, but de leurs désirs, était éclatant.

Les données historiques sur Pippin d'Herstall, sur sa conduite et sur son influence, quelque peu importantes qu'elles puissent être, semblent Justiûer ou confirmer les considérations générales que nous venons d'énoncer.

Pippin, dit-on, en laissant au roi sa dignité, se réserva toute la puissance du gouvernement pour la coordonner et en disposer à son gré ] et après avoir pris les mesures nécessaires, il établit un de ses fidèles , Nordbert , maire du palais en Neustrie, se renditlui-même en Austrasie et fixa probablement sa résidence à Cologne (2),

II n'est fait aucune mention formelle de la position du roi à l'égard de Pippin et de l'empire après ces événemens; bien plus, on ne trouve pas une seule indication *qui permette de reconnaître cçtlc position (3), Mais le mcil-

leur de tous les écrivains les plus rapprochée de cette époque, Eginbard ou Einhard, confident et biographe de Karl-le-Grand , donne les renseignemens suivans ; ils sont bien vagues, mais personne ne les contredit : (( La race des Mérovingiens était à celte époque (4) sans vigueur*, elle n'avait en elle rien de dis* tingué , elle ne présentait que le vain titre de roi : car la force et la puissance de l'empire étaient entre les mains des chefs du palais , qu'on appelait majores domus. A ceux-ci appartenait aussi la domination suprême. On n'avait laissé au roi que le mince plaisir de s'as^ seoir sur le trône avec le titre de roi, les cheveux ondoyans et une longne barbe, d'offrir aux regards un simulacre de royauté, d'écouter les ambassadeurs qui venaient à sa cour et de leur adresser à leur départ des réponses qu'on lui avait suggérées et qui souvent n'étaient que l'expression d'une volonté étrangère, mais dominante, quoiqu'elles eussent l'apparence d'émaner de sa volonté propre. A l'exception de l'inutile titre de roi et d'un revenu incertain que le maire du palais lui assurait , à ce qu'il semble, il ne possédait rien en propre que des terres de peu de valeur, où il avait une maison et un petit nombre de serviteurs qui , du produit de ses terres , lui fournissaient le nécessaire. S'il avait à se transporter quelque part, il voyageait sur un chariot traîné par des bœufs, dirigé par un conducteur à la manière des paysans. C'était ainsi qu'il se rendait à la cour et aux assemblées publiques, qui avaient lieu chaque année pour l'avantage de l'empire, et il s'en retournait chez lui de la même manière. Mais l'administration de l'empire, les soins de l'intérieur et de l'extérieur étaient remis au maire du palais. »

D'après un autre écrivain, d'une époque probablement postérieure, mais tout à fait dévoué aux Karolingiens, qu'il flattait tant qu'il le pouvait, Pippin laissait également au rot la présidence de la grande diète du V^ mars; lorsque l'assemblée était dissoute, il le faisait transporter à une maison de campagne appelée Mamacca pour l'y garder avec honneur et dignité (5). Puis cet écrivain ajoute ce qui suit, et cela ne s'accorde pas avec les paroles d'Einhard : a Mais Pippip , plein d'énergie et soutenu parle secours divin , gouvernait l'empire des Franks à l'intérieur avec juslioc et sagesse , çl il maiulcnail la paix à l'exléricur

par de sages conieils éi par ses armes yictorieuses. Des ambassades de peuples voisins lui furent adressées de tous côtés ; U en vint de la part des Romains, des Langobards, des Huns, des Slaves et des Sarrasins, car la gloire de ses victoires et de ses triomphes s'était si bien répandue chez tous les peuples que tous s'efforcèrent de gagner , par de grands présens, •on amitié à cause de ses vertus et de sa sagesse. Il recevait les ambassadeurs avec bienveillance, et il les congédiait avec de plus grands présens encore -, il ne négligeait pas non plus en temps convenable, et dans les intérêts de sa domination, d'envoyer lui-môme des ambassades de différens côtés et d'entretenir avec les peuples voisins la paix etl'amitié. )>

Il est évident qu'Einhard se fait illusion ici. Les renseignemens qu'il donne ne résistent pas à la crilique, car le but de ces assertions est évi* demment de représenter la ruine de la race mérovingienne comme nécessaire, de retenir dans les cœurs l'indignation et la pitié que pouvait inspirer le sort funeste de cette famille de rois héréditaires, de réconcilier le monde entier avec l'idée de l'anéantissement de ces déplorables fantômes de souverains. Aussi la question difficile de savoir qui fit tomber dans une si grande infortune et dans un tel état de nullité inouïe la race orgueilleuse des Mérovingiens se résout en une sévère accusation de faiblesse portée contre eux par les écrivains, parce que la solution de cette question ne pouvait être agréable aux Karolingiens, à qui l'on voulait plaire; celle môme raison a fait souvent réunir d'une manière singulière des choses inconciliables.

On peut d'abord trouver surprenant que Pippin et ses successeurs aient laissé les Mérovingiens pendant plus d'un demi-siècle sur le trône héréditaire de leurs ancêtres, malgré cet élal de honteuse Taiblesse où ils étaient lom* bés. Ou ils n'osèrent les renverser du trône, ou ils ne le voulurent pas. S'ils ne l'osèrent pas, on ne saurait croire que les Mérovingiens eussent été aussi abandonnés et aussi impuissans qu'on le dit : ils devaient au contraire inspirer encore du respect, soit par leur caractère personnel, soit à cause de la fidélité que conservait pour eux une partie du peuple. Si au contraire ils ne le voulurent pas , la sagesse qu'on vante en eux fut presque une folie, et la modération qu'on leur attribue ne fut que

de l'indolence. Ou ils avaient dessein de faire passer le trône à leur famille et d'anéantir les Mérovingiens, ou bien ils ne voulaient être autre chose que ce qu'ils étaient , les premiers serviteurs du roi et de l'empire. Dans le premier cas , pourquoi avilirent-ils la royauté d'une manière aussi inconcevable, cette royauté qui n'était déjà que trop faible et trop peu considérée pour le bien de l'empire? Quel honneur pouvaient-ils trouver à se placer euxmêmes sur un trône qu'ils avaient dégradé do leurs propres mains? Dans le second cas, pourquoi maltraitèrent-ils si longtemps (es innocens rejetons de la famille royale ? Et quel honneur pouvaient-ils trouver & servir un roi qui n'était rien, qui ne devait être rien et qui n'avait rien ?

Ces contradictions ne deviennent pas moins saillantes si on examine les faits en détail.

D'après l'état des circonstances et les cho« ses extraordinaires qui s'étaient passées antérieurement, on ne peut douter de Inexactitude de celte assertion : que des princes étrangers envoyèrent fréquemment des ambassades dans l'empire des Franks. Aux époques précédentes, des ambassadeurs étaient aussi venus soit des États du monde germanique, soit de Gonstantinople. Or le roi doit avoir reçu ces ambassadeurs, il doit avoir écouté leurs propositions et leur avoir répondu. Il serait singulier qu'il eût pu se montrer À ces ambassadeurs dans la position humiliante où on le fait paraître. Les paroles qu'il leur adressait étaient sans aucun doute projetées, délibérées, agréées par le maire du palais et les autres conseillers de l'empire, comme on le voit aussi en des temps plus modernes , sans que cela pût nuire à la dignité du roi ; mais il aurait été impossible de sauver les apparences , au point que le roi semblât exprimer sa propre volonté , s'il arrivait à une réunion aussi solennelle, comme un simple cultivateur, sur un chariot tratné par deux bœufs. Aux yeux des étrangers, le roi représentait l'empire dont il avait conservé l'honneur *, comment aurait-il pu paraître sans dignité et sans éclat? comment les Franks eux-mêmes auraient-ils voulu rendre ridicule ou méprisable celui qui leur servait d'organe pourexprimerleurs droits, annoncer leurs volontés, accorder ou refuser, déclarer la guerre ou conclure la paix, La considération de l'em*

UV. IX,

pire 06 pouTatt rieo gagner à la dëgradalîoa da souverain.

II en est de niAme pour ce qui concerne les assemblées annuelles du peuple qui était appelé son peufde. La tenue des diètes, qui avait eu lieu depuis la fondation de Tempire, put être interrompue quelquefois en des temps orageux : mais le principe resta dans toute sa force \ et, en vertu de ce principe , chaque année , au commencement du mois de mars, le roi devait dtiibërer sur les affaires de Tempire avec ses fidèles. Nous avons cité divers exemples desquels il rèsulle que ces diètes ne furent pas négligées même au milieu des plus grands bouleversemens. Pippin d'Herstall ne pouvait donc considérer avec mépris ces assemblées ; et en effet il n'a pas montré de mépris pour dles.Tousles vassaux régulièrementconvoqués se réunissaient dans les deux royaumes d'Aus- Irasie et de Neustrie. Or, si le roi paraissait réellement dans une assemblée de vassaux soit de tout Fempire, soit de Tun des deux royaumes dont il se composait; s'il se plaçait sur le trône; si, comme l'autre écrivain s'exprime^ il recevait les dons volontaires qu'on lui apportait, selon l'ancien usage ; s'il parlait de la paix en faveur des églises ou en faveur des veuves et des orphelins ; s'il défendait énergiquement le brigandage et l'incendie; s'il indiquait aux hommes soumis au service militaire le jour où ils devaient se tenir prêts à suivre ses ordres , comment estait possible que le roi (en supposant même que tout ceci n'ait consisté qu^en simples formalités qui ne pouvaient avoir ni force ni vie que par le maire du palais) ait paru d*une manière aussi peu digne de son rang, aossi humiliante et avec un entourage aussi misérable qu'Einhard nous l'assure. Les vassaux de l'empire f^ank pouvaient bien parfois s*a veugler et, dans leur désunion et leurs querelles, servir une volonté qui n'était pas la leur; mais peut-on concevoir qu'ils aient vu d'un ceil tranquille le vain Jeu du maire du palais , et qu'ils aient regardé comme roi le malheureux Jeune homme , le malheureux campagnard qu'on tirait piteusement de sa prison pour ramener devant eux ?

Si donc cette description du voyage du roi avec son attelage de bœufs n'est pas une erreur ou un mensonge , die était certainement fondée sur les mœurs du peuple , telles qu'elles étaient dans Im t^mps antérieure « Depuis

CMAP. I.

Chlodwig Jusqu'à Théoderich III , les rois s'étaient rendus à l'assemblée nationale sur un chariot attelé de bœurs , et les écrivains plus anciens n'ont pas mentionné ce fait parcequ'il était connu de tous et qu'il ne paraissait singulier à personne (6); seulement lorsque les usages changèrent et que la race des Karolingiens introduisit de nouvelles coutumes, on remarqua cette singularité, et l'on regarda comme ignoble ce qu'on avait Jusque-là considéré comme une chose simple et respectable. Car il est dans la nature des choses que les Mérovingiens, lors mèmequ'ils ne portèrent pas dans leur palais le nom do roi, bien qu'ils parussent en public comme chefs de l'empire frank, fussent les premiers de leur nation et qu'ils s'élevassent par un éclat correspondant à leur dignité au-dessus de tous ceux qui de*^ valent s'incliner en leur présence. Dans le fait, on possède encore des preuves officielles que les rois de la race de Merwig parurent longtemps encore après la bataille de Testri, Jusque vers le milieu du huitième siècle, avec tous les honneurs de la royauté, et qu'ils exercèrent pleinement les droits attachés à leur haute position. Ils furent, comme leurs prédécesseurs^ les hommes illustres {7)] ils donnaient des im«munités aux couvens et aux églises ; entourés des plus grands personnages de l'empire et de leurs fidèles, ils siégeaient dans leur tribunal pour Juger les contestations qui s'élevaient entre les laïques et les ecclésiastiques. Et bien que ces documens officiels de la considération et de l'activité des rois soient en plus petit nombre et d'une nature équivoque quand ils arrivent à la dernière génération , où le trône fut encore décoré du nom des Mérovingiens, il ne s'ensuit certainement pas que les rois, même dans ce temps et après la mort de Pip«> pin, soient restés sans considération, sans crédit et sans pouvoir. Combien de documens peuvent s'être perdus ! combien peuvent avoir été sup« primés à dessein !

Si après celte observation on revient aux termes de notre écrivain dont il a été question plus haut, les rapports exislans entre le roi et l'empire paraissent encore plus singuliers; car d'après ses termes ce n'était pas le roi qui recevait les ambassadeurs des États étrangers, c'était Pippin, et celui-ci envoyait à son tour des ambassades aux peuples étrangers ; d'un autre cOté) il figure presque toujours comme

régent, égal au roi. Mais cette contradiction elie-mGmcesl une trace qui peut nous mener à une connaissance plus exacte de Tétat des choses.

En eiïel'il est presque impossible de ne pas croire qu'avant do quitter Paris , Pippin fit ayec le roi une convention formelle par laquelle il fut arrêté : que le roi posséderait comme auparavant le royaume de Neustrie uni à la Bourgogne, et que Pippin administrerait et gouvernerait FAuslrasie sans Faction du roi, sans avoir lui-même, il est vrai, le titre de roi, mais avec tout le pouvoir attaché ù ce ti** tre ] que le roi ne se rendrait en Austrasie que pour les assemblées publiques, au commencement du mois de mars , à reffel de présider rassemblée et de conserver par là dans ce pays comme dans les autres ridée dQ Tunité de l'empire frank.

Cette supposition semble tout concilier; elle explique les assertions contradictoires des écrivains qui , en leur qualité de partisans de la maison karolingienne , ne parlent que de TAustrasie , et fait accorder leurs récits avec la nature des choses humaines aussi bien qu'avec les documens historiques que nous avons cités ; de plus elle parait bien fondée.

Tout d'abord on comprend sans peine que Pippin, en replaçant sur le trône un roi qui était son prisonnier, dut faire avec lui quelque convention; on comprend que des conditions durent être proposées et acceptées. Ce n'était pas d'une chose ordinaire qu'il s'agissait. Pippin ne pouvait pas tout terminer seul avec le roi ; ses guerriers demandèrent probablement comme une récompense qui leur était due des concessions régulièrement faites, et les grands vassaux de Neustrie et de Bourgogne, bien que vaincus, étaient pourtant peu disposés à tout laisser dans l'incertitude et à tout remettre à l'arbitrage d'un seul homme. Cela ne saurait souffrir aucun doute : il y eut des-transactions de plus d'une espèce entre l'heureux maire du palais et son malheureux roi ; et ces transactions ne peuvent avoir été terminées que par une convention qui posa les limites de la puissance de l'un et de l'autre.

Si Ton réfléchit que depuis longtemps le sentimentd'une nationalité inégale s'était élevé entre les Austrasiens et les Neustriens , entre les FranksTeutsûhs et les Franks Romains, et qu'on s'efforçait d'arriver & une séparation

complète et durable des deux peuples et à la formation de deux empires indépendans, on peut bien supposer que le traité de Pippin avec le roi Theuderich prononça cette séparation complète de l'Austrasie et de la Neustrie , en sorte que la maison des Mérovingiens dut renoncer à toute prétention sur le premierde ces royaumes , ou que du moins les Austrasiens surent se faire accorder une administration réellement indépendante sous la seule suzeraineté du chef de l'empire frank. Or Pippin ne s'est pas décoré du nom de roi : la dernière mesure que nous avons indiquée a donc dû être prise ; mais les motifs pour lesquels la première ne fut pas préférée se fondaient incontestablement sur les intérêts très^compltqués de celte époque. Toute l'histoire des Franks y était contraire : le nom et la grandeur de l'empire s'y opposaient; la nature connexe des possessions des grands vassaux des deux pays , lesquelles avaient été probablement étendues par la dernière victoire des Austrasiens, n'y était pas non plus favorable , et Pippin lui-même, calculant Pintérêt durable de sa maison, pouvait trouver d'autant plus de danger à une division complète de l'empire que les peuples teutschs étaient dans une position incertaine et hostile à l'égard de l'empire des Franks.

La probabilité d'une convention de cette nature entre l'Austrasie et la Neustrie se fonde sur plusieurs faits qu'il serait bien difficile d'expliquer d'une autre manière.

Il n'y a pas la moindre trace d'un voyage du roi des Franks en Austrasie après la bataille de Testri ; peut-être se rendit-il quelquefois aux assemblées nationales où sa présence fut nécessaire tant que l'Austrasie appartint & l'empire des Franks : tous les actes des rois que nous connaissons encore d'une manière officielle se sont accomplis en Neustrie, aucun n'a eu lieu en Austrasie. Il ne se trouve pas davantage de preuve que Pippin de Herstall se soit jamais rendu en Neustrie. On dit, il est vrai, que Pippin fit la guerre aux Aquitains, aux Wascons et aux Bretons ; mais il n'en est fait mention qu'en termes généraux qui même se rapportent à une époque postérieure. Il est difficile de concevoir aussi avec quel caractère particulier il aurait pu se montrer en Neustrie, puisque ce royaume avait un roi, et à côté du roi UQ maire du palais. D'autre part, Pippin

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