LIV. XXVÎ
contre les villes ; eil cé moment il sofflra de remarquer que le roi appelle les princes seigneurs territoriaux , et que Tempcreur répète ce titre dans la ratification, il y dit : « Nous décidons que nulle forteresse ou ville nouvelle ne sera fondée au préjudice des princes. Les privilèges, juridictions , comtés , ceiis , qui lui ont été conférés en franchise ou en ftef, chacun des princes pourra en jouir paisiblement suivant la coutume observée dans son pays. I>es comtes doivent recevoir le cens du seigneur territorial on de celui qui a été investi par le seigneur (6). Nul ne doit changer le lieu du cens sansTagrémenidu seigneur. » Et dans cette désignation des princes comme seigneurs territoriaux, est une explication suFllsante sur la situation des princes à Tégard de Tempire , et personne ne se laissera abuser, parce que Heinrich continue de les appeler des princeg.
Mais, en se saisissant de la souveraineté territoriale, les princes teutscb^ devaient nécessairement renoncer de pins en plus à leurs anciennes allures, et donner une autre direction à leur activité. Leur éloignement pour de nouvelles croisades en Orient , Tindifférence de la plupart pour lés exhortations les plus pathétiques des prédicateurs , leur empressement à chercher des excuses pmv se dispenser de tenir leur serment, on du moins pour le remplir aussi tard que possible, à l'exemple de Tempereur Friedrich , tout cela Venait de la conviction où les avait conduits une grande expérience que ces saintes expéditions ne réussiraient jamais. Mais comme subsistait encore la croyance à Tefflcacité de la croisade* pour le salut particulier des âmes , ils purent trouver aussi des motifs d'ajournement dans les nouvelles* occupations auxquelles les poussait la souveraineté territoriale. Il n'y a pas de doute que la pdix qui commença maintenant à régner entre les princes, et le meilleur ordre dont les Teutschs jouirent, fut un effet de la nouvelle souveraineté territoriale , jt)inte à Faction des villes^ dont il va être question. Toutefois il y eut encore des guerres particulières; il ne s'écoula pas une seule «année sans que çà et lè on courût aux armes ; mais ces querelles ou ces lattes isolées, quoiqu'il s'y commit encore beaucoup d'actes de cruauté ^ ne sont pas comparables à ces horribles guerres qui antérieurement désolaient le Teutschland d'une frontï^é à l'aotre^ quand les rênes de l'État étaient
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ténues par de faibles mains , que les rois s'é^ taient éloignés du pays, ou qu'eux-mêmes étaient soumis à l'espril de parti. Elles n'ont rien de particulier, à l'origine , ni dans leur développement ni dans leur conclusion ; mais elles ne pouvaient pas cesser. Les pays qui dès loi*s avaient reçu leurs souverains furent rarement absorbés. Les possessions et les biens acquis par l'Église du moyen de dons et de concessions s'étaient tellement étendus, croisés dans les territoires des princes séculiers , que des réclamations, des résistances, des querelles et des actes de violence étaient inévitables. Il y eut des combats entre les princes des deux ordres ; habituellement Ils eurent pour causes la mésintelligence et la nécessité, quelquefois l'orgueil et l'amoUr du pillage : car, si aucun prince , riche ou pauvre, spirituel ou temporel, ne pouvait étouffer le désir d'étendre ses domaines et d'accroître ses droits, un grand nombre, la majorité peut-être, reconnaissait sans doute que le plus sûr était surtout de jouir de ce que l'on avait , enfin d^en tirer tout le parti possible pour l'avenir, lis délibérèrent donc avec leurs vassaux et leurs feudataîres, à des diètes publiques, sur les affaires de leurs domaines, e^îécutèrcnt ce qui avait été décidé dans ces assemblées, donnèi'ent des secours, des encouragements là où les besoins , les progrès semblaient appeler leur assistance. L^exercice des armes ne fut pas négligé , les moyens de défense ne furent pas moins appréciés ; la valeur et l*audace furent toujours considérées comme les premières vertus de l'homme; on ne répugna point à se lancer dans l'arène quUnd la trompette sonnait l'heuiie du combat , et le prix de la victoire fut toujours entouré du mémo éclat; mais les actions furent moins recherchées que par le passé , et devant les efforts des villes pour gagner la plus noble récompense dans les arts pacifiques, pour s'élever au bicn-étre et à la force , se rendre propres à toute espèce de résistance , recula peu à peu ce féroce esprit d'aventures qui jusqu'alors âvàit troublé , désolé la vie.