LIV. XXVI
nications avec les peuples étraogers. Pourquoi les rols^ les princes n^auraient-ils pas toléré le commerce que les marchands faisaient à leurs propres périls , dont ils supportaient les perles^ et dont les bénéfices profitaient aux villes, aux campagnes et aux cassettes des prinees ?
Le Tentschland central fut entraîné dans ce mouvement aussittt que des marchés se furent établis : ear il est de la nature du commerce de se fixer partout où il trouve une place sûre, et le marchand ne peut subsister qu'à la condition de iroav^r des marchandises à importer et des débouchés. L'on n'a pas négligé de remarquer avec quelle ai'deur Karl le Grand favorisa le eeoamerce ^ fonicla des marchés , facilita les coanxianicatio;)s an -moyen de routes et de ponts, ei s'efforça d'assurer les routes. Mais comme depuis Heinricb 1**^ s'accrut le nombre /des villes du Teutscbland qui offraient des marchés sûrs , les routes se croisèrent de plus en plus pQur le transport des marchandises envoyées m dehors^ ou importées dans le Teutscbland , que Ton jnenait de lieu en lieu jusqu'à ce qu'elles parvinssent à la frontière ou qu'elles fussent vendues en.maîsse. Dans, les temps d'orale' qui bouleversèrent si souvent le Teutscbland^ dans le règne du droit de la force, au miUeu /des guerres particulières et des factions, qui entraînaient toujours à leur soUé un fff freux, brigandage y le commerce sonffri t sou vent des interruptions et rencontra toujours des difficultés, des causes de perturbation , mais ne fut jamaisanéantietjamaisabandpnDé.Lanécfissité, Tainour du giun ramenaient toujours les marchands dans les ancieoncs voies; ib épiaient avidement chaque occasion, et souvent la chance tournait en Leur laveur. S'ils réussissaient, ils étaient certains qu'on redemanderait l^rs marchandises, et le prix couvrait la perte a^ttérieurc. Les princes et les seigncura ne voulaient pas plus renoncer aux jouissances qu'ils devaient à l'activité commerciale ^ que m passer des droits et des péages, qui remplissaient tours caisses) souvent même ils. accordaient, autant que cela se pouvait , un sauf: induit aux marchands et les couvraient de leur protectioa. Quand l'escorte et la protectiea) étaicnt.refusées, ou qu'elles étaient insnffisantcs f^aui. pré^rvei* des brigands , les marchands avaient coutume de faire leurs voyages en «oiBpagiûes f ffWf iéi^kif^ m coiApiuft
CHAP. V
leurs propriétés. Ces compagnies naturellement convenaient de certaines règles diaprés les^ quelles elles prétendaient vivre et aecommodef les différends qui s'élevaient ; peut-étro mémo les adoplaient'Clles solennellement avec ser* ment. Ellos arrivèrent ainsi à former des ligues qui sont devenues permanentes, comprenant plusieurs villes intéressées dans les Voyages | dont les bourgeois se rattachaient aux compaf gnies. Déjà Karl le Grand interdit ces espèces de ligues, qui furent appelées Gilden ou Giidot nien , et qui en effet étaient bien priqires à éveiller l'attention. Certes , le grand empereur ne voulait pas empêcher le voyage en commun des marchands , qui était nécessaire pour leor sécurité et leur assistance mutuelle; il croyait seulement ne pas devoir tolérer les ligues solennelles et pcimanentes qui s'étendaient insensiblement. Mais comme dans la marobt du temps, au milieu de toutes les conjonctorea, le commerce a persisté ou du moins s'est ranimé, comme les marchands ont encore fait leurs voyages en compagnies, encore bien qife les règleo^ents de Earl le Grand aint été maij»tenus , nécessairement des lignes subaistèreat toujours entre les marchands, ioioins solonnd* lement contractées, moins étendues, paasagèfes peut-être, applicables seulement è cartaiiis voyages déterminés; mais ce*n'en étaient pas moins des ligues qui conseiTèrent en silence les anciennes règles, et peu à peu fondèrent das coutumes commerciales qui tinrent lien dé droit dans le monde des affaires. Toutefois cea pria* cipes purent bien n'avoir qu'une valeur tra&t sitoire, applicable seulement aux voyages i^t pour le temps que les marchands étaient éloigné» de leurs foyers; mais il étoit dans la nature des choses humaines qu^ils ne fusseift pas oubliés après le retour dans la ville ek k marchand résidait, qu'ils y fussent méAie fréquemment appliqués. Au reste, les marchands voyageurs , pour motif de sécurité peut-être ^ abandonnèrent l'ancien nom de leurs lignes , Gildoi^ien; peut-être d'autres dénoaiioalfOiis furentfClles introduites et employéeaalleriiaiive' nient avec l'ancienne. Ente le vieux iHof hwim^ hanse, arriva dans l'usage, proiNMeneol d abord en Angleterre; il fut imposé dès la x^^ siècle à toutes les ligues do mai^cbaadsi à l'intérieur et au dehors , de sorte que sué un point il désignait une corporattoB de^iUen, sur UR autre une fiiôaii.commeraala|:^m|ii'àM
qu'enfin une vaste ligae, embrassant des villes du Teutschland septeotrional et d'auti*es contrées do nord, vers la fin du xiv* siècle, obscurcit toutes les autres hanses, et sut maintenir seule le nom de hansa teutsche. Comme chaque association a besoin, pour le maintien de Tordre, d*un chef auquel puissent être portés les plaintes et les griefs, il est possible que dans ces ligues de marchands voyageurs un homme expérimenté, le plus âgé par exemple, ait été reconnu comme président et régulateur*, et que le nom de hanse^raf ou d'aldermann , qu'il prit, ait été déjà en usage dans la pratique de la vie avant son apparition dans l'histoire.
Le commerce de tous les peuples reçut une nouvelle et puissante impulsion à partir du commencement des croisades. Le Teutschland , à raison de sa situation et de ses frontières , ne resta pas en arrière; ses grandes armées avaient besoin de grands convois pour subsister dans les pays ennemis éloignés qu'elles voulaient conquérir, et qu'elles conquéraient en effet. Les regards des fidèles suivaient avec amour et désir les pieux pèlerins : c'étaient des époux, des pères, des entants, des frères, des parents; c*étaient des guerriers du Christ qui s'étaient lancés sous la bannière de la croix daps une sainte entreprise. On voulait rester en communication avec eux; on voulait rapprocher d'eux la patrie autant que possible , et l'on envoyait derrière eux ce que leur pays offrait pour satisfaire les besoins et les aisancesde la vie, ou ce que Ton avait appris à tirer des pays étrangers, afin qu'ils n'oubliassent pas les coutumes et les pratiques du foyer domestique. De leur côté , les croisés avaient appris à connaître les magnificences du luxe et les jouissances de l'Orient, et ils ne voulaient pas que les objets de leurs affections se passassent de ces choses , comme eux-mêmes ne pourraient plus s'en priver une fois de retour dans la patrie. Ainsi le commerce avec ritalie commença bientôt à franchir de beaucoup les limites de la Péninsule , té^ut en se faisant sur des bâtiments italiens et par des mains italiennes. Bàle, Vienne, Augsbourg, et surtout Ratisbonne, étaient le siège de ce commerce dans le Teutschland; là étaient réunies les marchandises qui des pays de l'Orient venaient par Prague, des contrées du Nord par Nurnberg et Erfurt , de l'ouest se
étaient destinées à l'exportation on an transit, de même que l'on y déposait ce qui était amené d'Italie ou pour l'Italie.
Gênes, Milan, et surtout Venise, étaient en Italie les places principales des transactions avec le Teutschjand. Mais en même temps le commerce s'étendait à l'ouest , au nord et an delà de la mer du Teutschland et de la Baltique ; cap la navigation de la Méditerranée, ranimée, donnait une impulsion aux spéculations , et les fleuves et les côtes du Teutschland étaient exploités comme les côtes d'Italie. Des villes des Pays- Bas, les exportations se faisaient pour la France, l'Angleterre et les côtes septentrionales de l'Espagne ; et toutes les villes sur le Rhin prenaient part à ce mouvement en rattachant ces relations aux affaires suivies avec l'Italie. La puissante ville de Cologne , comme on l'a déjà remarqué, était le centre le plus brillant de tout ce mouvement, en amont et en aval do Rhin, vers l'est et l'ouest. Quant au commei*ce avec les pays du Nord par la Baltique , il était presque entièrement monopolisé par les villes rattachées au Weser, à l'Elbe et à la mer. Lubeck et Hambourg en étaient les principaux sièges, quoique le sort de ces deux villes subit tant d'alternatives, et restât si longtemps incertain. Toutefois Bremen prenait part à ce commerce et aux échanges* avec laNorwége. Cette antique et noble cité, ainsi que les villes de la Westphalie, rivalisaient avec celles du Rhin et des Pays-Bas pour le commerce d'Angleterre ; car les relations avec cette fie n'avaient jamais été réellement interrompues depuis le temps de Hengst et de Horts. La langue, les mœurs , toutes les particularités de la vie, unissaient l'ancienne et la nouvelle Saxe, non moins que des besoins multipliés.
Les empereurs prirent volontiers sons leur protection ce commerce avec les pays étrangers, parce qu'ils profitaient de ces communications, et que le résultat leur procurait des jouissances. Dans leurs traités avec des rois étrangers, avec les souverains d'Angleterre et de Danemark , ils stipulaient des juridictions et des franchises pour les marchands teutscbs en général , ou, ce qui avait jusqu'à un certain point le même résultat, pour les marchands d'une ville désignée , comme Cologne ou Lubeck. Les choses se passaient absolument comme par terre. 11 n'y avait pas moins de
transportaient sur la grande voie du Rhin , I pirates que de voleurs ,de grandes roules. Pour