‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 108 sur 165 · LIV. XXVI j CHAP. \h · texte numérisé non relu

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étaient an*dessas de cette limite formèrent ]a hante nolilessC) et qu'au-dessous se trouva la noblesse inférieure. Ceci est d'autant moins étonnant qu'il y avait déjà une distinction dans Tamende et la composition ; car, encore bien que la valeur fût la même pour les princes, les barons, et les hommes libres attachés à réchevini^e^ elle devait être déposée en or pour les princes et les barons , tandis que Targent suffisait pour les hommes de i'échevinage. Ce qui doit surprendre plutôt, c'est que les princes aient reconnu Tégalité de naissance des barons; et peut-être ne se seraient-ils pas décidés à cette reconnaissance, s'ils n'avaient pas eu besoin de l'assistance des barons contre la prépondérance du clergé. Mais les hommes libres d'échevinage et leurs arrière-vassaux, ainsi que les feudataires hors d'état de rétablir l'égalité avec les grands, cherchèrent maintenant à se dédommager sur ceux qu'ils voyaient au-dessous d'eux. Ils firent valoir leur petite noblesse avec l'orgueil le plus blessant contre ceux du septième bouclier, qui n'appartenaient qu'à peine à la féodalité , nourrirent peut-être des sentiments plus durs que les grands, et provoquèrent aussi par là plus de ressentiments et d'iroAte amère.

Pins cette situation s'affermissait , plus rigoureux devait être le sort des serfs sur lesquels s'étendait le monde des vassaux qui s'attribuaient exclusivement la liberté. Ces pauvres gens furent livrés plus que jamais en proie au caprice de leurs seigneurs; peu importe qu'on leur donnât le nom de serfs ou de niortailla* blés, il y avait pourtant des degrés dans leur misère et leur abaissement, et beaucoup de noms tirés de leur servitude, de leur situation, de leur genre de vie , de la manière dont ils cherchaient leur subsistance, furent employés tantôt sérieusement, tantôt par moquerie, ou bien aussi par mépris. Les premières classes , les îa$$en , n'étaient pas beaucoup au-dessous des tenanciers; les lois s'étaient même occupées autiefois do les protéger, sinon pour euxmêmes , au moins dans l'intérêt de leurs seigneurs; et, par le progrès du temps, dans différents lieux s'étabîirent aussi des habitudes diverses dans le traitement des hommes non libres (unfreien) et sur les exigences envers eux ; et ces coutumes reçurent une forme légale. Le clergé put bien aussi agir par l'exemple et par l'enseignement; mais les malheureux n'avaient

pas de position assurée, ils étaient livrés à l'arbitraire de leurs seigneurs. Si le seigneur était noble et bienveillant, leur sort était supportable ; et comme ils étaient hébétés ; faibles, sans énergie , étrangers à toute pensée de liberté , ils pouvaient même se trouver assez bien de cette situation. Mais si , au contraire 4 le maître était capricieux, violent, dur ei cruel , ils étaient exposés à tous les mauvais traitements possibles, et l'abus jdn pouvoir même envers ceux qui se trouvaient le mieux placés était d'autant plus facile à cacher, que le nombre des degrés était pins grand. Le seigneur pouvait les contraindre, à tous les instants, à toute espèce de travail ; il pouvait les vendre, les donner, les tuer, les battre, les mutiler, les outrager, sans avoir à craindre un «châtiment ; et, comme ils lui appartenaient , et par conséquent n'avaient eux-mêmes aucune propriété , il pouvait leur prendre tout ce qu'ils acquéraient ou possédaient. Si les droits et les coutumes qui pouvaient avoir été introduits dans leur intérêt étaient si multipliés , que le Miroir de Saxe lui-même se voit hors d'état de les énumérer (8) ,' et préfère, à cause de cela ^ recommander l'humanité et la modération, en rappelant que Dieu a créé tous les hommes à son image, les pauvres comme les riches, et les a rachetés par son martyre; que la servitude est née seulement de la contrainte, de la captivité et de la violence , et qu'on ne l'a érigée en droit que par l'effet de la coutume ; quand bien même il eût été possible d'obtenir protection contre les iniquités des seigneurs, com* ment les pauvres gens auraient-ils osé invoquer 1a justice sans s'exposer à de nouvelles violences? Et pourtant ceux qui avaient un mauvais seigneur n'étaient pas encore dans la plus mauvaise situation , car ils étaient protégés par ce seigneur contre le mauvais vouloir et les violences des étrangers; ils n'avaient à craindre que lui. Le plus déplorable de tous les destins frappait les misérables qui n'avaient pas de foyers et pas de seigneurs. Us étaient livrés à la méchanceté de quiconque voulait l'exercer sur eux; car ils n'avaient pas de droit; il n'y avait pas de composition pour eux , et l'amende qui était fixée en cas d'offense envers eux n'était qu'une insulte de plus. Si l'on demandait dans quelle proportion se maintenait le nombre des serfs 'dans le Teiîtschland avec le nombre de ceux qui jouissaient de la liberté,

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HISTOraE DU PEUPLE ALLEMAND.

Ton ne ponrrait donner de réponse précise à cette question ; car il n'y a dans les relations aucune notion sur ces deux points. Toutefois, d'après la quantité de mortaillables qui appartenaient à certains seigneurs, et à cause de la circonstance que l'ambition d'une infinité de petits seigneurs, leurs violences jetaient toujours plus de victimes dans le servage , que les causes de servitude augmentaient au lieu de 'diminuer, l'on peut croire avec confiance que la grande majorité dans le Teutschland était privée de liberté; l'on ne hasarderait peut-être même pas beaucoup en admettant que, deux ou trois siècles après le commencement des croi- &ades , en exceptant les villes , les deux tiers au moins, peut-être les trois quarts de tous les hommes vivaient sans droit ou dans le servage. Qui ne s'épouvanterait d'un tel état de choses? qui pourrait soutenir que de là le Teutschland a pu s'élever à la liberté et à la civilisation? Sur ce monde de la féodalité , des maîtres et des esclaves, la religion du Christ elle-même, dans la situation présente de J'Église, paraissait avoir «perdu son influence. Au milieu de Torgucilleux égoïsme et de la convoitise générale, tous les nobles sentiments s'éteignaient , et les intérêts de caste effaçaient les idées de peuple et de patrie. Cependant trois puissances toutes récentes, qui venaient d'apparaître ou étaient sur le point de se montrer, opposèrent de la résistance à la barbarie générale , et garantirent un meilleur avenir ; la nouvelle liberté dans les villes, la science et l'art. Cette liberté s'était déjà maintenue et menaçait ses ennemis : la science ne peut longtemps être absente |à oCt est la liberté, et l'art devient un besoin pour ceux-là mêmes qui dédaignaient la science et persécutaient la liberté. A ces trois puissances était attaché l'espoir que les Tentschs , qui autrefois avaient déployé une si grande et si profonde énergie , réussiraient encore, dans un as^enir éloigné , à se poser parmi les peuples de la terre comme un peuple grand et libre, comme le premier peut-être , ou du moins comme Tégal du premier.

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