SOS
Il ne parvint pas, à la vérité, à repousser ]e droit romain; mais il retarda ses progrès, et obtint ainsi un important résultat. Dans tous les cas, il est certain qu'au milieu de Tagilation et de l'entralncmcut général, rostphalie se moDtra fidèle aux anciennes coutumes saxon- Dos. La Westphalie ne resta pas en ariièro, mais suivit une autre route. Dans ce pays de promission et de triomphe , se formèrent alors ces tribunaux tout particuliers, si fameux sous le nom de tribunaux weimiques (femgerkhte)^ qui , nés des besoins et de la nécessité, furent d*abord entourés de la confiance générale, puis, par toutes sortes d'hostilités , de modifications violemment imposées, furent poussé.^ emportés à des actes odieux d'usurpation., et sont devenus enfin un objet d*horreur pour la pos^ térité, surtout à cause du secret dont ils étaient forcés d'envelopper leur existence et leurs procédures.
' Une suite d'érudits, déterminés par le mystère et par la puissance presque incompréhenfible de celte justice étrange, y ont appliqué plus tard leur attention, et, à force de patientes recherches , de comparaisons et de rapproche* ments de vieux titres , ils sont parvenus h mettre en lumière beaucoup de points restés auparavant dans les ténèbres (4). La formation des tribunaux ou des francs-siégcs, consistant en comtes libres et en scabins libres ; la double procédure suivie par huit juges officiels auprès desquels Taccès n'était interdit à personne, et par huit membres secrets dont le banc fermé ne s'ouvrait qu'aux légistes, aux francs-comtes et aux francs-scabins, où ne pouvait se glisser un profane qu'au péril de sa vie; la responsabilité que les légistes assumaient sur eux , les obligations qu'ils ne pouvaient violer sans exposer leurs jours; rérection des tribunaux seulement en Westphalie, sur la terre rouge, sous le ciel libre; au grand jour; Tenscmble de la procédure , dans les choses secrètes comme dans les choses publiques ; les causes qui pouvaient être portées comme questions weimiques devant le tribunal secret ; les principes d'après lesquels on décidait, les peines qui étaient appliquées, le mode d'exécution du jugement : tout cela a été exposé, développé avec une telle clarté , qu'il ne peut plus rester de doute que sur les points secondaires. Alais les titres d'où l*on a tiré tant d^ lumière appartiennent pour la plupart à des temps bien postérieurs , i
à la dernière moitié du xiv* ou au xv* et mémo au xvr siècle ; à des temps où )es tribuoaax weimiques étaient bien encore dressés sur la terre rouge, où la juridiction s'était étendue jusqu'aux limites du Saint-Empire, où des lé< gistes siégeaient dans toutes les contrées du Teutschiand , où les seigneurs territoriaux s'étaient transformés en seigneurs des francssièges, et devaient recevoir Tinvestiture des francs-comtés par les mains de l'empereur ou de ses fondés de pouvoir; où peu à peu mille changements, mille améliorations, à oe que l'on croyait, s'étaient introduits dans les francs-tribunaux, et avaient été confirmés par des lois, des serments et d'autres moyens; où l'on ne pouvait enfin méconnaître la décadence et la ruine de cette justice excepiiouieUe* Quant à l'origine des francs-comtés, elle n'a pas été mieux expliquée que n'a été interprété le nom de fem lui-même, et l'on n'a pas qon plus découvert les causes qui ont donné à la /em cotte grande importance et ce pouvoir exorbitant qui la firent regai*der comme le Iribuoal suprême de l'empire. Les opinions mieux ou moins bien fondées à ce sujet ont élétrès^diverses jusqu'à ce jour. Jamais la certitude ou même l'accord ne pourra s'établir là-dessus; par, cette justice s'ctant formée en silence, ayant été toute constituée quand elle fut connue du monde , on manque d'actes authentiques et de relations ofliciellcs , sans lesquels Ton no peut arriver qu'à des conjectures qui , malgré leur vraisemblance, l'appui prêté par des rapports tirés de la nature des choses falimaines, de ta marche de Thistoire et de l'état général de Ja vie, même par des actes postérieurs, ne peuvent jamais être élevées à la puissance d'une démonstration. Il ne reste plus à rhistorieu* qu'à son tenir à la vraisemblance , quand il ne peut arriver à la certitude.
Le sort des Westphaliens, qui se procJamajeut aussi Saxons, avait été bien différent de celui des Ostphalicns. Jusqu'au temps do Karl le Grand, quoiqu'ils eussent éfé rudemept frappés par les Pépins et par Karl-Martel, réduits à de tristes extrémités, ils avaient conservé l'antique liberté des Teutschs, qui, dans cette contrée même , avait attiré l'attention, excité même l'admiration des Romains. Dans les guerres du terrible conquérant, le plus lourd fardeau était tombé sur eiix. Kar| voulut effacer le souvenir d'Armii^ , du béips de la liberté , par