‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 122 sur 165 · TEUTSCHLAND. RUINE DU ROI HEINRICH · texte numérisé non relu

TEUTSCHLAND. RUINE DU ROI HEINRICH

yil. — ÉLECTION DE KUNRAD IV.

Deran 1334àranl237.

Le roi Heinrich fut abattu , confondu, profondément blessé par la dureté de son père. Il obéit ponctuellement à tous ses ordres , mais se persuada qu'il avait été calomnié auprès^ de l'empereur, qui avait prêté injustement une oreille favorable aux calomnies. H lui vint aussi à la pensée que son père avait le projet de le ruiner pour mettre à sa place son demifrère Kunrad. Le premier soupçon n'était pas sans fondement : un roi aussi résolu que paraissait vonloir se montrer Heinrich ne pouvait être agréable aux princes teutschs, dont la souveraineté territoriale était encore trop récente iK)ur avoir pu être affermie; ils devaient plutôt désirer que le trône offrît encore longtemps l'état de faiblesse dont ils avaient profité jusqu'ici. Comme les dispositions de Friedrich envers son fils n'étaient pas restées inconnues , il put bien se trouver de ces rapporteurs officieux qui, par une hypocrite intervention, cherchèrent à enflammer les passions couvant au fond des cœurs. La seconde supposition fut fortifiée par un fait étrange. Le pape Grégoire IX était de nouveau entré en rapports des plus hostiles avec les Romains , qui l'avaient mis en grand danger. Dans sa détresse , il implora l'assistance de Friedrich. L'empereur se montra extrêmement amical et empressé, et au mois de mai de cette année il vint trouver le pape h Rieti , pour lui apporter ou lui pro-

mettre des secours. Dans celte occasion, il amena son fils Kunrad, né de sa seconde épouse lolande, et présenta au saint-père cet enfant à peine âgé de six ans. Le but de cette présentation aurait pu rester toujours inconnu; mais comme il fut rapporté au roi Heinrich que Friedrich avait cherché à exciter le souverain pontife contre lui^ il ne put guère se défendre lui-même de soupçonner qu'il allait être sacrifié , afin que Kunrad pût devjmir empereur et roi. Assurément il ne manqua pas d'amis vrais ou faux pour partager cette inquiétude et l'en^ tretenir dans le malheureux jeune homme.

Au milieu de telles circonstances, Heinrich se-crut probablement autorisé à se défendre contre son père. Comme Friedrich était roi de Sicile par là grâce de Dieu , et, par le choix des princes teutschs et par le couronnement da pape, roi et empereur des Romains, toujours auguste, de même il était lui-même, par la grâce de Dieu , l'héritier réel du royaume de Sicile, et, parle choix des princes teutschs, que son père , et non pas lui, avait déterminé , roi des Romains, toujours auguste; ses droits ne paraissaient pas inférieurs à ceux de son père. Tout en cherchant, par des ambassades et des lettres, à tranquilliser son père, le priant humblement de maintenir son honneur, de ne pas laisser porter atteinte à ses droits, protestant solennellement t]u'il avait constamment agi de bonne foi , qu'il n'avait jamais volontairement et avec conscience rien fnitqui^fit exciter le déplaisir de son père, il n'en prenait pas moins des dispositions pour opposer de la ré* sistance en cas de nécessité. Ainsi que le raconte un seul écrivain , il eut une entrevue avec quelques princes à Boppard , et là il fut pressé par la totalité des assistants, ou du moins par une partie, de déclarer ouvertement qu'il ne voulait plus être soumis à son père. Heinrich prononça cette déclaration , et dès ce jour il réclama de tous les princes teutschs l'attachement a sa cause , et s'efforça de les ^'duire par tous les moyens avec lesquels beaucoup de rois, avant lui, avaient obtenu ou acheté leur reconnaissance. H en amena beaucoup à promettre de lui restée fidèles ; envers d'antres , qui refusèrent cet engagement, il employa les menaces pour les contraindre à une décision. Il gagna aussi les villes sur le Rhin , et se fit donner des otages de leur fidéfité (4). Enfin il entra en négociation avec Milan, afin de pousser

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