‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 134 sur 165 · DROITS DES EMPEREURS · texte numérisé non relu

DROITS DES EMPEREURS

Ils convoqaaient des diètes et y présidaient.

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Us disposaient en maîtres de ritalie , et conféi'aient do même les petits flefs vacants.

Ils donnaient le pouvoir de battre monnaie et d^établir des foires et des péages, sauf les droits des états. ^

* Us percevaient les revenus de Tcmpire , et y exerçaieut la haute et basse justice, sauf les droits des états.

' Ils anol}lissaient et légitimaient des bâtards.

DROITS Dï:S ÉTATS. — Assemblés en diète.

Us élisaient les empereurs , les déposaient, et leiii* donnaient des tuteurs pendant leur minorité'.

Ils jugeaient les causes civiles et criminelles de leurs pairs , dressaient les lois et les faisaient observer.

Ils résolvaient les guerres, la paix et les alliances de Tempire.

Ils concouraient h la collation des grands fieCs et à la création des princes nouveaux.

DROITS DES ÉTATS. — Dans kurs terres.

Us avaient le droit de faire la guerre, la paix , des alliances, et d'envoyer des ministits publics ;

• Celai de bâtir des forteresses, d'établir des foires, de battre monnaie, de percevoir les péages et de faire exploiter les mines.

Ils avaient le droit de conférer des honneurs, même des dignités ecclésiastiques, et d'avoir des offiéicrs héréditaires , à l'exemple des grands officiers de la couronne.

Usavaient le droit de donner le droit de cité et déjuger les causes civiles et criminelles des particnliei's', ainsi que celles de leurs états provinciaux.

* Us avaient le droit de posséder leurs fiefs à titre d'hérédité , etc.

Us exerçaient ces droits avec une telle plénitude d'autorité, que les empereurs n'y pouvaient plus déroger ni les restreindre en aucune manière. *

COiNRAD IV ET iMAINFROI.

Par son testament, il avait laissé à Conrad TAIIemagnC) le duché de Souabe, le royaume des Deux^icilcs et celui de Jérusalem ; à Henri, son autre fils » qu'il avait eu d'Isabelle d'Angle-

terre , le royaume d'Arles ; à Nainfroi , la principauté de Tarenle avec d'autres terres, comme fiefs du royaume de Sicile ; et le duché d'Autriche, vacant depuis la mort de Frédéric le Belliqueux, en 4246, à son petit-fils Frédéric, fils du malheureux Henri et de Marguerite d'Autriche. Innocent ne respecta pas ses dernières dispositions (4251)5 il exhorta les Siciliens à revenir à l'obéissance du sain^-siége. Il se forma un parti dans ce royaume, et s>a serait pent-^^trc rendu maître , si Mainfroî n'eût retenu les peuples. C'est surtout en Allemagne qtie lé pape remua. U écrivit aux Somibes une lettre extrêmement violente. U renouvela les analhèmcs contre la mémoire de Frédéric et contre son successeur 5 il fit prêcher la croisade contre Conrad , avec les mêmes indulgences que pour les guerres de la Palestine ; il pressa les princes de- rendre hommage à Gaillaume; il déposa Christian, archevêque deMayence, et mit tout en usage pour perdre la maison de Souabe* Pourtant les princes et les villes recolinureht Conrad IV. Guillaume cependant eut le dessus, et son rival alla en Sicile, dont la cpiiservation l'intéressait plus que celle de Fempire, et où il était appelé par Mainfroi. It. soumit les villes qui s'étaient donnéesau saint-siégc (1*252). Naples soutint seule un siège pendant dïx mois, et cette résistance lui valut Je plàs dur traitement. La sévérité de Conrad le rendit odieux ; on l'accusa de la mort de son frère Henri , qu'il avait appelé à MelÛ. Innocent le foudroja encore , publia une nouvelle croisade , ofTrit la Sicile aux princes de France et d'Angleterre; mais on rejeta ses propositions ; et; Conrad , qui poursuivit sa fortune malgré les censures du pontife, mourut en l2o4, empoisonné , dit-on, par i\kinfroi, qu'il avait privé de ses autres terres et rôduit à la principauté de Tarcnto. Conrad laissait un fils en bas âge, Conradin, qu'il avait ou d'Elisabeth , nile d'OlLon l'IIhisll'f, duc de Bavière. Mainfroi se porta pour tuteur de son neveu , ménagea la cour de Rome, soumit entièrement le royaume, etsefitcou' ronner î\ Palerme en ^258. Ce coup déconcerta Elisabeth, qui s'en plaignit inutilement. Les papes, qui perdaient leurs prétentions sur ce royaume, en furent irrités : Urbain IV ofTnt la couronne de Sicile à Charles^ comte d'Anjoci et de Provence , frère de saint Louis. Le prince accepta , traita avec la cour dfe Rome , et conqnit le royaume sur Mainfroi, qui fut ttfé à la

bataille de Bénévent, en ^iéë! ^Gonradiù,'' luaigfié sa^gmiuk jetuiesse » ciUi*epril de rcoouvrer 60Q patrimoiDo» 11 eut d'abord de grands succèsf ppUil fut battu, fait prisonnici a\ec le ieuQ^ Frédéric d'AuU'iclie , ^n cousin germain ^livrô àCUarle$, qui établit un tribunal pouF leis juger , et loys deux furent condamnés à être décapités c la sentence fut exécutée à Napks- eo 4268. Ainsi s'éteignit la maison des Uobenstauffen. £a Allemagne, Guillaume, 9^rùs le départ d^ Conrad , n^eut pas plus d*au*tçrité qu^aupaiavant. Le parti de la maison de Soual)e refusa constamment de le reconnaître* On riosultait, on égorgeait ses troupes, que le défaut do. paye poussait à toutes sortes de brigandages et' de violences. ^ En 4252, ses gens furent ipassacrcs à Trêves par ceux de Taix^be- Yùque de cette ville. L'aunçe suivante, Tarcbevùque do IVlayence, au montent de Tattaquer, ne posale^ armes qu'à la sollicitation du pape. )/archcvèquc de Cologne , voulut même, en ^254 ,. Je .faire^> br4liler avec Icâ légats dans le palais de Kcuss. A Utrecht, on raccueillit i coups ôfi pierres ;i un gciUiihomme porta la main sur l'impératrice , et la vola en pleine rue., Enfin, cp voulant dompter les Frisons rcbelks, il fut surpris et tué dans un marais, en 4256. ^a cour de Rome s'inquiéta de cet événement, Alexandre lY , successeur d'innocçnl^ ,mort en 4254, écrivit à rarçlicyôque de Mayence pour défendre l'élection de Cpnradin.

ttICHARD DE COUNOUAILLES ET ALPHONSE

DE CASXILLE.

Richard, comte de Cornouaillcs , frère de Henri Ul, roi d'Angleterre, voulut parvenir à Tempive» Il répandit l'argent, il acheta les suffiagcs des archevêques de Mayenco, de Cologne, et de Louis, duc de Bavière et comte palatin , qui relurent à Francfort. Quelques mois après, l'archevôquc de Trêves , le duc de Saxe , le margrave de Brandebourg et le roi de Bohème plurent', dans la même ville, Alphonse X, roi de Castille et de I^on. On prétend qu'il fut plus généreux que Richard. Ces élections sont remarquables en ce qu'on voit, pour la première fois , le nombre des électeurs fixé aux sept grands officiers de la couronne. On se rappelle la distinction qui. s'établit à Télcction de Lothaire II : les princes, qui n'eurent que le

aroit^ de consentement, se lassèrent bieilBK d'aHer aux diètcs.d'élection^ losgraqc)^ otiicjers, obligés par leurs charges de suivre ia cour et de se trouver aux assemblées d'élection, se troii« vèrent par là en possession du droit d'élire : de là les électeurs, qui ne |)i*irent cepcnd^t uqq forme stable qu'au règne de Charles IV, Le^ deux empereurs rivaux se contentèi'ent <}e iisr cuter leurs droits par lettres , et au tribunal des papes, qui ne décidèrent pas. Par là, Romo donnait à Charles d'Anjou le ten^ps de s'affcr-; mir. Alphonse altéra les mojmaies , chargea le peuple d'impôts , et extorqua des somines qu'il employa à fortifier son parti eu Alleinagne et à Rome. Ces exactions prgduisirent 4es révoltf^s; )es guerres intestines le retinrent dans ses Éfat^j et il ne put inème se montrer en Allemagne» Richard s'y rendit avec quelques troupes et di» trésors, H fut couronné à .Aix-la-Chapelle. : plusieurs villes le long du Rhin le reconnurent, 11 accorda quelques privilèges; mais, dès qite ses finances furent épuisées, l'arf^ction des .Al: lemands se refroidit,, et il all^ chercl^er de nouvelles sommes en Angleterre*. Il- revint deux mois après, en 4260, repartit presque aussitôt, fit encore quelques apparitions semblables, et mourut en 4274, après avoir sacrifié son ropoi et ses richcb^csà une grandqur chifnériqne.

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