BULLE D'OR
A son retour, Charles trouva l'Allemagne
agitée . pa; jfles d^bf^ts continqels cDtre les priaceç des différentes mai^ns et entre des branches d'une même maison. Charles^ poar remédier ayx abus, convoqua une diète générale à Nufemberg en ^556. Les cleclcurs et les autres princes s'y trouvèrent avec les comtes, Ips seigneurs et les députés des villes libres, Ç'es^ là que fut faite la fameuse constitution cpnnue sous Ip nom de Bulle â^or^ et qui devint réeljem^^t îa première loi foi^damentale de Vempire. A |a cour impériale de Metz, cette ipéme année, où y mit la dernière main paf l'addition des sept derniers chapitres. Elle fixe le nombre des électeurs, règle leurs fonctions , déterufine leurs droits, leurs privilèges , tpu( pe qui est relatjf à rèlec|ion du roi des BQfP!iios,ef contient des lois qui font connaître les usagef et |es désordres du temps. Après une déciafnatiûi) poétique contre le^ sept péphés i{jpr(e|s , unp allusion aux sept cb^qdeliers de l'ipoca);pse , oo fixe le nom|)re des électeurs ^. s^p( : les afcbevèques de Maycpce , de Cologne et de tfèyes , ^rcbicbanceliers de Tempire , le g)*^mief: ef) A|}pmagne, le second on Italie, et le trplsjème ^an; le royaumP ^'Af les \ le roi de fiôbéme, i|rc|)iécbansoii ; )e comte paladin du j^l)!!), ^pcbisénécbal ; le duc ^e Sqixe-Wittpi)^])erg, {irchimafécbal , et le margrave de ijrapdebpijrg, arcbicbambcllan. |.es maisons d^ P^yiôrp et d'Autriche furent exclues de la yoix é{ep|Qrale. L'incertitude qui avait occaùç\Vmk jijsq^^alqrs de grandes contestations qptVe )e9 fîiyersos branches d'une maison, cpqime entrp le^ ducs do Bavière et les comtes B2)|atiQS 9 les ducs de Saxe-AYittemberg et LauenbPMrgi qui prétendaient tous au droit 4'é|ire, p'étant pas encorp suffisamment levée, i fut décidé, pour écarter toutes les difficultés, que le droit d'élection serait à jamais attaché qi|x terres électorales et ducales , dont le possesseur légitime aurait seul voix de suffrage à la diè(e 4'élection , à l'exclusion do tous ]es princes do sa maison- Les (erres électorales auraient pu se partager, et leur démembrement renouveler les débats que l'on voulait prévenir: ellfis furent déclarées indivisibles, et le partage de Tatné des fils. C'est le droit de primogénjtqre qui régla l'ordre de succession. A l'extinction des mAles de la première branche, l'électorat passait à ceux de la seconde , puis de la troisième , en observant toujours le droit d'aî- Q^sse* Lfii femm^ i^e ponyaienl succéder que
BISTOmB ^U PEUPLE ALLEWAMA,
dans le royaume de flobémo ot l'âectorot da
Hanovre , lorsque celui-ci fut érigé. La totello et Tadministratton des biens d'un électeur inineurjurent confiées à l'alné des frères de Télecteur défont. La minorité finit à dix-huit ans accomplis. A Textinction des miles d'une maison électorale, rempereur ou roi des Romains fut libre de disposer de la succession comme d'un fief dévolu à l'empire. La Bulle d'or donue aux électeurs le droit do s'assembler poar Ja conservation de leur collège, et quand lo veut leur utilité particulière, sans que l'empereur puisse s'y opposer; ils sont autorisés à délibérer entre eux sur les affaires générales. Chaque électeur a la propriété des mines , des salines qui se trouvent dans son. territoire , le droit do battre monnaie d'or et d'argent , le revenu de tous les péages établis dans ses Etats , le pouvoir d'acquérir dans l'étendue de l'empire toutes terres allodiales, à pbai'go do ne pas les dénaturer. Ses sujets ne peuvent être cités ni appelés aux tribunaux de l'empire , à l'exception du seul cas de déni de justice. Sa vie doit étfe aussi sacrée que celle de l'empereur^ e( tout coupable assez audacieux pour y attenter, eu quelque manière que ce soit, sera puni comme criminel de lèse -majesté. Outre ces privilèges communs à tous les électeurs, le comte palatin du Hbin eu avait de particuliers. On lui confirma le yioariat de l'empire comme une prérogative attachée h son comté , avec pouvoir d'administrer la justice , de nommer aux bénéfice^ ecclésiastiques , de percevoir les revenus de l'empire , de recevoir les foi et hommage au nom du Saint-Empire. On excepte les fiefs des princes et ceux qui se donnent avec l'étendard ; l'investiture en est réservée à l'empereur. Ce yicariat s'étendait sur toutes les terres du Rhin, de la Souabe et de la juridiction de Franconie. L'électeur de Saxe*, avec les mêmes privilèges, eut le vicariat dans tous les lieux soumis au droit saxon. On enjoignit à l'un et à l'autre de ne rien aliéner ou engager qui appartint à l'empire. Dès que la mort de l'cnipereur-ou du roi des Romains est notifiée à l'archevêque de Mayenco, il doit, dans l'espace d'un mois, en avertir chaqup électeur en particulier , et leur donner le terme de trois mois pour se rendre à ^Yancfort, lieu de l'élection, en personne, ou par ambassadeurs munis de leurs pleins pouvoirs. Si l'archevêque manque à cette notification, |es électeurs «'assembleront
mSTOIBE m PEOPLi; Alî^EWAipi.
^p leof prppre moqyement pour doqqcr irq chef à Tcropire. {^prince qi]i ne comparattra pas, ou qui quittera la dièle avant Télection, perdra pourpe((e fois son droit de suffrage. Il est défendu aux bourgeois de Francfort de laisser entrer aucun étranger dans jeqr ville pendant tout le temps de Télection , et ils doivent veiller à la sûreté des électeurs. Après la incsse du Saint-Esprit et le serment d'éljre san^ corruption (quelconques sans intérêt, le prince digne 4'étre élu , les princes doivent procéder à l'élection, et la faire dans l'espace de trente jours , sous peine , passé ce délai, d*ètre réduits, au pain et à l'eau. Le roi sur lequel }|s auront tous, ou le plus grand nombre, réuni leurs Yoix , sera légitimement élu , et Tarch^véque de Cologne le couix)nnera h Aix-la-Chapelle. La première diète du nouvel empereur devait se tenir à Nuremberg. Beaucoup dettes articles furent n^odjfiés dans la suite, pt aujourd'hui la Bnllp d'pr et ses règlements, avec tous les changements que le temps leur fit subir, ne sont plus (^u'un monument historique, san$ application dans la vie réelle. Cette Bulle d'or y ainsi nommée parce qu'elle est scellée d'im sceau rond en or , contient de plus des détails puérils $ur je rang, la iparche, le cérémonial des bénédictions, des tables etdn covironnement. Nop^ les laissons de côté.
Le dpoi^ de difOdation établi par Frédéric Darberpusse, et qui autorisait les viplences, subsistait toujours, Charles IV" eut la faiblesse d'en faire une loi par un article de la Bulle d'or , ordonnant à l'agresseur d'avertir dûment son adversaire trois jours avant de commencer les hostilités; prescrivant les renonciations simulées aux ûefs , afin de pouvoir faire la guerre aux seigneurs suzerains ; défendant les impôts extorqués dp fprce , sous prétexte de péage et de sauf-conduit, Les alliances et les cpnfédér rations formées durant l'espèce d'interrègne qui suivit la mort de Frédéric II furent sévèrement défendues , ^ Texception de celles qu| avaient pour but le maintien de la paix publique, et sur lesquelles il se réserva de statuer. En résumé, l'on voit que la Bulle d'or touch(i peu à la constitution civile de l'empire.
FIN DU BÈGNE DE CHARLES JV,
Charles était pen sensible aux yraîs intérêts de rAlleroagne. Ijans pn voyage qu'il fit ^ Avi-
gnon y en -1365 j il ent ]^ jan}fa$ de ?e fair^ couronner roi d'Arles par l'arcbevéque (Je pptt# ville ; mais il n'en ratifia pas moins la cessiort du Dauphiné à la France , et la donation dé»guisée du copotat Yenaissio , faite au saint-siég.e par Jeanne I7, reine de I^aplcs. Le royaump d'Arles , ce grand flef de l'empire , n'exista plus que de nom. Appelé par le pape contre ie^ Yisconti, Charles repai'ut en Italie en /I56S avec aussi peu d'honneur que la première fois. N'osant attaquer les ennemis du pontife, il alla réformer le gouvernement de Sienne, ott il fut assiégé dans son palais, insulte qu'il par-; donna moyennant cinq mille florins d'or. Après avoir extorqué cinquante mille florjns d'or au$ Florentins, autant aux Pisans, et vendn la liberté à Lacques pour vingt-cinq mille ^ \\ rentra en Allemagne, laissant le pape aux prises avec les Yisconti. Il cherchait sqrtont h agrandir spn royaume de Bohème. Sa Vçùx^ sième femme , Anne , fille et héritière de Bolkp ou Boleslas, duc de Schweidnitz et de ^aupr, lui ayait apporté en dot ces deux juchés , )es sepls de toute la Silésie qui ne lui appartinçr sent pas avant ce mariage» Il acheta |a basse Lqsace et le piargraviat de Brandebourg d'Qthon, flU de Tempereur Louis de Bavière. La Bohème I la Aforayie, la|.usacé, la Silésie, le Brandebourg, quantité de villes, dQ villages^ achetés dans d'autres proyinces de l'em-: pire , ypilà les vastes possessions acquises par la n^ai^on de j^uxenibonr^ depuis flpnri YII ; et Charles, dominé par une insatiable avidité, ne cessait de faire des pactes 4e succegfion ^vec tous Ips princes , comme si sa famille ept dû survivre {^ toutes Ips antres et engloutir l'empirp. Il voulut transmettre la dignité impériale à son fll^ Wenceslas, U écrjvit d'abord ^u pape Grégoirp XI , •successeur 4'Urbain Y| en ^37ft| que les électeurs consentaient à pette élection ; Grégoire lui donna son assentiment. Puis Charies acheta le^ suffrages dp^ ^lecteurs, et Wenceslas fut élu dans l'assemblée 'de Francfort (1576). Après Ip couronnefl[?pnt h AiHa- Chapelle, les électeurs demandèrent |e prix 4p leur complaisance. Charles les pay^ en )ppr engageant une partie des revenus de l'ewpirp ou des péî^ges qui lui appartenaient sur le Bbin 1 et en yendant h quelques-pns des yil|es impériales. Puis il exigea des somu^es exorbi*tautes des villes impériales de Sou^be- Elles rcfnsèrent, pt formfCPi^f upe jigup pqjsswfç
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contre laquelle échoua Eberhard, comte de "Wurtemberg, chargé de les contraindre au payement. La paix que Ton fut obligé de con- „ dure avec elles ne détruisit pas la déflance qu'elles avaient conçue, et Tavarice de Charles prépara des troubles à son fils. La dernière année de sa vie (4378) , Tempereur lit un voyage en France pour acquitter un vœu à Fabbaye de Saint-Maur : il eut une entrevue sans intérêt avec le roi Charles V. Il mourut peu de temps après son retour à Prague. La Bohême lui dut son bonheur. Dans cette même année 4578, après la mort de Grégoire XI, les Romains , décidés à fixer enfin le siège aposlolique dans leur ville, assiégèrent le conclave, et menacèrent les cardinaux s'ils n'éliSaient pas un pape romain ou du moins italien. On céda à la violence, et Barthélemi Prignano, Napolitain , archevêque de Bari , fut élu sous le nom d'Urbain VI. Reconnu pour pape légitime par le sacré collège , obéi comme tel pendant trois mois, Prignano aliéna par sa hauteur, par une imprudente sévérité , les cardinaux qu'il aurait dû ménager. Ils se retirèi^nt à Fondi, dans le royaume de Naples , où ils déclarèrent l'élection nulle comme ayant été forcée , et élurent Robert., flls d'Amédée, comte de Genève, qui prit le nom de Clément Vil. Les deux papes se foudroyèrent d'anathèmes ; l'Europe se divisa, et chaque prince se déclara suivant sa prévention ou son intérêt. Urbain, qui confirma l'élection de Wencesjas sans en être prié, fut /econnu de Charles IV, en Toscane , en Lombardie , en Hongrie , en Pologne , en Prqsse, en Danemark, en Suède, en Angleterre; et Clément le fut à Naples, en France, en Espagne , en Ecosse , en Lorraine et en Savoie. Telle fut l'origine du schisme qui , l'espace de quarante ans, déchira l'Église et troubla l'Europe.