RÈGNE DE WENCESLAS
Charles IV porta un coup mortel à l'empire en aliénant ses domaines. Les électeurs et les princes ne cherchèrent qu'à arracher à la couronne le peu de prérogatives qui lui restaienti Les villes impériales et les villes libres tendirent à restreindre le pouvoir des grands et de l'empereur. L'état convulsif de l'Allemagne rendit difOcile le gouvernement de ce pays. Wenccslas n'avait que dix-sept ans quand I
il succéda à son père ; il était avare , làdie et débauché. Dans une diète de Francfort , où il fit reconnaître Urbain VI, il vendit pour quarante mille florins d'or le bailliage de Sooabe et de la ville d'Augsbourg à Léopold , duc d'Autriche. La plupart des villes de Souabe se liguèrent avec les comtés palatins du Rhin, le duc de Bavière et le margrave de Bade , détruisirent hîs châteaux des nobles, maltraitèrent les sujets des seigneurs, et forcèrent même ces derniers à se joindre à elles. La noblesse s'associa de son côté pour repousser leurs violences; toutes les provinces se remplirent, de ligues sous diverses dénominations : des lions, des faucons, de Saint-Guillaume, de Saint-Georges, etc.; et ces associations rendant les villes encore plus attentives, celles du Rbio avec celles de Souabe formèrent une confédération imposante, au'nombre de quarante-une. Wenccslas, flottant entre tons. les partis, crut remédier au mal en publiant, dans une diète de Nuremberg, en 4585, une paix publique pour douze ans : moyen inefficace, parce que la cause de la discorde subsistait toujours. La servitude régnait encore dans la plupart des provinces de l'empire. Les serfs, pour se soustraire au joug de leurs maires, se réfugiaient dans les villes impériales , où ils étaient toujours bien reçus par les bourgeois. Des hommes chargés de dettes y trouvaient un asile contre leurs créanciers ; quiconque voulait se d^ger d'une obligation , ou éviter un châtiment , y avait une retraite assurée. Cette franchise nuisait à la juridiction des nobles; tant qu'elle subsisterait, il n'y avait pas de paix a espérer entre les nobles et les villes. Wenceslas proposa en vain à celles-ci de renoncer à leurs libertés; il se fit lui-même chef d'une ligue qu'il conclut en <584, à Qeidelberg, avec des électeurs , des princes et des villes.
Les villes tle Souabe , auxquelles cette eonfédération donna de l'ombrage, se liguèrent pour neuf ans avec les villes suisses (4585 ). La noblesse, de son côté, s'allia avec Léopold d'Autriche. Les Suisses, opprimes par des seigneurs à qui la maison d'Autriche avait engagé plusieurs de ses villes, commencèrent les hostilités en rasant les châteaux de lem^ tyrans et les murs de leurs cités. Léopold , soutenu par ses alliés , forma le siège de Scmpach , fut battu et périt lui-même sur le champ de bataille. Ses fils , Guillaume et Léopold ,
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mis aux fers Marie et Elisabeth. Il les délivra et se fit couronner. Il venaU d'être vaincu par les Turcs, en 4596, quand les Hongrois coRspirèrent de nouveau contre lui, Taccusant de la mort de trente-deux seigneurs. Il fut saisi en 4403 et jeté en prison. Ladislas, roi de Naples, ûls de Duras, fut encore appelé par les rebelles. Il allait prendre la couronne de Hongrie quand une révolte le rappela à Napics. Sigismond , évadé de prison , reparut avec plus de forces , et recouvra son royaume. La Bohême était le théâtre d*autres révolutions. Charles IV y avait attiré beaucoup d'Allemands. Svencoslas leur donnait sur les Bohèmes une préférence qui déplut. La nation était déjà irritée, lorsque la mort violente qu'il ût donner à quelques bourgeois de Prague acheva de la révolter (4393). On alla le prendre dans Tabbaye de Beraun , et on ramena prisonnier à Thôlel de la Vieille- Ville. Au bout de quinze semaines, il demanda la permission d'aller à un bain au bord de là Moldau. On la lui accorda, en ordonnant à ses gardes de le suivre. Il gagna une servante du bain , se sauva avec elle , et se rendit au château de Zebrach , h une lieue de Prague ,
continuèrent la guerre, et, après quelques succès suivis de revers , conclurent la paix en 4 589 y d'abord pour sept ans, puis pour douze , enfin pour cinquante. Les Suisses gardèrent toutes leurs conquêtes , dépouillant par là la maison d'Autriche. Wenceslas cependant s'abandonnait sans souci à la volupté. Des plaintes le tirèrent un instant de son indolence. Jl quitta la Bohème 'et vintrenouveler la paix publique dans une diète de Wurtzbourg. Pour se garantir des entreprises des princes, il prolongea la ligue de Heidelberg jusqu'à la Saint- Georges 4590, et se déclara protecteur de la' confédération de Souabe, qui lui jura fidélité. Au moment même qu'il croyait avoir assuré la paix dans l'empire , la haine des seigneurs et des villes , nourrie plutôt qu'étouffée par les ligues, éclata par une guerre violente qui embrasa la Bavière, la Souabe , la Franconie , le Palatinat , l'Alsace et le bas Rhin. L'archevêque de Saltzbourg, allié des villes., ayant été arrêté par Frédéric , duc de Bavière , ce fut le signal de l'explosion. Les villes , animées par les succès des Suisses, se promettaient aussi des triomphes. Elles succombèrent partout, et il ne leur resta que la ressource d'une j où il fut bien reçu du gouverneur. Il re-
paix humiliante. Wenceslas, qui leur avait promis des secours, tint une assemblée des princes à Egra, où il ordonna une paix générale et anéantit la confédération des villes.
En 4590 , il rendit la monnaie uniforme dans toute rAllemagnc. Cependant des scènes atroces se passaient en Hongrie. Sigismond, margrave de Brandebourg,, frère de Wenceslas, avait épousé Marie, fille unique de Louis, roi de Hongrie. A la mort de leur monarque, les Hongrois reconnurent pour roi Mariç; et comme elle était mineure , ils donnèrent la régence à sa mère Elisabeth. On ne voulut pas entendre parler de Sigismond. La régente aliéna les grands en donnant sa confiance à un étranger. Us offrirent la couronne à Charles de Duras ou Durazzo , usurpateur du royaume *de Naples, meurtrier de la reine Jeanne I". Cet ambitieux se rendit aux vœux des Hongrois, fut couronné à Bude en 4586, et assassiné quelques mois après par les in* trigues d'Elisabeth. Sigisnoond était allé cher-' cher des troupes dans le Brandebourg : à son arrivée, il ne trouva plus de rival; mais les Hongrois, irrités du meurtre de Duras , avaient.
monta sur le trône, où il donna de nouveau l'essor à ses vices. Les Bohèmes indignés se saisirent encore de lui, et le confinèrent une seconde fois dans une prison en 4594.
Dès que les électeurs furent instruits de sa nouvelle captivité , ils enjoignirent aux Bohèmes de le remettre en liberté, les menaçant, en cas de refus, des forces de l'empire; et le comte palatin Robert fut chargé d'administrer l'empire jusqu'à sa délivrance. Wenceslas- sortit de prison la même année. II n'usa de sa liberté que pour ruiner l'empire. Il créa duc de Milan Galéas Visconti , aliénant ainsi les faibles restes du domaine d'Italie , dont il ne réserva que le droit stérile de suzeraineté. En Allemagne , la paix d'Egra, conclue pour six ans, était près d'expirer. Les ligues se renouvelèrent. Wenceslas voulut les proscrire après les avoir favorisées ; ou méprisa ses décrets, et dans la diète de Francfort, en 4308, on fit par écrit des plaintes sur sa conduite. H les môprisa, et alla à Ueims traiter avec le roi de France Charles VI de l'extinction du schisme ; il se chargea de presser Fabdication des deux papes (Boniface IX et Benoit XIII) qui se disputaient la tiare. Ce fut sa perte. Boniface IX fit retomber sur lui le .
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eaop gu'il ^Q er^ignaî^t ei) axcitapt socrètement jas élep^urs ecclésiastiques à le déposer (i^OO), Les trois archevêques , avec le cpinto palatin et d^aqtres princes , compiencèreot par tepjr diverses assemblées à Mafbourg , à Mayfipce , à Francfort, dans lesquelles ils formèrent une ligue défensive. Wenceslas réclama en vain ; on Te cita à Francfort , où il no parut pas , ni personne pour lui. Les quatre ('lecteurs se rendirent alors à Bense, où l'arcbevéque de Mayence prononça contre lui la sentence dp déposition.