FERDINAND I
L'acte de renonciation de Charles-Quint, fait depuis >I556, ne fut présenté aux électeurs qu'au commencement de >I558. lis avaient été empêchés de s'assembler par différentes circonstances, et surtout par la guerre que le pape avait allumée entre la France et l'Espagne. La diète de Francfort reconnut Ferdinand sans opposition. Un caractère doux , un esprit pacifique, des sentiments modérés, le rendaient digne du trône. 11 n'adopta aucun des principes de son frère. Il chargea Gusman , son chambellan , d'aller à Rome présenter au pontife les témoignages ordinaires de respect et d'obéissance filiale : on refusa audience à l'ambassadeur. Paul II assembla auparavant son consistoire, délibéra avec ses cardinaux , prétendit que c'était à lui à nommer un empereur en cas de résignation ou de déposition forcée ^ que
HISTOIRE DU PEUPLE ALLEMAND. *è
l'acte de la diète était nul ; que Ferdinand était incligue de l'empire comme protecteur des hérétiques, et que les électeurs protestants avaient perdu leur droit de suffrage en se séparant de l'Église romaine. Ferdinand, informé de ces prétentions, ordonna à son ambassadeur de quitter Rome dans trois jours. Gusman notifia ses ordres au pape , on lui.répondit avec hauteur qu'il pouvait obéir à son maître ; il protesta contre les démarches du pape, et partit. Le roi d'Espagne prit la défense de son oncle , et fit les plus vives instances pour décider Paul II à se désister , mais en vain , et le pape mourut l'année suivante sans avoir cédé. PièlV, qui lui succéda, reconnut Ferdinand. C'est sous ce pontificat que furent reprises et terminées les séances du concile de Trente. Pie en annonça l'ouverture pour le mois de janvier 4562, et chargea ses nonces d'en porter la bulle de convocation en Allemagne. Us furent mal reçus. Quoique Ferdinand désirât la réunion des deux religions , il craignait d'offenser les protestants s'il recevait la bulle; afin de les ménager en même temps que la cour de Rome , il adressa les nonces à l'assemblée des princes protestants à Naumbourg. On commença par refuser un concile présidé par le pape; on demanda un nouvel examen des points déjà décidés à Trente ; on voulut que, dans un concile libre, les théologiens protestants eussent voix et séance comme les catholiques , et que la sainte Écriture fût seule la règle des décisions. Ces difficultés éloignaient tout espoir d'accommodement; les nonces se retirèrent; Ferdinand obtint pour ses sujets la communion sous les deux espèces. La mort empêcha ce prince de mener à fin les projets qu'il avait conçus pour la réunion des deux Églises (4564). Outre dix filles, il laissa trois fils , entre lesquels il avait partagé les États de sa maison. Maximilien , l'ainé , eut l'Autriche avec les royaumes de Bohême et de Hongrie; Ferdinand eut le comté de Tyrol et les domaines situés en Souabe et en Alsace ; les duchés de Styrie , de Carniole , de Carinthie, furent le partage de Charles, qui perpétua- le sang autrichien près de s'éteindre en Allemagne.