‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 15 sur 165 · LIV. XXIV, CHAP. V · texte numérisé non relu

LIV. XXIV, CHAP. V

cupalioD , il pat bien aussi chercher à conserver les apparences comme si rien n'avait été changé entre l'empereur et lui. Comment Tutil reçu? Sans doute avec froideur, et probablement avec une politesse cérémonieuse. La marche ultérieure des choses nous fait présumer que ses plaintes donnèrent lieu à des explications animées, peu amicales entre lui et Tempereur ; cela parait même résulter des rares indications qui nous ont été transmises sur cette entrevue. L'empereur n'adopta point les griefs de Heinrich ; il convoqua une diète à Woims , où il devait être entendu avec son adversaire Turchevéque Philippe , qui se trouvait également à Spire. C'était montrer peu de bienveillance , car il eût été facile à l'empereur d'accommoder l'affaire sans procédure politique, de réprimander l'archevêque pour ses actes de violence 9 et de le déterminer à une satisfaction quelconque. Néanmoins cette conduite ne mérite pas trop le blâme, l'empereur était dans son droit; mais il alla plus loin , il somma le duc Heinrich de se présenter comme accusé devant la même diète ppur répondre aux accusations d'autres princes contre lui. Celte sommation dut surprendre le duc et l'irriter : elle dut, non pas lui donner la preuve manifeste que l'empereur le haïssait , car il n'avait plus besoin de preuve sur ce point , mais lui démontrer que l'empereur était d'accord avec d'autres princes de Tempire pour l'humilier, peut-être même l'anéantir. L'empereur était à peine arrivé d'Italie. Où donc , quand , comment , par qui des plaintes avaient-elles pu être portées contre le duc Heinrich? Avant le départ de l'empereur pour les pays étrangers? dans ces pays fnêmes? Ou bien cette sommation n'étaitelle qu'une invitation aux princes allemands de se présenter avec des griefs contre l'homme odieux qui depuis longtemps, objet de rivalité et d'envie , avait joui d'un pouvoir toujours croissant, et maintenant, en raison de l'âge avancé de Friedrich , semblait menacer tous les princes allemands ? Mais, dans le premier cas , pourquoi Friedrich n'avait-il pas fait aussitôt justice? dans le second , comment l'empereur, éloigné de l'empire depuis quatre années, pouvait-il accueillir de. tels griefs avant de se voir dans l'empire? Si l'on admettait la troisième supposition , qui oserait déclarer que de tels desseins n'annonceraient pas do lâches artiflces plutôt qu'ils no porteraient l'empreinte

d'une pensée élevée, véritablement royale? H se peut que Heinrich le Lion , dans le sentiment de sa supériorité, se soit permis à l'égard de petits princes ecclésiastiques et séculiers certains actes qui les aient blessés ; qu'il leur ait enlevé par la menace et une sorte de contrainte ce qu'ils ne se souciaient pas de lui abandonner : mais il n'avait rien fait là de bien étrange; de tels procédés se fondaient sur le système féodal , qui de sa nature était envahisseur, oppressif, vioIeBt , et ne connaissait pas l'équité. Heinrich , comme on l'a déjà remarqué , montra dans sa prospérité une modérati(9n que jamais prince peut-être n'observa ni avant ni après lui. La responsabilité de ses fautes retombait en grande partie sur l'empereur, qui lui avait tout laissé faire , qui l'avait excité contre l'un , sommé d'agir contre l'autre, et qui en général avait négligé les intérêts de l'empire. Le plus grand crime de Heinrich c'était sa puissance , l'orgueil qu'elle lui inspirait , la rigueur avec laquelle il exerçait son droit ducal dans ses États, comme chef suprême de l'armée, contre markgrafs , comtes, et tous sujets , pour maintenir l'ordre et prévenir lès guerres privées ; l'énergie avec laquelle il repoussait les prétentions des ecclésiastiques, leur enlevait les affaires temporelles qui n'étaient pas de leur ressort, et enfin sa persistance à se tenir éloigné de toute participation aux malheureuses campagnes d'Italie. Il est vrai qu'au roi des Allemands appartenait le droit d'appeler devant une diète les princes de l'empire coupables de méfaits envers leurs collègues , l'État ou d'autres membres de Tassociation ; de les faire juger par la diète , de mettre le jugement à exécution ^ do déclarer les réfraclaires au ban de l'empire, et de les combattre comme ennemis publics. Mais les rois qui devaient leur couronne aux princes électeurs n'avaient guère fait usage de ce droit que coiftre de petits princes , avec répugnance, beaucoup de réserve, et seulement quand les moyens de conciliation ne réussissaient pas, quand les sommations restaient vaines, après avoir épuisé les avertissements , lor^que la paix pnblique continuait à être violée fnr le coupable. Les procédés de Friedrich cmvers Heinrich étaient inouïs : car le duc n'avait pas rompu la paix; c'était à lui , au contraire, à lui seul que l'empire devait la tranquillité depuis quatre années* Probablement Heinrich considéra la

HKTWRE DU PEUPLE ALLEMAND

sommation de comparaître devant ' une diète ëommé la preuve qu'il allait être anéanti ; que sa ruine avait été coïicerlée entre l'empereur et les prilices qui Tavaient suivi eu Italie ; qu'il ne s'agissait pas d'examiner son affaire, mais de Toutrager ; que rempcrcur, épuisé par ses tbiles entreprises , n'osant pas l'attaquer ouvertement, chereliait à gagner du temps, pour traquer le lion , le resserrer de plus en plus, jusqu'à ce que , haroolé , fatigue , il tombùt à terre sous lé lilet que le chasseur jetterait sur lui. 11 est donc à présumer qu'il laissa échapper des paroles blessantes contre i'empercMir, et que Friedrich y répondit par des insultes. Quoi qu'il en soit, Heiurich quitta la cour tle Tempercnr plein d'indignalion , et avec la femve résolution de ne paraître ni à Worms , tii à une antre diète qui pourrait lui être assi* gnée, au milieu de telles circonstances.

La diète de Worms eut lieu le 45 janvier de l'année suivante, 4171^. Le duc Heinrich ne s'y rendit pas. Ses ennemis, au contraire, y étaient présents en grand nombre : les archevêques de Cologne , Trêves , Magdcboui*g , Bremeil , et les frères d'Anhalt. L'évéque d'Haïberstadt n'y manqua pas non plus, ni le vieux duc Welf , oncle de Heinrich , trop satisfait de la générosité de Friedrich pour no pas étouffer tout sentiment favorable à son neveu. Les passions étaient donc sans frein, et pouvaient s^ satisfaire en toute liberté contre tin prince absent. L'empereur lui-même put laisser tomber d'amères paroles sur ledue, qui, en s'abstenant de comparaître , faisait acte de mépris envers la majesté impériale et envers Tcmpire; à ces^paroles s'attacha facilcnoent un sens |>lus général , et Ton put les ramener ù des événements antérieurs. Plus l'empereur paraissait offensé, moins les princes présents durent réprimer leurs sentiments malveillants; et leur irritation se montra sans doute d'autant plus violente que dans plusieurs était allumé le désir de prendre part au butin que*J'on se proposait d'arracher au duc. Enfm une nouvelle assignation fut donnée au duc à Magdebourg pour la féto de St-Jean-Baptiste, de sorte que Ton avait du temps pour irautres couféronces et d'autres manœuvre^* Mais, dès loi*s, l'histoire tombe dans une grande confusion ; le fil des événements ne peut se dérouler au milieu des relations embrouillées et contradictoii es ; OU no peut même préeiber le nombre des diètes

disposées par l'empereur, parce qtfil pnt y avoir plusieurs réunions auxquelles ne' vinrent que les princes voisins , et parce que chaque écrivain ne cite que les dittes qui lui sont connues, et paraît avoir supposé que Heinrich y fut invité. Mais de tout ce qui se fit par l'empereur et ses adhérents on voit sortir le même esprit qui avait éclaté à Speier et à Worms.

Cependant il parait que le duc Heinrich lit des préparatifs pour ifnc vigoureuse résistance, et qu'il chercha à gagner des amis et des au\iliaires. Afin de détourner les princes de la Saxe orientale, qui menaçaient de plus pi^s ses domaines patrimoniaux , et de leur montrer qu^ils auiTiient encore à craindre d'autres ennemis, il invita les Slaves, qui jouissaient encore de quelque liberté , les Poméraniens et tes Luiliziens (4), à faire une irruption dans les États de ces princes. Les barbares n'y manquèrent pas. Les possessions de l'ai^chevèque de ikiagdobourg sur la rive droite de l'Flbe souffripent l)eanconp des ravages des Slaves ; le pays du markgraf Thiedrich de Landsberg, la.Lusace, fut dévasté au loin , et la population obligée de s'enfuir. De Fantre côté, l'évéque Dlrich d'Halberiiiadt, dans lequel l'âge avait poussé Firritalion jusqu'à la fureur, lança l'excommunication contre le duc Heinrich, et, afin d'exciter l'attention et les ressentiments de tontes les clauses , il interdit en même temps tons les actes du culte , toutes les pratiques religieuses dans son diocèse. Cet anathème ctces interdictions ne manquèrent pas leur effet. Dans ce temps probablement lieiunch erft avec le roi Waldemar, sur la rive danoise de l'Eider, une conférence , à laqiioile jusqu*alors il s'était toujours refusé, il voulait tenter d'amener le roi (le DiuiiMuark à prendre part à la guerre contre renipcjcur, qui dés lors était inévitalJe. NAaldemar promit bien d'observer les apparences (Ui Talliance ; mais il refusa toute assistance active, parce qu'il n'y avait pour lui aucune obligation de défendre le duc, et parce qu'une lutte soutenue à la fois centra l'empereur et le clergé ne lui promettait ni gloire ni profit. En môme temps il fit observer toute la gravité d'hastilités contre les prêtres. Frappé peut-être de ces avertissements, Heinrich revint dans ses Ktats , et vit alors l'effet de l'excommunication et de l'intenliction de tous les actes religieux dans le diocèse d'Ilalbersladt. 11 pouvait redouter de semblables mesuivs de

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la part d'antres évèqnes. 11 se «endit donc en pédhfur repentant à Halb«rstadt, se jota mit pieds de l'évèque , et accorda ce qne cHui-ci avait demandé (5). Anssi faible qu'emporté , Ulrich leva I*.excommnnication et l'interdit ; mais il ne devint pas ponr cela ami du dac ; à la premièrc'occasion , il se rangea de noovcan parmi les pins ardents de ses ennemis.

Cependant approchait la nouvelle diète à laquelle le duc avait été assigné. Heinrich ne parnt point à Magdcbourg ; ses ennemis, an contraire, étalent présents, et peut-être en plus grand nombre. F^es scènes de Worms furent reproduites , même avec plus de passion. Le Jnarkgraf Thicdrich de Landsberg, initéde la dévastation de la Lusace par les Slaves , accusa le duc de diverses trahisons envers l'empire, el offrit de soutenir cette a<^cusation par le jugement de IMeu , un duel , quoique chacun pût se dire que celte offre n'élait pas réelle. '

Heînrich méprisa un tel déA. Nais il fulassigné à une troisième diète, qui probablement dut être tenue an mois d'août à boslar , mais qui en réalité eut -lien dans un endroit appelé le Aoyne. Heinrich n'y parut pas encore, et n'envoya n'ièmepas de députés pour se défendre, il fallait donc qu'il se fît quelque chose. L'empereur se leva dans rassemblée : « Que demande la justice à l'égard de Heinrich , qui , assigné trois fois légalement, a récusé le tribunal et s'est refusé à paraître devant lui? » La réponse fut : « Il doit être dépouillé de ses honncui*s , frappé de la condamnation publique, déclaré déchu de son duché et de tous ses fiefs. » Malgré l'unanimité des voix, les opinions se partagèrent sur la manière de faire valoir la sentence. Quelques volants se sentirent arrêtés par la générosité, la plupart par la prudence. Personne ne demandait un changement , mais seulement un ajournement. A celte époque on ne pouvait encore être sûr du résultai ; Heinrich | avait concentré toutes ses forces el se tenait en | obsorvaliou. Le nombre des ennemis du duc était grand , mais on se proposait de l'augmenter encore. D'ailleurs tous n'étaient pas armés , lenre forces étaient dispersées , cl l'on ne pouvait songer encore à une eulreprise bien concertée; une attaque contre le duc en rase * campagne était toujours fort 'hasardeuse. Et pourquoi se htUer? qu*avait*on à perdre en ajournant? H fallait que chacun, avant d'agir, sût bien quelle récompense il obtiendrait pour

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ses actions, et sur cela Ton ne s'était point entendu avec l'empereur, ou les uns avec les autres. Maintenant il paraîtrait que le duc Heinrich aurait dit, sans que l'on sache quand, t)û et à qui, qu'il était Souabe de naissance, et qn^un jugement ne pouvait être rendu contre lui qrié dans le pays de sa naissance. Cette déclaration, vraie ou fausse, devint un objet de discussion; on soutint que la réclamation de Heinrich était nulle. LHin des piincos aurait même offert dô soutenir , par un combat conlrt! tout venant, qu'à l'empereur appartenait le droit de citer tout prince de l'empire, dans un Heu quelconque de l'empire, devant un tribunal do princes ; et personne ne se leva pour combattre cette assertion. Mais la plupart des assistants paraissent avoir saisi le prétexte de ta prétendue réclamation du duc , pour prier l'ém? percur de le citer encore une fois,, et comme jusqu'alors, outre les princes saxons, très^peft ^ de membres de la diète y Assistaient, de transférer l'assemblée dans quelque autre partie de l'empire où fieinrich avait des possessions. Quoi qn'il en soit ; il est certain que rien ne fut réàolu, et que Friedrich se réserva une quatrième sommation au duc. Il est certain aussi que, bientiM après cette diète, Friediich quitta la Saxe et se transporta dans t'Alie'» magne méridionale, où peut-être il fallait encourager les provocations faites contre le duc. Il resta dans ces contrées jusqu'à la fin de Tannée, célébra les fêles de Noël à Ulm, etlint une diète dans cette ville. 11 n'est pas invraisemblable que Heinrich y fût encore cité.

A peine^Friedrich avait quitté la Saxe, que certains princes, particulièrement des ecclésiastiques, se livrèrent à des hostilités contre l'odieux duc. L'évêque Ulrich d'Halbersladt porta les premiers coups. Le vieillard avait peut-être subi de vifs reproches sur sa promptitude et sa facilité à lever Texcommunicalion lancée contre le duc Heinrich, et, dans les angoisses de son cœur, il crut peut-être devoir donner des preuves manifestes de ses dispositions et de son zèle pour la bonne cause (0). Par son ordre, dos troupes, sortant d'Halbersladt et de la forlcresse de Uornbourg, fondirent sur les possessions voisines du duc, y portant lé fer et la flamme. Mais il eut bientôt sujet de se repentir de son impétuosité; dès le mois de septembre, Heinrich envoya contre Ifs dévastateui's des troupes bien armées, avec ordre d'exercer d«

dares représailles. Les guerriers épîscopaux s'enfuirent; les soldats de Heliirich les poursuivirent, et pénétrèrent, sans trouver pour ainsi dire de résistance , jusque dans la ville d'tialberstadt. L'évéque s'était réfugié avec beaucoup de ses guerriers dans la forteresse. La ville fut pillée, et fournit un immense butin. Les habitants, par prudence, avaient éteint tous les feux; un seul en avait conservé un peu en secret. L'un des vainqueurs trouva ce feu, et, par amusement ou par vengeance, il l'approcha d'une maison. Les flammes s'étendirent avec une grande rapidité , et en peu de temps la ville entière présenta le spectacle d'un immense incendie. La cathédrale de St-£tienne et l'église de Sainte-Miarie-Mère-de-Dieu furent réduites en cendres, et beaucoup de prêtres, qui y avaient cherché un asile , y trouvèrent la mort. Le feu pénéti'a aussi dans la citadelle. L'évéque Ulrich , désespérant de l'efficacité des reliques de St Etienne , qu'il avait emportées, ne crut pouvoir sauver sa vie qu'en se livrant prisonnier avec les siens aux vainqueurs. Lorsqu'il fut conduit devant le duc à Braunschweig , à la vue de ce vieillard, Heinrich versa d'abondantes larmes, déplora hautement le malheur de l'évéque et d'Halberstadt, et protesta devant Dieu et devant les hommes qu'il n'avait ni ordonné ni souhaité les choses qui étaient arrivées. 11 envoya Ulrich captif à Ertenbourg ; mais il lui montra tout le respect possible, et Mathitde, son épouse, chercha , par les attentions les plus délicates et les soins les plus pieux, à consoler le vieillard de son infortune.

Huit jours après l'incendie d'Halberstadt , l'archevêque >Vichmann de Magdcbourg parut avec des troupes devant Ilaldeslebcn , et commença le siège de celte place ducale. Les princes séculiers de la Saxe orientale étaient avec lui; le landgraf Louis de Thuringe s'y trouvait aussi. L'archevêque Philippe de Cologne, qui n'avait peut-être en vue qu'une nouvelle irruption dévastatrice en Saxe , figurait parmi les assiégeants , pensant que son assistance pourrait être n(»cessaire. 11 amena de fortes masses; et la sauvage infanterie qui le suivait, appelée troupes de Saxons, effaça le souvenir de l'invasion précédente en Saxe par des cruautés qui en firent un*objet de terreur et d'exécration pour le pays. Cependant le duc Heinrich fut assiéger Uornbourg , dont la garnison était

tombée sur ses possessions , cherchant à venger le désastre d'Halberstadt et de Tévêque Ulrich, 11 parait que lui-même se préparait à une attaque contre les assiégeants d'Haldesleben , et qu'il attendait une occasion favorable ; car il savait bien qu'il pouvait compter sur le défenseur de la place, le vaillant comte Bernard de la Lippe. Et il ne se trompait pas; le comte tint ferme , et la ville d'Haldesleben ne fléchit pas davantage. Dans la quatrième semaine da siège, les princes ennemis se séparèrent; chacun regagna son pays. Des luttes qui paraissent avoir été provoquées surtout par rindiscip^ne des bandes d^ l'archevêque de Cologne ou la vanité de leurs efforts, enfin l'approche du duc avec son armée, avaient rendu la levée du siège nécessaire. Leur retraite enleva peutêtre au duc l'occasion d'un brillant fait d'armes; mais il exerça une dure vengeance* Il ruina lés possessions de ses ennemis en rase campagne , et réduisit en cendres la ville de Calve , qui appartenait a l'archevêque de Magdcbourg. Et pendant qu'il poursuivait cette œuvre de destruction , la forteresse de Hornbourg était aussi forcée par ses troupes , qui la livrèrent a^ix flammes. Enfin l'hiver amena forcément le repos.

Ensuite le duc Heinrich se rendit à Luneboarg. Là il célébra encore une fois paisiblement, avec son épouse et ses enfants, le jour de la naissance du Sauveur et l'ouverture de la nouvelle année : toutefois il ne vit pas luire ce premier jour sans éprouver de tristes pressentiments. Après la fête, il manda de nouveau l'évéque Ulrich , et aussitôt il conclut la paix avec lui , lui rendit Ja liberté, et lui permit de se retirer avec une escorte d honneur. Ulrich partit; mais ses forces avaient été brisées par son activité surexcitée et ses revers dans ces dernières années. A Husenbourg , il lui fallut suspendre son voyage. Bientôt après il mourut.

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