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mencement du mois de janvier^^80(4), Tempe- ^ rcur tint une nouvelle diète à >Vurtzl)ourg. Là fut prononcée la sentence contre le duc, qui, sommé de comparaître, avait encore fait défaut. A peine est-il besoin d'énoncer les motifs. Heinrich fût déclaré coupable du crime de lèse-majesté, pour avoir opprimé la liberté de l'Église de Dieu et celle de la noblesse dans Temptre, en s'emparant de leurs possessions, amoindrissantleurs droits, et, cité trois ibis à comparaître, sur les plaintes de beaucoup de princes et de membres de la noblesse, avoir refusé de se rendre à l'assignation y et, par ce refus et beaucoup d'autres actes , avoir montré son mépris de la majesté impériale. En conséquence il fut déclaré déchu non-seulement de ses deux ducl>és de Bavière et de Saxe, mais aussi de tous les fiefs qu'il avait obtenus immédiatement de Tempire, ou qu'il tenait de vassaux de l'empire, particulièrement d'évêques et d'autres ecclésiastiques. 11 paraîtrait que la sentence ne s'étendit pas à ses propriétés personnelles; elle ne'pouvait guère non plus s'y appliquer, attendu que les princes de l'empire n'ont droit de prononcer que sur les domaines et les dignités de l'empire. Mais la condamnation du duc en fit un ennemi public; chacun osa l'attaquer et lui enlever ce qu'il pouvait saisir. Le duc ne conserva de ce qu'il possédait que ce qu'il pouvait couvrir par les armes. C'est ce qui a conduit quelques écrivains, peut-être même presque tous , à remarquer que la sentence frappa AHssi son héritage, comprit tout ce qu'il possédait , à quelque titre que ce fut.
Le jugement de Wurtzbourg paraît pourtant avoir été tenu secret ; il semblerait même que l'on se proposa d'abuser le duc Heinrich sur l'issue de la diète , car on trouve l'observation que les princes qui revinrent de Wurtzbourg conclurent avec le duc un armistice qui devait durer jusqu'aux fêles de Pâques. Il est à peine admissible que Heinrich ait pu traiter d'une trêve avec des princes qui l'avaient déclaré leur ennemi et celui de 1 empire , et déchu de toutes ses dignités et de ses honneurs. Le motif du secret observé , c'est qu'une nouvelle dicte était regardée comme jiéccssaire, par.ce que Friedrich ne s'était pas encore entendu avec les princes sur la question dé s'avoir quelles dispositions on prendrait relativement aux dignités et aux honneurs que l'on se proposait d'arraclier au duq,
L'empereur Friedrich n'avait jamais voulu sincèrement la réunion des duchés de Bavière et de Saxe entre les mains de Heinrich le Lion; elleétaittroppeu naturelle, et incompatibleavec un pouvoir royal dans le Teutschland. Lorsque dans sa jeunesse , tout rempli de projets audacieux , il conféra la Bavière au duc de Saxe , il est difficile de croire qu'il eût l'intention de la laisser durant vingt-quatre ans aux mains de Heinrich; dans §a pensée, Heinrich devait plutôt l'aider à l'acquisition du pouvoir nécessaire pour lui arracher à lui-même la Bavière dans un momen t favorable, et lui assigner dans l'empire une position qui ne présentât aucun danger pour le trône et l'empire. Mais la marche des rhoses avait amené d'autres rapports dont il n'était plus le maître; les passions avaient sou^ levé chez l'empereur et chez d'autres de nouveaux projets qui réclamaient leur exécution., La puissance supérieure du duc Heinrich devait nécessairement être brisée , pour rendre Téquilibre au trône impérial, et pour garantir quel* que sécurité à la maison des Waiblingen. Le duc Heinrich lui-même , en contemplant dans une sorte d'heureuse quiétude les tempêtes et les désastres que l'empereur et tant do princes de l'empire avaient subis en Italie , avait fait désirer que lui aussi pût sentir à quelles vicissitudes sont toujours soumises les choses humaines, et combien il est facile de renverser la grandeur et la puissance d'ici-bas. Mais les res* sources de l'empereur étaient si complètement épuisées, qu'il n'était pas en état d'entreprendre le châtiment du duc. Pour celte entreprise il fallait nécessairement détacher, pousser à la révolte les :princes qui jusqu'alors avaient été rangés sous Tautorité de ce souverain. £t aux dépens de qui , sinon du duc , ces princes, ecclésiastiques et séculiers, qui déjci en grande partie croyaient avoir les plus justes prétentions à des récompenses, à de l'agrandissement, auraient-ils entrepris cette nouvelle oeuvre? Une séparation des deux duchés, que réclamaient la sûreté de l'empire .et la dignité du trône, était désormais Insuffisante; il follait les morceler. De ce morcellement il n'y avait à attendre ni plus d'unité et de repos pour l'empire, ni plus de force ou de dignité pour le trône ; la maison des Hohenstaufen ellemême n'avait non plus grand iMofit à y trouver. Lorsque Rail le Grand supprima les duchés 'dans sou empire ^ pour (aire administrer le«
cftntons par des comtes ; lorsqu'il détruisit le dernier Agtioliing , le duc Tassilo, et plaça un comte sur Ta Bavière , il put compter avec assurance que ce changement fortifierait réellement le pouvoir royal, et contribuerait à tous égards au repos, àTunité , à la puissance de Tempue: car alors le système féodal n'était guère qu'à Tétatde germe; il n'avait pas encore développé sa nature; les comtes n'étaient que des employés de Tempcrcur, qu'il plaçait et déplaçait selon son bon plaisir; les évéques et d'autres chefs de TÉglise étaient des créatures de sa main qui s'inclinaient humblement devant son trône héréditaire. Karl ne commit qu'une faute, à la vérité fort grande, mais qu'il n'était guère possible d'éviter, et dans tous les cas pardon** nable au cœur humain : ce fut de croire que ses successeurs seraient dignes de lui, et sauraient maintenir ce qu'il avait fonde ou ordonné. Au temps de Friedrich il en était tout autrement : les officiers de Tempiro étaient assis sur des sièges héréditaires au-dessus desquels le trône royal , transmissible par élection , ne s'élevait que sur des appuis fléchissants; beaucoup de grandes familles s étaient formées, dont les membres pensaient bien plus à l'agrandissement de leurs nobles maisons qu'à l'État et au roi ; la' collation des sièjges ecclésiastiques avait été enlevée au roi; il pouvait à peine exercer légalement sur eux une faible influence. Qu'aurait pu gagner l'empire en unité et en force à l'éparpillemcnt en une infinité de petites seigneuries appelées fiefs de l'empire , des grandes masses de territoire qui jusqu'alors avaient été réunies sous un duc héréditaire? qu'aurait gagné le roi ? Jusqu'alors il pouvait encore trouver dans les petits seigneurs la force nécessaire pour renverser ou abaisser les grands; mais on ne pouvait guère voir d'où il tirerait la puissance pour tenir en bride les petits seigneurs. Enfin, en ce qui concerne la maison des Waiblingen, Friedrich osait à peine réclamer sur les domaines du duc quelque chose pour lui ou les siens ; tout au plus pouvait-il acquérir quelque morceau détaché çà et là. Peut-être aussi se proposait-il , comme on paraît l'avoir conjeeturé, de s'attribuer les biens patrimoniaux du duc (2), dans le cas où celui-ci serait anéanti ; mais les dignités et les honneurs dont lleinrich avait été revêtu , il devait les abandonner à d'autres. Eh quoi! s'il n'y avait plus de duc de Sa.\e, de duc de
Bavière, dans l'ancienne signification dn mot , si la dignité ducale en général devenait tout autre, était réduite à une importance bien inférieure à ce qu'elle avait été jusqu'alors, pourquoi donc y aurait-il encore un duc de Souabe ou un duc de Franconie?
11 est très-vraisemblable que depuis long- . temps on avait promis aux amis et au.x fidèh^s partisans de l'empereur qu'ils gagneraient tout ce que l'on se proposait d'enlever à lleinrich le Lion , et qu'on leur avait assuré autant que possible ce qn'ils désiraient obtenir. Mais les prétentions pouvaient bien avoir grossi, ou ne s'étaient pas encore bien nettement expliquées. Ainsi , par un motif qui n'était guère tiré de i équité. Ton caressait l'idée d'une nouvelle réuirion, d'une nouvelle diète , afin que l'on pût attribuer authentiquement à chaque prince ce qui devait enfin former son lot ; et afin que cette décision ne fût pas ajournée ou contrariée, fut conclue entre les princes saxons et le duc lleinrich la trêve dont il a été question , jusqu'après les fêtes de Pâques.
La nouvelle diète fut tenue à GcJnhausen , vingt-cinq jours avant Pâques. Il parait que les princes ecelébiasliques ou laïques n'y furent guère nombreux. ]>a plupart appartenaient à l'Allemagiie septentrionale , à la Saxe ; et ceuxci, pour les rapports militaires ou judiciaires, avaient été jusqu'alors sous I autorité du duc lleinrich. Les autres étaient des parents de l'empereur ou de ses favoris, ou avaient été élevés , poussés par lui dans une voie quelcon* que. Néanmoins à celle dièle on tira au sort les dépouilles du duc; mais il s'en fallut de beoncoiip que tout fut partagé, et ce que Ton donna ne parait pas avoir été distribué d'une manière définitive. L'empereur était naturellement chargé de satisfaire 'les réclamations les plus pressantes ; quant au reste , il s'en mettait fort peu en peine ; d'ailleurs il ne savait pas à l'avance ce que l'on trouverait peut-être nécessaire dans la suite. Il ne fut donc question d'abord que de la Saxe, où lleinrich se trou\îiit et où était le siège de sa puissance. Le comte Berucird d'Anhalt, fils du markgraf Adelbert l'Ours^ avait déjà été nommé duc de Saxe à Wurlzbourg, et celte nomination fut confirméo à Gelnhausen. Mais nous en savons à peine davantage. L'on ignore si un diplôme fut rédigé pour le nouveau duc , et quelle était la teneur de cet acte. L'on ne connaît pas non plus le
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cercle de son action, retendue et la nature de ses droits , ni la masse des possessions qui peuvent lui avoir été immédiatement conférées; et pourtant de cette connaissance dépend toute l'importance du titre ducal. La marche des choses devait déterminer sa situation; aussi ne faut-il attacher aucune valeur à cette expression d'un écriTain de ce temps : « Bernard d'Ânhalt devint duc à la place de Heinrich. » La suite de rhistoire prouve seule que Bernard d'Anhalt fut duc de Saxe avec une signification tout autre que ne Tavait été Heinrich le Lion ; car il ne fut prince de Tempire que dans un petit cercle qui lui était immédiatement soumis. On lui enleva officiellement beaucoup de droits et de possessions qui avaient appartenu au duc Heinrich : de la partie du duché située entre le Weser et le Rhin, le pays placé pour les choses spirituelles sous les évoques de Cologne et de Paderborn fut détaché ; et la puissance temporelle, sous le nom de duché de Westphalie et d'Éngern, y fut transmise h jamais h Téglise de Cologne, à l'archevêque Philippe et à ses successeurs. A l'archevêque furent attribués tout droit et toute juridiction^ tous les comtés, les prévôtés, les gardes , menses , cours , fiefs , serfs et dépendants dans ces domaines. Le transfert se fit de l'agrément de toute l'assemblée, et particulièrement avec l'adhésion du nouveau duc Bernard, pai^ la remise d'une bannière impériale à l'arplievèque. Elle eut lieu aussi en considération des services de l'archevêque Philippe pour Tavancement et le maintien de l'honneur de la couronne impériale , dans l'intévéï de laquelle il n'avait épargné ni dépenses ni périls. A cause des vertus gucrriôros d'un seul prêtre , qui les avait déployées q\\ Italie sans succès, en Saxe pour §a honte, nonseulement le spirituel fut mêlé au temporel pour lui faire une récompense , mais le pouvoir ducal fut à jamais réuni à la dignité sacerdotale dans l'archevêché de Cologne.
Probablement cette réunion des pouvoirs ecclésiastique et séculier se fût aussi étendue aux évèchés en Saxe, si les titulaires actuels s'étaient montrés enhemis du duc Heinrich , rôle que révêqiie de Paderborn n'avait peut-être pas pris avec assez de résolution ; mars nous.n'avons pas de renseignements suffisants à ce sujet. A l'archevêque Siegfrid fut attribué le comté de Stade. En même temps lui fut donnée , ainsi qiVà l'archevêque >Vichmann de Magdebourg
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et à tous les évéques de Saxe-, l'atitorisatioii de rattacher de nouveau à leurs églises les fiefs et les possessions qu'ils avaient jadis abandonnés au duc Heinrich de gré ou de force, sous la médiation ou avec l'agrément de l'empereur. Il faut admettre que dans leurs évèchés il leur fut concédé aussi d'exei'cer le pouvoir ducai dont avait été investi avec une plus grande extension l'archevêque Philippe ; car il n'est guère croyable qu'ils eussent accordé à l'arche* vêque l'accroissement de sa puissance, si une même faveur, quoiqu'en de plus faibles proportions , ne leur eût été garantie.
L'on ne sait pas plus positivement ce qui fut ' arrêté relativement aux princes séculiers, si même on disposa quelque chose. Le landgraf Louis de Thuringe , neveu de l'empereur , fut revêtu de la dignité , investi de la succession dU comte palatin de Thuringe, Albert de Soni* merschenbourg , qui jusqu'au dernier moment s'était montré fidèle partisan du duc Heinrich , et qui était mort sans héritier. Maià quelle situation les landgrafs, les markgrafe dans la Saxe orientale , le comte de Holstein j durent-ils prendre à l'égard du nouveau duc Bernard de Saxe? Cela n'est pas déterminé , ou, s'il y eut des arrêtés à ce sujet , ils n'ont pas été conservés. Probablement on laissa au duc à faire valoir ses droits contre les amis de Heiii*** rich , s'il le pouvait, et aux ennemis de Heinrich à se défendre contre lui , à exercer euxmêmes les droits de ce prince à leui*s risques et périls dans leurs domaines. H parait que la même marche fut adoptée quant aux biens patrimoniaux de Heinrich , Braunschweig et Lunebourg ; qu'on l'observa aussi relativemeiit à tous les cantons slaves que Heinrich avait conquis à ses propres frais, en exposant sa vie et celle de ses guerriers, qu'il avait donc sou* mis par serment à sa domination , qu'il comsidéçait et pouvait à bon droit considéret comme des biens personnels. L'empereur négligea volontiers de faire mesurer toutes ces contrées. Comme le lion n'était pas encore abattu , pourquoi avait-bn vendu la peau par avance? Au reste , pour dore t*as^mblée , l'expédition contre le duc condamné fut indiquée * aux princes pour la fête de la St-Jacqiies. Ensuite l'empereur se rendit à Worms, où il célébra la fête de la Résurrection du Christ.
Mais le duc Heinrich ne jugea pas à propos celte fois d'attendre l'attaqiie. Huit jours après
la fête de Pâques, aussitôt apièç Texpiration de la trêve , il entra en caiiipagne, à ce qu'il pa* raît, avec trois armées. Un corps slave pénétra entre TOder et l'Elbe , bien avant dans la Lusace; mais, à rcxccption du pillage et des dévastations , on ne sait rien de ses opérations, liui-mème conduisit une seconde division contre Goslaf , ville importante à laquelle rempereur attachait un grand prix. Une troisième armée enfin fut dirigée pai' les comtes Adolphe de Holslein , Bernard de Uazebourg , Bernard de >Velpe , Gunzclin de Sclnverin , et les frères Ludolf et Wilbrand de llallermund, vers la West^halie. Deux armées réussirent contre leurs ennemis. Goslar, à la vérité, ne put être conquis par Ileinrich. Il détruisit les forges et d'autres ouvrages de mines , et causa de grands dommages aux bourgeois de la ville ; mais il crut nécessaire de renoncer à Tenircprise , et de diriger sa marche vers la Thuringe, sans doute sur l'annonce qu'il s'y rassemblait une armée. Sur sa ix)utc il rencontra Norhausen , et brûla cette ville royale. Mulhausen eut le mômesort. A Weissensee (3), lelandgraf Louis avec son frère Uermann, et Bernard, le nouveau duc de Saxe , vinrent à sa rencontre à la tête de forces considérables. On en vint aux mains. La bataille fut souU?nue avec un grand acharnement ; mais à la fin les Thuringieiis prirent la fuite. Heinrich les poursuivit , et le landgraf Louis, son frère Hcrmann, avec un grand nombre de leurs guerriers , tombèrent entre ses mains. Le duc Bernard , avec les siens, avait fait les plus grands efforts pour soutenir le combat ; mais quand les Thuringiens eurent abandonné le champ de bataille, et que ses bataillons aussi tournèrent le dos , il se Vit contraint à les suivre, et à imprimer la honte d'une fuite sur sa nouvelle dignité. Après la victoire, il parait qne Heinrich revint sur ses pas pour mettre en sûreté le^ prisonniers et le butin à Braunschweig.
Cependant la seconde armée avait franchi le Weser et pénétré fortement dans la Westphalic. Près d'Osnabriick était campée une armée ennemie (4 J commandée par les comtes Simon de Tcckenbourg, Ilermann deRavensberg, Heinrich d'Arnsberg, Widekind de Scinvalcnberg. Elles en vinrent aux mains. Les Westphaliens subirent une terrible défaite. La valeur brillante, la vigueur irrésistible des Ilolsteinais (;i) gagnèrent à leur comte, le jeune Adolphe deSchaucu-
bonrg, l'honneur de la victoire. Beaucoup do Westphaliens trouvèrent la mort dans le combat ; les vainqueurs saisirent en outre une foule de prisonniers , parmi lesquels se trouva le. comte Simon de Teckembourg. Si heureuse que parut être la victoire en elle-même pour la cause du duc, elle lui devint pourtant funeste par ses conséquences. Les vassaux fidèles du duc, après le triomphe, retournèrent chez eux avec leurs prisonniers elleur butin : car la guerre . en général , n'avait pour but que le butin , et se passait ordinairement en courses, en pillages. Le duc Heinrich ne parait pas avoir assez rélléchi sur la gravité des circonstances et les relations du temps ; il semble avoir oublié que de tous les comtes et seigneurs de son duché pas un seul ne se croyait obligé de le servir comme par le passé, lui frappé d'une condamnation, de suivre ses ordres; que chacun, au contraire, pej2sait lui faire un sacrifice volontaire, assurer sur lui le danger qui planait sur le due, et par conséquent croyait pouvoir attendre de la part du duc et réclamer légitimement toute espèce de liberté , de licence , de satisfaction et de faveur. Heinrich voulut maintenir l'ancien ordre des choses ; il demanda donc qu'on lui remit les prisonniers faits dans la bataille d'Osnabrnck. Le comte Gunzclin et d'autres guerriers qui, ayant leurs honneurs et leurs dignités dans les propriétés personnelles de Heinrich, paraissaient appartenir à sa maison , se conformèrent à ses désira; mais le comte Adolphe de Holstein s'y refusa, disant qu'il soutenait la guerre à ses dépens, qu'il était donc de toute justice que ses pertes fussent compensées au moyen des" prisonniers; qnll ne seniit pas en état d'entretenir une force militaire si cette portion du butin lui était enlevée. Cette opinion obtint l'assentiment des autres seigneurs de l'armée .compagnons du comte; ils emmenèrent donc lès captifs en masse , et regagnèrent leurs châteaux.
Le duc Heinrich fut informé de ces faits ; ce fut une rude atteinte portée à l'orgueil d'un chef accoutumé à l'obéissance et à la soumission , et, dans sa situation présente, disposé à la méfiance. Le comte Gunzclin' surtout parait lui avoir présenté la chose sous le coté le plus odieux./Signalé par sa valeur et sa fidélité, Gunzclin jouissait d'une haute 'autorité auprès de son maître. Toutefois il était très-jaloux de cette considération ; il parait même , comme l'a montré sa conduite envers les princes