‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 151 sur 165 · KI · texte numérisé non relu

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HfflTOmfi DU PEUPLE ALLÉMAfrô;

Assemblée géiiérate de ses états , Mathias venait d'essayer un nouveau refus de ses sujets' de Contribuer à la guerre. Mathias avait laissé percer des projets d'intolérance et de despotisme qui donnaient de nouveaux sujets à la défiance des Hongrois et des protestants. Il n'avait point d enfants, et ses frères étaient sans espérance d'en avoir. Les royaumes de Hongrie et deRohéme, échus à la maison d'Autriche par le mariage de Ferdinand I" avec la piincesse Anne, ûlle de Ladisias, devaient retourner après ça mort è sa sœur Anne, femme de Philippe IH* Afin de conserver ces États dans la branche allemande, il adopta, du consentement de ses frères , son cousin Ferdinand , archiduc de Gratz, fils de Charles , duc de Styrie, et petit-flls de Ferdinand 1*'. Le roi d'Espagne approuva l'adoption, céda ses droits sur les deux royaumes à l'archiduc de Gratz, h condition néanmoins qu'à l'extinction de la postérité masculine de ce prince , la succession reviendrait ù la branche espagnole , sans excepter les filles, qui hériteraient de préférence à celles de la ligne allemande. Ce pacte de famille servit de »bâae aux prétentions du roi d'Espagne sur les États autrichiens^ à la mort de l'empereur Charles VI, en 4740. Louis XV en aurait pu élever sur le même fondement. Après ces con- ' ventions, Mathias assembla les états de Bohème à Prague , cl leur présenta Ferdinand. On le reconnut en lui faisant jurer de maintenir les droits et privilèges du royaume, et de ne prendre les rênes du gouvernement qu'après la mort 46 l'empereur. 11 fut coiu'onné en 'ICI 7, et l'année suivante les Hongrois lui déférèrent encore leur sceptre.

Cette même année, ,-1618, vit éclore en Bohème la malheureuse guerre qui durant tt^nte ans embrasa FAllemagne , et à laquelle toute l'Allemagne prit part. L'élection forcée de Ferdinand était, aux yeux de la nation, une violence faite à ses libertés; au mépris de son serment, il prit aussitôt en main les rênes de l'État. Les religiônnaîres,^en grand nombre dans ce royaume, avaient obtenu de Rodolphe H la liberté de leur culte et l'égalité avec les catholiques. Ferdinand laissa bientôt entrevoir son aversion pour eux , et Mathias ne leur était guère plus favorable. Le clergé , enhardi par la protection royale, lit abattre quelques-uns de leurs temples. Aussitôt les protestants s'assemblent, se liguent; le comte de

Thurn, seigneur aussi distingué pai* ses talents militaires que par sa naissance, se met à leur tête , monte , suivi de gens armés , au chAtean de Prague, entre dans la salle du conseil , et demande satisfaction de cette violence et de l'infraction d'autres privilèges. On répond avec dédain et par des menaces; ad signal de Thurn, ses gens saisissent trois des conseillei^, et les jettent par la fenêtre. Après ce coup d'audace, il ne restait que le parti des armes. Le comte parcourt la ville, rassemble le peuple, le harangue, et lui communique son enthousiasme et sa vengeance. On crée à l'instant trente dictateurs que l'on charge do gouiernement; on chasse les jésuites et les royalistes; on saisit les biens des uns et des autres; on lève une armée contre les ennemis de Bien, de la religion et des édits de l'empereur (l'édit de tolérance de Rodolphcj); on s'assure de la capitale et des forteresses voisines , et l'on déclare par un manifeste que l'on ne fait que suivre les lois et coutumes du royaume. Mathias, effrayé, tenta, contre l'avis de Ferdinand, les voies de douceur : il écrivit avec bonté aux séditieux, promettant de faire droit à leurs plaintes; mais ses lettres et ses promesses furent méprisées.

Le feu alliimé en Bohême se communiqua dans les Provinces-Unies. La Moravie, la Silésie, la haute Autriche, se liguèrent avec les Bohèmes; les Hollandais promirent des recours aux confédérés; l'union de Halle leur envoya des ti'oupes commandées par le comte de Mansfeld, bâtard du gouverneur de Flandre , vaillant capitaine qui fut recherché de toutes les puissances de l'Europe. La ligue catholique arma do son côl'o pour IMathias; mais il était trop fkvd. Le comte de Thurn avait eu le temps de se mettre en état de défense; maître de presque toute la Bohème , à la tète d'une armre considérable, il imposa aux comtes de lyampierre et de Bncquoi , qui n'osèrent l'attaquer avec les forces de l'empereur; Il Ht même une irruption en Autriche, pénétra jusqu'à neuf milles de Vienne, où il jeta la consternation. Mathias mourut de chagrin , après un règne de sept ans , laissant sa maison sur le penchant de sa ruine.

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