JOSEPH I
(4705. ) La mort de Léopold ne caasa point de changement dans les affaires générales de TEurope. Joseph soutint le système que son père avait embrassé. Sou esprit était plus vif et plus entreprenant, éloigné des finesses de la politique italienne, plus propre à brusquer les événements qu*à les attendre, consultant ses ministres et agissant par lui-même. Léopold avait préparé l'Allemagne à recevoir les lois que Joseph lui prescrivit.
Pjévenu contre la cour de Rome par rapport à certaine partialité qu'on accusait Clément XI de marquer en faveur de Philippe V, l'empereur se brouille totalement avec elle au sujet du droit des premières prières. Le pontife prétendait que ce prince ne pouvait pas l'exercer sans une autorisation préalable du saint-siége, et il appuyait sa prétention de l'exemple de tous les empereurs, depuis Frédéric III , qui , le premier, avait demandé cette faculté , jusqu'à Ferdinand 111 , qui avait cessé de la requérir lorsque le traité de Westphalie lui eut coufirmé solennellement le droit antique des premières prières. Cette querelle n'empêcha pas Joseph I" d'user de son droit, sans requérir le consentement de Clément XI , et son exemple a été suivi depuis sans beaucoup de difficulté.
La diète avait mis en délibération, après la mort de Léopold, si son activité survivait à l'empereur qui l'avait convoquée. Cette question fut jugée par son successeur. Joseph continua cette assemblée, et confirma le commissariat principal dans ses fonctions.
La noblesse de Westphalie demande la révision de son fameux procès contre les Erbmœnner ou patrices de Munster , à qui elle contestait la qualité de nobles cbapitrables , mais que la chambre impériale leur avait adjugée. Cette affaire bruyante est portée devant la diète , qui nomme des réviseurs pour examiner les titres des Ârbmœnner. Les sentiments de ces commissaires ayant été également partagés, le collège (les princes et celui des villes reconnaissent de concert la légitimité de l'arrêt de 4 085 , et opinent que la noblesse de Westphalie devait être déboulée de sa demande ; mais le collège électoral s'oppose vivement à cet avis, et insiste sur la nécessité de nommer de nouveaux ré-
viseurs en nombre impair. Cette contrariété de sentiment divisa la diète jusqu'en 4709, que l'empereur ratifia enfin l'avis des électears, qui supportaient impatiemment une pluralité formée contre eux par le collège des villes.
Joseph convient secrètement avec les électeurs de la proscription des électeurs de Bavière et de Cologne.
Événements de la guerre, — En Allemagne , le maréchal de Villars occupe le fameux camp de Sirck, et empêche, dans cette position, les alliés d'exécuter leurs desseins sur la Champagne. Le margrave de Bade prend Drosenheim , en Alsace , le 24 septembre , et force les lignes de Haguenau le 28 du même mois. Blocus du Fort-Louis.
Soulèvement des paysans bavarois, — Il aurait pu avoir des suites très-fâcheuses pour la maison d'Autriche , si la France avait été à portée de soutenir cette entreprise; mais, conduite par de simples villageois, elle fut fatale à la Bavière. L'élcctrice se sauva à Venise; les princes ses fils furent conduits à Inspruck; le trésor électoral tomba entre les mains de l'empereur; les paysans rebelles furent taillés en pièces , et la Bavière fut entièrement confisquée par une sentence impériale.
Dans les Pays-Bas , le duc de Marlboroogh force les lignes du Brabant, et prend Sanâvliet le 29 octobre.
En Italie , les Français s*emparent de Nice le 9 avril, de la Verne le 40 avril, de It Mirandolc le 44 mai, et de Chivas le 28 juillet. Bataille de Cassano le 46 août. Les deux partis s'en attribuèrent la victoire ; mais l'avantage en demeura au duc de Vendême, qui empêcha le prince Eugène de passer l'Adda.
En Espagne, les Espagnols sont forcés de lever le siège de Gibraltar. L'archiduc Char/es fait une descente en Catalogne, où le prince Georges de Uesse-Darmstadt , ancien vice-roi de cette province, et qui commandait les troupes impériales, avait conservé quelques intelligences. Les alliés prennent Gironne le 4 octobre ; Barcelone se rend le 29 du même mois , et devient la résidence ordinaire du rival do Philippe V. Ses troupes s'étendent dans le royaume d'Aragon et de Valence. Les Portugais s'emparent de quelques places dans l'Estramadure , et sont repoussés devant Bajados.
]je roi de France envoie le président de
Rouillé avec des propositions de paix à la Haye : elles ne furent pas reçues.
Transaction de DosseldorfT, conclue le 24 novembre , entre le roi de Prusse et Félecteur palatin , par rapport à la constitution future de FEglise palatine. Elle assura une pleine liberté de conscience aux catholiques, aux calvinistes et aux luthériens. Elle accorda aux protestants des consistoires particuliers, qui furent chargés de la manutention de la discipline des églises et des mariages ; elle confirma aux luthériens tous les biens ecclésiastiques qui leur avaient appartenu en 4624, et partagea ceux que les calvinistes possédaient , entre eux et les catholiques, de manière que ceux-ci en obtinrent deux septièmes.
L'empereur rend aux villes de Landau et de Donawertle rang, la qualité et les prérogatives de villes impériales.
Lettres patentes du 44 novembre, par lesquelles Joseph I*' éleva le duc de Marlborough à la dignité de prince d'empire, et l'investit de la seigneurie de Mindelheim, qui faisait partie de la confiscation de la Bavière. Le nouveau prince de Mindelheim fut admis à voix et séance à la diète le 4 5 septembre 4 706 ; mais cette principauté et le suffrage y annexé ont été éteints par la paix de Bade.
Le roi Charles XII ne s'occupe, en Pologne, que du soin d'affermir le roi Stanislas sur le trône. Les Busses, quoique battus en deux rencontres, s'emparent de Mittau.
( 4706. ) Le collège électoral ayant consenti, par une déclaration du 27 novembre de l'année précédente, à la proscription des électeurs de Bavière et de Cologne, la sentence du ban est prononcée contre eux à Vienne le 29 avril , et publiée avec beaucoup de solennité. Les princes d'empire , quoique d'accord avec la cour impériale sur le fond de celte procédure, protestent hautement contre la forme qu'on y avait observée, en consommant la proscription des deux électeurs sans prendre l'avis de leur collège. Ces réclamations pouvaient avoir des suites fâcheuses ; mais Joseph calma leur ressentiment par la promesse de faire remettre incessamment sur le tapis le projet de la capitulation perpétuelle.
L'empereur fait transférer à Clagenfurth en Carinthie les quatre fils atnés de l'électeur de Bavière , pour y être élevés sous le nom de comtes de Wittelspach. 11 démembre de cet
électorat toute l'intendance de Burgbausen, pour autant qu'elle est située à la rive droite de la Saitza et de l'Inn, et l'incorpore à la haute Autriche. L'évèque de Passaw eut le comté de Hais, Tévèque d'Augsbourg celui de Schwabeck ; les domaines que la maison de Bavière possédait en Souabe furent partagés entre le duc de Wurtemberg et la ville d'UIm ; les ministres de Tempereiir furent gratifiés de nombre de seigneuries détachées du domaine de Bavière , et qui furent déclarées immédiates en leur faveur : la Bohème fut arrondie aux dépens du haut Palatinat, et la ville de Nuremberg obtint la forteresse de Rotenberg , après qu'on en eut démoli les fortifications.
Evénements de la guerre. — En Allemagne , le maréchal de Villars fait lever le blocus du Fort-Louis ; il prend Haguenàu le 44 mai, et force l'armée des Cercles de repasser le Rhin. Aux Pays-Bas , bataille de Ramilly le 25 mai. L'armée française, commandée par le maréchal de Villeroi et l'électeur de Bavière , fut entièrement défaîte par lednc de Marlborough, et abandonna, après cette déroute, les villes de Bruxelles , Malines , Anvers , Ostende , Ondenarde, Dendermonde, Gand, Bruges*, Henin, Ath, etc.
En Italie, le duc de Vendéme défait, le 49 avril , à la bataille de Calcinato , le général de Reventlan , qui commandait les troupes impériales pendant l'absence du prince Eugène, et force cette armée de se retirer dans le Trentin. Le maréchal de la Feuillade forme le siège de Turin , dont la prise allait livrer tous les Etats du duc de Savoie et Tîtalie entière au pouvoir de la France. Le duc de Vendôme est rappelé pour rétablir , par sa présence, les affaires dans les Pays-Bas : il remet le commandement de l'armée d'Italie au duc d'Orléans. Le prince Eugène, après avoir reçu les renforts qu'on lui envoyait d'Allemagne , traverse , par une marche longue et pénible, toute la Lombardie pour secourir Turin. Il attaque et force les lignes des Français le 7 septembre, et s'empare de leur camp et de tout l'attirail du siège. Le comte de Médavi bat, deux jours après, le prince de Hesse-Cassel à Castiglione : cette victoire complète aurait pu rétablir les affaires do la France dans ce pays-là , mais il n'en était plus temps ; l'armée du duc d^Orh'^ans, au lien de se replier sur Suze, s'était retirée vers Pignerol, et avait abandonné par là toute l'Italie
HIST(»RE BD PEVPLE AWSKUam.
h la discrétion des généraux impériaux. Ib prennent Pizzîghitone le 27 octobre, Tortone le 49 novembre^ et Casai le 6 décembre.
En Espagne , le roi Philippe V , reoforcé par quelques troupes françaises, assiège Barcelone, que l'archiduc Charles, son compétiteur , défendait en personne. Une flotte anglaise vient au secours de cette place ; les escadres de France et d'Espagne, qui la bloquaient du cèté de la mer, se retirent ; Philippe V se trouve forcé d'a« bandonner son entreprise , et de se retirer, paf la Navarre I jusqu'à Bnrgos. L'armée alliée^ qui avait défendu et secouru Barcelone, s'em^ pare de Cartbagène le 45 juin , tandis que k lord Galloway , à la tète des troupes anglaises et portugaises , se rendait maitre d'Alcantara , de Salamanque et de Madrid, d'où la reine fut obligée de sortir. L'arctpânc y est proclamé roi. On était fait, selon toutes les apparences, du roi Philippe Y , si Charles se fût bâté de se rendre dans la capitale d'Espagne; mais il perdit un temps précieux h fairo un pèlerinage à Notre-Dame de Montferrat pour lui faire hommage de ses succès; il n'en consomma pas moins en discussions touchant l'étiquette mili* taire qui serait observée entre les troupes de ses alliés et les siennes. Ces délais donnèrent à Philippe V le temps de respirer; il rassemble une armée assez considérable sous Burgos ; aidé des lumières du maréchal de Berwick, il coupe les vivres aux troupes alliées qui avaient occupé Madrid, et les force à se replier sur le royaume de Valence pour se rapprocher de l'armée de l'archiduc qui venait enfin à leur secours. Ces armées réunies s'emparent d'Alicantcle S août: la flotte anglaise se rend maîtresse de nie d'ivica le 20 septembre , et de celle do Majorque le 25 du même mois. Les Espagnols reprennent Carthagènc le 48 novembre , et Alcantara le 44 décembre.
Le roi de France fait renouveler ^lennellement , par l'entremise de l'électeur de Bavière, des propositions d*une paix générale : cette démarche fut encore infructueuse.
Mort de Frédéric-Christian de Plcttenberg, évoque de Munster. Le chapitre cathédral de cette église se divise à l'occasion de l'élection d'un nouvel évoque. Vingt-un chanoines élisent l'évéque de Paderborn , François-Arnoul de Meltcrnicb, malgré l'exclusion formelle que Joseph lui avait donnée , pour favoriser le parti c^tr«ire< Celui-ci » qui n'était c(tt>po$é que de
seize chanoines , nomme Véféqùe d'Osnabmck, Charles-Ignace de Lorraine, fr^e dudnc de liOrraine et cousin germain de l'emperear. Cette double élection semblait devoir produire quelque fâcheux événement, l'empereur ayaat soutenu celle de son protégé avec toute la haatenr qui lui était naturelle , tandis que le roi de Prusse et la république des ProTÎnees-Uoies se déclaraient, avec la plus grande macité, en faveur de son concurrent. Enûn cette discussion fut pm*tée devant le saint-siége ; of le pape, après avmr cassé d'autorité aposl^iqne l'une et l'autre élection , nomma le 17 juillet 4707 , l'évéque de Paderborn , en terto àa concordat de 4447.
Procès fameux entre le landgrave de Besse- Darmstadt et la noblesse du Val de Birseck, qui prétendait à Fimmédiateté. Le conseil aoNque casse d'autorité le traité de IS^6, moyennant lequel cette noblesse s'était souniise à la maison de Hesse, et la déclare libre et indépendante. Le landgrave prend son recours à la diète de l'empire : les deux collèges supérfieiirs reçoivent ses plaintes^ et arrêtent des remontrances à l'empereur touchant les procédés de son conseil «uliquc ; mais, le collège des villes s'étant opposé à cette résolution des électeurs et des princes, Joseph se prévaut de cette circonstance , ménagée avec adresse, pour ne pas admettre des remontrances qm lui déplaisaient, et il n'en fut plus question jusqu'aqprès sa mort.
Le roi de Pologne , électeur de Saxe, envoie une armée nouvelle en Pologne. Le général Rhenschild l'attaque, le 45 février, près de Franslatt, et la détruit entièrement. Charles XH poursuit vivement cette victoire. Il pénètre, à travers la Silcsic , en Lnsace , et de là jusqu'en Saxe . et force enftn le roi Auguste il à signer à Alt-Ranstalt , le 124 septembre, nn traité par le(}uel il renonçait à la fois à la couronne de Pologne en faveur du roi Staatsias , et à l'allianee de la Russie , et accordait à Varmée suédoise des quartiers d'hiver dans ses Etats héréditaires.
Union des royaumes d'Angleterre et d'Ecosse sous le nom de Grande-Bretagne.
(4707.) La chambre impériale de Welzlar étant fermée depuis trois ans au grand détriment de la justice , la diète résout d*y envoyer uttc dépotation extraordinaire de vingt-six états ^ pour foire la visite de ee tribimal , el
éuhôiêè t\i tisttÉ AuLËÉÂKtf.'
I>otir ffHhèiUif Mi khnÉ de mit espèee qal »*y étaledt multiplié» à Pinfini.
Le ^oî de Soède , quoiqu'il eftl pleinement s^f isfdit sa yengeaiice en consoitimant la déposition dû toi AdgQste If ^ eontinde soâ séjotrf en Saxe arvee tine armée de 50,000 hommes. Cette position le mettaif en état de terminer , soit comme arbitref, soit comme médiatetff , la gnerre qift dltisait le reste de l'Enrope. Louis Xiy Ten faisait solliciter ; mais le duc def IHaflboroogfa se rendit en personne auprès de ce prince , et parvint facrietnent à le détoarrier de cette idée , êattî il était méd'K)crement affecté. Cependant Charles SU exigea, ponr prix de ceîîe complaisanfce , que l'empefear rétablirait Texercice de la reiigfofft protestante en 9ifésie snf le pied contemi par le traité de Westphalle , et qn'll accorderait s^x tionvelles églises en tftttant d'endroits ofk il n'avait pas eit lieu jusqu'à présent. Il obtint d'ailleurs la confirmattem Im-' périale do pacte de 4M7 , qtti appelafit consécutivement six princes de Itt maison de Hof-» stelii^Ooktorp att siégé ^e Lubeck , et il se ût dispenser de fournir les contingents de Bremen et de Poméranie h Tarmée impériale tant qtie la guerre touchaiyt la sticcession d'Espagne durerait. Yotfs ces articles furent consignés dans un traité conclu àr Alt-Raiisialt le 54 août; après qool Cliarles Xfl ramena son armée en Pologne , relïoiiçatft à la gloire de donner un roi à l'Espagne, la paix k FEif rope, et ta loi atrx plus grandes pnissances de la terre, pour courir après la satisfecticttf chimérique de donner ad czar à la Russie.
La diète d'occnpe laborieusement dn projet de former une caîise mihtaire pour subvenir aux besoins de rarmée de Fempîre, qni manquait communément des choses les plus néce»' saires pour se mettre en campagne ; cependant ce projet satotaire ne fut pas agréé.
Erection du comté de Blankenberg , dans le duché de Brunswick , en principauté du Saint- Empîre, en faveur de Loois-Rodelphe , duc de Brftnswick- Wollénbiittef ^ dont la fille atnée, la princesse Elisabeth-Cbristine , venait d'élre mariée p«r procaration k l'archidoc Charles. Comme il n'y eut pas moyen d'attacher à cette nouvelle principaaté tin suffrage particulier h la diète , l'élecleiyr de Hannover eut la complai-» sance d'abandonner au due Louis-Rodolphe, po«r sa vie durant ^ Texercice du suffrage de Orrubeabagea»
Le comté de Moer^ , (kisant partie de fa strc-" cession d'Orange , et qui était échu an roi de Prusse par la transaction provisoire de 4 70$, est pareillement érigé en principauté par lettres patentes du 4 6 avril. Le roi demanda incontineirt un suffrage particulier pour eeiie terre, et TeAperenr, qui avait les plus grandes obligtitions k ce prince, recom jdanda vivement cette proposition aiTx états ; mais, ayaftt réteillé par cette dé-^ marche l'ambition de nombre d'antres éfeetéttr!^ et princes, tant ecclésiastiques qoeséctrliers, qni réeltimaient tous , k différents titres , fa méfmef prérogative, riihpossibîlité de les satisfaire tous fit rejeter la demande du roi de Prusse y conjointement avec les autres prêterions de Hi itiètac nature.
Événements de la ffùerfê.—tù Allettrfagne, le maréchal de Yillars force , le M mal , le!â lignes de Stolheffen, et bat les trotrpcé de cetcfe de Pranconie k Letch. Il éprise eiMlte la Souabe et la F^anconie par d'Mtoenses coh-^ tribtf tiens, jnsqu'k ce qne l'arrivée de FélecteW de Hanovre, nouveau géaféral de l'armée âê l'empire , Fobiigedt de repasser en Alsacei.
Aox Pays-Bas , la campagM fut défeoeïte de part et d'antre.
En Italie , capitula ttoft ên4S îûâts f ett verfti de laqefolle les troupes françaises et espa^des^ évacuèrent la Lombardie. Le *^néral Dauff s'empare dit royaume de Naples , tandis que la grande arnuée Impériale, commandée par le duc de Savoie et te prince Engène f pénétrait en Provence; efle forme le siège de Toulon le 49 jnillet, et le lève après s'y être ruinée ; cependant elle reprit Suî?e Fef 4 octobre, et Orbitello le ît décembre, le» troupes impériales épuisent l'Étal du saint-siége, en y passant et repassant , par des contributfon» exorbitantes.
En Espagne , bataille d'Almfanza le 25 avril. Le maréchal de Benvick y déit entièrertient les comtes de Gallon ay et de I^éterborougb f qui commandaient l'armée aillée. La coiyqiléte des royaumes de Valence et d'Aragon et la pf ise de Lérida , le 42 novembre, furent les saites de cette victoire , qni aff^rny)t inébranlaMemeM le roi Philippe T sur le trène d'Espagne.
Mort de la duchesse de Nemours, dernière héritière de la maison de Longneville, et dernière princesse de Neuchâtel et Yalengiff. Les états de ces petits pays prononcem entre les ditliieitie prélefidaiita à sa soeeesaiMi f^m
soumettent , par un acte du 3 novembre , an roi (le Prusse , comme représentant l'ancienne maison de Chàlons.
Le prince de Ragoczy se fait proclamer à Onoth prince de Transylvanie, et déclare ensuite , de concert avec les mécontents de Hongrie, le trône de ce royaume vacant.
(4708.) L'électeur palatin est investi, le 25 juillet , du cinquième électoral, du haut Palatinat , de roflice de grand sénéchal , et du vicariat dans les parties du Rhin , de Franconic, de Souabe et de Bavière , tous ces fiefs étant devenus vacants par la proscription de l'électeur de Bavière : par une suite de cet arrangement, la huitième dignité électorale, que le traité de Westphalie avait créée pour la maison palatine, fut supprimée , en conformité des clauses opposées à sa création.
Le 50 novembre suivant, Tempereur cède et confère solennellement au prince de Lamberg le landgraviat princier de Leutchtenberg , qui était aussi retombé à la disposition impériale en vertu de la même proscription.
Fameux arrêt de la diète de Ratisbonne du 30 juin , par lequel les électeurs , les |>rinces et les états consentirent unanimement au rétablissement des électeurs-rois de Bohème dans tous les droits comitiaux et autres dont les rois leurs prédécesseurs avaient joui anciennement, et qui étaient tombés en désuétude depuis plusieurs siècles ; soit que ces princes eussent répugné à faire usage d'une faculté qui constatait et fortifiait de plus en plus leur dépendance envers Tempire; soit qu'ils Teussent perdue par le laps de temps et par négligence de leu r part ; soit en fin qu'on les en eût privés malgré eux , en vertu d'une interprétation fausse et illégitime des lettres patentes de l'empereur Frédéric II, qui accordaient au roi de Bohème , à titre de grâce et de faveur singulière, une dispense d'assister aux diètes ,qui ne seraient pas tenues à Bamberg ou à Nuremberg. Quoi qu'il en soit, l'arrêt comitial de 4708 rétablit ces princes dans la jouissance la plus parfaite de tous les droits compétents aux autres électeurs ^ nommément celui de siéger dans toutes les assemblées générales ou particulières du collège électoral , et de concourir , dans les diètes d'élection , à la confection des capitulations impériales.
Par le même arrêt du 30 juin, le corps germanique donna aussi sa sanction & l'établis-
sement de l'électorat de Hanovre; mais les états catholiques, pour prévenir la prépondérance que les protestants recouvreraient par là dans le collège électoral , si jamais l'électoFat palatin passait à un prince de cette religion , firent munir ce consentement de la condition essentielle que , dans le cas prévu, la voix du premier électeur catholique serait comptée pour deux suffrages, dans toutes les délibérations dudit collège. En conséquence de ce double arrêté, les plénipotentiaires de Bohème et de Hanovre furent solennellement introduits, le 42 septembre, dans le collège électoral assemblé à la diète de Ratisbonne. C'est ainsi que l'empereur Joseph I*' , favorisé par les circonstances , profitant habilement de renthousiasme des uns, de la situation personnelle des autres, flattant les vues et les affections de tous, parvint , sans peine et sans difficulté , à consommer, en moins de huit jours, trois opérations différentes , dont chacune aurait suffi pour illustrer à jamais son règne.
Election litigieuse d'une abbesse AeQuedlin^ bourg. Le chapitre de cette abbaye princière consistait alors en trois personnes. Deux d^enlre elles donnèrent leurs suffrages à une princesse de Holstein-Gottorp ; la troisième nomma une princesse de Saxe-Meinungen , et le roi de Prusse, en qualité d'avoué héréditaire de Tabbaye , approuva ce dernier choix. Il en résulta des différends fâcheux , qui ne furent terminés qu'en 4740, au moyen d'une nouvelle élection qui tomba unanimement sur la princesse de Holstein.
Lettres patentes portant exclusion de tous les sujets étrangers des commanderies que Tordre de Saint-Jean dit de Malte possède en Allemagne.
Le roi de Prusse renouvelle son pacte de confraternité et de succession avec le duc de Mecklenbourg , et prend le titre et les armes de ce duché.
Evénements de la guerre. — En Allemagne , on se tient de pai't et d'autre sur la défensive.
Aux Pa}s-Bas, les Français surprennent Gand le 5 juillet, et sont battus à Oudenarde le 44 suivant. Siège de Lille; cette place ne se rendit que le 8 décembre, après une défense de près de quatre mois, pendant laquelle un corps de troupes françaises, qui voulait intercepter des convois destinés pour larmèe alliée, et dont rheurcuse arrivée décida du sort de
cette place , fut batta le 28 septembre aa combat de Winnetat. L'électeur de Bavière ne fut pas plus heureux au siège de Bruxelles, qu'il entreprit trop tard, pour faire diversion aux alliés. 11 fut obligé de le lever le 27 novembre, et le prince Eugène reprit encore Gand le 30 décembre.
En Espagne , le roi Philippe Y reprend Tortose le 44 juillet, et Alicanle le 5 décembre. Il force Tarchiduc Charles à se renfermer dans la ville de Barcelone. Les Anglais prennent le Port-Mahon le 29 septembre.
En Italie, une flotte anglaise s'empare de rile de Sardaigne.
Le pape, qu'on soupçonnait à Vienne de favoriser le roi Philippe V au préjudice de l'archiduc , fait vainement retentir la cour impériale et l'Europe entière de ses plaintes, tant au sujet des garnisons que les' généraux de l'empereur avaient établies dans les États du saint-siége, et des contributions exorbitantes qu'ils y exigeaient, que par rapport aux actes de souveraineté que l'empei*eur exerçait sur les duchés de Parme et de Plaisance , et à la faveur qu'il accordait aux prétentions que le duc de Modène avait renouvelées sur Comachic. Rebuté par les réponses qu'il recevait de Vienne, et désespéré par les procédés des généraux de l'empereur, qui compassaient leur conduite sur elles , Clément XI entreprend de venger sa cause par les armes spirituelles et temporelles. Il menace Joseph I*' de Fanathème, et lève une armée dont il conûe le commandement au célèbre comte de Marsigii. L'empereur envoie dans l'Etat ecclésiastique un gros corps de troupes protestantes sous les ordres du prince de Hesse-Cassel.
Charles IV, dernier duc de Mantoue, de la maison de Gonzague, meurt le 5 juillet sans laisser de postérité. Cette mort arriva six jours après que l'empereur eut mis ce prince au ban de l'empire, comme coupable de félonie, pour avoir épousé les intérêts de la France et *de FEspagne. Joseph 1'' se prévalut de cette circonstance pour s'approprier le duché de Mantoue à double titre, comme tombé en commise et comme ouvert à sa directe. En vain les ducs de Guastalle , agnats innocents du duc Charles IV, et ses héritiers légitimes, réclamèrent contre cette usurpation : ils furent trop heureux d^obtenir les petites principautés de Bozzolo et de Sabionetta; Fempereur garda
pour lui le duché de Mantoue, et il conféra le Montferrat au duc de Savoie. Cette dernière investiture est du 7 juillet. Elle comprenait, outre le Montferrat, les villes et les districts d'Alexandrie et de Valence , la Loméline et le Val di Sessia, que Léopold avait assuré au duo de Savoie par le traité de 4703. Cependant ce prince ne fut pas content de son lot. Comme la fortune avait favorisé les alliés fort au delà de leurs premiers désirs, et qu'il avait contribué essentiellement à la fixer de leur côté, Victor-Amédée prétendit partager dans une juste proportion le fruit de leurs succès, et demanda qu'on ajoutât aux cessions que l'empereur venait de lui faire les villes et les districts de Novare et de Vigévano. Mais Joseph V était bien éloigné de se prêter à ces demandes; non-seulement il les refusa, mais il décida aussi en même temps , contre le duc de Savoie, la contestation qui s'était élevée entre ce prince et les possesseurs nobles des fiefs des Langhes, qui sont situés dans le Montferrat, entre le Tanaro et l'Orba. Le duc s'en arrogeait la souveraineté, comme étant des dépendances incontestables de ce duché ; mais, les possesseurs de ces fiefs ayant représenté et prouvé à l'empereur qu'ils relevaient immédiatement de l'empire , et qu'ils étaient vassaux directs de cette couronne, Joseph P' les maintint, par un arrêt contradictoire, dans leur liberté et leur indépendance , et cassa les actes passés en faveur du duc de Savoie. Cette décision causa un mécontentement extrême à ce prince. Loin de profiter de la supériorité des forces qu'il avait pour pénétrer dans le Dauphiné, il se contenta de la prise des forts d'Exiiles , de la Pérouse et de Fenestrelles.
L'empereur vend au duc de Modène la prin* cipauté de la Mirandole , qu'il venait de confisquer sur le prince de ce nom, partisan delà France et de l'Espagne.
Le roi de Suède bat les Russes près d'Holoffin. Reprenant alors sérieusement le projet de détrôner le czar Pierre le Grand sous les murs de Moskow , il passe le Dnieper et traite avec le fameux Mazeppa , hetman des cosaques de l'Ukraine; mais, tandis qu il s'enfonce dans cette province, le czar attaque et défait, près de Lesno, un gros corps de Suédois commandé par le général Lœwenhaupt , que Charles XII avait laissé en arrière pour couvrir ses convois. (4 709.) Le roi de France envoie le président