‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 158 sur 165 · BOO · texte numérisé non relu

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aiSTOIRE DU PEUPLE ALLEMAND.

le 23 septembre, jusqu'à Madrid, tandis que Philippe V se réHigiait à Valladolid. Le sort de eo prince paraissait entièrement désespéré; déjà les alliés avaient pris Tolède , et s'étaient avancés jusqu'àTalavera, pour s'y l'aire joindre par l'armée portugaise, dont la réunion avec les forces de l'archiduc aurait mis fin tout d'un coup à la guerre d'Espagne et au règne de Philippe y ; mais le marquis du Bay parvint à empêcher cette jonction funeste , en alarmant les frontières du Portugal avec un corps de cavalerie, et le roi Philippe V trouva dans la fidélité de ses sujets, dans leur haine contre les alliés de l'archiduc , et dans le génie du duc de Vendôme, que Louis XIV lui envoya, des ressources qui renversèrent tous les projets de ses ennemis. Bientdt l'armée alliée souffrit tontes les horreurs de la disette. Le duc de Noailles , qui était entré dans le Lampourdan , se met* tant en mesure de lui couper la retraite vers Rareelone, obligea rarchidoc à hâter son retour dans cette place, qui était le siège de toute sa fortune : Philippe Y rentra , lo 5 décembre , dans Madrid ; il força , six jours après, le gênérai Stanhope , dans Brihuéga , et le fit prison- Dier avec cinq mille Anglais; il battit le lendemain , près de Villaviciosa , le comte de 8tahrenberg , qui était accouru au secours de ce général, et reprit Saragosse et les autres places dont les alliés s'étaient emparés. Toute l'Espagne retourna sous ses lois , et rarchidnc vit de nouveau sa fortune bornée à la possession de Barcelone » de Tarragone et de quelques villes de leur voisinage.

Guerre du Nord, — L'armée danoise, qu i avait fait une descente en Scanie, est taillée en pièces par le générai Sleenbock , à la bataille de Helsingborg, le 28 février. Les Suédois faisant mine de vouloir venger la défaite de Piiltawa sur les Danois et sur les Saxons, l'empereur, la reine de la Grande-Bretagne, et la républiquo des Provinces-Unies, formèrent. Je 43 mars , le concert de la Haye, pour empêcher que la guerre ne s'étendit en Alleroal^e : ils s'engagèrent mutuellement de garantir au roi de Danemark la neutralité des duchés de SIeswick et de Holstein, au roi de Pologne celle de la Saxe , et aux Suédois celle des provinces qu'ils possédaient en Allemagne ; et ils parvinrent à faire goûter et adopter celle neutralité au czar, aux rois de Pologne, de Danemark et de Prusse > à la djète de Ratisbonue

et aux états de Suède. Mais le roi Charles XII, du fond de sa retraite , à Bender , rejeta fièrement cet arrangement; et les alliés de la Haye ayant résolu néanmoins, par une convention ultérieure du 4 août, de former, de concert avec quelques princes d'Allemagne , une armée de 46,000 hommes, pour faire respecter la neutralité proposée, Charles XII protesta si vivement, à Vienne et à Ratisbonne, contre ces mesures, qu'elles furent enfin abandonnées, pour le malheur de ce prince et de sa nation. Les Russes s'emparent de Riga, Reval et Pernau , les seules places qui restaient encore à la Suède en Livonie.

Les mécontents de Hongrie sont battus , le 22 janvier , près de Sadock , et perdent , dans cette campagne, tous les postes qn^ils avaient occupés, à l'exception de la seule ville de Caschau.

(4744.) Les députés des états pour la visite, la réforme et le rétablissement de la chambre impériale, qui s'occupaient assidûment de ce soin depuis 4707, tranchent d'autorité sur les disputes qui avaient occasionne la clôture de ce tribunal. L'assesseur Pyrck est congédié , et les chambres rentrent avec beaucoup de solennité le 28 janvier : cependant la députation des états ne termina ses opérations qu'en 4745.

Au milieu des plus brillants succès , prêt à voir réaliser les projets que l'imagination la plus ardente n'aurait pu concevoir dix ans auparavant, et préparant, dans le secret du cabinet , des fers à l'Allemagne , qui , s'aveuglaot sur les suites inévitables de la ruine prochaine de la France , s'occupait uniquement des moyens de la hâter, Joseph I*"" meurt, le 47 avril , de la petite vérole.

Un auteur moderne , après avoir fait un juste éloge des rares qualités de ce prince, finit par cette réflexion : que si le plus grand et le plus sublime effort de la prudence humaine, c'est de savoir mourir à propos, Joseph V^ en a donné l'exemple le plus mémorable à la postérité.

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