CHARLES VI
L'arcbiduc Charles, héritier de son frère Joseph , qui ne laissait pas d'enfants , fut élevé à l'empire après six mois d'interrègne. Le corps germanique prescrivit à son nouveau chef une capitulation rédigée par les trois collèges des
HlffrOIRC. DU PEUPLE ILLEHAND.
électeurs , des prittces et des villes , pour être rendue perpétuelle. Elle portait, entre autres, 'I'' qu'il n'entreprendrait rien au préjudice des trois religions ; ^ qu'il ne ferait pas marcher ses tronpes par le territoire des états sans leur consentement; 5" qu'il conserverait la juridiction de la chambre impériale, et ne permeltrait pas à ses ministres particuliers de se mêler du conseil aulique; 4<' qu'il ne s'arrogerait pas la succession de ceux dont les biens seront confis* qués par la sentence du ban ; 5"* que , sans le consentement des états assemblés en diète , il ne changerait rien aux lois; qu'il ne ferait seul ni guerre » ni alliances , ni paix de l'empire , n'exigerait aucune contribution , ne ferait pas de règlements relatifs au commerce ou à la monnaie; 6** qu'il ne mettrait aucun état au ban de l'empire qu'avec l'agrément de tous ; 7"" qu'il ne gênerait pas les états dans leurs délibérations, et ne leur prescrirait pas les matières qu'ils devaient traiter préférablement, etc. Outre ces articles , qui formaient la base du droit public , on exigea encore de lui de ne pas rendre l'empire héréditaire dans sa maison; d'assembler, au moins dans les dix ans, une diète générale ; de faire sa résidence en Allemagne ; de ne conférer qu'à dés Allemands les charges et les dignités de sa cour, etc.
La paix devait être le fruit de la mort de Joseph I*'. L'équilibre de l'Europe avait fait prendre les armes, parce qu'on avait craint que la maison de Bourbon, placée sur le trône d'Espagne , ne fit trop pencher la balance de son côté. On devait donc craindre aussi de réunir sur la tête de Charles VI toutes les couronnes qui avaient autrefois rendu sa maison si redoutable. L'Angleterre sentait la nécessité de la paix. Des négociations s'entamèrent avec les cours de Londres et de Versailles. Marlborough forçait cependant les lignes du maréchal de Villars , emportait Bouchain, et s'ouvrait le passage jusqu'à Paris; les dispositions pacifiques de la reine Anne l'arrêtèrent. Les préliminaires de la paix furent signés entre les deux coulas ; Marlborough fut rappelé et privé de ses charges; il y eut une secrète suspension d'armes; l'ordre fut envoyé aux généraux anglais, en Catalogne et en Portugal , de cesser les hostilités; enfin la reine menaça les Hollandais , s'ils ne concouraient pas aux préliminaires, et ils consentirent à l'ouverture d'un congrès à Otrecht.
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Charles, pour lors encore archiduc^ apprit avec inquiétude les dispositions des alliés. Il chargea le prince Eugène de rompre leur projet. Le général se rendit à la Haye ; mais il ne put rien obtenir, pas plus qu'à Londres* Le congrès fixé à Utrecht s'ouvrit le 29 janvier 4742; toutes les puissances intéressées y envoyèrent leurs plénipotentiaires , et le comte de Sinzendorf y parut au nom de Tempereun Après beaucoup d'intrigues , le traité particulier de la France et de l'Angleterre fut le premier conclu. Mais les Hollandais refusèrent de traiter; Eugène et Sinzendorf déclarèrent qu'ils conti* nueraient la guerre sans la Grande-Bretagne , et les hostilités .reprirent leur cours. Après plusieurs succès , Eugène perdit contre Villars la célèbre bataille de Denain. Cette victoire des Français hâta la paix ; les Hollandais négocièrent, et la paix fut signée le 44 avril 4745. Les conditions relatives à l'Angleterre et à la Hollande leur furent très-avantageuses. Il eu fut de même pour le duc de Savoie. L'électeur de Bavière devait garder le Luxembourg et le comté de Namur jusqu'à ce qu'il fût dédommagé de ses pertes. C'était tout ce qui restait à Philippe V des Pays-Bas espagnols, dont il avait donné la souveraineté à l'électeur. 11 lui céda encore le royaume de Sardaigne. Outre les Pays-Bas, on accorda à la maison d'Autriche le royaume de Naples et le Milanez. Louis XIV abandonnï^ à l'empire Landau, Kehl et Brisach. L'électeur de Brandebourg fut reconnu roi de Prusse, et on lui céda la Gueidre espagnole. Le Portugal fut compris dans le traité , et eut aussi quelques avantages. Enfin , toutes les puissances contractantes reconnurent Philippe V. Charles VI refusa la paix ; mais il s'en repentit. Malgré les efforts d'Eugène, Villars prit Landau, passa le Rhin et emporta Fribourg. L'empereur , consterné , demanda la paix ; les deux généraux la conclurent à Rastadt. Par le traité qui fut signé à Baden (4744), Landau resta à la France. Charles VI eut de la succession d'Espagne ce qu'on lui en avait accordé à Utrecht. Les élec* teurs de Bavière et de Cologne furent rétablis dans leurs États, droits et prérogatives, avec la restitution de tout ce qu'on avait pu distraire de leurs papiers , meubles et effets. L'empereur et l'empire s'obstinèrent à ne vouloir point reconnaître Philippe V , qui , de son côté, ne reconnut pas le premier» Charles VI ratifla
HISTOIRE bu PEUPLE ALLEMAND.
Ift* cession de là Gtieldire espagnole au roi de i*russe , et s'obligea à faire avec les Hollandais lé traité des Barrières , qni fut conclu Tannée Suivante à AiiTers (4745). Malgré ces traités , Fâffairé de la succession d'Espagne n'était paâ feritiihée.
Les Turcs avaient conquis la Morée sur les Vénitiens , auxquels le traité de Carlowitz en assurait la possession. Charles VI, garant du traité iiolé, craignant de voir les Ottomans fondre Sûr la Hongrie, se déclara pour Venise. Eugène Battît près de Peterwai'adin (4746) les Turcs, commandés par le grand-visîr, et emporta TcmesM'ar, la seule place de Hongrie qui fût ën(;ore en leur pouvoir. Dans la campagne Mvante (4747), il assiégea Belgrade, qu'il {>rit après urië sanglante victoire. L'Angleterre et k Hollande ménagèrent la paix entre les dent empires ( 474S). Eugène la conclut luiibéme à Passarowifz. La maison d'Autriche hcqtiit ie bannat de Temeswar^ Belgrade et le royaume dé Servie; mais la Morée ne fut pas fendue aux Yénitiéns, dont on oublia les iiitérèts.
t'Espagnô profitait des tirconstances poui* tenvahii: les États italiens de l'empereur. Déjà, âiHgéd par les conseils du cardinal Albéroni , elle avait conquis la Sardaigne, et elle envabissâit la Sicile , quand le duc d'Orléans, régent Ûé Fraiicè , le roi d*Anglelerre et la Hollande, >e liguéretit pour le maintien du traité d'U- Ifecht. L'emt)eretir se hâta d'accéder à cette ligue. La quadruple alliance dressa aussitôt un plan de pacification , le fit présenter à la cour de Madrid, et, sur son refus , là guerre comhiença. Elle ne fut pas longue. L'amiral anglais ^idg gagna eîicoré dans cette campagne une bataille iiavale près de Syracuse, et enleva Vingt-trois vaisseaux aux Espagnols. En 4749, les forces des alliés écrasèrent l'Espagne. Une armée impériale s^empara de là Sicile ; les Français , sbiis les ordres du maréchal de Berwick , envahirent là Catalogne et la Biscaye, emportèrent les places, brûlèrent les magasins et seize vaisseaux de guerre prêts à sortir du chantier ; les Anglais se jetèrent sur la Galice, et se rendirent maîtres de Vigo; les vents cornbattirent avec les confédérés, et dispersèrent une ifloltè espagnole qui poMait en Ecosse le prétendant d'Angleterre. Philippe V, accablé de tant de désastres, renvoya Albéroni et accéda & là quadruple alliance \ par suite , quelques
changements furent introduits dans la sHnation des Etats italiens (4720).
L'année suivante (4724), on tint à Cambrai un congrès qui fut sans effet. Pourtant les difficultés que pirésentait un arrangement définitif s'aplanirent peu â peu. Les cours de Vienne et de Madrid se rapprochèrent, et il fut convenu que Charles VI renoncerait à l'Espagne et aux Indes , de même que Philippe renoncerait au reste de la succession de Charles It (4724). L'empereur, du reste, était souvent [»ressé par le besoin d'argent ; comptant se procurer une source de richesses dans le commerce, il avait établi , en 4722, une compagnie des Indes à Ostende. Dès 4743 il av;i\ltég\è sa succession par une pragmatique -sanction qu'il ne publia qu'en 4724. Plusieurs princes, au défaut de mâles du sang autrichien , avaient des droits et des prétentions sur diverses parties des États héréditaires. Il prétendit, sans les fconsulter et saris entrer en négociation , les enchaîner tous , et les obliger, par une loi particulière, à sacrifiei: leurs intérêts. €'e$t dans cette intention qu'il fit ce fameiix acle qm établissait Tindi visibilité de la succession autrichienne, qui substituait les filles au défaut des mâles, toujours selon l'ordre de primogéniture, et qu'il voulait faire passer en loi. Sa voloiité seule ne Suffisant pas polir mettre en vigueur cette constitution, il crut |a rendre inviolable en sollicitant la garantie des autres puissances, ixirs^n'il demanda Tapprobation de Tempire à la diète de Ratisbdnne, en 4751, il éprouva de grandes difficultés; les électeurs de Saxe , de Bavière, et le palatin , protestèrcnl solennellement par leurs députés.
Cependant les progrès de là compagnie ffôstende faisaient ombrage à la France , à TAngleterre et aux Provinces-Unies. Ces puissances alléguaient des conventions et dés traités sur lesquels elles fondaient leur empire exclusif de la mer. Charles VI était résolu à soutenir son établissement. Philippe V revendiquait , d'un autre côté, Gibraltar et Port-Mahon, que les Anglais refusaient de rendre. Un intérêt commun réunissait donc les cours de Vienne et de ]\ladrid ; elJcs firent alliance , ce qui produisit iine contre-ligue entre la France, l'Angleterre, la Hollande , la Suède et la Prusse. La guerre allait éclater. Un congrès tenu à Soissons, en 4727, n'ayant pas plus opéré que celui de Cambrai , les Espagnols assiégèrent Gibraltar.
HifllrdffiB 9b ïE#ti Uiib^Â!!!);
donna le roeMr qa'Blle Bd pduvaK eib(iortël*^ et la i^ix ^ Déj^detéé par le pape , «é Ût rantiéë snitante (47%). Oharlet VI racheta au pHji de Id suppresfiioii 8e la ebmpagtiie d'Ostende. Mais rhaiiiiohie se pouTâU ttrt meète tii durable ehtre deut maitotis dbnt les intél'étis étédeot si opposés. Dès Tati 4929, Tl^pa^na s'iinit ft Se- Tilje atee la France, rAogletérire , la Prusse et }a HoUahdë; Dn bon Arma les traités autérieurâ : elle abàndoa&a Gibraltar et Port-MiAhon ; ))5S alii^ liii garantirent en nsvAnbhe les Etatfl qu'elle prétendait aroir en Italie. La cour d0 Yiennd royatt Torage se formei* , sans pobtdir l*éloignen Antoine Fârnése, dernier duc de Phrnié, mburat. Anssitèt don Carlos, dis de Pbilippé Yy [iarnt atM niie ai*mé<s, se fit reconnaître à floredce pour héritier dû gi-and-duc ^ et alla \ en attendant cette sticeession , prendre poisesiion de Parme; Charles Yt cria à la violeUcB et réclàiha les drttits da rem[Hre ; mais le traité de Vienne, en 4734, termina enfin les longues et sanglantes contestations qui dé^hi* raient TEnrope depuis la mort de Charles If. L'Angleterre et la Uolladde garantirent la pragàiaUifué-fianctiott : à ce prix, remperëuk-, qui lie paraissait jaloux qwd d'assurer la successioti à Tairiée de ses filles , Marie-Thérèse ^ céda A don Carlos des droits qu'il ne polirait déienUrO. Ah^tètell i éléeteoir àk Sajce , élevé sur le trône de Poidgne en 40975 bontraint^ en 4707^ pn# Charles XII , rei de Snédb , à le céder à Sta-^ nislas Lecainski ^ rétabli par M ctar Pierre 1^) après la bataille de Pullawa , en 4 709, mournt bn 4 733* Stanislas fut de nouveau solenttéitement éld. Angnste IH ^ fils da feu roi , sut ga<^ gder la faveur de l'empereur en garantissant la pragmatiqne-sahctibn , contre laquelle sbh père avait hautement protesté ; garantie d'autant pldb indiscrète, qu'il renonçait ainsi aut droits qne sdn épbuse^ fille de l'emperedt Joseph 1*% pouvait avoir snr la soccessiotl autrichienne, liais il voulait être roi de Pologne. Charles Vi fit faire une seconde élection en sa faveur; tme armée russe Tapptiya ; il parvint au trène; et Stanislas, ponrsoivi, échappa de Dantzig, où il était assise, s'enfuit déguisé en matelot, et se déroba à travers mille dangers & ses ennemis. H eût été fiuûle à l'emperetir de prévoir les suites de sa démarche. I^uis XV Avait épousé Marié Leexinskà , fille de Stanislas. Lîhonneor lui imposait Ib devoir dé venger sôh
béâu^père^ ei il âmA Mp^ef C^ài^Id^ Vt, piirs(|h^il he pouvait ailaquër les ftu^sds, trott élbignés. Il se ligiia aVbc Ibs i^ois d'Bpa^nc cl de Sardaigné , et déclara la j^iileht. L'ertlpèreUt" sollicita ert vàîn les secoure dé l'Alrtgleterré et dé là Hollande. Il jf^ayà bher àon irapru-i âëhcd d&ns lés campagilés cle 4^34 et 47â;5. Lil màréchâi de Betvvick s^crnpàrà de trêves, mij l'électoràt à coii tribu tioti, traib de même ccidi de Hfayehcë , Ihvestit Philippsbburg, et fut tué pendant le Mége ; mais là placé filt prise. VUlars ûi là conquête dû MilàUëz, et termina sd glorieuse carrière après la prise dé Milan. Le maréchal dé Coigni, qui le remplaça, altaqud SOus les murs de Parme le comtb de Merci à là fêté d'odë arinéè ittipériale, remporta M ViCtdit*ë, ^bi coâla la vie an gédéral , gagna une second bsltailié à Guastàilâ ; et lé roi dé Sar-î ddigtib éhassa les Iriipériaiix dit Mantonati , le^ réduisit ï ite réFugier sur les tert'é^ de Venise j téhdis que dori CàMoS éï le j^énëràl esi^a^dbl ëointb dé Montéiriiir; Vainqueurs à fiitbuto^ leS ëhàsâàiëht des i'oyàumes de Naplesel dé Sicile;
Charles vi demanda \i pdix , à Jaqilell'ë lé ministère de Praticë était helireiiséhietlt di^^ pbsé. Lé li^aitë se tohclui à Vibnîië (47it8} Ui èonditibtl^ SuiVàhtei : rëmt)crëui' céda A àôû CàHos le i*dyautiie des Dciiic-Siëiles bâ Cchad^ m dllchés de PitSié , de Plâisanbé et de îbè» bédé. Il dbhna au rbi de Sài'ddigné pélqttej places dn Milanez, Tortone Novare et lëi Langues; StahislAs fénouçë ft Itl ëourtihne de Pologne en cdtiéétvfttit lë iitrë dé roi, d'éghaneM duc dé Lithuànié ^ et la ph)prieté de ses dd' màine^ pattinioriiabxbn PblogUë: On luidôhhd les duchés de Lôitdihé et de Bar, pbû)^ èïté réunis ) a|)rès sa thbrt*, ëh tdute sohVe^àineté) à la couh)nné de France. Là Tbscaiie devait être dofinéë en éëhlinge li Fi*àhçdiS, duc dé Lorraine , qui Obtint ^ la hiêhië ànheè ^ lii ifiSli de Marie-Thérèse; et Ld'dlâ XV ibl asâtard iià revenu de trois millibh^ ëlHq ëèdt iiiillé livfes jusqu'à la mdrt de Jeâd-Oàston de liédicM, gi'and-duc de Florence. Elle àrrità l'année suivante^ et Fràhçois entra ëd possëssiba de là toslrànei Tous les préliminaires ci-dëshis étaient la plupart ëxëcbtés, que lé ti'àité h'étàit pas signé* Un seul article en retarda la signâtuild jusqu'en 4758 : la garantie de la prégmàtiqticl^ Sanction 4 que Charles VI dediandail h la France. Elle y cônsebtii ëtifln.
Les Turbs ) regttrdàiit ébmine dhé idfirabtië)!
msTOnffi i>tr VBxmx illhand.^
des fraitéâ le^ sëconi^ donnés à Augaste III, avaient repris les armes contre la Russie. Charles VI crut devoir secourir cette puissance en qualité d*allié , et quatre armées marchèrent contre les Ottomans. Mais Eugène manquait : il était mort Tannée précédente. En deux campagnes (4757 et 4758), les Turcs reprirent toutes ses conquêtes , battirent les Impériaux en Bosnie, en Hongrie, emportèrent Nissa, Orsova, Méhadia, et investirent Belgrade ; la prise de cette forteresse allait leur ouvrir les États ^héréditaires. L'empereur accepta la médiation que lui offrait la France. La paix se fit en 4759, dans le camp même des Turcs, devant Belgrade. On leur abandonna cette place, le royaume de Servie et la Valacbie autrichienne : traité humiliant qui détruisait celui de Passarowitz, et dont le feld-maréchal comte de Wallis, et le comte de Neuperg , ministre plénipotentiaire de l'empereur , furent les victimes. La cour de Vienne crut sauver son honneur en les disgraciant : le premier pour s'être laissé vaincre, l'autre pour avoir outre-passé ses pouvoirs. Ils ne furent pas immolés seuls. Le général Daxat eut la tète tranchée à Belgrade , pour avoir mal défendu Nissa ; les officiers de sa garnison furent pour la plupart condamnés à des peines infamantes. Le comte de Seckendorf, autre général , ne dut son salut qu'à la faveur des commissaires chargés d'instruire son procès.
Charles VI mourut l'année qui suivit le traité de Belgrade (4740). Dernier mâle de la maison d'Autriche, sa mort, semblable à celle de Charles II , roi d'Espagne, devait produire les mêmes effets, malgré sa pragmatique-sanction. A peine Marie-Thérèse, sa fille, eut-elle pris possession des États qu'il lui laissait, qu'une foule de princes , la plupart garants de la pragmatique-sanction, les lui contestèrent. Charles- Albert, électeur de Bavière, réclama les royaumes de Bohême et de Hongrie, en vertu du testament de l'empereur Ferdinand 1*% qui, au défaut d'héritiers mâles du sang autrichien, rendait ces deux couronnes réversibles à sa fille Anne, femme d'Albert V, duc de Bavière, ancêtre de Charles-Albert. Le roi de Pologne , Auguste III , prétendit à toute la succession du chef de sa femme, fille ainée de Joseph h' , alléguant que la renonciation de sa femme, en jurant la pragmatique-sanction, était nulle comme extorquée ou incapable de
détruire les droits deseâ enfants. Le roi d'Espa*
gne tirait des prétentions semblables de sa mère Marie-Thérèse, arrière-petite-fille de l'empè* reuc Maximilien II. Le roi de Sardaigne formait aussi les siennes. Louis XV pouvait de même se mettre sur les rangs , puisqu'il descendait , par la femme de Louis XIII et par celle de Louis XIV , de la branche aînée d'Autriche. S'il parut d'abord peu ambitieux , ce ne fat pas lui qui fit le moins de mal à la fille de Charles VI. Marie-Thérèse opposa en yain aax prétendants et leur garantie et les droits de sa naissance. Sans argent et presque sans troapes, il ne lui restait de ressource que dans Vaffeeîha de ses sujets , qu'elle sut gagner par ses vertus. Elle brisa les fers des comtes de Wallb, de Seckendorf et de Neuperg ; elle prêta aux Hongrois l'ancien serment par lequel il leur était permis , en cas de violation de leurs privilèges , de se défendre sans pouvoir être traités de rebelles, et par là elle se fit chérir de cette nation. Le plus dangereux de ses ennemi ne s'était pas encore montré.
Frédéric II, troisième roi de Prusse , venait de succéder , à l'âge de vingtrhuît ans , à son père Frédéric Guillaume , qui lui avait laissé un immense trésor et une armée nombreuse et bien disciplinée. Il réclama quelques duchés en Silésie, entra dans cette province deux mois après la mort de Charles VI, à la tète de trente mille hommes. Schweidnitz, Lignitz, -tous les forts sur l'Oder furent emportés; Breslau même , la capitale , succomba : en peu de jours , il se vit maître de la plus grande partie de la Silésie. Au milieu de ses succès, il négociait avec la cour de Vienne {\74\);etj tout en envahissant sa succession , il oflinit à Marie-Thérèse de la défendre, an prix de h basse Silésie qu'il demandait : il lui offrit deux millions de florins , son alliance, celle de la Russie, de l'Angleterre, de la Hollande, et sa médiation pour asseoir sur le trône de l'empire François de Lorraine , son mari. La reine prit ces offres pour une injure : elle aima mieux se défendre. Frédéric s'attendait an refus; il le cherchait même, dans la certitude qu'il loi attirerait des alliés. Il rentra en Silésie pour y étendre ses conquêtes. Le comte de Neuperg reçut de la reine le commandement d'une armée pour faire tète au roi , tandis que le général comte de Rraun s'opposerait au maréchal de Schwerin* Rien n'arrêta les armes prussiennes.
nSTOIRE DD PEUPLE AUEKAND^