LIV. XXIV
annonçait qu'il était chargé de négocier à Con« stantinople un mariage entre le fils de Friedrich , le roi Heirich) et une fille de Temperenr Manuel. Toutefois on ne croyait guère à ces paroles : car le roi Hei nric n'avait pas encore huit ans, eft entre les deux empereurs Friedrich et Manuel les rapports , ainsi qu'on Ta plusieurs fois rappelé, étaient devenas , dans les derniers temps, très-hostiles. Aussi les amis de Tempereur prétendaient «que l'évéque n*avait été délégué que pour obtenir auprès de la cour de Constantinople les moyens de faciliter et d'accélérer le voyage du duc à travers l'empire grec. Mais ce prétexte ne trouvait pas beaucoup plus de crédit ; le duc ne paraissait pas avoir besoin de recommandation , et l'empereur Friedrich ne semblait pas être le médiateur naturel auprès de l'empereur Manuel. Le duc et ses amis en vinrent donc à présumer que , sous prétexte d'une mission , l'évéque pourrait bien avoir été adjoint à la suite du duc comme observateur, afin que l'empereur reçût des informations bien exactes sur la continuation du pèlerinage, sur les actes et les mouvements du duc, et particulièrement sur les négociations que Heiorich se proposait peut-être d'ouvrir à Constantinople; et si l'on considère les rapports du duc à l'égard de l'empereur, cette conjecture n'était pas sans fdndement. Elle n'est pas repoussée par la circonstance que Temperenr, immédiatement après le départ de Heiorich, parut en Bavière, à Salzbourg, à Passau, partout, comme s'il voulait effacer l'impression que le séjour de Heinrich en Baviôre-, pour un but si pieux, pouvait avoir laissée sur les esprits , comme s'il désirait renverser l'ordre auquel les grands vassaux du pays s'étaient laissé ramener peut-être par la parole du duc. Dans tous les cas , l'empereur se conduisit en Bavière d'après les mômes principes qui l'avaient dirigé antérieurement ; et la rigueur avec laquelle il repoussa de sa cour le jeune archevêque deSalzbourg, Adelbert, tandis que ce prélat s'approchait de son siège archiépiscopal pour regagner la faveur du suzerain suprême, cette rigueur devait avoir pour conséquence une intimidation générale (7). Ensuite l'empereur tint, le 26 du mois de mars , à Worms, une grande diète qui sans doute était Combinée avec lé" départ du duc Heinrich, soit que Friedrich jugeât h propos de modifier des arrangements antérieurs arrê- |
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tés avec certains princes à cause de l'expédition d'Italie , soit qu'il voulût montrer qu'il saurait bien exécuter ses anciens projets sans le dlic : car, à cette diète, il proposa l'expédition au delà des Alpes , et il présenta la chose aux princes assemblés d'une manière qui, si elle n'était pas conforme à la vérité , paraissait du moins propre à leur faire sentir la nécessité de l'entreprise, et à leur donner du zèle pour l'accomplir. Les Lombards, dit-il, et tous les partisans de Roland, qui se nommait le pape Alexandre, avaient l'intention d'arracher l'empire à lui le roi des Romains, pour le transférer aux Grecs. Cette pensée, qui put bien paraître inconcevable pour la plupart , contenait incontestablement pour les Allemands, qui songeaient aux temps antérieurs , un si monstrueux outrage, que Ton était disposé à croire qu'il avait soulevé tous les cœurs. En effet, nul des princes réunis ne parait avoir contesté la nécessité d'une expédition pour repousser un tel affront; et néanmoins tous ne semblèrent nullement disposés à rentreprendre , car il fut résolu que la campagne n'aurait lieu qu'après l'expiration de trois années. Les motifs sont inconnus : prétendit-on qu'un si long temps était nécessaire pour les préparatifs ? demanda-t-on que l'on attendit le retour de Heinrich le Lion , auquel il convenait surtout d'accompagner encore une fois l'empereur, et de maintenir l'honneur do l'empire? ou bien espéra-ton peut-être , pendant ce délai , trouver l'occasion de se soustraire entièrement aux vues de l'empereur ? Quoi qu'il en soit, la conduite de Tcmpcreur semble témoigner que le Iqng ajournement rre vint pas de lui , mais des princes , sinon contre son attente, du moins contrairement à SCS volontés et à ses désirs.
Depuis longtemps Friedrich était vivement pressé par ses partisans et amis d'Italie de franchir de nouveau les Alpes avec une armée, parce qu'il était à craindre que bientôt la ligue des Lombards n'engloutit tout. Reconnaissant combien il était nécessaire d'encourager et de fortifier ces fidèles adhérents, d'agir sur les villes qui avaient jusque-là hésité à se réunir à la ligue, combien il était nécessaire enfin de se remuer, de nouer des intrigues, de caresser et d'effrayer , de réconcilier et d aigrir les esprits, déjà, dans l'automne de l'année précédente , il avait envoyé l'archevêque Christian de Mayencc en Italie avec de pleins pouvoirs.
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niSTOmK 1)1] reiPLK AfJJlMAND.
tous <le la<Xavour pi de la confiance de l^mpc* Qeii4';cX on crrct,.piiws.-que, tous, CdiiKtinn ébût ^gne do cc4lQ Jav.eur (^t.do cette confiance. On pouvait auss^ soutenir, en. toute «^suranee , que Ker^\per«ur.it/avHit; i)a$ quvoyé.Mn toi li(yfn^>c CUjtalÎQ (^Q)ir] l'iis^T •d^H.Si ic|i inltigues Qt les hU}<|s.; -qw'ii i'avail;plM.tùt (l«U(»*lî^.en, a^nnt conuuq^un avaDt-coiireur,;et ppi^r qu'il annpnç4^ ^1 p)'0|)rjL^ûi-r|vce ;<:an la .4àcl)C; acceptée par çinistian u'H^lail pas facilf^; il ue prouvait con^ du.U'c (aifcuue. jbrcc au deM.d^s. Alpes; ausfî omincnait-U uuQ f^iblOlSuitQ.lA•lb^c>);de rapidite, on é>ttanJ; et trmupant la surveili^ucc , et gr^ce.à.u^Mî parfaitQ,co4inaissanre du. pa\i9,ii piU .ée}iapper auv aniies de$ U>n\l)ards,<|l ue ppi}Vaiit.oonii)tef sur ricii .gue surjet a r(i Opes, daixs.lesguelf) iti^taif; pa^^é nttitrç^ Maj»<)| dans ce jQi|^ il ^e.pu^rieji, fournir qliOi la p^oai^ssç do l^*{HPP^^'ili^(0 i)r<^)ia^ue..do;rempei:ourn&« Italit^ ay^^iinpicUi^^ée; c^lj, ppu^,. cette assurance^ ,il &X'latti9^ s^us (V)j^^'<l!onn^r.pne;|iutoi,'is^tipn Bi)r rem|>ci:çur:.;tiuQi qu'il. en (Soit, il ei^^çer)^ 4q0:rar<^ie.v%](e Çliri^ti^n tr^ver^a au^âçieusempntla«l4oail>ai'div\« if'pnipa Uetiveusempnt-ila \igilaHr^ desjvilJe&alliàeii, Qk^ri]|t,.à l'étonnpi^qi^Jt générai n d%m Çè^e^^ cop^mq plénipot^u.ti^rq.,(]<?, rif^,in|)?r^uir\;.ii parvint lacilemç^t à C(VDqM<^1i' uuo^rajidpautODttéivX Gômcs d'ahoid, pjii$;.ài.Ui^qvos,;à Pisq^à Sii^nne, Daq^Jes.négociditpnst.avcic Ic^.vUifCs ifplées, comme d^ns Ipf a£i$opi))léps géniJrale^, i(. réunit à vaincre d^'^nc^enipea passipn^,(à en provoque^* 4^ bo.ui:eÛe;$,; il paiviiiit.à.i^p^ndre^ur un sol.Ljen préi)ajrq une soniiQQçe qui grandi( rapidement, Qt «gui {f'\iu*ait. (fourni une riche récolle., si le moissonneur iV^vait pas manqué. Mais commo jpsfu'à Vaut^mne de Tannée /Il 72 la promesse djellAiriyéc de.remporcur ne i'ut pas tenue, alor^^.i^t seulom^Dt^ajors, s'élevèrent partout dps dilTtcjLilt^s.^ an milieu desjquellos Tarclip- ^^4ie Christian ne sp laissa .pas décourager, niultiplifint au contraire les efforis jclc sou ,acti- \;ité oMleson adresse ^ mais qui Hnirent pai* lui îl^ir^e: perdre les fruits de cinq années de travaux et d'jiabilcté. ,
. .l/euipereur lui-même, dans réié.de l'anin^e -^172,, fit une campiigne.pn Pologne; preuve nifinifesle qu'il était çnné, et que si Texpédit^on ai^ ddà. <J^? 'A^x*? <itaU ajournée., la fau^le ^e pp^yait iuj.eu/ùtre imputée-Maison ne peut se rendre compte de celte campagne de
PoJlDgne; QÏïe a qiielqiuii.e«lK)sode mya&ééieu», et i\mci ticrivainsuSouLcment en fonbimcnlion. Le but est inconnu^ comiBe le motif. Il n'esa pas question id'évéuemcnts militaires; on trouve seidoniaut quelque part*, que Jamais pmi)oi;eur ne conduisit en l^ologne, une aussi j^andc armée que celle .aveo laquuUe Friediicii eavaliii ce pays. Ajyissi les Poloaiais,,cfrrayé.<(,.n'aiiraieBtpafi fait une .seule tentative de riJâistanee;. ils se seraient empresôés de sesouiuettccà l!empereui% liji. auraient juré obéisfiance . et payé ..mille 9)Qrcs. l/expéditioa.u'a pas eu. d'autres. suites. Toutefois , comme on ne. peut douter, que. daos tout cela, il n*y ait quelque chose de..vrai, on pput.bien au^si admettrez la.pensée que rexpéilitipu s^ ratia^bait au :(. rapports de>remper/eur qv.eo.illjsiurich: k. lâon;. que llempeneur sc.propo^it iautre.iclK)sc que de saisiTileshult injUo n)pr4>s,qu'Jl dQit.avioiir enlevés.aus.Poiorr pais; qu'il aviait plutôt icjierché nae ocx:asion favorable dq paraiti^e., pendant Tabseace de IlQiuricJi , dans loi Sa^e» piY il était en.quelquo sorte un étrange^. (Quelles «étaient ses. vues? c'4?sjt.unp questipn.quc J.'onî nn peut .guère 50 hasarder à.4éci(le*, :S^ns doute, l'armée, que Friedricb ^ncna en Pologne était en igi'ande partip comppsfée /de Sax4)ns ; ciir, eocoiX}i bien que les SaxQXi^: pe- soient .pasi, désignées, spée^n.^ li'm/L>nt., ils éraient.^urtout obligés à laguertre conlre.l^s Dolonai^.'IL ^l coi*(a,ij^i aussi que^ dc^s ce mpï?acBit .-elt.jpsqu'^ i$a :€ampagne .rl'kalie, Fifiedrich se plut i^ se «lélei: des aifairps de Saxe , à cprrespoi)d/'e,aveç dcsi^niaces saxons. . , Si\ivant U4) renseignei^ent qui n'a été sigqajé que deux siècjies plus tard , Friedrich doit avoir employé les juenacçs et les promesses auprès do quelques. grands .seigqeivrs en Saxe^ plaqua par le duc Heinrich dausle çonimandpmev^t de s.es villes ou de ses cliÂteaux , afin de les détermiaçr à s'engager^ pour le cas 0(1 le dae no re* viendrait pas do son pèlerinage, à remettr,e i^ lui renjpereur ces villes pu ces châteaux, avec le pays en dépendait. La, chose est grave, et il faut y ré/léchir mûrement avuat d'y donner une entiôi'e créance. Toutefois il no faut pas rejeter celte assertion pa^r cela seul qu'elle viçnt d'un éc^:ivaia iK)stérieur; car la coute/uporanéité seule ne garantit pas la véracité d'w témoin , et les moines qui , dprrièr^les murs de lewr cloître, ont con'signéiles événements, en sont toujOMrs .rpsUfe tr^^éjoignés-, epqorp.jiien qu'ils vécussent dans les joui*s mômes où les
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faits, ^a pîv<j?aicnt^. Mai? J'oasquioiU en question psUijppi^vcaisçmblabie.en eHti-Dtôme piuir^jnc J'oA.puis^cy ajQutç'r foi. Coijcmlant Fiiedrid) fivait déjà éltMormé^ qu.e ileiyiricli ,.dans. sa i:ou1c vers Pon.stanlinople , avait éli e.NpQsc.à lie g«*ajRclsjfiangcji>; ,q«'il avai| os^nyé ui) nîiwfragc.s.ur |c J)ai)u})e \ qua, forcé xle ,coa(iQuer son vpyngia par terre, il avait eu à soiitenir de pénibles luttes en Servie, t{intdt contre la nature.du pays, tantôt contre, la férocité sauvage desliabit,9nt3(8)... Les périls iiltérieurç qoiiuenacaicnt encore Ufinricb^ le sabre des Turcs, les perfidie^.des ehréticqç , éla^ient assez connus de Friedrich; et ces périls ixiraissaicnt d'autant plus. redoutables que, d'aprps rintrépi(Jilci 1er niérQire.de Fleinriçh^ Ton devait croire. qu'il n'essay^rait.fîuIle^neQt de s'y .saustraiie. 11 est donc vraisemblable ^ que r.riedrich. ayjiit songé a^i cas où Heiqricb périrait , jC\ que dan^.eelte supp(i|5ition jil îivait travijilié, pn^parp les choses, aGn de gagner udj? pins, grande .in/1,qence.^n Saxe, ou. se rattaclierJe pays.Peut-ôjtre raêmç serait-il allé plus iQîn qu'il ne paraît, être. all^., si xleux çirconsta^^çes ne. lui. avaient, fï\it, oj)sl^çljBe D'abord, après. sçn retour de Pologpfi, mourut en Thiirifigç. soi> beîvu-frèrfi „ bî lao4graf Louis , d<[ins leqm^l il perdit un bab^le ^nxir liairp; ensuite.il enti\i av,ec..lps ^fils ti'Adeîbert FOurs^ danjî iii\e çorfe.de débat qui , .^'uppôli6, put exciter rattention des. Saxons, et, d'uq. H^tre côté,, peut biçn ans^i n?pntrer qu'il n'était pa$ élpigné d'acquérir df s possessions en. Sfixe. IJn effet Friedrich arracha des domaines (lu niarligraf , Adelbcrt . de Rr^^ndebeurg Vhérjitagç j (le l*lot^.ke^ échu h celui-ci yingt.quAti'e 9,11c auparavant , après la mort fie Bernard, dernier comtp de Plotzke ; mais les fils d'Adelbert l'Ours; opposèrent une si vigoureuse rési.stance,,qn'unq lutte se serait engagée eutre Tempeieur et sesfrèrçs, si d'au très,, princes saxons n'avaient ppint [n-r terposé leur médiation. Quoi, qn'il en soit, il. est certain qu'il s'éleva dcp soupçons. dans l'esprit des partisans du duc au sujet des vues ^ l'empereur ;. et Ileinrich le Lion , à son retour dp la Tcrre-3airite, n'eqt aucun motif de repousser ces sou pçons} ou.de les meltre en doute,,
Heinrich le Uon arriva au commencement de l'année suivante dans sa patrie , en bon état de s^nté, mais sans ramener tous ceux qni l'avaient ac^cqmpagnéj Plusiei^rs avaient tronyé la riiort en route, parmi lesquels j'évoque Kunrad de Lubeck. Dans son voyage , le duc
< r; .r 1, cnAP. I.
jVavajt rencADifttré , „ peut-^stre . méine . n'avAit plîercUij.aiiciinc -occ4^iau. d(î gMerro5«rMcont»i# les.indc^èlpSiV mai3 il DAV^iait tout autt:ç;qu!il n'était parti, épuré dans ,se5,.seiUirofinls..rxît Mgieuîî pai'n^es longs et fréququts enîretiens avec le pieu.x et> sav^^nt fibbé Hein;:ich,et iiveq Fpvèque Jj^unrad, éclairé ^ aUSurp^i. d^s .^ vues relative^ à .1 Église ,^ instruit. pai! de DQmr brqu&es expérieiice»s^ çt pourvja > d<? tUAÙvelleç ponnaissanccs sur les pays et les peuples , les usages, et les, mœurs- . .,.,,,•..
Au moment de;§on arrivée,. l'empereiy: sa trouvait ^ Augsbourg.Lc cœur dft Hejnriçh.Dp pou vijiit éprouver aucune syuippfji^icpour Hboptime.. qu'il païa^i .a-voity , cen$i(\érév 4ésQn»ai^ pommq le dçvas^lte^ur d^ TltaliPo le^^^âtrupteiM' dc$. égli^ , ûonvmq. un qnt?emL pprsonnqj. qui PQnHseuien^ejnt lui (^vait; AiTstdtéJIhéritj^dç son oncle , mais iiv^ijt pnco|*e- b^ti djcs p)aQs.si|ir $a niir^p. ])ïais il ,pen^. quq.Jesxqlfttions iUi vas^p^ge et les aouvpn^pecâ lui cQmmap.d(iipQ{; de Dç yas manquer de respqc^t à i'empene.ur,.ll çp reodit.donp k Augsl?ourg;. et . leç. .mépifiS n[io^fs.qui engageaient le due, à parAître; à.l^ cour. (Je l'empi^reiiir , s(bIqu. .i!anci,en. u^ftgq^ détei;rai)îèr.er^t aussi remperpïu'»;^ fpcpvoir, le djup compie .par Ip, piassfi, ,Tous. dpux. ^'étaient î^busé? dans lpursespéiian(^e§ , §!é|^ipPt ti;paipéjp da9s leflr Âtte^egiftoustdenj^. çeatdient.àite:.U ro»tq qu'ils.suiviftient les éJoigft^*4ipnl bifil} plu^i'gfli dq Jlfiutce; mais^ (^ux yeqx d^i mni^\ . il§ pai:çijssaipnf| être d',ançiqn$ aouis., et jie^ d'jétrangp .pu.ile npuye^Pr.iîe §çmWwt avjwf surgi ., ente .eux, C<?peudAnt.' He\nuich. prit bientôt, congé.. de r.qmpcr.çurj. jçt co^r\it..à BrannsÇîlny,ei* rejoindre soft. .^pp^use,, ,qni 1\\\ pré^ei?A(^ ,unp.,pe,tife. fille,. Aus^Uôlj, il, s^e ^jÇfnijt h poursuivre les.tBuyrcs.ialeiirQmpupS' pt^if sqij pèlerinage. Les,,pr<iy»es. et. les. église^., fftTiBft^ enricii,iç des précieux doi)^ ,qU-i), a,vajt,reça^ d'un pijpqp t,urc,ei;.,^eJ',f;npçrtepi: grçc^, il déposî^. . d^ns. je^ , tproples; ,de( saiiutes - r^liq^es qui étaient. paryepue3.^n.tcç ses main;s . confin\e présents ()Hfï)ar 4?^ ^çUdtïs. î?u.r le siège ^épÂ^f copal de Lubeck il plaça i selon les vœu;j;,4t} qlergé de cette, église., spn amf J'abt)é,Hejyniricb, malgré ?a répugnance h s'en ^<»par,çj:«..]UQi.3 ce qui l'occupa le plu? , çp furent le^,foKtdalion^.> les constructions, j.çs embe!lissemçD,ts .daq??^i^ chç-re cité de ljrau,nçqb\irei^., qt flm, d'AUtre§ villes et chàteayj^,. ^ipsi que ]ps..tra.vaqx,.qifi pouvaient améliorer la vie des hommes, faci-
liter, adoucir leurs rapports; et ces occupations réclamèrent si complètement son attention, qu'il ne devait se laisser ramener qu'à grande peine au souvenir de rilalie et d'une campagne en ce pays.
Et pourtant il était certainement obsédé à chaque instant pour une telle entreprise. L'empereur s'occupait sans relAche, comme il l'avait fait précédemment , de l'expédition au delà des Alpes contre le pape et les Lombards. On peut à peine concevoir que dans cette pensée il ait fait et entrepris tout ce qui arriva par son action. Dans celte année -1-175, il renversa du trône , par la fon;e des armes, le vieux» roi Wladislav de Bohème , enleva le royaume au fils de ce prince, et en conféra l'investiture, à titre de duché, à. un parent du roi détrôné, nommé Sobeslav , qui , pour des motifs inconnus , avait été longtemps retenu prisonnier par Wladislav (9). A la vérité, le vieux roi Wladislav, qui d'ailleurs mourut Tannée même où il perdit son royaume, avait nommé pour son successeur son fils Friedrich , sans consulter l'empereur , comme si la Bohème n'avait pas été un fief de l'empire germanique, mais un État . indépendant auquel fdt attachée une souveraineté héréditaire ; et, pour cette prétention, l'empereur avait déclaré le père et le fils frappés de déchéance. Mais il n'est pas moins yrai non plus que jadis Wladislav avait fait preuve de fidélité et de dévoùment envers l'empereur, et combattu pour la cause du grand monarque des deux côtés des Alpes. Il est également vrai que Wladislav était le père de l'archevêque Adelbert de Salzbourg, qui, à cause de son adhésion au pape Alexandre et aux vieux principes de l'Église ,* s'était attiré la colère implacable de l'empereur. Friedrich pouvait bien être dans son droit; mais si Wladislav , à cause de son fils l'archevêque , n'avait pas été suspect de partialité pour le pape Alexandre , peut-être l'empereur auraitil su allier à la dignité impériale pins de tolérance envers un vieillard qui d'ailleuh ne paraît pas avoir essayé la moindre résistance. ^
Cependant, dans le cours de cette année et les premiers mois de la suivante, l'empereur tint plusieurs diètes en Saxe, à Goslar, à Erfurt, à ittersebourg, à Quedlinbourg. Parmi les motifs qui le déterminèrent à des séjours répétés en Saxe , on pourrait aussi ranger le
désir de voir plus sûrement le duc Heinrich h sa cour; car, en Saxe, ce prince ne pouvait pas se dispenser de s'y rendre. En effet il pamll qu'il vint constamment à la cour de l'empereur; et partout où il rencontra son suzerain , il est certain aussi qu'il fut question de l'expédition d'Italie , et que Friedrich essaya de déterminer le duc à y prendre part. Peu de temps après les fêtes de Pâques de Tannée. -H74, Fempereur tint à Nimwegen une diète où tons les princes présents s'obligèrent par serment à l'expédition d'Italie : Heinrich n'est pas nommé parmi ces princes. Ensuite, le 9 juin; Friedrich eut une conférence avec des envoyés des princes et des seigneurs d'Italie , qui attendaient son arrivée dans un lieu en deçà des Alpes, qui est appelé Winelinbourg : les princes lui promirent obéissance, et s'engagèrent à l'accompagner au delà des Alpes (40). Enfin l'empereur se rendit à Ratisbonne, où il avait indiqué une ^ièle générale. Elle fut ouverte le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, et il s'y rendit tant de princes, que l'on en vit à peine une semblable en Bavière : Heinrich le Lion y assista aussi. Le but spécial de la diète était la décision des affaires de l'évêché de Salzbourg , que Friedrich ne voulait pas laisser dans un si grand désordre durant son absence. Le malheur avait si profondément courbé les hommes, que trèspeu de voix demandèrent si la raison était du côté de l'empereur ou de Tarchevèque Adelbert, et que le désir du repos , à quelque condition qu'il fût acquis , avait étouffé tout autre sentiment. Comme on ne devait pas attendre de l'empereur qu'il replaçât l'archevêque Adelbert sur le siège archiépiscopal tant que celuici persisterait dans les mêmes principes, on avait essayé de déterminer le prélat à la soumission. Adelbert avait pourtant encore des partisans parmi les ecclésiastiques comme parmi les laïques , mais très-peu d'entre eux se hasardèrent à confesser leur adhésion. Il se trouva dans la situation la plus déplorable, et, chassé d'un lieu vers un autre, il avait souvent à peine un point où reposer sa tête. Jadis il avait trouvé un asile auprès de son père le roi de Bohême; mais, depuis la ruine et la mort de Wladislav, cette retraite aussi lui avait échappé. Néanmoins il ne chancela pas un instant; une seule fois il put sentir quelque incertitude dans son esprit, quand ceux qui, par dévoùment pour l'empereur , ou par fatigue de la marche
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des choses^ étaietit devèniis ses ennemis , ne se firent aucun scrupule de porter contre lui de calomnieuses et cruelles accusations auprès du pape Alexandre. Mais Alexandre ne se laissait pas facilement abuser; son légat pour la Bavière, Tarchevôque expulsé de Mayence, Kunrad de Wittelsbach, et d'autres fidèles serviteurs -du sai'nt-siége , lui exposèrent la vérité. Il maintint donc fermement le malheu«reux jeune homme, comme Adelbert s'attachait sans réserve au saint-père. A la diète de Ratisbonne, Adelbert se présenta aussi. 11 vint dans la compagnie et sous la protection du duc Heinrich d'Autriche , son oncle, et il resta présent sous cette protection pendant toute la durée des négociations. Sans doute le duc Heinrich s'employa pour son neveu auprès de l'empereur; mois, quoi qu'il en fût, ses prières n'aboutirent à aucun' résultat : car, lorsqu'il fut question de l'affaire d' Adelbert, maître Richerus , évéque choisi de Brixen , sur la sommation de l'empereur , proposa la déposition de cet archevêque; et tous les assistants, laïques ou prêtres, se tinrent pour obligés d'appuyer la proposition. Le duc Deinrich d'Autnche eut seul le courage de refuser; et en effet ce refus résultait' nécessairement de la protection qu'il avait promise à rarchcvèque. Aussitôt après cette déposition, les évèques suffragants de Tarchevèché de Salzbourg , qui étaient présents (il n'y manquait que l'évéquo de Freisingen), élurent pour archevêque le prieur Heinrich de Bercktoldsgaben, homme capable, pieux, savant, jusqu'alors jouissant d'une haute estime auprès des ecclésiastiques et des laïques. Les vassaux séculiers adhérèrent h ce Tchoix, et Deinrich accepta Le nouvel archevêque fut aussitôt installé; rcQipcreur lui conféra en grande pompe par le sceptre la collation de toutes les régales de l'église de Salzhonrg; et les vassaux de cette église, en offrant Tbommage de la plus humble soumission, sollicitèrent le renouvellement ou la confirmation de leurs fiefs, obtinrent l'objet de leurs prières, et prêtèrent serment à l'archevêque, en présence deTemperenr, comme fidèles serviteurs , Heinrich le Lion le premier de tous. Ainsi Friedrich put bien croire qu'il avait achevé cette entreprise impie , et qu'il avait rétabli l'ordre et le repos. Mais il oubliait que le feu n'est pas éteint toutes les fois qu'il ne jette plus de flammes; il oubliait que l'arche-^
yùqwe Adelbert vivait, qu'il était retiré avec sa douleur et le sentiment d'une injustice éprouvée; il oubliait qu' Adelbert n'était pas isolé, que quelques prélats s'étaient retirés ouvertement avec lui ; que , dans l'opinion de certains naemhres du clergé ou de quelques laïques, sa cause passait pour celle de la justice, et qu'enfin le pape Alexandre, avec toute la puissance de l'Église , tenait pour Adelbert.
Quoi qu'il en soit, Friedrich jugea que dès lors il ne pouvait plus différer la campagne d'Italie. 11 se mit donc en route au mois de septembre par la Bourgogne , voulant pénétrer de nouveau en conquérant ,dans le pays du même côté par où il l'avait abandonné , six ans auparavant, en fugitif, afin que les derniers témoins de ses revers contemplassent maintenant les premiers son triomphe. On dit que son armée était tres-forte; on prétend aussi qu'il était accompagné par huit mille cavaliers revêtus d'armures complètes; mais on ne peut savoir comment cette armée avait été réunie. Outre le nouveau duc de Bohême, qui en recevant ses États s'était sans doute obligé à la campagne d'Italie avec toutes ses forces , il paraîtrait que le comte palatin Kunrad du Rhin , ffère de l'empereur, et les archevêques et évèques des contrées rhénanes , assistèrent seuls à l'expédition. Tout le reste des forces , Friedrich l'avait levé sur ses propres possessions. Mais en Bourgogne peut-être certains seigneurs grossirent-ils les troupes ; il peut se faire aussi que du Brabant, de la Flandre, et d'autres parties de l'ancienne Lorraine, beaucoup d'aventuriers aient été attirés sous ses bannières par l'appât d'une solde et du pillage. Toutefois de Bavière il ne vint que peu de monde , et de Saxe personne , ni Heinrich le Lion , ni un antre prince du pays. Les Bavarois furent peut-être ménagés, à cause du désordre dans lequel était tombé le pays par suite des affaires de l'archevêché de Salzbourg. Les princes saxons peuvent bien être restés chez eux parce que le duc lui-même ne bougea pas ; mais Heinrich se refusa-t-il hautement à suivre l'empereur, ou bien dcmeuVa-t-il dans sa patrie avec l'agrément de Friedrich? c'est ce qu'il n'est pas facile de déterminer. La première supposition impliquecaitune rupture ouverte entre le suzerain et le vassal , et l'on devrait trouver au moins trace d'un tel fait dans les écrivains; mais on cherche en vain
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niSTOIUK DU PFXH.E ALÏ.KMAM).
le moinclrc indice : raetion pacifique ile lleinrich eif Bîivici'e et en Saxe, après |c dqiarl de rempereur, dépose contre nne altitude liosUlc de sa» part. On trouve quelques raisons qui poniraient en quelque sorte appuyer la fec.onde Opinion. I/empereur, égaré par les rapports des anciens vassaux et de ses autres amis en Italie sur l'état des choses en Lombardie, put bien regarder ses forces toutes disposées comme suffisantes pour la soumission des villes confédérées ; il put même ci'oire qu'une; plus grande masse d'hommes serait plutôt à charge qu'utile. Dans (« cas probablement il se contenta facilement d'une promesse dn Heinrich de le suivre s'il en était besoin. Ou bien on pourrait encore admettre que Friedrich, se proposant de pénétrer en Italie par Snsc et Turin , désira laisser cro.ire^ux Lombards que Heinrich le Lion menaçait de descendre de la Bavière dans la vallée de l'Adige , afin qu'ils n'osassent point retirer leurs troupes de ce canton pour les opjposer à lui-môme 5 et , dans ce cas, le duc Heinrich aurait bien pu promettre détenir en Bavière des troupes toutes prêtes, assez fortes pour effrayer les Lombards. Mais d^autres raisons aussi enlèvent touk> vraisemblanceà cette supposition : lieinrich le Lion ne tint jamais la pi*omesse que nous lui prêtons ici ,' et jamais il ne lui fut reproché d'avoir violé sa parole. Il ne reste donc plirs.qu'à présumer que Tempereur, voyant le duc éloigné de toute participation à l'entreprise, affecta une profonde indifférence à ce sujet, feignit de pouvoir se passer du concours du duc, et que les deux princes se quittèrent en observant les convenances de leur dignité, mais avec une froideur réelle. Toutefois l'histoire, quand ses sources ne fournissent rien , doit laisser l'incertain pour ce qu'il est , et chacun libre de prononcer son jugement.