‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 3 sur 165 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

SIEGE d'aNCONE PAR CHRISTIAN DE ^tf^AYENCE ET LES VliNlTIEiN.S, — i/eM- PER^EUR POUR LA CINQUIEME FOIS EN

ITALIE. SïÉGB d' ALEXANDRIE. —

ARMISTICE ENTRE l'eMPEREUR ET LES LOMBARDS.

De l'nn 1174 à l'an 1175.

Cependant en Italie Farchevôque Christian

de Ma^yence se vo\ait., nqn liiis oublié, piajs abandonné. Les dilficullés qui ^ depuis l'automnjB de Tannée ^ 1 72 , s'étaient élevées contre lui, parce que. l'empereur n'ét(iit pas . arrivé comme il Tayait annoncé, s^acçumul/iient tour jours et se compliquaient de plus ei) plus. Il eiU î\ les tourner/ à lutter contre elles toute l'année suivante. Épiant les moments., saisissant toutes les pccasions, sans scrupule sur le choix des moyens, il sut se maintenir et 'souvent même se relever. Sachant jpuej* habilement avec les passions des hommes, qu'il, irri-r tait ou calmait avec un art infini , il, avait séduit divers esprils ; ses dérisions audacieuses frappaient comme une épée (i deux tranchants* répandaient une sorte de terreur autour de lui , et ses talents militairçs, $on intrépidité, lui avaient gagné les hommes les plus vaillants. Il parvint de la sorte , sinon à se rendre mailrç des affaires , du moins à s'élever au-dessus d'elles ; à maintenir ou ramener non pas dans la fidélité , mais sous ta maip de l'empereur, les contrées que le duc. Welf avait laissées à ce monarque , même presque toute l'Italie centrale , depuis le Uubicon jusqu'à la frpntièra de la Fouille, depuis Lqcca jusqu'à Spoleto; à braver la ligue des Lombards , le^roi des I)eux;Siciles, et même le saint-père. Kn réalité, si l'on pouvait promener ses regards sur le? routes tortueuses que le prélat guerrier fut forcé de parcourir, tantôt agneau et tantôt lion, il serait difficile de se défendre d'une sorte d'admiration ; on lui refuserait d'autant moins ce tribut, en pensant qu'il avait été réduit à la nécessité de se former lui-même une force on Italie, et de s'entretenir avec le pillage du pays, exercé assurément non sans de grandes violences. Enfin , dans l'année H 74 (4 ), il entreprit une tAche dont l'accomplissement lui paraissait devoir contribuer essentiellement à Tapaisemenldes passions , et il !$'en chargea à de lelle^ conditions, que, s'il échouait, aucun préjudice ne fût porté à l'empereur, tandis qu'au contraire du succès devaient sortir des avantages incalculables pour le souverain. .

La ville d'Ancône était un objet de. haine pour les Italiens, de colère pour les Turcs. Entourée de deux côtés par la mer, d'un accès diflicile par-dcrriêro, pourvue d'un bon port sur la mer Adriatique, depuis nne suite de siècles Aucune s'était peu inquiétée des troubles d'Italie; elle avait même contemplé dans un

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