‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 28 sur 165 · UV. XXIV, CHAP. XI · texte numérisé non relu

UV. XXIV, CHAP. XI

de tout ce qui loi était resté et ce gu^il avait conquis ou gagné ; mais , comme le Holstein , en totalité ou en partie, s'était de nouveau détaché de lui, on passa entre quant à ce pays. £n outre on Ini promit le rétablissement dans tous ses droits et ses honneurs en Saxe, après le retour du roi d'Italie , sous la réserve de quelques indemnités et de quelques compositions. De son côté, le duc s'engagea à laisser reposer ses armes durant l'absence du roi, et probablement il renonça au duché de Bavière. De plus , le duc s'obligea de remettre comme otage son fils Lothaire entre les mains du roi , non pas seulement que le roi se déGàt de la parole du duc , mais surtout parce que Ton regardait comme nécessaire d'honorer la dignité royale, et de calmer les princes qui s'intéressaient à cette affaire. Enfin il promit , afin qu'il y eût un signe d'abaissement de sa part devant la souveraineté de l'empire, et que ce signe frappftt les regards du monde, il promit que son fils Heinrich , accompagné de cinquante vassaux bien armés , assisterait à la campagne du roi en Italie ; et, après la fixation de ces conditions réciproques, Heinrich le lion parut, probablement dans le mois de juillet, à la cour du roi Heinrich à Fulda , afin que des deux parts fût confirmé ce que les médiateurs de la paix avaient arrangé.

Telle parait avoir été la substance du traité; et, s'il en fut ainsi, qui peut ne pas reconnaître que tout l'avantage fût du côté du roi? Le duc lai fournissait la garantie la plus sûre pour le repos de l'Allemagne septentrionale , et il n'avait plus besoin de prendre ses précautions pour entreprendre l'expédition d'Italie. Mais il est incompréhensible que Heinrich le Lion ait pu se résoudre à un traité par lequel il remettait deux de ses fils au pouvoir du roi , se réduisait à l'inaction, se faisait même le lieutenant du roi , sans obtenir autre chose que des espérances que le roi, en lui supposant même la bonne volonté , était à peine en état de remplir ; tandis que, s'il avait persisté dans son attitude hostile , il aurait imposé an roi de tout . autres concessions. Quoi I avait-il réellement la confiance que le roi tiendrait ce qu'il avait promis ? alors il se serait étrangement abusé. Ou bien agissait-il dans le sentiment du décroissement de ses forces ? la route qui s'étendait encore devant lui jusqu'au terme de sa vie lui paraissait-elle trop courte, et désirait-il à cause

de cela rapprocher ses ffls du jeune roi pour les lui rendre chers, et ainsi leur assurer une position pour les jours qui viendraient après lui? Dans ce cas, qui pourrait prononcer des paroles de blâme sur le vieillard courbé par l'infortune et maltraité par les passions humaines ? Quoi qu'il en soit , il est certain que Heinrich te Lion se livra de nouveau , avec son ancienne ardeur, à l'administration, à l'encouragement de l'agriculture et de l'industrie dans ses possessions , et fit tout -au plus quelques tentatives pour ramener par des voies pacifiques le Holstein sous sa domination (8) . Le roi Heinrich, de son côté, travailla aux préparatifs de son expédition au delà des Alpes , et s'efforça d'y attirer autant de princes qu'il était possible d'en I gagner.

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