SÎ
HISTOIRE DÛ PEtPLË ALLEMAND.
sdtlttë; H ^ Ha Uèntdt âtec beaticoop de jeunes getis qui , par leur famille , leurs relations, leur intelligence, promettaient d'acquérir de rimportancc , et en même temps il conserva les principes solides d'après lesquels uii homme honnête , et surtout un ecclésias* titfUe , doit régler sa vie entière. Là il apprit anssi à codnaitre la vie de saint Thomas de Càtitorbéry, qui avait stibi la mort d'un martyr , et qui , appelé par TÉglise au nombre des bienheureux , reçut dans la tombe les plus grands hommages des grands comme des petits , des laïques comme des prêtres. Lothaire lui-même fit un pèlerinage aux reliques du nbnveau saint. Après qu'il eut satisftilt à Paris sàti désif de savoir , et qu'il se fut bieti préparé à l^dxplication des saintes Écrittires, à rexameii des sources dé l'histoire de l'Église ^ initié ausri à ee qtie Vôh appelait alors la philosophie , il partit pour Pologne, siège de la science en droit romain îbX en dt-oit canon. L'on ne peut bien {i^éciser s'il appliqua tiii grand zèle au droit fotuàin ; mai^ ce ^ul est hors dé douté ^ e'e&t qti'il ^ë consacra avec une vive ardenr à rétdde dn droit canon. Enfin il revint à Rotne , ôU hë sait au Juste dàn^ qtlelle année , pour CDtisacrer désormais toutes ses forces au setrice dé ^Église. Le pape Lticius Itl lui confia d'abord dès affairée à manier ; Grégoire Yllt lui dontia là consécration comme sous-diacre. A l'âge de SO ans , il reçût de son oncle Glé-^ ment lll la dignité de oordlnal-dtacre de l'église de Saint'Sërgins.
Lbthàii^e s'acc(tiitta de toutes les fonctions qni lui furent confiées par les papes, avec savoir, zèle et intelligence ; il se montra au îilveati dé toutes les dignités. Le temps qu'il avait traversé , les rapports dans lesquels il avait vécu, avaient agi fortement sur Ini. Dans la jeunesse, il avait l'expérience d'nn iibmme ; dans l'âge viril , celle de la vieillesse. Aussi son âme avait-elle contracté une sorte de isécberesse et de dureté. U n'avait jamais jeté isur le monde le regard serein de la jeunesse ; jamais il n'avait été captivé ; jamais il n'avait joui avec abandon, avec naïveté, des beaux jour^ que la vie peut apporter même dans les temps les plus difficiles. An contraire, il s'était dressé en face du mondé, renfermé en lui-même; avec un certain mécontentement dans le cœur ^ sans repousser peut-être ce qui £tait deva&t ses yeux , mais le considérant en
juge , et le plus iK)nvent âteé nn Mitiment de blâme. De la sorte il était arrivé peu à peu â envisager le monde sous un aspect qui n'avait rien que de sombre. Les mouvements des hommes lui paraissaient une suite de tristes égarements. Formés de la matière, et nourris par la matière, faibles , nus , contraints à toute sorte de fatigues et de peines, les hommes, pensait-^il, ne se laissaient déterminer â tous les actes et à toutes leurs manœuvres que par des passions basses et communes. L'ambition, la vanité, l'orgueil, ia volupté et d'autres désirs, lui paraissaient être les causes de leurs actions ; les vices et les péchés, le fruit de ces impulsions. Et nulle part ib ne trouveraient de repos ^ nulle part de relâche ; lé tissti d'aujourd'hui préparait Seulement un certain nombre de fils à séparer pour demain ; la Vie n'était qu'une fantasmagorie , et l'œuvre de tous les hommes se perdait sans laisser de traces dans un océan d'efforts inutiles.
Il n'en pouvait être autrement ; de ce point dé Vue, Lothaire devait mépriser le moïkfe avec toutes ses pompes. Leâ hommes ne devaient exciter en lui ni sympathie ni amour } il devait leur souhaiter la mort plut6t que la vie. Mais , à travers l'affreuse nuit, se laissait entrevoir un port vivement éclairé , où celui qui serait en état de l'atteindre pouitaît trouver la fin de ses misères , un bonheur pnr pour le temps et l'éternité , une sécurité complète contre les tempêtes de la vie. Ce port , c'était l'Église de Jésus-Christ, illuminée par la doctrine de son divin fondateur. Les ecclésiastiques étaient les guides des infortunés qui^ sur les vagues amères et désolées du monde , tournaient tous leurs désirs vers ce refuge. Le maître du port , qui l'euvrait et le feimalt , c'était l'évéque de Rome , siégeant sur la chaire de l'Apôtre . élevé au-dessus de toutes les dominations, de tous les pouvoirs temporels, qui ne tendent qu'aux choses terrestres, âVinanité, au néant; l'évéque de Rome les juge tous, sans être soumis à aucun tribunal. Avec de telles vues , Lothaire monta sur jle siège apostolique sous le nom d'Innocent III.
L'on a rapproché ce pape de Grégoire VII , dont il adopta et appliqua les principes sur la papauté , et sur ses rapports avec l'Église et le monde; l'on a établi un parallèle entre les deux pontifes , donnant l'avantage tantôt à l'un , tantôt à l'autre. PoUr l'intelligence et l'activité,
tiv. xtv,
înnoccnt était égal à Grégoire Vit ; il le surpassait en connaissances , mais pour tout le reste il lui était bien inférieur. Grégoire est toujours pénétré de la vérité de ses prétentions , et convainco ^ue ses actes sont l'accomplissement de ses detolrs ; il est donc simple , calme, égal à lui-métne 5 c'est un héros religieux , doux et compatissant , alors même que la plus grande rigueur lui parait nécessaire. Innocent se pose toujours en dehors de ses vues ; il paraît tenir pour vrai ce qu'il peut défendre , ou ce qu'il espère persuader au monde à l'aide d'une vaine logomachie ; il parle sans cesse de son devoir , et sert assez souvent la passion. Peu désireux d'une vaine gloire, Grégoire ne veut que rbonneur du Christ, et la domination de l'Église : Innocent tend à sa grandeur personnelle , à sa propre domination ; en général , il se montre sans amour, dur et cruel, et l'on pourrait presque dire que, dans certains caâ particuliers seulement, et par calcul, il est Bienveillant et bon. 11 fkut tenir compte de la différence deâ circonstances ; il faut considérer atissi que celui qui cherche à fonder nn pouvoir se montre plus juste et plus clément que celui qui, déjà en possession de la puissante, en redoute toute diminution , et croit devoir en poursuivre tout accroissement. Mais il serait nécessaire de pénétrer plus profondément dans la vie de ces deux pontifes. Grégoire était le fils d'un artisan , Innocent était issu d'un comte ; le berceau de Grégoire avait été dans une cabane, Innocent avait été frappé des premiers rayons de la lumière dans un palais. Le premier, en entrant dans la vie, ressentit le besoin, • les soucis de l'existence matérielle, et presque la faim; l'autre, au contraire, nagea dans l'abondance. La première leçon que Grégoire reçut vint probablement des inquiétudes , de Topprèssion et delà nécessité , contre lesquelles il n'y avait d'abri que dans 1 abnégation, le dévoùment et l'humilité, alors même que le cœur était parfois gros de soupirs et de plaintes. Innocent avait un entourage tout plein de colère , de ressentiment , de haine et de vengeance, qui ne trouvait de soulagement que dans l'orgueil, 16 dédain et l'insulte. Sans doute nn homme distingué par la sagesse , le savoir et le développement des hautes facultés de l'intelligence, est en état de surmonter leâ impressions de l'enfance et de lâ jeunesse, et de se maintenir libre et pur ; doué de nobles
CHAi*. th.
IM
sentiments , compatissàtit et géttéréox ^ il pettt naître indifféremment dans les derniers rang» on dans les classes élevées de la société. Mais it est plus facile de se dépouiller des formes rudes et vulgaires, sans oublier Ift mifiôrô* qui est encore là au-dessous et ftit entendre seë cris , que de se dégager des préjugés qui assiègent et pressent les hautes régions , des enivrements de l'orgueil , et de toutes ces vapeurs de la vanité. Grégoire avait appris à connaître lefl douleurs des grandes masses d'hommes, et comme il n'y avait plus de délivrance à espérer, il désirait au moins amener un adoucissement à des infortunes immenses. Innocent, nourri des passions et des vices des palais, aspirait ft devenir le plus graud parmi les grands, à s'élever au-dessus des plus hauts, sans comptée pour rien la grande masse des hohiiUes , 4^i lui était incoUnue. Enfin la route que ces deuie hommes avaient parcourue avant d'atriver au siège apostolique n'était pas la mèUic. La route d'flildebrand fut longue, étroite, éttîbar*' rassée d'obstacles de toute Hattire; celle dé Lothaire courte , large et facile. Hildébrand Aûî se rendre digne de son élévation par ilUe grande lutte pour l'Église , et une hante posi^ tion lui fut accordée seulement lorsqu'il étâii parvenu depuis longtemps à ce niveau par seé actes et ses travaux. Lothaire parvint à se^ dignités , non pas sans se recommander par ^n mérite personnel , mais saus avoir réUdti de services à l'Église ; elle? lui furent apportée^ ^ elles vinrent au-^devaUt de lui ; JeUfae bobine ^ il était déjà, à la grande admiration du monde! sur le degré le plus élevé , où Bildebrand né parvint que dans sa vieillesse ^ et pont eéla il était nécessairement autre que Grégoire VIL
A peine Lothaire , après avoir refUsé long^ temps , avec une modestie vraie ou feinte , lé choix des électeurs, eut enflu souffert qu'oU Itii jetât la pourpre sur les épaules , à peine eut^U reçu les félicitations comnie tnnoèâUt III , et se fut conformé aux usages pratiqués dans cei sortes de solennités , à l'exception de la cotisé^ cration , il prit possession du palais de Latràn , et déploya aussitôt une activité qui dût animé]^ les amis du saint-siége , et eU même iBtnpê effrayer ses ennemis. Avant tout ^ il purifia M palais pontifical; il en éloigna ee pèuj^le de parasites qui s'était accroché au salilt-siégè^ èl que les papes aVaieht toléré par vânitë^ par M* blesse, où en conddératioiides clèconstaticeëi Etl
même temps , sachant bien qu'une vaine pompe ne jette pas d'éclat sur le puissant , et y répand pIutAt de l'ombre, il introduisit cette noble simplicité de vie et de mœurs permise par les convenances. Parla il excita Tattention, la joie, l'admiration , d'abord de la ville de Rome , et bientôt de la plupart des hommes vertueux et sérieux. Il alla plus loin : dès le lendemain de sa consécration , il engagea pour sa domination et celle du saint-siége une lutte telle, que nul pape avant lui n'en avait soutenu de pareille.
A cette époque, la chaire de saint Pierre reposait sur une base terrestre très-étroite. Des grands biens qui avaient pu être conférés à l'Église romaine par Pépin le Bref, ou qu'elle avait su attirer à elle auparavant et depuis , il ne restait que de très-faibles parties , et les vastes prétentions qu'elle avait élevées dans les temps antérieurs étaient presque entièrement tombées dans l'oubli. Non-seulement la fortune de la marquise Mathilde se trouvait entre les mains de Philippe de Hohenstaufen , duc de Souabe , mais en outre , par delà la Marche d'Ancône, la Romagne , l'exarchat de Ravenne. Les empereurs Waiblingen avaient disposé de tout en faveur de leurs fidèles chevaliers teutschs. Dans les expéditions de Sicile, l'empereur Heinrich Yl avait conféré en fief à ses guerriers des biens situés aux portes de Rome , tandis qu'il s'était mis au-dessus de la suzeraineté du pape sur le royaume de Sicile , comme si elle n'avait jamais existé ; et, dans la ville même de Rome, la position du pontife n'était nullement assurée. L'Église du Christ, d'après son enseignement et la profession de foi des fidèles , était fondée sur un rocher contre lequel ne pouvaient prévaloir les portes de l'enfer ; et le saint-père , chef de cette Église, se tenait sur le siège de l'Apôtre comme sur une colonne chancelante que les partis , dans la confusion où était jetée la société, avaient secouée, contre laquelle ils s'étaient brisés, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre , qu'ils avaient assaillie pour la démolir ou la renverser.
Personne ne paraissait savoir qui devait commander, qui devait obéir à Rome. On pouvait soutenir que Rome obéissait à l'Eglise sous la suzeraineté et la protection de Tempereur; mais ce principe n'était venu que rarement à l'application. Les luttes continuelles entre les empereurs et les papes avaient jeté les esprits des Romains dans tous les sens , et avaient fini par I
les éloigner de ces deux puissances. Depuis qu'Arnold de Brescia leur avait lancé le mot de liberté , lorsque la bannière de Tindépendance avait été déployée dans les villes de Lombardie, l'envie était venue aussi aux Romains de former une commune libre. Ils n'avaient pas manqué d'occasions pour le tenter; mais toutes-ces tentatives avaient abouti à de vaines et confuses agitations : les Romains oublièrent l'obéissance , et n'apprirent pas à être libres. Ainsi il arriva que , jusqu'à l'élévation d'Innocent III au siège apostolique, toute ia puissance publique vacillait sur une base étroite , mal assurée , sans équilibre. A Rome et dans le petit territoire en Gampanie dont Tempereur Ueinrich ne s'était pas encore saisi, la suzeraineté impériale devait être surveillée par un préfet de la ville nommé par l'empereur, ceint de l'épée impériale, obligé envers l'empereur 'par un serment. Les papes admi* nistraient avec des principes ecclésiastiques et à l'aide de manœuvres cléricales , tantôt avec le préfet et par lui , tantôt en opposition avec ce magistrat; enfin le peuple de Rome croyait avoir toujours la représentation d'une commune libre , tantôt dans un sénat , tantôt dans un sénateur choisi d'abord par des hommes qu'il avait élus, et enfin par des électeurs que les papes avaient désigna. Mais chacun usurpait comme il pouvait sur la sphère de l'autre, parce que personne ne connaissait ou ne respectait les limites de ses fonctions et de son pouvoir.
Lorsqu'il fut investi de l'autorité pontificale, Innocent m résolut de mettre aussitôt un terme à ce malheureux état de choses, et cela, comme on le conçoit , au profit du saint-siége. Assurément il pouvait reconnaître que jamais moment n'avait été plus favorable. L'empereur était mort; pour son successeur était nommé un enfant qui se trouvait non dans le Teutschland, mais en Sicile. Le Teutschland était divisé , déchiré, affaibli par de longues discordes; il n'y avait pas à songer à une réunion des Teutschs. La maison des Hohenstaufen était odieuse à beaucoup, enviée par touà; celui qui s'en trouvait momentanément le chef était un jeune homme indolent , sans considération, qui ne jouissait d'aucune confiance ^ frappé de l'anathôme de l'Église. Tons les Italiens étaient animés d'un seul sentiment contre les Teutschs , la haine et la vengeance.
UV. XXV,
Comptant sur ces circonstances, et en même temps sur l'impression qu'avaient produite son élévation sur le saint-siége et ses premiers actes comme souverain pontife, le lendemain de sa consécration. Innocent manda devant lui le préfet impérial de la ville, le délia du serment qu'il avait prêté à l'empereur, et lui commanda de jurer obéissance à la papauté. Soit qu'il craignit de résister à un tel pape, soit qu'il fût fatigué de l'état des choses ^ ou qu'il regardât la cause des Teutschs en Italie comme entièrement perdue, le préfet ne fit aucune difficulté de se soumettre à la volonté du pape. Il renonça à ses obligations envers l'empereur , et prêta le serment de fidélité au pape. Dans ce serment fut anéanti le dernier reste de la suzeraineté impériale. Innocent en finit plus vite avec le sénateur. Après que le peuple romain,. pour obtenir un riche présent (7), eut juré fidélité au pape, le souverain pontife déposa le sénateur en fonctions , et confia la direction des affaires intérieures de la ville à un autre qui dépendait entièrement de sa volonté ; et avec cette place disparut aussi le dernier reste de rindépendance du peuple romain. Innocent attribua une certaine spécialité d'affaires à deux fonctionnaires; il prit d'autres mesures , fit les règlements qui lui parurent convenables , et fonda ainsi la domination pontificale sur Rome dans les choses temporelles comme elle existait depuis longtemps dans le spirituel.
Ces faits , qui se passaient dans la ville éternelle, causèrent une impression profonde partout où la nouvelle s'en répandit. Chez les Italiens , ils excitèrent la joie et l'espérance ; chez les vassaux teutschs , l'inquiétude et l'effroi. Innocent sut tirer parti de ces dispositions; il envoya des légats , cardinaux et autres prêtres , d'abord dans les cantons voisins, et peu à peu dans toutes les provinces italiennes qui avaient jadis appartenu effectivement à l'Eglise romaine, ou sur lesquelles l'Église romaine avait élevé des prétentions , afin de les amener à la soumission envers le siège apostolique. La tentative ne réussit pas partout, et néanmoins le succès dépassa les espérances. I^ fondés de pouvoir furent accueillis aux acclamations des Italiens , qui croyaient voir dans le saint-siége un pouvoir à l'abri duquel ils seraient en sûreté contre la dure domination des étrangers du Nord. Les feudataires teutschs,
CHAP. IV
troublés , éperdus, prêtèrent serment de fidélité au pape , et se détachèrent ainsi de l'empereur, ou se virent obligés de renoncer à leurs belles possessions et de chercher leur salut dans la fuite. Plusieurs sans doute payèrent leur irrésolution de la vie.
Markwald d'Anewiler, dont il a déjà été question , osa résister d'abord par la roje, ensuite les armes à la main. Vaillant , audacieux, capable de rendre toute espèce de services à celui auquel il avait engagé sa foi, prêt à exécuter môme l'ordre le plus rigoureux, ambitieux et avide de récompenses, Markwald avait été tenu en haute estime par l'empereur Friedrich , qu'il avait accompagné à la croisade. Après son retour, il avait d'autant plus facilement gagné la faveur de Heinrich VI , qu'il était resté plus ferme dans sa fidélité envers Friedrich. 11 était devenu écuyer et sénéchal de l'empereur. Dans les expéditions de Sicile, il s'était signalé par ses résolutions et ses actes , conseillant ou exécutant les cmautés de l'empereur. En récompense de ces exploits et de ce dévoùment, Markwald avait été fait duc de Ravenne et de la Romagne, et marquis d'Ancône. Maintenant il lui fallait abandonner ces contrées ou les recevoir en fief du pape, et se détacher de l'empereur et de la maison impériale. Markwald résolut de tenter le sort des armes. Une lutte terrible et funeste s'engagea, dans laquelle il employa toutes les ressources de la guerre qu'il avait appris à connaître dans sa vie si active. Mais il ne put se maintenir ; il lui fallait combattre avec des troupes soldées , en conséquence il fut bientôt à bout de forces, d'argent et d'hommes. Les ressources du pape , an contraire , étaient inépuisables ; pour lui combattait un peuple, la victoire lui était donc assurée. Après une année , tout fut terminé, quoique Markwald , attaché toujours fermement à ses projets de dévastation , espérât trouver encore en Sicile, après la mort de l'impératrice Costenza, un nouveau théâtre pour. exercer son intelligence et son énergie. Ainsi le. pape Innocent III avait pris une attitude redoutable, et montrait au monde ce qu'on devait attendre de lui.