LIV. XXV
paiement sur les Pays-Bas , dont il voulait détourner les princes et les villes de ses adversaires, pour les gagner à sa cause. Aucune ville ne pouvait lui tenir plus au cœur que la ville d'Aix-la-Chapelle, parce que son couronnement au-dessus du tombeau , sur le ^iége de Karl le Grand , ne devait manquer, dans la situation des choses , de produire une forte impression sur les esprits ; et pourtant il ne put gagner cette ville, à peine essaya-t-il de s'en assurer.
Otto, au contraire , à peine salué roi à Cologne, s'occupa tout d'abord de marcher vers Aix-la-Chapelle; peut-être avait-on appris que Philippe poursuivait la même pensée. Otto partit avec les siens ; mais il arriva trop tard. A Aix-la-Chapelle se trouvait déjà une garnison des partisans de Philippe , qui , spontanément ou sur les excitations de leur roi, s'étaient emparés de la ville. A leur tête étaient Walram, dont le père, le duc de Limbourg, avait voté à Cologne pour Otto, et l'écnyer Heinrich de Waldebourg. Les bourgeois s'étaient probablement mis sous les ordres de ces chefs et de leurs feodataires, et entendus avec eux pour la défense de la ville. Otto se vit donc obligé d'entreprendre un siège. Il rencontra de la résistance; la lutte dura plusieurs semaines. Le huit juillet seulement^ il réduisit Aix-la-Chapelle en son pouvoir, non par la force des armes , mais au moyen d'une capitulation traitée avec Walram, lo commandant de la place. 11 n'épargna pas l'argent, et accorda au comte Walram le chàtcau de Berinstein en fief, avec lequel Philippe croyait s'être assuré l'amitié de ce jeune homme. Ensuite, le 42 juillet, l'archevêque Adolphe de Cologne accomplit la cérémonie de la bénédiction et du couronnement en grande pompe et solennité. Maintenant Otto crut avoir atteint les plus grands résultats; car il se vanta, s'il n'avait pas les insignes, de posséder au moins les droits et le siège de la royauté (8). En effet les princes et les vassaux qui étaient présents furent investis aussitôt de leurs dignités, honneurs, possessions et biens, par le jeune roi, et lui prêtèrent serment de fidélité avec une joie feinte ou réelle. Lui-même s'engagea par serment à conserver inviolables les droits de l'Église romaine et des autres églises, et de renoncer à jamais à la coutume sacrilège d'après laquelle quelques-uns de ses prédécesseurs s'étaient saisis de la succession des évèques , dbhés et princes. De plus , il se montra
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généreux envers ceux qui l'avaient soutenu , favorisé, et accorda à chacun d'eux ce qui lui touchait de plus près ou paraissait lui plaire davantage.
Celte dernière partie de sa conduite lui était en quelque sorte imposée , car la fidélité la plus solide était celle qui reposait sur Tintérêt ; et son adversaire , le roi Philippe , cherchait à Iffir également à sa cause, par des récompenses ou des promesses , ceux qui s'étaient déclarés pour lui , et tentait , à force d'offres et de caresses , d'attirer ceux qui étaient indécis ou hostiles. Plus Philippe avait à offrir, plus ses efforts paraissaient devoir réussir. Mais il paraît qu'il n'obtint que des paroles en échange des siennes; ses adhérents n'étaient pas disposés à l'action. Il avait bien engagé des hostilités, mais seulement contre les possessions des messagers d'élection de Cologne, contre les comtes de Dachsbourg et de Leiningen , et simplement avec ses propres hommes, plutôt pour châtier ces comtes que pour avancer sa cause. Toutefois, tandis qu'Otto était devant Aix-la-Chapelle , il se passa deux choses qui étaient bien propres à augmenter sa considération et à fortifier sa confiance. D'abord il gagna le roi de Français , Philippe-Auguste , à son amitié et à son alliance. Ce prince avait dans le roi Richard d'Angleterre un vassal dangereux auquel appartenait la moitié de son royaume. Sa suzeraineté sur les posisessions du roi d'Angleterre en France n'était pas mise en doute; mais la suzeraineté sur un si puissant vassal n'était qu\m vain mot tout au plus propre à maintenir des prétentions pour des terrages plus favorables* Les guerres qui avaient été soutenues depuis un demi-siècle entre les rois de France et d'Angleterre , quelquefois interrompues et toujours renouvelées , prouvent que la suzeraineté des premiers était nulle. Philippe-Auguste ne put donc se défendre d'une vive inquiétude, quand il apprit que le roi Richard était parvenu à gagner quelques princes teutschs en faveur de son neveu Otto, de telle sorte qu'Otto serait élu roi des Teutschs , et même qu'il avait été proclamé par un certain parti. H dut craindre que le neveu ne se rangeât à côté de son oncle contre la France, aussitôt qu'il serait fermement assis sur le trône; et si la France était attaquée du côté de la frontière teutsche, tandis qu'elle aurait à lutter vers la Normandie et l'Aquitaine, on pouvait à peine s'expliquer
mSTOmE MJ MiOPLE ALLEKAND.
serait en état de se maintenir 8V5M tr6ne« Dans on tel danger il crut devoir mettre* (ont ea^ oravte poor éloigner le prince Wclf de Tempirel; et, quelque sentiment que VoQt eût nourri antéciearement en France à regard des Hohenstaufen , depnis Friedneh^s an. milieu des circonstances présente» il ne reiUU plus qu'à soutenir Philippe par tous les moyena,afin qu*il pût conserver Tempire, sinou en totalité, du (noins en partie, à côté du WelC Otto }: car plus le Teutschland aurait de roi», plos rb^rizon s'éclatrcirait pour le rot des Français. Philippe^Âuguste envoya donc mr fondé de pouvoir , Tévéque <de Soissons, dans Je TeoUcbland , au roi Philippe. Celui^, qui prenait de toutes mains, qui devait désirer aussi de former uneallianee par laquelle seraient déjoués les efforts tentés en favenr de son adversaire par le roi Richard,aceueillit avec em« pressemqnt l'offre du roi des Français , on vertu de laquelle Okto et Richard deviendraient des ennemis communs pour eux deux fidèles alliés. Le 99 juin , yaUia^celut concloe & Worms, et par Jà un second souverain étranger fui appelé ^intervenir dans ks rapports du Teutschland, sinon au préjudice^, du moins à la honte de V^m^ pire germanique ) où se dressaient deuxchef»; Presque au même temps Ottokar de Bohême arrivait avec une armée pour marcher contre Otto et soutenir Philippe, qui l'avait attiré à sa oause* Comptant sur. çeUa^ assistance^ il parait que Philippe lui-même passa le Rhin, sans donte pour faire lever le siège d'Aix-larCba. pelle. Il opéra sa jonction avec Ottokar à Boppard ; il lui confirma la dignité royale 5 q[u'il -lui avait déjà conférée au nom de son frère Heinrich VI , et le fit parer en sa présence de la couronne de roi. Mais .la plus prochaine' es< pérance qu'il avait mise en Farrivée d'Ottokar l'évanouit bien vite, il apprit que la ville d'Aixla-Cbapelle avait été livrée à son rival , et que ee prince avait été couronné solenneHement comme roi des Teutschs par l'archevêque Adol« phe. Philippe renonça donc à une expédition inutile , et revint à Mayence avec la résolution de faire accomplir aussi en son honneur h cérémonie du couronnement, et , c(»ime Aixla-Chapelle lui était fermée , de se faire placer Femblème du souverain pouvoir dans la ville où s'élevait le aége du premier prince ecclésiastique de l'empire germanique. Cette résolution fut e3iécutée ,ià ce ^'il parait , le jour de l'As»
somption, 45 août'; maïs le eouroaneiaent ne se fit pas avec la pompe qui lui étaitipropea. Philippe lui-même n'en parle pas volontiers. Les écrivains ont remarqué. qu'il fut aeeoBipli en présence du légat pontifical , l'évêque dt9 Sutri , par l'archevêque Aimode Tarentaise (9), qui peut-être était présent par hasard. Enfin Innocent et ses adhérents ont assuré que rml* évêque teutsch ne s'était mêlé de- la chose, que nul n'avait voulu paraître dans cette ciroenstanct en habits épiscopaux. Sans doute «ne intervention à la plifoe du premier arobetêque, pour un acte auquel ils n'étaient ni autorisés ni obligés, lenr parut grave etdigne de sérieuses réflexiotos. lis avaient tes yeuxdir^éa ven Rome, et craignaient une décision du fBfe^ ib ne voulurent pas s'exposer su danger d'aitijnflr sur eux la colère du pape, et en •même temps rinimitié desstrois archevêques dt Cologne^' de
Trêves et peut*être de Mayence.
' Quoi qu'il en soit, l'AUemagoe avait maintenant deqx rois coomnnés qui étaient oatiou^ Tuft de l'autre les armes à }a< main. La^KMir* suitede la guerre déjà cemBwncée était léeessaife;'mais il était à pré voir< qu'il ne serait fa* cile à aucun de oes souverains d'arracber la couronne à son rivuL Les- jeunes soisiderMent aspirer d'autant plus ardemment à la vietaire, que les vieilles inimitiés de leurs naisans avaient passé sans do«te dane leur», eeaun comme un héritage. Maïs qui pouvait pro-i noacer? Philippe paraissait tPèsrsnpérieiirà Otto , et néanmoins il ne pouvait s'a^rikier la sopémorité qu'en comptant tes princes qé avaient voté- pour lui; nullement^ s'il eoisi^ dératt les dispositions de ces princes let* sondait leurs vues. Déjà^ les faits qui ont été TaoodM prouvent que m l'un ni Kautre des deux ri^ vaux n'avaient un ami sincère et dévoué. Toas les princes s'étaient montrés tlèdes'y indilft» rents, chancelants, ou avaient pris une attitude d'observateups. Nul n'avait témoigpé de zèle ni d^empressement à faire des conoesnens' et des sacrifices. La longue lutte entre* lesWai^ blingen et les Wellb pouvait avoir été eenÀ« dérée comme décidée ) mais son résultat avait encore laissé bien des matières à discorde, et les vieilles passions avaient continué à étendre leurs racines comme des plantée rongeuses et parasites. Assurément il y avait pumn les princes teutschs beaucoup de nobles hemmes imîaiéa des meiileurs sentimenta' pour la pa*
UT. XHV, GHAP. IV,
trie; ttftb où bmiTer Tarlm pour kor donner Qflriureefeftbitt, os Ja 8(»in» pqsftétaAchetf Acnr mC? Où teit io-trAnepoiir liqualeniâùt ek^r^dier QA roi? où éltit Fooipkçi^iii appelât tde a68t¥(BOxiui maître? QiikMqoetYOukûiédiaj^ perèTiiclioD deil'^oïemeb^iital etlérooe se retirait . da mouvement des cboee^; eduî .qoi Ttfaitiè éloigner de» hH la» paseioas basse» (ie la plupart tenait» pour- néceaaaire d'épargner les forces 'paur.âaipFopre: fiùretéé , Mais, pour ceux qai s'étaient fût «Bo^doaoe habitude de aaisir et de prendra 46 bien d'aotrai^»pow lèsfuels le br^andage était un goût- dp sièele^ oeBz*là' ToyaîeAt d'un «il. satisfait éclater la disoDvde; Quidonc se sasait iatcressé>à*Pbi«t lippo^è 0»o? Philippe était en leutsehland le denier rq^ton d'upe maison .paissaaleei'Or^ gueiUeiise^i redoutée de toos^ objet de baise pour beancoup, et n'inspirant d'affection à personne^ Usii à une princesse étrangère ^ de fetour.à peine daassa patrie^ signalé senlemest par pes bravades eijbvers l'figiisey et n'é"> tant nfiUemant «onna par des exploits ^oneox} il étaityena se dresser* au. imti^ des.iprinees tevtsi&s* pour rappeler des paroles,-des ser« meats.donoé8, prêtés à un n^veoiipii étail«a aafant né* dans on pays étranger y vivant aussi hors. de la patrie 9. qjie peEsonne.n'avaitvu;Bn cnCuii issu 'd'un ^aanage qui n'avait réjoui aucun homme honnétoet réfléchi, d'un père dont la mort n'avait causé de>doulear ài par*sanneV d'ane mère qui n'avût pas attiré' un seoir coBar.iEti.bianti^t Philippe avaiti jeté ita masque, oubliant- son neveu ^ dédaignant* ses paroles .et sea eermento; il «vail sollicité po«r lui-même des voix qui naguère avaienl nommé le petit Friedrich successeur de son père. Peut-être d'abord ses vues étaient puree^ et ne fivil que céder au&cirooastaaees; maiS| ayant «me fpis cédé, nedevait-iitpas provoqaev desidoQtes sur sa sioeéritéu -et chason ne se croyait-il pas aussi ^ autorisé à se ragaeder comme dégagé de tout denroir , libre de seepa*" ndeset de jes serments? D'un autne 4ôté, Otto était an jeune homme sineère, mais il n'ataM auflsi 4 invoquer ni actes ni vérins; c'était le rameau d'w^ noUe tronoy mais un pauvre prioea inconnu à tous , sinon par les malheurs inoius de sa maison, dont il avait eu aussr à porter sa part^ Personne n'avait songé à loi avant qu'il ne fftt question de Pélectieii d'un mm L'arcbevéfue Adolphe do Gologna n'wmH
été poussé à recommander un souverain étranger que par son «ressontime&t 'sur la violation de la parole d'un autre prince qui avait traversé s«i{iplans^>£n! outre itiétaîi^à «Miildia qu'Otto n'eùt« à venger les malèMursile sa- maison,, et les outrages .faits à .soai>ncle.il n'avait à peu près rien à donner; car il lui fallait acquérir on réunir pour lai-même ch qui avait été arraché à sa maison , et ce que or^étaient nullement dîsposésià xestitoer Jes princes qui en étaient en possession. On ne devait conséquemment pastiavek'plus.da'cannance Jnns Otto qne.ida9a Philippe, «qaoiquie'pntiiies aais sens différenteSbOBi peutidooe sovlanir';qB'eil dehors des domaines héridîlaîfeadee danxsroiai perseaneBese donnait entîèscmeBtvà hiriayA la merft^ pareonvictîen , à Philippe nlà Oitoa L'on s'était résolu à ee*queiUon appelait i'élèaf tion. d'un nenveas «roi pat J'ef{eft>4!a]ie mt^ cienne coutume, et pa»ce que J'en était danak peeplexiAé -; nm sachaaft ea ^«'il ijy^ttàu et Mre ) ou< pfaitôt oa a'éftail senda* anx» Msambiéif pareil qoe ton .vonlai^- «nnserver aaa attlita droit', que l'on croyait' ne>po«Toir Um défanli et aussi par aurkmté< et afin: d» preadmr lès mnt saresrDMs les.assendiléea, nn«vatbdonaéM voix à l'un en à* l'antre -de» tiaadidaisvjalan que l'un ou l'antre avait été propaoéy paeea fna l'Ott cédait anx>atrcaBaianees^rque4'oAiBoviia lait pastSS'temr seul ^ 411a l^on mmPiBsait.iMa déianee^i dabicniàitef améa aontea Je caadidiÉ proposé^ a»} moins conira s» ^Êisiûd -it nfen poo(vait .être aniremanti,' d'après Jai maaièni dont certains prinees 'étaient pai»ésiid'n»paDtt dans l'antre. Bésonnais'auflsiil yanracbangii ment ^.partisf < selm» fne eei chaajgsÉienf pio» mettra- plus ide sàrelé ùm d'avaÉtages t ear qmk eonqoe désirera eaierear des FengeancesAn cm* voilera le bien d'anlrat, élèfietal^ aanyhésîiegi^ la bannière de rot sons lai^pallail pMRtoaani4 meneer àgnérroye^oontM«otf «nnenB,oo àran« vabiries tarreside sonveisiaysansisé seùmApini daWaiUingeB quedaWetf^ Bt*en effinlagaafva s'étendit da la sertO' on loin survie Min ^^ Philippe avait la supériorilé*., ftassaphèsntOt en f hnringe et en Saxe, et,:ciois«iit setf nnnges;f désala les plus belles emitréea de RAHflinagne* k peiae elIre^tF-eHe «me >eîvaanstance qni poissa éclairer ces sembittsiioritons ^ qui puitoe aftria quelque enseignement; elle ne reînjpli^ l'ànif qoe d'indignafion ebde doideor .sur de UNei diMOideaatida teb JésastseBi'v.' - ii f'^ ^ '^i