LIV. XÎV, €HAP. V
perMHiAe» honttèles se toomèreat également i^rsle SMYendn pontife, poursavoir ^'ïl y avait eoéore moyen de troiivef jiisiice sur celte terre eotttre l'oi^eil crhmnel d^tin puissant souveralo H les làciies coailplaîsaftces d'évèqués sans eouBcieiiee. Gélestid llf reconnut bien le devoir qu'il lui appartenait de remplir.' Il était prêt à «ceorder TasâstaDce qui lui était demandée; mais sa volonté nése manifesta pas enaetes énergiques; flî la léte ffile bras ne secondaient l'indignation qui soul'evait sa poitrine. Philippe-Auguste reçut avec dédain les exhortations do saint-^re^ Pour le braver plus ouvertement , il laissa dans le âénOuMnt i'époose répudiée, et, encouragé par de vils* counisaos, il sollleita la main d'une antre. Un- prince teotscb , le duc Beribold de 'Méranle (3) , fut assez faible on assez vain poor dennier la belle> Agnès , sa fille , «u rci coupa- Atei- Aveoœttenouvelle^ttse, quiéurit digne dHmo plus noble union ^ le roi vécut dans l'éelat f la pompe et les plaisirs ,< comme s'il AVttit vonla s'étourdir contre les plaintes d -In* {ebmrg , jetée parlai dans la misère.-Une année is^éooula ainsi) puis une autre, et les démarchée, les eflbrfa du vieux pape attirèrent à peine Vat*tention «eèrietase de ceux mêmes auxc^els H «valt ^confié Pexébotion de ses ordres. Gepen^dast Initecent III parvint au sainl«iége, et bientôt après -son intronisation il reprit Faf- CaiMide l'infortunée Ingebivrg , dont Tespèee ù'ébêmità av«it elclté 00e grande ind^nation; II- demanda q«e PMlippe-AugosIe congédiâct sa eeconde épouse illégitime , rapelAt la première qu'il avait répudiée; et la tkit et Itionoràt comme sa femme légitime. Les formés de lit ré^damation étaient douces et paternelles. Aussi lut-mème jngea nécessaire, pour sa 'justifica^tkm , de remarquer quHl se rappelait que les tmdens souverains de France , les reis trèschrétiens, avaient été fidèles à TÉglise romaine dans les plus grandes tempêtes ; qu'il se sou«> venait aussi de son propre séjour à Paris et de Taccneif amical qu'il y avait trouvé à la cour du roi. Il fit parvenir au roi ses exhortations par rarchevèque de Paris , ou il les lui adressa directement par lettres; c'étaient des prières et des exhortations parties du prêtre qu'il pronon-^ i(ttit, plutôt que dès sommations apostoliques ^li, tbalgré toute la douccfur observée, sentaient toujours le commandement et la menace» Le foi V dans l'ivresse des plaisirs et du péché 5 crut peut-être à peine que le pape avait pris
ra(&kirè m séHefir. Il s^toqtitétad'aMâlitii^ilis êè' la demande du sain^père , et IninOcent ne montra pas la plus faible ardeur; il' 'sen^!Mt inême qu'il eût entièrement oublié la* diode. Maiâ, quelques' mois s'étant écoulés, ef le roi de France ayant conclu alliance avec le doc Philippe de Souabe, on, comme lui-même le bommait, avec le roi des Romains, lorsque Philippe ^ fut ftit coi^ronner à Hayence , alors Innocent reparut , et dans une tout autre aftilude. Pour rester fidèle à lui^^même , il écrivit de nouveau au toi y comme précédemment , le priant et l'exhortant ; n\ais en même temps il envoya en France un légat qui devait déclaiiàr au monarque que si, dans Fespace d'un mois. Philippin ne reprenait -pas son* épOuse répudiée, le- légat lancmât Interdit mt la France entière. Tous les archevêques,' évèquei, abbés et les autiiesf prélats reçurent ordre de mettre cet interdite une rigonreuseexéctttfoii', aussitôt que le légat Fanràit prononcé:' Ainsi* fe pape avait pris à Fégard da roi 'de France Mtè position au moyen - de laquelle fl paraissait* eti état y sinon d'empêoher une intérventioii'aetite de ce prince "en faveur du' prétendant' fioheii» staufen , au moins de Tentraver aussitôt qu'il
le jugerait nécessaire. * ' * - ♦
' Tontes ces démarehes dtr pape pèuteht êfrv , à ce qu'il parait , considéréb» comme- dèà fffé» përatifr à la lutte armée ^dan^ le lèasM tme lotte de ce geàre lui àenAlerait èommondéd par tes circonstances. A chacun de ces ^actëa était attaché, en qûèlque^rte, un leVief dirigé contre Philippe de Bohenstaufèn, et il se WséPvait de le inettre en mouténietft en tempa opportun. Toutefois il né fit rien qui 'ne ie pût interj[)réter simplement conimiB -dicté par te sentiment de- son devoir de ehef suprême de l'Église, poiir Phonneurdè Dieu et du siège apostolique. Mais, comfme^ta longue* et péuil^ lutte entre les Hohenstânfèn et'la papauté ae continuait encore en réalité , ^t qifeite aVait pris une autre dh^eetion';' donime' Innocent s(s proposait incontestablement de ' donner âia chaire de Saint-Pierre uneplus large base teprestre; que le but était nécessairement lûenàc^, compromis, A tin Hotienstatrfiîn attivtlit'' à Tempite, il' est difficile de cronra, ainsi qu'bû Fa déjà fait observei" , que daus toutes lis démarchée qui ont été* rs^pdées' bi-des^^ le ^ape U'ait piS eu devant leii yéax ie$ rétâticiâs de son siège autant que le devoir qui loi
était imposé comme chef suprême de FÉgiise. 11 peut rester incertain si le zèle avec lequel Innoceut tentait de déterminer une nouvelle croisade était complètement pur , s'il était sorti librement sans alliage de ses sentiments chrétiens, ou s'il ne s'y était pas mêlé des choses terrestres, et s'il n'avait pas eu en vue surtout les affaires du Teutschland. Si Innocent avait occupé le saint-siége un siècle auparavant, ce serait un crime, d'après le langage de la conviction intime dont il se servait pour pousser à la croisade , que de concevoir le plus faible doute sur sa pieuse ardeur. Mais les trois générations qui s'étaient écoulées depuis Pierre l'Ermite avaient donné de terribles éclaircissements. Alors une confiance exaltée s'était saisie de toutes les âmes. Devant cette confiance avait disparu toute pensée d'échec possible pour la grande œuvre , s'étaient évanouis tout calcul , toute froide combinaison ; dans l'expédition même on avait vu le but auquel était attaché le salut. Mais un enthousiasme sincère, illuminé, pourrait-on dire, n'avait régné qu'à l'entreprise de la première croisade; plus tard il n'avait plus reparu que de temps en temps et par lueurs. Il avait été étouffé en grande partie par les affreuses calamités qui détruisirent les armées chétiennes. Les restes en avaient été altérés par les efforts terrestres qui s'y rattachèrent, ou souillés par les ardeurs et les convoitises sensuelles qui s'y mêlèrent. La douleur de bien de nobles âmes était grande sur le triomphe de l'islam , et sur les insultes criminelles du musulman qui souillait les lieux les plus saints rachetés par le sang de tant de milliers de victimes; mais la douleur enfante rarement un héroïsme confiant, elle pousse plutôt aux sacrifices héroïques. Beaucoup d'hommes se rendaient encore en pèlerinage à la Terre-Sainte, mais non plus pour assurer le triomphe du christianisme dans une lutte pour le tombeau du Sauveur ; ils n'aspiraient plus qu'à obtenir, par des prières sur le saint-sépulcre, le salut de leurs propres âmes pour le temps de l'éternité ; et parfois , quand l'ardeur était moins vive, on visitait en pèlerin de saints lieux dans son voisinage. Et même parmi ceux qui s'engageaient réellement à la lutte , qui prenaient part à une sérieuse expédition sous l'étendard de la croix , quelques-uns seulement portaient en eux l'espoir du succès. Ils se décidiBuient à la croisade parce qu'ils avaient
été sommés , parce qu'ils avaient été ébranlés par la parole d'un prêtre, par des motifs d'honneur, d'émulation envers leurs égaux, par vanité , par passion pour les aventures ; ils ne s'y lançaient donc pas avec ce sentiment d'allégresse que l'honneur porte avec lui en commençant une œuvre, et qui promet le triomphe , la gloire et le profit ; mais ils se mettaient en mouvement avec orgueil , indifférence, ou avec cette satisfaction étroite, égoïste, qu'on éprouve à se délivrer d'une lourde dette.
Tels avaient été les sentiments dans les temps précédents, tels ils avaient animé les derniers croisés qui avaient franchi les Alpes avec Heinrich VI. Pour quelque motif que ceuxci eussent pris le signe sacré, quelles que soient les pensées qu'ils entretinssent en traversant les mers , dans la Terre-Sainte rien , pour ainsi dire, n'avait été fait, et le peu que Ton avait acquis avait été abandonné honteusement. A la nouvelle de la mort de l'empereur, nul prince n'avait songé à autre chose qu'ao retour , afin de ne rien laisser échapper , et les grands avaient arraché les petits aux aspirations célestes pour les jeter sur les objets terrestres. Tous à l'envi s'étaient efforcés de gagner leur pays ; toute occasion de retraite était saisie par chacun, sans se soucier des choses saintes, du sort des villes chrétiennes, du destin des frères qui restaient; bravant la mer et les tempêtes comme des fugitifs, ils s'étaient précipités sur les vaisseaux. Peu à peu ceux qui échappèrent aux orages arrivèrent au moment même où le pape Innocent commençait à mettre tout en œuvre pour réunir de nouveaux soldats du Christ. Est-il possible qu'un tel homme ait cru parvenir à faire entreprendre une nouvelle grande croisade ? Estil possible qu'il ait cru qu'une telle croisade aurait un autre résultat que de provoquer et d'étendre de nouveau d'immenses calamités? Non , ou du moins à peine peutpn admettre cette supposition. Il est bien permis de présumer que rhabile pontife, en faisant des efforts pour une nouvelle croisade , et les dirigeant principalement sur les rois de France et d'Angleterre, avait espéré aussi seconder les projets qu'il avait conçus pour l'extension de la puissance du saint siège en général, et en particulier contre la maison des Hohenstaufen. Il est encore permis d'admettre qu'Innocent se