‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 56 sur 165 · IIV. XXV · texte numérisé non relu

IIV. XXV

soit proposé, par des efforts pour la croisade, de provoquer un mouvement qui , en cas de besoin, l'aurait servi fort à propos dans une latte peut-être périlleuse. Et, quelque disposé que Ton soit à croire à la sincérité, à la profondeur de son zèle pour Toeuvre sainte. Ton est pourtant surpris qu'il n'ait été saisi de cet enthousiasme que sur le siège apostolique ; car autrement il se serait résolu deux ans auparavant à prendre lui-même la croix, aGn de témoigner de sa foi sur les traces mêmes du Seigneur dans la Terre-Sainte.

Quoi qu'il en soit^ il est certain que le pape Innocent avait assez bien assuré ses ancres en plusieurs points, pour voir paisiblement arriver toutes les tempêtes qui pourraient se soulever contre lui. 11 laissa donc sans s'émouvoir les choses suivre leur marche dans le Teutschland , reconnaissant bien qu'on l'appellerait assez t6t , et que si l'on venait à lui par besoin d'assistance, on n'y viendrait pas les mains vides. En effet il ne devait pas attendre longtemps. Philippe, à la vérité, ne se rapprochait pas du saint-père ; il était le plus foit , et n'était pas encore couronné suivant l'antique coutume. 11 avait l'espoir d'abattre son adversaire et de gagner la reconnaissance de tous les princes ; et , quand il y serait parvenu , alors seulement il se flattait d'obtenir la couronne impériale. En raison de sa situation relativement au siège apostolique , il devait se trouver en état d'exiger avec rigueur; une prière repoussée aurait causé un grand préjudice à sa cause. Otto avait une tout autre attitude. 11 était le plus faible, il ne pouvait espérer le triomphe par les armes ; il ne pouvait rien perdre, s'il ne trouvait aucun appui auprès du pape : il n'avait non plus nullement à craindre d'être repoussé dédaigneusement ; il n'était donc pas inquiet là-dessus. Son oncle , le roi Richard , lui prépara les voies en envoyant une ambassade solennelle à Rome. Otto écrivit lui-même, et son oncle adressa en même temps une lettre au saint-père. Otto commença par protester de son respect filial pour le souverain pontife; puis il lui rappela le souvenir de son père, qui, ayant persisté invariablement dans sa fidélité à la sainte Église romaine , tandis que la barque de saint Pierre était assaillie par Friedrich P', et durant la domination violente et tyrannique de cet empereur, avait été dépouillé de ses honneurs et de ses dignités, et chassé dans l'exil

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avec sa famille. Ensuite il ajouta que Dieu , pour améliorer l'état de son Église, et pour récompenser la fidélité et le dévoùment du père dans les descendants, avait voulu que les princes de l'empire, auxquels appartenait le droit d'élection , l'appelassent tout à coup au gouvernement de l'empire , et l'élussent pour leur roi ; que dans la ville d'Aix-la-Chapelle , sur le siège des empereurs, en présence des princes , il avait reçu la consécration et la couronne par les mains de l'archevêque de Cologne, et avait été ainsi investi de la plénitude de l'autorité royale ; et , comme il désirait que ses pas fussent dirigés par celui au nom duquel les rois gouvernent et les puissants exercent la justice , au moment de l'élection il avait luimême prononcé un serment dont il a déjà, été fait mention . Maintenant il s'adressait au saintpère. Considérant sa propre fidélité et son dévoùment personnel, songeant aux services de son père et de son oncle, qui ne s'étaient jamais écartés de l'obéissance envers l'Église romaine, ainsi qu'aux offenses du duc Philippe de Souabe, à celles du père et du frère de ce prince , il osait avoir la confiance que le saintpère céderait à ses instantes prières ; qu'il l'investirait de la dignité royale; qu'il l'appellerait à recevoir la couronne comme empereur ; qu'il dégagerait de leurs serments les évêques, abbés et princes séculiers qui s'étaient arrogé le droit de nommer pour roi le duc Philippe de Souabe , frappé de l'anathème pontifical , et qui lui avaient juré fidélité ; et que le souverain pontife proclamerait hautement l'excommuni-* cation contre le duc de Souabe dans le Teutschland et dans toute l'étendue de l'empire. Telle était en substance la lettre d'Otto. Quant au roi Richard , il écrivit pour recommander son neveu , dans le même sens, d'une manière trèspressante , et avec les expressions du plus profond respect et d'un entier dévoùment. Il avait surtout à cœur, dit-il, que le saint-père daignât, dans sa bienveillance apostolique, étendre les droits d'élévation et d'investiture , et parer son neveu Otto de la couronne impériale. Pour amener Innocent à exaucer cette prière, il ajouta même l'engagement suivant : «Ce que je possède d'intelligence, de force corporelle et d'honneur terrestre , je vous le donne en garantie qu'Otto vous conservera la foi légitime et jurée à vous comme à son unique seigneur , et à TËgHsc romaine ; qu'il restituera

HISTOmE DU PEUPLE ALLEMAND.

Côtrt C6 qui a été enlevé on ammndti par B^Qtres empereurs ; qtfH maiotiendra dans lear intégrité toutes led restitutions déjà faites » et ^*ffl mettra fin à toutes les malices de la puissance terrestre , selon vos conseils pater<faels. » En même temps qa'ils portaient ces denx leetres des deux rois Otto et Richard, les mêmes ambassadeurs étaient encore chargés d'une quantité d'autres épttres pour Rome; L-arcfaevéque Adolphe , et d'autres princes qui avaient assisté et adhéré à l'élection et au cou* ronnement d'Otto, en rendaient compte au iaint-père. Adolphe écrivit en outre en son prc^e nom ; plusieurs princes eeclésiastiques el séculiers, le duc Heinrich de Brabent et lé eemte fiaudomn do Flandre, suivir<mt cet exemple. Lorsque les ambassadeurs passèrent {te Milan , Tarchevéque de cette ville , Jean Busea , leur -adjoignit un envoyé qui devait remettre de sa part une lettre particulière au pape» Tous* ces écrits^ étaient rédigés dans un même esprit, dans un même sens; tous con* lenaient , presque avee les mêmes termes , la prière mstante au saint-père de confirmer {^élection d'Otto , et de l'appeler à Rome afin qu'U reçût la couronne impériale des mains du soovt^pain pontife : car , à Milah et dans teute la Lombaardte , la joie était grande que la inaisen des Hohenstaufen dC^ être éloignée du trône (5)« ' On ne sait si Philippe fut informé de ces iBouvements de son adversaire pour solliciter la faveur du pape. Quant à lui , confiant dans Tandenne fortune de sa maison et dans la supériorité de ses forces , il adopta une antre route au moyen de laquelle il espérait peutêtre* amener la décision à son avantage avant qu'ii ne fût possible au pape d'entreprendre Quelque chose. Vers le commencement du mms d'octobre, à la tête d'une grande armée, suivi du roi de Bohême et d'autres adhérents , il descendit le Rhin du côté de Cologne. Il s'avança même jusqu'à la Moselle. Sur Taotre rive de ce fleuve étaient campés Otto et Adolphe avec les leurs, qui, voyant l'ennemi tenter le passage, ne craignirent pas de descendre eux-mêmes dans le lit do fleuve , et , malgré leur petit nombre , d'engager la lotte contre des forces supérieures. Les bourgeois de Cologne avaient remonté le Rhin avec des bâtiments, et étaient entrés en-> suite dans la Moselle pour soutenir leur archevêque et le roi Otto, lis soutinrent peut-être le combat, auquel la nuit seulement put mettre

fin. Kfaië les Lorrafais ; épuisés^ n'bsèrent pas Quitter leur oamp le lendemain* L^arnée de Philippe passa donc sans empêebeitoenft sur Tantre rive. Otto, contraint à la 'retraite, se rangea en bataille près d'Andernaeh ; mais ses ennemis, qui ne voulaient pas en venir aux mains , se détournant à gauche , pénétrèrent dans le pays, et le contraignirent ainsi è pour* suivre sa retraite jusqu'à Cologne. Peut-être tous ceux qui s^étaient rangés autour de lui'sur la Moselle ne le suivirent pas à Cologne , et tous ceux qui lui avaient juré fidélité ne tinrent pas leur serment; probablement il y «eut désunioa et défection , ainsi qu'il arrive ordinieiiremeot eut heures des revers et des dangers* L'arehevêcpie lean de Trêves, ^ le comte Walram , fils dn due de Limbourg, qui lui avait livré la ville d'Aixla-Chapelle , ainsi qu'on Fa déjà rapporté , pa*raissent avoir saisi ccHe occasion pour qmttet son parti. L'archevêque Jean, qui jusqu'alors n'avait été entraîné et retenti que par Adolphe de Cologne, dépourvu en général de forcée! ds volonté, depuis loiigtemps convoitait Paiy^at qui lut fut offert par Philippe, el attendait seutemienti'occasion de le prendre; Walram se trouvliit Messe ou feignait de l'être , parce que Tarchevêque Adolphe lui avait ruiné, par défiance, le château deBerinstein ^ récompense de sa défection envers Philippe. Il passa donc de nouveau dans le parti de Philippe , reconnaissant bien que par cette désertion il justifierait les soupçons d'Adolphe, s'il ne témoignait pas maintenant le plus grand zèle pour son nouveau maître.

Philippe poussa jusqu'aux portes de Cologne, et ne rencontra nulle part de résistance. La consternation parait avoir été grande à Coloj^ne. L'arrivée des higitifs par terre et par eau pro* voqua des troubles multipliés; l'incendie de Bonn , de Remagen , de beaucoup de villages et de hameaux aux alentours, jeta reflroi dans les cœurs ; et la conduite cruelle, impitoyable des vainqueurs, même contre les ékre» sans armes , contre les personnes consacrées à Dieu ^ n'était pas propre à calmer la terreur, quoique le roi Philippe lui-même arrêtât les excès de ses geos par de rigoureux châtiments. Si le vain* queur avait fait aussitôt une attaque vigoureuse sur Cologne , probablement il aurait réussi à réduire cette antique et belle ville en son pon« voir j et à contraindre son rival à se réfugier auprès du roi Richard. La situation des choses

UV. XXV, €HAP. V.

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semblMt imiter Philippe à mue tèHe ttttaqàe/eC il ne* fil pa9 Bne 'sénte > tes tative*.- Après" avoir Ai* ▼asté le pays , il fit vtne é^cAntàolt en mé de la place, au grand étonneinent des habitants , et , sans être poursuivi , redescendit le Rhin confine 9 l'avait reilionté (4). I>ane cette retraite, Andemach fol livrée aux flamnies, et bien d'autres actes odieux furent conuBis: Mais quoi 1 le jeune prince nianqua*t*il de résolution et de courage , bu bien jngea-t-il dangereux de tout risquer, de tout flnSrd'ùn seul coup, parce qu*il se défiait des princes qui le suivaient , et parce qn*U avait Topinion qu'un ennemi lui-éUiit nécessaire pour tenir ces princes réunis ? ou Uen les princes de son armée se refusèrentrils à Tattaque , • soit quHls fussent mécontents de la rigueur avec laquelle Philippe avait essayé d'arrêter les atrocités commises par leors gêna, soit ^[n'iis jugeassent avantageux d« aiaintaiir tm rival de leur roi , afln de* traflquef plus longtemps de leurs sëoours et de leur idélité, et de pouvoir mettre llrars sei^ees à jHus ba«t prïxP Od peut porter l'un ou l'autre jugement; mais le faX donne une nonveHeprenve-de Tétai désespéré des choses dans Fempire german^ue.

. Cepéndunt les lettres que le > roi Otto et ses adiis , feuteurs et adhérente , avaient envoyées à Rome , arvaient été retaMBes an pape; Innocent accueillit les' ambassadeurs et les messagers avec biènveHIance et amMé^ quoiqu'il regrettât peut-être qu'un si ^tit nombre deprfness le fM déoiaré pour le fils de Heiavich le Lion. Il donna sans doute des instructions aux députés, et ne dissimula nullement ses désirs; mais Il ne se résolut pas à des réponses écrites ; son temps n'était pas encore venu. Il lui appartenait surtout de décider le débat entre les deux rois pour la couronne ; mais comme il n'était pas en état d'appuyer sa décision sur des armes terrestres, il fallut qu'il se résolût à la donner seulement s'il était pris pour arbitre par les deux parties. PhiKppe ne s'était pas encore rapproché de lui. D'un antre côté , il ne pouvait en aucune façon satisfiedre aux prières présentées par Qtto et les siens ; il devait même craindre qu'avant l'arrivée de la décision pontificale dans le Teutschland Otto jie fût chassé du pays. Il ne lui restait donc qu'à persister dans le silence, attendre le développement ultérieur de la confusion , et agir en secret , selon que les occasions se présenteraient. Il dut se trouver d'autant plus surpris par la nouvelle des événements de

Cologne. Ils 4u> oansèrenf de hi Couleur sam doute, et pourtant il dut «se tranquilliser eu voyant qu'aucun «tiangement essentiel m s'était opéré dans la situation respective des deux rivaux. > •'

Les choses restèrent dans le même état pour eette année et pour une grande partie de la suivante. Otto paraissait * avoir reculé ^ mais Philippe n'avançait pas. Après que cdui-ei se fut retins de Cologne , le priBoe saxon se rendit dans les Paysfias , de province en pfo* vince , de localité en localité ^ pour amener ecclésiastiques et laïques à le reconnaître^ et à loi prêter serment de fidélité. Et là où il se trott* vait, il parvint à recevoir ce serment) ihais<ta plupart le prononçaient avec nutention^ parjure , et résolus èr se ranger' du eAtéoè passer rait la fortone. Afin de gagner un appui , il se fiança à la fille du doc Heinrieh de Bi-riMnt) mais ^eet engagement lui prociHra* d'autant moins de garantie ^ que le mariage "devait Atrê aijouFBé à un long termeàoafuse de la situation incertaine d'Otto , et ausâ en eonéidératioB de l'extrême jeunesse de la fiancée. Eneutioil se tourna vers la Saxe , ott il espérait- sans doute trouver de grandssouvcnirs qui devaient pousser les cœurs v^^ Idi , fils de Heinrieh le lien 4 arrière-petit-fils de l'empereur Lothaifo. Sur sa reuteil gagna un prince sur lequel il avait le moins compté , le landgral Hermann de Tburinge^ cousin du roi Philippe , qui venait d'arriver de la Terre-Sainte. Cette alHanee toule«* fins , quelque flatteuse qu'elle put être pour ses projets , lui fit manquer peut-être le but direct de son voyage. Il se propesait de conquérir Goslar , et de cette ville, dont la possession , depuis le temps de Heinrieh HI , avait toujours été considérée comme très-importante pour la Saxe, il songeait à poussel'plus loin. Mais, pour recevoir le serment de fidélité du landgraf , il lui fallut promettre en fief à ce seigneur les villes royales de Nordhausen, Miiihausen et Salfeld , et en même temps tenter une attaque en commun sur Nordhausen , afin d'accomplir tout de suite sa promesse , au moins en partie* Les deux princes parurent donc devant NorAhausen au eommencement du mois de novembre ; mais iisrracontrèrent une résistance inattendue , et ne réduisirent la place qu'au bout de six semaines (5). Ensuite ils se séparèrent ; le landgraf marcha contre Salfeld, Otto eontre Gos* lar. Hermann soumit Salfeld ; mais Otto éeboua

coDtreGosIar. Par âon retard devant Nordhausen il avait donné à son rival Philippe la possibilité de venir en Sate avec une armée. Tandis qu'il célébrait les fêtes de Noël dans le Harzboarg , tout en assiégeant Goslar , Philippe se dirigea vers Braunschweig , et tenta aussitôt une vigoureuse attaque sur la ville, dont , à ce quHl paratt , il avait espéré s'emparer par surprise. Mais le frère d'Otto , le duc palatin fieinrich , qui avait déjà sauvé une fois Braunschweig contre le frère de Philippe, Heinrich VI, s*y trouvait en ce moment, de retour depuis peu de temps de la Terre-Sainte, et il défendit avec une énergique résolution la résidence et le tombeau de son père. Il repoussa l'audacieux assaut de Philippe; néanmoins celui-ci n'aurait pas été contraint à la retraite , si Otto , laissant là Goslar , n'était accouru à Braunschweig. Ensuite les deux rois passèrent l'hiver en Saxe , Otto à Braunschweig, Philippe à Hildesheim ^ s*observant mutuellement, recrutant chacun pour sa cause. Mais nulle occasion favorable ne se présenta pour l'un ou pour l'autre. La ville de Braunschweig acquit des droits qu'elle avait bien mérités auprès d'Otto, et Philippe conféra en fief à l'église de Bremen le comté de Bremen, qui avait été promis à l'archevêque Hartwig pour sa voix.

Au commencement du printemps, Philippe quitta la Saxe , sans attaquer Tennemi , sans être attaqué non plus. Soit qu'il ne se trouvât pas bien parmi les Saxons, soit que dans le Tentschiand méridional se passassent des choses qui lui parurent graves : peut-être même ces deux causes agirent-elles en même temps; vers la fin de Tannée précédente, après son retour de l'archevêché de Cologne, il avait tourné ses armes contre l'évêque de Strasbourg, afin de châtier cet ennemi qui était sur ses derrières, et de le rendre inoffensif pour Tavenir. Déjà il avait conquis la forteresse de Ualdenbourg , dans le voisinage de Strasbourg, ainsi que d'autres forts et châteaux, quand il abandonna brusquement l'entreprise , parce que l'expédition en Saxe était devenue nécessaire. Probablement l'évêque Heinrich mit à profit son éloignement pour regagner ce qu'il avait perdu. Philippe prit sa route par Wurtzbourg et Nurnberg. Partout il s'appliqua très-activement à augmenter le nombre de ses adhérents , à les fortifier dans leur fidélité. A Nurnberg il réunit beaucoup de princes autour de lui , et ils lui

firent la promesse de lui prêter contre tous assaillants si vigoureuse assistance, que persoone, dans l'empire et dans les domaines que son frère avait possédés , n'oserait repousser sa domination. Vers l'été, il reprit la guerre contre révêque de Strasbourg , et dirigea ses armes contre cette ville même. Les bourgeois partageaient peut-être les sentiments de leur évèque, mais les nécessités du moment leur parlaient plus haut qu'à leur seigneur. Ils considérèrent la dévastation du pays, l'anéantissement de leur commercé, et redoutèrent la destniGtioo de leur ville. Lorsque le roi eut réussi à pénétrer dans les faubourgs , et quand ils les vireot en flammes, ils perdirent courage, oiivrireot les portes, reçurent le roi, et implorèrrAt humblement leur pardon. Alors il ne resta plus à l'évêque Heinrich, qui avait quitté Strasbourg, qu'à tenter une réconciliation avec le vainqueur. Philippe, préoccupé exclusivement de la pensée de se faire reconnaître roi partouf, loin de repousser le prélat, lui donna voloiitiers l'investiture des dépendances teropofe//es de l'évêché, et reçut gracieusement le serment de fidélité. De son côté, le roi Otto , après la retraite de Philippe, quitta aussi les pays saxons, et se rendit sur le Rhin, à Cologne; car en Saxe il ne pouvait que rechercher des enrôlements , sans compter sur le succès de ses démarches , tandis que sur le Rhin il osait espérer obtenir ce qu'il avait déjà gagné. Du bas Rhin il remonta le fleuve aussi rapidement qae possible , sans doute pour donner à Févéque le temps de respirer et maintenir cet ami sur les derrières de son rival. Il vint jusqu'à Spire. Soit que Strasbourg eût déjà succombé, soit que Philippe eût des forces assez imposantes pour continuer l'attaque contre Strasbourg, et opposer encore une forte division à son ennemi, Otto se vit contraint à renoncer à son entreprise et à redescendre le Rhin. Bientôt Philippe se mit à sa poursuite, ravageant de nouveau rarchevêché de Cologne et les domaines des princes qui tenaient pour son ennemi; il voulait ainsi se venger , châtier ses adversaires , et avertir ceux qui seraient tentés de prendre pai'ti contre lui (6).

Ainsi les deux princes se retrouvaient dans la même situation où ils étaient placés au moment où ils engagèrent la lutte en se parant du titre royal. Les anciennes scènes se reprodui" sirent de part et d'autre avec les circonstances

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