‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 58 sur 165 · LIV. XXV, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. XXV, CHAP. VI

qooi qoe ce soit, ne f arracheront à l'amour de rÉglise, dans laquelle ta occupes la première place après le chef suprême. » Gommençaut par ces flatteries et d'autres semblables, le pape se plaint de Téloignement de Tarchevôque, dont les conseils lui font défaut ; il raconte la double élection dans le Teutschland, expose l'état des choses, et, dans le cas où Tarcheyèque resterait en Orient , il lui fait une double demande : d'abord, de lui transmettre son opinion par écrit; secondement, d'enjoindre rigoureusement à tous les sujets de l'Église de Mayence , ecclésiastiques et séculiers, de reconnaître pour roi celui qui aurait été approuvé par le siège apostolique. Avant que cette lettre pût être parvenue en Orient , l'homme auquel elle était adressée arriva à Rome, à la grande joie du saint-père, d'autant mieux accueilli qu'à ce moment même pouvaient avoir été remises les malencontreuses épltres du Teutscbland.

Le pape et l'archevêque s'entendirent. On ne sait ce qui fut convenu entre eux; n^ais il n'y a point de doute que l'archevêque Kunrad se chargea de travailler dans le Teutschland an rétablissement de la concorde dans le sens du pape, et de contraindre, à ce qu'il parait , l'un des deux candidats, Philippe, à quitter l'empire , ou les deux rois à renoncer à la couronne , afin qu'une nouvelle élection pût avoir lieu ; ou enfin , dans le cas où cette tentative échouerait, de déterminer un armistice. Il n'est pas moins certain non plus que l'archevêque promit au pape , devant les cardinaux réunis , de n'entrer dans aucun arrangement sans avoir préalablement informé le pape pour en obtenir un avis et des explications. Avant que Tarchevéque partit pour le Teutschland à l'effet de remplir sa grande mission , le pape , poursuivant la même œuvre , envoya d'abord une réponse aux princes teutschs qui avaient reconnu Philippe et avaient notifié cet acte à Rome. 11 ne répondit pas au roi Philippe luimême, dont la lettre paraissaità peine demander une réponse. Les paroles adressées aux princes étaient beaucoup plus douces qu'on n'aurait dû l'attendre. Innocent relevait vivement les points que les princes lui avaient proposés , et les leur plaçait nettement devant les yeux. Pour la plus grande partie, il s'en référait à son bref précédent, qui avait exprimé hautement la douleur sur la discorde dans l'empire. 11 ajoutait en-

suite : «[Nous avons pourtant pesé lesmérites des élus et pris des informations sur les sentiments des électeurs, à l'effet de savoir ce qu'était l'élu, comment, où et par qui il avait été couronné, afin que nous ne restassions pas dans une complète ignorance dans le cas où la décision apostolique devrait se tourner du côté de l'un des candidats. Mais il y a eu des hommes funestes et il y en a encore beaucoup qui désirent contempler l'Église et l'Empire dans une discorde perpétuelle, afin de pouvoir poursuivre plus librement leurs indignes manœuvres ; des hommes qui prétendent calomnieusement que nous travaillons d'une manière odieuse à l'amoindrissement et à la destruction de l'empire, tandis qu'au contraire tous nos efforts les plus énergiques tendent à son maintien et à sa prospérité; car, si quelques empereurs ont blessé cruellement l'Église, il en est d'autres aussi qui l'ont grandement honorée, et plfit à Dieu que les droits de l'Église nous fussent con« serves aussi inviolables que nous voudrions voir maintenant les droits de l'Empire. Mais comme la couronne impériale doit être conférée par l'évêque de Rome , nous inviterons à venir recevoir la couronne celui qui aura été éla conformément aux usages et couronné légalement, et nous accomplirons le couronnement avec toute la solennité requise. » De ces paroles on peut assez clairement induire pour quel roi penchait le pape. D'un autre côté , il exprime un blâme sévère sur l'espèce de sommation que les princes lui avaient faite relativement au markgraf Markwald : cela , dit-il , ne méritait aucune réponse ; si ceux qui avaient écrit de telles choses avaient connu l'iniquité et la perfidie de cet homme , loin de demander pour lui, ils auraient réclamé contre lui. Trois fois il avait violé le serment prêté au pontife. Au mépris de la foi et de l'hommage qu'il devait au roi Friedrich de Sicile , il avait tenté d'arracher an pape et au roi cet État, qui incontestablement appartenait en fait et en droit au siège apostolique. H savait à n'en pas douter que Markwald se proposait de se faire roi luimême ; en conséquence il l'avait accablé sous le poids de l'excommunication.

Aussitôt après l'envoi de cette lettre , partit l'archevêque Kunrad , accompagné du marquis Boniface de Montferrat. Mais, dans le Teutschland , il ne répondit nullement à l'attente du souverain pontife, soit que par l'effet de l'âge ,

ira

HISTOmB DD PEUPLE ALLEHAND.

4e8 fatigues et des souffrances , Kunrad eût perdu son ancienne énergie , soit que l'aspect des choses dans le Teutschland lai donnât la oonviction que le pape ne réussirait jamais dans ses projets en faveur d'Otto y ou bien enfin que, la situation de sa maison , relativement au prince WeU et au candidat Waibliogen , le portant à de sérieuses réflexions , il pensât avoir sincèrement travaillé à l'accommodement de la querelle, mais sans y avoir porté la résolution ni l'activité nécessaires. Il semblerait même qu'il n'aurait guère jeté ses regards en arrière , qu'il aurait tenu peu de compte du pape et du aaint-siége , de sorte que le soupçon s'éleva qu'il s'était laissé gagner par Philippe ou pour Philippe. Il parvint bien & ménager entre les princes des deux partis , dans les pays sur le Bhin , un armistice qui devait durer jusqu'au mais de novembre, en attendant qu'une réunion de princes ecclésiastiques et séculiers des deux partis pût avoir lieu , sous sa présidence , à Boppard , aux décisions de laquelle les rois ennemis devraient se conformer. Mais on ne gagna pas beaucoup à ces dispositions ; Tarmistico ne fut pas reconnu par les autres princes de l'empire, et en particulier par ceux de Saxe et de Thurioge. La guerre qui se poursuivit » cruelle , dévastatrice comme par le passé , fournissait des aliments aux passions mauvaises. H était donc & prévoir que le conseil à tenir à Boppard, s'il pouvait avoir lieu, n'aurait aucun résultat, parce que le candidat au préjudice duquel il prononcerait rejetterait certainement cette décision. Mais, en arrêtant ces conférences, r^rchevèq^e lui-même s'était mis en une grave contradiction à l'égard du pape. 11 avait promis au souverain pontife de ne rien décider sans avoir préalablement obtenu son avis , et pourtant il avait été arrêté que la sentence des pânces réunis à Boppard serait reconnue et adoptée comme une solution définitive. 11 était donc à prévoir qu'Innocent III s'élèverait contre toute décision , qu'elle fût dans un sens QU dans un autre.

Toutefois les deux rois Philippe et Olto ne restaient pas indifférents à la pensée de la réunion de Boppard. Us prévoyaient que là serait s^ré un lien qu'il serait aussi difficile de trancher que de dénouer. Philippe parait n'avoir pas cru que la sentence pouvait èlrc prononcée contre lui ; mais il craignait que la colère , les ressources et l'habileté du pape, ne rendissent

difficile , peut-être impossible , rexécution da cette décision à son profit. Otto était préoccupé de l'inquiétude que l'on ne décidât contre lui , si le pape , par une brusque intervention , ne détournait pas le danger de sa tête. Les deux candidats s'adressèrent donc de nouveau an saint-père. Philippe, confiant dans sa supériorité, n'écrivit pas , mais envoya à Borne deux affidés , ses deux chapelains , Friedrich et Jean, avec des instructions verbales, et pria seulement le pape de prêter une oreille attentive à ces hommes, d'accorder une entière confiance à leurs paroles , comme s'il les recueillait de sa propre bouche. Les instructions sont inconnues ; mais il est vraisemblable , d'après la confiance de Philippe en sa supériorité, qu'elles devaient attirer le pape à la décision qui serait rendue par la majorité des voix à Boppard.

De son cdté, Otto non-seulement envoya une ambassade au saint-père , mais encore lui exposa longuement par écrit l'importance da moment. 11 assure bien , en général , sans doute pour ne pas déplaire à ses adhérents , qu'il n'a jamais été plus fort depuis qu'il a obtenu la couronne , et que jamais ses princes et barons ne lui ont été plus fermement attachés que maintenant; il remarque aussi, relativement à la conférence de Boppard , qu'il ne conçoit pas le moindre doute sur la fidélité et le dévoùment des princes qui assisteront de son côté à cette réunion, et parmi lesquels se trouve l'archevêque de Cologne , le premier de tous ; qu'il a même confiance dans la plus grande partie des princes qui paraîtront du côté de son adversaire ; néanmoins il ajoute : r Nous pensons qu'il vaudrait mieux que vous vinssiez à temps à notre aide, que de chercher ensuite à guérir la blessure. Le médecin peut soulager le malade ; il no peut réveiller personne du tombeau. Nous prions donc respectueusement et instamment votre sainteté d'ordonner, en vertu du pouvoir qu'elle tient de Dieu, à tous les princes qui doivent se rendre à Boppard , et à tous autres qui pourraient se trouver à la négociation , sous la menace des châtiments qu'il vous appartient d'infliger, qu'ils soutiennent notre cause, qu'ils s'attachent à nous, et qu'ils défendent maintenant et conservent da toutes leurs forces la couronne du Teutschland, qui a été posée sur notre front par la personne , dans le tcmfâ et le lieu qu'indiquaient

les kds et les contâmes. » H faisait eocore une recommandation de diligence ^ parce qu'il avait donné ordre è( ses messagers de se retrouver auprès de lui huit jours avant l{i conférence de Boppard. Il joignait aiûsi ^ revêtus de sa cou-firmation , des actes dans lesquels étaient contenus les traités que ses précédents amhassa* deurs avaient conclus avec le pape. Quelques conventions qui eussent été arrêtées dans ces traités , Otto promettait de les accomplir avec une ponctualité religieuse.

Innocent fut d'autant plus surpris par le double Dressage , qu'il n'avait reçu , pour ainsi dire , aucun avis de sou. pléuipotentiaire l'ai"chevéque de Itfayeuca. 1| pouvait se tromper sur le^ dispositions de cet ancien ami du siège apost^ique. Ses projets , ses sentiments s'opposaicqt à ce qu'il cédât aux demandes do Philippe , de quelque nature qu'elles fussent ; on ue voyait pa^ encore apparaîtra» une néeessîité sous laqn^ie doit se courber môme l.e plus luiissant. £}^fiucei* les prières instantes d'Qtto , cela lui était également impossible* Cq>eûdant il qV avait plus moyen dci ^'envelopper dans Ta^cionue réserve , et de garder comme autrefois le si|cuce. l\ parla donc , mais il i^e s'expliqua pas avec une netteté, une décision qui ne lui permit plus d'iMcliner, sfÂÎ à droite, soit à gauche.

D'abord , il fit paraître devant lui les envoyés de Philippe dans une assemblée de cardinaux , il leur tint un discours qui de nos joi)rs serait regardé comme un modèle de vaioe faconde , mais q^i,dans ces temps de foi, d'attachement à la tradition et aux idées obscures, fit une sçosatiQu profonde. Le scus propre et déAi^itif de ce discours était le rejet des prop)sitions de Philippe; et en même temps Toratcur voulait montrer que le saceitloce était au-dessus de la royauté, que par conséquent la royauté ne devait pas s'opposer au sacerdoce, et que si la royauté excitait la discorde , il fallait uéccssairement qu'elle fût humiliée par le pontife. De lè^y cette conséquence^ qu'il n'exprima pas pourtant lui-môme, qu'à lui, souvei'ain poulifc, appartenait la décision daus la cause débattue entre les rois, et qu'il lui serait impossible de se déclarer pour un prince qui s'était élevé , ainsi que toute sa famille, contre l'autel; qui s'était efforcé de se mettre au-dessus du sacerdoce , et môme de l'abattre : et il appuya son opinion sur la sainte Écriture. 11 commence

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avec Melchisédech : « C'était nit lei et un prêtre , roi de Salem , prêtre du TrèshHaut , roi de l'État , prêtre de la Itivinité, S'il y a différence entre l'État et la Divinité ^ assurément il on existe une aussi entre la royauté ctlç sa^or^i doce. Quand Abraliam revint de la hatailte avec les r^is , il douna la dlme de tout it Alelclur sédech ; Ulelchisédech bénit Abraham» et euw porta du pain et du vin ; car il était firêtre dtl Très-Haut. Celui qui reçoit la dhne est sup^-i rieur en dignité à celui qui la paT^ 9 et eelHl qui reçoit la bénédiction est juJ^iiieur à ocilui qui la donne. » Après ce début , luaoc«tnl remonte jusqu'^ Abel, pour descend (e e«suHfl au royaume des JuiEs partagé, ji^squ^lt 1% captivité de fiabyloue, suivant une inarebfl très-habile. Partout le prêtre» est mis par ki Seigneur an-dessus des rois*, iesi prétrea seraient, pour aiusi dir^, appelés ém%\ Im rois nesoat qne princes, tes lôvfes d^t Pfétre^ dit le prophète , gardent la sagesse y et la loi w| demandée de sa bouche; car il est un Ktft&sager da Dieu des armées, l^a graude parole du Gbfi^a'^t pas oubliée 90Q plus : Tu es Pierre ^ et sur çelKl pierre je bâtirai mop ï^m\ e? 9Mc^ ti) lierai sur la terre sera. |ié dans le ciel , et .ce qtt^ t^i délieras sur là terre sera d^îié d^qs le ciel : car cette parole prQuve quQ lesr prinçeii n'opt que Iç pouvoir siir la terre ^ 0^is qu'fwi prêtres a été dom^ aussi du pc|^yoir dans Iq ciel ; que les premiers commandent seiftlç^i^ç^^ sur le corps, mais que les au.tresiapt ladon^ii^atiop aussi sur les âmes. D'où ^ s|iit qu'a^?* tant l'àme est au-dessus du cofps,^ autf^nt 1^ dignité du sacerdoce est au-dessns de la dign^ de la royauté. F^fi^ Torateur arrive aui^teoy^ de la nonvelle alliance; ici» il ne cherche pa^ seseiçemples dans les anciens tonogps; i^ s'^réte^ non sans atnertume^ i^ la maison de li^e^* staufen. 1 La royauté et le sacerdoce, dit-il , étaient tous deux i^jart^gés au te||nps du pape, Innçcent et du roi Lothaire. Contre lunocepl se dressait Anaclet , contre Lothaire t^^nrad ^ mais ces deux hommes catl^oUques f Innoceut, et Lothaire , triomphèrent. Innocent couronoui Lothaire , et les deux rebelles succcy^nbèrent^ car h véiité abat le meusonge. Ensuijte s'élévo^ un schisme dans l'Ëglise au temps d'A^^^^f^ tandis que rEmpire resta uni soi^ Frie|drich« Mai^ cet empereur, au lieu de défendre l'Église, en fut le persécuteur^ à^sa encore je feu et seconda les rebelles contre VÉglisé^

Néanmoins bientôt schisme et schlsmatiques | jeunesse, aux jours de mes prédécessears, pour

s'abimèrent; l'incendiaire et ses brandons furent rejetés en même temps. Mais maintenant, par la grâce de Dieu, TÉgUse jouit de l'unité ; à cause de nos péchés, la discorde est dans l'Empire. Néanmoins TEglise ne rend pas à l'Empire le mal qu'il lui a fait ; elle ressent , au contraire , de la douleur de ce que des princes triomphent de l'abaissement de TÉtat, foulent aux pieds la liberté et la dignilé, tiennent à honneur l'bumiliation de Tempire. Déjà depuis longtemps Ton aurait dû se tourner yers le saint-siége, devant lequel , en premier lieu et en déûnitive, cette cause doit être incontestablement entendue; d'abord, parce que le siège apostolique a transporté l'empire de l'Orient à l'Occident, enGn parce qu'il confère la couronne impériale. » Par ces expressions, les envoyés de Philippe avaient reçu à l'avance la réponse qu'Innocent promettait de leur donner spécialement.

En même temps il adressa un nouveau bref dans le même sens à tons les princes du Teutschland, ecclésiastiques et séculiers, il cherche à y montrer qu'entre le sacerdoce et la royauté doit régner la concorde, peint les bienfaits de cette union et les maux de la discorde, insiste sur l'unité , et , comme dans ses précédentes épitres , exprime , en unissant , la menace de ne pas s'arrêter dans sa marche , dans le cas où eux-mêmes persisteraient dans la lutte.

Enfin il écrivit à l'archevêque Kunrad de Mayence. Il lui rappelait la promesse qu'il lui avait donnée oralement , et lui témoignait son grand étonnement de ce qu'il eût pu indiquer une réunion de princes ecclésiastiques et séculiers , dont la décision devait être observée par tous les princes, sans avoir au préalable obtenu 0on opinion , sans lui avoir donné le moindre avis. II envoyait donc son cher fils OEgidius , son acolyte , auprès de lui d'abord , puis auprès d'autres princes. Par OEgidius et par son bref aux princes réunis, il pourrait apprendre sa volonté et son opinion. « Mais, ajoutait-il, comme tu connais mes vues entières, je t'exhorte et je t'invite, au nom du Seigneur , à te conformer à mes désirs, et à te conduire de telle sorte que rien ne soit entrepris contre l'intérêt commun de l'Église et de TEmpire. Efforcetoi d'accomplir énergiquement mes projets; montre encore maintenant dans ta vieillesse le même zèle dont tu as fait preuve dans ta 1

l'honneur de l'Église. De même que îusqu'ici tu as combattu loyalement pour l'Église, appliquetoi sans cesse à parcourir dignement la fin de ta carrière, pour que, plein de confiance, tu puisses t'écrier avec l'ÂpAtre : J'ai soutenu la lutte en bon champion , j'ai achevé ma course, j'ai maintenu la foi ; j'ai donc droit à la couronne de justice que le Seigneur, le juge équitable, me conférera un jour. » De tout cela, sans doute , il ne manqua pas de donner avis au roi Otto par les ambassadeurs de ce prince, avec lesquels il ne parait avoir eu que des conférences secrètes , et auxquels il donna peut-être aussi des instructions confidentielles, pour s'excuser lui-même et pour encourager le roi. Quel effet ces efforts du pape produisirentils sur les princes tentschs? on ne peat le dire. Mais la diète de Boppard se passa sans amener de résultats. Beaucoup de princes s*abstinrent d'y paraître : le roi Philippe s'en éloigna; le roi Otto, invité par le marquis Boniface de Montferrat à se rendre à Boppanf, déclina par avance le tribunal , au moins toute sentence qui serait rendue contre lui. « Il regarderait, déclara-t-il , comme une honte de renoncer à l'empire sous une condition quelconque, lorsqu'il avait été couronné comme roi avec les formes légales (5). » Les princes qui s'étaient trouvés à l'assemblée quittèrent donc Boppard sans avoir rien fait. L'archevêque Kunrad de Mayence suivit l'archevêque Adolphe à Cologne , pour tenter encore une fois si la négociation ne pourrait être reprise et poursuivie; mais, cet essai ayant échoué, il renonça aussi à entreprendre un accommodement dans le Teotschland, pour aller s'acquitter d'une autre mission du pape dans un pays différent. Les choses restèrent comme elles avaient été; la polémique et la lutte par les armes continuèrent donc comme par le passé, augmentant le désordre et les calamités, jusque bien avant dans l'année 4200. On connaît à peine des détails précis ; de ce qui est connu , l'on ne peut guère s'en rendre compte, et ce que l'on comprend n'offre aucune instruction , n'a exercé aucune influence sur la marche des événements. Vers le milieu de l'année pourtant, se produisit un fait qui parut bien propre à entrainer une décision.

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