‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 60 sur 165 · SUCCÈS DE PHILIPPE. BEAUCOUP DE · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE PHILIPPE. BEAUCOUP DE

PRINCES SE DÉTACHENT d'oTTO. — COU- RONNEMENT DE PHILIPPE A AIX-LA- CHAPELLE PAR l'archevêque DE CO- LOGNE.

De ran 1201 à l'an 1205.

Le pape Innocent avait été trompé par ses légats; les légats s'étaient laissé abuser par l'aspect des relations publiques et des tendances incertaines dansleTeutscfaland. Cela se conçoit; il ne restait plus guère d'un État que le nom ; d'un pouvoir public , besoin de chaque société , il y avait à peine quelques traces. Les frontières de l'empire n'étaient intactes que là où ne se trouvait personne pour les traverser; si elles étaient attaquées, il n'y avait de défenseurs que les princes isolés dont les passions étaient en danger. Un peuple allié, par des afflnités de race, jadis courbé humblement devant les armes des Tentscbs , se tenait maintenant dédaigneux et menaçant en face de l'empire qui n'en était plus un, et les rois de ce peuple, dont les ancêtres avaient reconnu avec empressement la suzeraineté de l'empire germanique, levaient l'épée contre lui. Les pays slaves sur la rive droite de l'Elbe , de la frontière du Holstein à l'Oder, de la mer aux limites du markgraviat de Brandenbourg, ces pays pour lesquels empereurs , rois et princes du Tentschiand avaient combattu depuis des siècles , où avaient été versés des fleuves de sang pour soumettre les côtes de la mer à la souveraineté germanique, et assurer le triomphe du christianisme, que Heinrich le Lion avait conquis par des efforts héroïques , et qu'il avait ensuite essayé de gagner comme ses propres domaines au moyen de sentiments plus humains et plus élevés , par des fondations utiles , par une administration éclairée , bienfaisante ; tous ces pays , ainsi que le

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comté de Holstein jusqu'à l'embouchure de l'Elbe , et le rivage de l'Océan germanique , furent conquis par le roi des Danois Knud VI, et son frère le duc Waldemar de Schlesin^ig, ou accablés au point que rien ne pouvait échapper à l'assujettissement, comme rien n'y échappa en effet. Et personne, dans l'empire germanique, ne semblait ressentir la honte de cet abaissement; personne ne songeait à prêter assistance, contre les étrangers prépondérants et orgueilleux, aux princes teutscbs qui perdaient leurs Etats et leurs sujets : on voyait avec indifférence tomber entre les mains des ennemis Lubeck , la glorieuse création de Heinrich le Lion ; la noble cité de Hambourg , appelée à de si belles destinées , comme si jamais ces villes n'avaient appartenu au nom teutsch ; et nul ne paraissait se préoccuper du danger auquel était exposée, allait succomber probablement la place forte de Lauenbourg , dernier débris des fondations de Heinrich le Lion, au delà de l'Elbe, passé à ses héritiers (>!). Car, dans l'intérieur de l'empire, chaque prince, ecclésiastique ou séculier, ne songeait qu'à son propre territoire , n'aiguisait son épée qu'afin de pouvoir se défendre, si l'on s'attaquait à lui , l'œil fixé uniquement sur les moyens d'agrandir ses possessions , d'augmenter son pouvoir , sans se soucier autrement de son voisin.

C'était donc partout une agitation continuelle, un bruit de paroles et de serments qui se croisaient; partout des mouvements incessants dans toutes les directions les plus opposées, et partout les esprits étaient agités par une grande incertitude et des inquiétudes sur l'avenir, parce qnc personne ne pouvait échapper au sentiment que l'état des choses n'était pas ce qu'il devait être. Si au milieu de telles circonstances, et à l'aspect de tous ces rapports embarrassés , les hommes avec lesquels le légat pontiGcal entra le plus souvent et peut-être uniquement en communication, les hommes du parti d'Otto, lui donnèrent, de bonne foi peut-être, l'assurance que les adversaires n'attendaient qu'un motif convenable pour se déclarer contre Philippe; que nul ecclésiastique ou laïque ne s'exposerait à l'excommunication de l'Église par fidélité pour Philippe ; et si Otto lui-même insista aussi auprès du légat, et lui tint le langage plein de confiance qu'il avait parlé précédemment, est-il étonnant que le légat ait acquis la conyiction qu'une parole

HISTOIHB DU PBCPUB ÂLUEIAND.

positive et tranchée an pape snfflrait pour déterminer tons les princes teutschs à la reconnaissance du roi Otto; que dans cette conviction il ait fait son rapport an pape, et qa*lnnocent soit entré dans les idées de son légat; qn'il se soit d'autant moins résolu à renoncer au droit le plus éclatant du siège apostolique, au droit do couronnement , et que la puissance de Texcommunication lui ait paru d'autant plus redoutable ? C'est ainsi que, par une audacieuse conflance, furent prononcés le rejet do Philippe et la reconnaissance d'Qtto.

Mais le pape méconnut, comme son légat, la position des princes teutschs à Tégard du trône; il oublia la magie attachée au mot élection. Cela est d'autant plus étrange , que lui-même , jadis cardinal romain, n^était parvenu à la chaire de Saint-Pierre que par Télect^on des cardinaux, et qu'il n'ignorait pas quelle indignation s'élevait ordinairement ds^ns le coU lége sacré quand un empereur essayait de leur imposer un pape. Il est vrai que beaucoup de rois étaient arrivés au trône sans élection régulière, par la surprise, la force, par toutes sortes de violences, ou par l'achat de leur r^sconnaissance , et personne ne savait positivement sous quelle forine devait se faire l'élection. H n'est pas itioins vrai non plus que, pour l'occupatioo du trône des Teutschs, les princes ecclésiastiques avaient exercé une influence parfois décisive, toujours très-grande , et que, d'après leurs propres professions de foi , les dignitaires spirituels étaient soumis d'une manière absolue aux sentences de l'évèque apostolique. Mais tout prince teutsch , ecclésiastique ou séculier, croyant tenir dans sa main un morceau de la couronne de l'empire, à rajustement duquel il devait se résoudre librement, croyait ne devoif* ni respect ni obéissaoce au roi pour lequel il ne se serait pas déclaré volontairement ou par contrainte; tout prince temporel pensait avoir à la couronne le même droit qu'un autre réclamait; il ne s'agissait que d'être salué roi par ses collègues. Les princes ecclésiastiques ne méconnaissaient pas leur assujettissement au pouvoir du siège apostolique , mais seulement comme membres de l'Église et on matière religieuse; comme princes de Teoipire au contraire, et dans les affaires dq l'empire, ils croyaient être indépendants du pouvoir du pape , cjt à tous égards , à l'exception de la capoté d'être élus , êtr« égaux m m^m« supé-

rieurs aux princes temporels. Et Pépoqne de Friedrich 1" avait montré le peu d'effet des foudres pontificales pour arracher les princes ecclésiastiques au parti d'un empereur qui savait les gouverner, les dominer; le papo lo* nocent ne pouvait l'ignorer. D'ailleurs, par sa décision et son excommunication, le souverain pontife s'était jeté dans une double contradiction avec ses propres principes, laquelle ne pouvait échapper à personne. D'abord il avait rejeté Philippe de Hohcnstaufen, par le niotif que s'il obtenait la couronne après son frère et son père , l'empire paraîtrait un État hériditaire, tandis que la liberté de l'empire, c'e&l-àdire l'élévation d» roi par la librç reconnaissance des princes, serait conservée; et maintenant il renversait lui-même l'indépendance de l'empire , en ordonnant que l'on reconnût pour roi celui qu'il croyait avoir trouvé selon son cœur. Bn second lieu 9 parce qije la ooo^cration et le couronnem^ent du roi lui appartenaient, il prétendait aussi examil^er si Vélfi était un empereur capable , un prince hahiie i^ recevoir le diadème , un homme de mérile ou non ; et pourtant il voulait retrancher ce Aw\ d'examen aux princes teutschs , auxquels , suivant son aveu à lui-même, appavte^ait l'éleetion ; il exigeait d'oux , sous peine d'excommunication, qu'ils acceptassent et honorassent comme roi l'homme qu'il aurait déclaré digne d'occuper le trône. Une telle prétention devait conduire toutes les personnes intéressées à de gi*aves réflexions.

£n effet , la sentence et l'excommunication du pape ne paraissent pas avoir produit le moindre effet favorable à Otto ; elles surprirent peut-être daus le premier moment, mais bientôt elles provoquèrent le mécontentement, la résistance et l'indignation. Les ecclésiastiques manifestèrent do l'opposition ; les laïques se montrèrent obstiné3 ou indifférents ; personne ne parut disposé à céder. Philippe dit : « que le pape fulminait contre lui, parce qu'il s'était efforcé de devenir empereur sans la permission du saint-père; que la liberté des princes teutschs devait être anéantie, afin que désormais personne n'arrivât plus au trône contre la volonté du pontife romain. » Ces paroles trouvèrent sans doute de l'écho dans toutes ]es àmcs ; les princes du parti d'Otto ne se résolurent pas immédiatement à la défection , mais ils devinr^t pensifs çt i^içertains, La levée eamsse du

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dfto de Brabant ne se fit pas ; rarcbevéqne de Cologne , depuis longtemps hésitant, ne pouvait plus guère être retenu ; il épiait une occasion opportune pour se détacher de la cause d'Otto , et la joie avec laquelle cet empereur avait témoigné sa reconnaissance an pape se transforma bientôt en une vaine espérance.

Dès le commencement du mois de septembre, lin grand nombre de princes spirituels et temporels se rassemblèrent à Bamberg: les archevêques de Magdebourg et do Bremen ; les évoques de Worms , Passau , Ratisbonne , Constance , Augsbonrg , Eichstadt , Havelberg , Brandenbonrg, Meissen , Naumbourg et Bamberg; les abbés de Fulda, HersfeldetKempten; le roi de Bohême; les ducs de Zœringen, Saxe, Autriche et Méranic; lelandgraf de Thuringe; les markgrafs de Mahren , Meissen et Brandenbourg; les comtes d'Orlamunde, Sommerschenbourg, Brene etWettin; pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire. Mais Hs se réunirent pour foire an saint-père la représentation suivante, qui devait être une amère désapprobation de sa conduite, et en même temps un énergique moyen do garantie. — « Nulle intelligence ne peut comprendre, nul cœur simple ne peut croire que la ruine de tout droit vienne do point où jusqu'alors la force de la justice était restée inébranlable. Qui pourrait avoir la pensée assez dure et assez bouleversée pour admettre que Terreur vienne du lieu où a coutume d'habiter la sainteté? Car, par les dispositions divines, et non par le caprice des hommes, il a été pieusement et salutairement établi que dans la ville de Rome, où était jadis le siège de Terreur, trônerait maintenant le chef de la sainteté; et nous tous devons adresser nos instantes prières au ciel , pour que la fin ne retourne pas au commencement , que Yoméga ne tienne pas la place de \ alpha. La sainteté du siège de Rome, et sa sollicitude paternelle appliquée à tout soulager , ne permettent en aucune façon d'admettre que ce qui a été entrepris relativement au choix d'un roi des Romains, contrairement au droit et aux sentiments honorables, par Tévêque de Palestrine, qui se donne pour légat de votre sainteté , se soit fait de la connaissance et de Taveu de votre prudence admirable , ou ait obtenu l'agrément et l'adhésion du sacré collège des cardinaux. Car qui a jamais entendu parler d'une semblable témérité? Où avez^vous lu , souverain pontife ,

où avez-vous appris, saints pères, cardinaux de toute TÉglise, que vos prédécesseurs, que leurs légats se soient mêlés des élections des rois des Romains , qu'ils aient été électeurs, pu qu'ils aient examiné en juges la validité de l'élection ? Répondez si vous le pouvez. Au contraire, pour l'élection des évèques de Rome, c'était un droit réservé au diadème impérial qu'elle ne pût avoir lieu sans le consentement des empereurs romains ; et c'est Heinrich !•? qui, par respect pour TÉglise, a donné l'exemple de la renonciation à ce privilège. Mais si par simplicité , par respect , un laïque néglige un droit qui lui appartient, comment la sainteté pontificale peut-elle étendre la niain sur uii bien qui ne lui s^ jamais appartenu ? Comme un reproche de votre sainte Église , notre nièuse mère, nous atteint en notre qualité de membres de l'empire romain, nods ne pouvons passer so^s silence une offense qui le touche. Nous vous déclarons donc avec douleur que Tévêque de Palestrine s'est ingéré dans l'affaire deTélection contre toute disposition du droit. Était-il électeur, ou juge? S'il était électeur, pourquoi, en Tabsence de ses collègues , a-t-il cherché à faire passer la vérité pour mensonge, la vertu pour crime? Pourquoi n'a-t-il tenu aucun compte des princes qui, par le nombre et la dignitë, étaient les dispensateurs du pouvoir? Prélendrait-il avoir agi comme juge? Quoi donc ! en cas d'élection douteuse d'un roi des Romains, y aurait-il une juridiction supérieure à celle des électeurs quidoiventse réunir librement? Le médiateur entre Dieu et les hommes, Thomme-Dieu , a séparé les devoirs des deux pouvoirs : Celui qui sert Dieu ne dort pas se mêler des affaires temporelles, et celui qui s'engage en des intérêts terrestres ne doit point présider aux choses divines. Si vous vous faites juge, cet acte ne peut trouver a\icune excuse. Nous pouvons aussi tourner votre épée contre vous ; une sentence rendue par le juge en Tabsence d'une partie est sans valeur. Que votre rigueur se dirige donc contre Thomme qui s'est permis de telles inconvenances, contre Tévêque de Palestrine; car nous vous déclarons, très-saint-père, que nous avons porté unanimement nos voix sur notre très-illustre seigneur Philippe , roi des Romains , à jamais auguste. Mais nous vous assurons aussi et vous garantissons (j^uc jamais il ne s'écartera de Tobéissancedue à vous et au saint-siége; que sa

piété le rendra au contraire agréable à Diea et à vous ; qu'il sera pénétré d'un respect filial , et qu'il sera défenseur énergique de rËglise. En conséquence nous vous prions de répandre sur lui , comme c'est votre devoir , le bienfait de la bénédiction. »

Cette malencontreuse représentation fut envoyée à Rome par une ambassade qui avait à sa tête Farchevêque Ebcrbard de Salzbourg, déjà signalé par sa déclaration contre la conduite du légat pontifical. Innocent ne s'attendait guère à une déclaration rédigée dans un tel langage. Non-seulement elle dut le surprendre , mais l'offenser ; et l'impression qu'elle fit sur lui fut encore fortifiée par plusieurs causes. Bientôt se répandit une lettre du roi de France, qu'il avait si profondément humilié pour des désordres domestiques. Dans cette lettre, le roi se prononçait résolument en faveur de Philippe le Hohenstaufen , et d'un ton menaçant contre le Welf Otto : car Philippe-Auguste considérait la conduite du pape comme une usurpation sur l'indépendance de tous les Etats , et sur les droits de tous les rois. Mais Innocent reçut la déclaration des princes teutschs et la lettre du roi de France dans un moment où lui-même éprouvait les plus grands embarras à Rome et dans le territoire qu'il avait réclamé pour le saint-siége. Dans la ville et aux alentours régnait une disette qui ressemblait à une vraie famine; le peuple, naturellement turbulent, était violemment agité, quoique le pape lui-même n'épargnât aucun sacrifice pour soulager les besoins, adoucir la misère. La noblesse romaine , tous les vassaux et les seigneurs qui avaient agi , grandi , ou acquis sous les empereurs Friedrich et Heinrich VI, détestaient la domination pontificale, et sentaient peser sur eux comme un poids insupportable la rigoureuse administration qu'Innocent s'efforçait d'établir; et comme la détresse dans laquelle se trouvait le peuple romain leur paraissait ouvrir de nouvelles perspectives de bouleversements, ils s'agitaient en tous sens, employant là les flatteries et les caresses , ici provoquant les passions, attisant le feu. Dans le royaume de Sicile , enfin , sur lequel Innocent tenait son bras étendu , Markwald exerçait çà et là sa funeste puissance ; le jeune roi lui-même , le pupille du pape, était en son pouvoir; et quoiqu'une maladie cruelle lui fit endurer de terribles souffrances (2) , il travailla , tant qu'il

conserva ses facultés , avec une grande halnleté au profit de ses passions redoutables, et poursuivit sans interruption ses projets ambitieux.

Néanmoins le pape se tint fermement à la sentence qu'il avait prononcée dans les affaires de l'empire , et fut assez énergique pour conserver son ancienne attitude en face des princes teutschs. Quel autre parti lui restait-il à prendre ? le passé ne peut se refaire ni se démentir. Quand bien même ses légats en Teutschland ne lui eussent pas tenu le langage de la plus grande confiance, quand ils l'auraient engagé à n'avancer qu'à pas comptés et bien assurés dans la voie où il était engagé, il n'aurait pu s'écarter ni à droite ni à gauche, sans exposer son action apostolique à un grand péril, sans violer ses principes devant le monde et la postérité. Il lui restait encore l'espérance dans l'ancien bonheur du saint-siége, dans les besoins, la foi et la superstition des hommes de son temps , dans les éventualités et les occasions favorables. 11 poursuivit donc sa route en modérant son pas, s'abstenant de toute précipitation. Son légat fut loué de sa condaite sage et résolue , avec avertissement toutefois de se montrer réservé dans l'emploi de l'excommunication. Dans l'affaire de l'élection de l'archevêché de Mayence , il se décida pour Sifrid, en faveur duquel aussi le roi Otto s'était employé auprès de lui ; il lui conféra le pallium , et , par mansuétude apostolique , voulut bien laisser l'adversaire de l'heureux candidat, Léopold , dans son ancien évêché de Worms. Sur les plaintes des princes teutschs contre son légat, ou plutôt contre lui-même, il essaya de se justifier au moyen de ses anciennes raisons , non sans habileté , mais aussi à l'aide d'artifices, ainsi qu'aurait pu s'en permettre un avocat dans la défense d'une affaire douteuse. 11 accordait que les princes avaient Je droit d'élire le roi ; mais il ajoutait qu'il le leur contestait d'autant moins qu'ils le tenaient du siège apostolique, qui l'avait transporté des Grecs aux Teutschs. D'un autre côté , il s'arrogeait le droit d'examiner l'élu , attendu qu'il devait le bénir, le consacrer et le couronner. Il ne craignit pas même de poser aux princes cette question : Si sans division et d'un commun accord ils élisaient pour roi un spoliateur des églises , un banni , un tyran , un idiot, un hérétique ou un païen; dans un tel cas, lui le souverain pontife serait-il obligé de bénir ,

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