LIV. XXV
puisses arriver henrensement à recevoir la couronne impériale. »
D'un autre côté, il ordonna des mesures rigoureuses contre Farchevèque Adolphe de Cologne. Au commencement du mois de mars, il adressa un bref plein d'indignation à l'archevêque de Mayence , à Tévèque de Cambrai et au scholasticus de St-Gercou de Cologne ; en Toici un extrait : « La désobéissance opiniâtre de l'archevêque Adolphe de Cologne , ses parjures répétés , ses trahisons fréquentes , exigent qu'il tombe dans la fosse qu'il a creusée , que sa propre épée se retourne et lui perce le cœur. Sans crainte de Dieu, sans honte à l'égard des hommes , sans respect pour la dignité de Téglise de CiOlogne , il a rejeté le joug de l'obéissance, violé le serment prêté plusieurs fois , et trahi celui qu'il avait nommé. Quand il couronna le roi Otto et lui jura fidélité, il nous a pressé instamment de tourner la faveur apostolique vers ce roi , et d'approuver ce qu'il avait fait. Quand nous eûmes satisfait à ses sollicitations , alors il commença à se ralentir, retira sa main de la charrue, et cessa d'arroser ce qu'il avait planté. Mais, comme celui qui plante , celui qui arrose n'est rien ; que c'est Dieu qui est tout, qui fait croître et profiter ; ainsi , par la grâce de Dieu , la nouvelle vigne a grandi et poussé des jets de tous côtés. Le planteur envieux, voyant cela, a juré de déraciner le cep ; mais la trame a été découverte, et l'arbre reconnu à ses fruits. Rappelé à ses souvenirs , serré de près , il a de nouveau juré de ne jamais abandonner le roi Otto , et de ne jamais incliner vers l'antre parti; et néanmoins, corrompu par l'argent, au mépris de nos ordres et de son propre serment, il a criminellement abandonné sou seigneur , et s'est attaché honteusement au duc Piiilippe de Souabe. Et, pour combler la mesure et rendre impossible tout déguisement de sa faute , tout récemment il a couronné publiquement le duc Philippe à Aix-la-Chapelle, où il avait déjà couronné le roi Otto; et, lorsque dans l'église de St-Pierre de Cologne l'excommunication fut prononcée par le légat du siège apostolique contre touls ceux qui se détacheraient d'Otto, Adolphe lui-même était présent, revêtu du costume archiépiscopal , tenant un cierge allumé. Heureusement les habitants de Cologne n'ont pas suivi leur chef dans son odieuse désertion ; ils ont persisté fermement dans la fidé-
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lité au roi. Mais, afin qne Tancien levain ne communique pas son aigreur à toute la pâte, nous recommandons à votre sagesse , de l'avis de nos frères , par ce bref apostolique , de proclamer au son des cloches , à la lumière des cierges, chaque dimanche et tous les jours de fête, l'excommunication contre l'archevêque Adolphe dans toutes les églises de Cologne et des diocèses voisins , et de relever du devoir d'obéissance envers, lui tous les vassaux de l'église de Cologne , prêtres et laïques. Nous vous donnons aussi pleins pouvoirs de déposer de sa dignité sacerdotale , en rejetant toute opposition , tout appel , le même archevêque, s'il ne comparait pas en personne devant le siège apostolique dans le délai d'un mois , pour s'y faire juger , et de procéder à l'élection d'un autre sujet digue de ces hautes fonctions, »
Le même jour, le pape écrivit aussi an clergé et au peuple de Cologne , pour les louer hautement de ce qu'ils avaient délaissé leur chef lorsqu'il avait ainsi changé (4), et de ce qu'ils avaient persisté dans la fidélité au roi Otto. En même temps ils étaient mformés de la décision prise contre l'archevêque. Enfin ils étaient exhortés à prêter assistance à l'archevêque de Mayence et à ses collègues dans l'exécution de ces décisions , & continuer leur secours et leur affection au roi Otto comme par le passé , et ils pouvaient compter sur la faveur aposto« lique. .
Conformément à l'ordre pontifical, vraisemblablement au commencement du mois de mai, l'archevêque de Mayence et l'évèque de Cambrai proclamèrept, dans l'église de St-Pierre de Cologne , en présence du clergé et du peuple , l'excommunication contre l'archevêque Adolphe, et ordonnèrent que celte sentence fût publiée tous les dimanches et tous les jours do fête , comifne cela était prescrit. Cependant , pour tenter ce qu'il serait possible de faire, conformément à une permission spéciale dii pape , ils envoyèrent le chanoine HeinHch à St- Gercou , et deux prêtres , Anselme et Christian, à rarclievêque , pour l'engager à s'adresser en temps utile au pape, et k éviter ainsi sa dépo* sition. Mais Adolphe ne se rendit pas à leurs avis, et, plein de confiance dans la puissance et la faveur de Philippe, il ne se soucia ni do l'excommunication prononcée , ni de la déposition dont on le menaçait. Ensuite les plénipotentiaires du pape convoquèrent â la fête
des martyrs aQgrvais et Protais , le à9 de jaia, tfidergé et le peuple de Cologne daos l-église aatbédrale, et, ea présence du roi Olto et d*au^tres éminents personnages, ils prononoèrent ia déposition d'Adolphe. En même temps ils ordonnèrent l'élection d*un nouvel archevêque, et le choix tomba, comme le pape Tavait désiré , sur Bruno, prieur de Téglise de Bonn, homme riche de la famille des comtes de Sayn. A peine est-il besoin de remarquer que Télu reçut bien vite la confirmation du pape.
Cependant, aux fêtes delà Pentecôte, Philippe avait tenu une grande dicte à Spire. Là Farcbevéque Adolphe avait porié des plaintes contre )a ville de Cologne, et, soutenu par ses partisans, il avait déterminé le roi. et les' princes présents à résoudre contre cette ville une expédition militaire , qui fut annoncée par le. roi pour le mois. de septembre. Mais cet ajournement était insupportable à rarche^ vé^ue Adolphe, et. la nouvelle de sa déposition, qui arriva bientôt < apr^s, augmenta ilQCQre son ardeur et son indignation. 11 pénétra donc dans rarchevèché avec des trqupes pour Attaquer son adversaire, le nouvel archevêque Bruno t et aussitôt les vassaux .de Tévéché se partagèx'ent, les uns combattant pour lui, les autres contre lui.. H y. eut une infinité d^engagements sanglants; le pillage et. l'incendie désolèrent le pays. Les biens des églises furent dévastés, les clochers furent abattus; Ton n!épargna ni les pauvres, ni les veuves , ni les orphelins. Bientôt Cologne fut si complètement investie, qu*U n'y eut plus moyen d'en sortir ni d'y entrer; bientôt aussi les bourgeois se firent jour en chassant l'ennemi» Les feudalaires et des archers du comte de Berg se postèrent à Deutz, inquiétèrent les communications sur le . Rhin^ et barrèrent le fieuve en aval et en amont. ES^éanmoins les bourgeois de Cologne étUtblirent une station de grands bâtiments au milieu du Rhin, pour maintenir le .fleuve libre de leur côté, et opérèrent même des.dé- |)arquements sur l'autre rive, afin de se venger par le pillage et l'incendie.
Au milieu de toi\^ ces actes de haine et d'odieuses représailles, dans le mois de septembre Philippe se mit en marche avec une {puissante armée, et parut le jour de la Saint- Michel sous les murs de Cologne. 11 établit son camp au-dessus de la ville, et aussitôt fil sommer ceux de Cologne de se soumettre et
d'éloigner Otto «t Bruno* Les habitants rejetèrent ces conditions, invoquant - leur «obéissance envers TEglise et son chefi L'attaque commença donc, mais resta sans résultat; elle fat renouvelée cinq jours de suite, et rien ae>fut obtenu. La défense fut ausçl habile qu'énergique. Otto, dirigeant et combattant en mène temps, était un aiguillon et un modèle pour les bourgeois. Les gens de Cologne affrontaient les périls comme s'ils avaieqt voulu montrer au monde qu'ils étaient dignes de la liberté y et qu'au-dessus des grands seigneurs et. des che^ valiers par la loyauté et la fidélisé , ils ne leur étaient pas inférieurs en CQurage, enexpérience militaire, en constance. L'armée de Philippe subit une grande perte en hommes, et une phis considérable encore en chevaux, Au bout de i cinq jours,, on sentit généralement que. la ville ne jpouvait être soumise par la force des armes, puisqu'elle . avait la supériorité. Ea conséquence, et comme on ne pouvait rie|i attendre d'une négociation nouvelle, le siège fut levé ; mais, pour qu'il ne parût pas qu'une si grande armée eût été contrainte à la retraite par une seule ville , le roi Philippe desoendit le llbin et vint jusqu'à Neuss..Ce^e villf fut attaquée et amenée à la soumission sous l'archevêque Adolphe, inK>ins, par les armes. que par la surprise des habitants , qui perdirent, le courage et la résolution. Après cette conquête, Philippe amena l'armée à travers l'archevêché vers le haut Rhin , brûlant et ravageant.
La tranquillité ne s^ rétablit pas dans l'archevêché. Adolphe continua la lutte eontre Bruno pendant l'hiver et dans l'année ,4 ^6^ non-seulement on renouvela les anciens rar vages, mais on se livra à d*alroces excès* A Cologne arriva un ordre du pape, afin que l'excommunication fût prononcée contre tous les princes qui avaient attaqué les possessions de l'Église, et que l'interdit fût mis sur leurs domaines. Cet ordre poussa les coupables jusqu'à une sorte de rage.contre le clergé, et ils s'attaquèrent sans pitié à tout ce qui appartenait à TÉglise, se saisirent même des revenus ecclésiastiques pour deux années. Les prêtres tombèrent dans (me telle misère, qu'il leur fallut vendre ce que les églises possédaient, depuis les temps anciens, pn or , en argent et en pierres précieuses.
Le roi Otto, entouré de tels dangers, était dans une effrayante situation. U poavait se coa-
A8r.:it jws. Bruupscjiwcjgers («o rfraoci^Ui 9^lipswijluQii$i, si i'oo veut); mais il^ étaient I)or;» d'état d,e h secourir, et, hormis ce^ gens, il na gouyait compter suc personne. De tous les princes séculiers de Tempire, il n'y avait plus à. côté de Iqi à Cologne que le duc d^ timbourg et 3on fils Walram , qui éiiùt revenu à lui quand Adolphe l'avait quitté.. Mais on ne ypit nulle part que des troupes aient suivi ces princjBS, et on ne peut dii:e quelles^ dispositions eux-mêmes avaient apportées à^Cologne, quels sentiments ils-y conservèrent. Il n'y avait pas à douter des intentions des princes ecclésiastiques qui sp trouvaient à Cologne; raai^ , outre lei^r bon youloir, ils n'avaient rien à .offrir. à Otto : .car l'arcbevôqne Sifrjd de M«^ycnc<ç, recopjçiu par quelques si^jets seulement,^puUé 0e s<m arçbevéchéi^ n'avait d'autorité que sur des choses spirituelle^, ne pouvait donner que des béQpdiction&09 lancer des anatbèmes; Içjpouye>.arcbeyèquede Cologne se teu/aitsur le môme ^rraiQ qn'Otto^ n^ais, par delà les m,urail|es de Cplogpe i Bruno ^'avait pas , ]e in<^indre poqvpir ; i'évèque de Cambrai, enfin. ^t^it hors Ô'état de ;çervir le roi autrement. qqe par deç négociation;; , par des voyages de Cologne à Rome.. Tous<. les autres prélats de k'pmpire avaient fait défection.. Les évèques de Munster et d'Qsnabrnck eux-mêmos, qui jusqu'alors étaient restés fermes , passèrent çnfin du côté de Philippe. Assurément tous les princes ecçîésiastiqnes n'étaient pas plus ennemis d'Otto que les princes séculiers; mais aucuQ d'eux n'osait se montrer son ami et agir ponr lui. Lorsque le nouvel archevêque Bruno dut être consacré par Tarcbevêque Sifrid,. il fallut appeler deux évêqoes d'Angleterre pour accomplir régulièrement l'act^ solennel de l'ordinatiop. Quanta la viile de Cologne , elle avait donné au monde et à la postérité un exemple de l'énergie , de l'ardeur et des sentiments de la jeune bourgeoisie qui s'élevait alors si pleine de vie dans les. cités du Teutschiand. Cette bourgeoisie tirait sa subsistance de l'activité de l'industrie , des arts et des communications rapides avec le monde. Cologne, pas plus qu'une autre ville , ne pouvait se passer de cet aliment. Elle pouvait bien opposer une résistance vigoureuse à une brusque attaque, mais était incapable de supporter longtemps une situation qui la resserrait dans ses propres murailles , ou de soutenir une guerre contre l'empire entier.
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Le roi Otto ne peut s'ètris fait illusioiî mt tout, cela. L'unique espérance qui lui restait encore était dans un armistice qui amènerait peut^tre un changement de choses, ei«en tout cas lui procurerait un soulagement. Mais une suspension d'armes ne pouvait guère être obtenue que par la médiation du pape, et encore à grand'peinc. A tout hasard il envoya L'évêque de Cambrai à Rome pour exposer sa détresse au saint-père. Probablement la proposition de l'évêque jeta Innocent dans un certain embarras. On peut bien croire que^ pour un anssi habile homme , cette occasion d'entrer en relations avec Philippe ne devait pas être désagréable ; car , dans la situation, des choses , en raison des périls croissants d'Otto , il devait songer, à changer sa position relativement à Philippe ; il devait chercher à se rapprocher de lui, afin de pouvoir mieux le saisir, soit qu'une réconciliation fût nécessaire, soit que sa perte fût possible. Ep effet 'il se rendit aussitôt à la prière d'Otto, et donna au patfliarche d'Aquilée la mission d'amener le duc Philippe à une trêve avec le roi Otto et les gens dç Cologne. A cette instruction il en joignit imc autre : d'exhorter le duc à cesser de favoriser l'évêque Léopold de Worms^ comme archevêque de Mayence. Au reste, il pressa encore Jean d'Angleterre de prendre eit main la cause de son neveu , et de lui accorder enfin l'argent que le roi Richard lui avait promis.
On comprend tout de suite, et Innocent l'avait prévu sans doute, que Philippe ne pouvait consentir à (^armistice. Mais moins il avait à craindre .son adversaire, plus il devait avoir à cœur, de gagner le pape /afin de pouvoir arriver à la possession incontestée de l'empire et de la couronne. L'apparition d'un légat du pape avec des instructions pacifiques dut le flatter, car elle semblait témoigner déjà d'un rapprochement du pape ; elle pouvait être interprétée, sinon par lui-même, au moins par l'opinion du vulgaire, comme si le saintpère recherchait une réconciliation avec lui, et , par une telle opinion , il ne pouvait que gagner en considération auprès de ses amis comme de ses ennemis. Le choix de l'homme que le pape avait honoré de ses pleins pouvoirs était bien propre à faire concevoir des idées favorables, non-seulement dans l'esprit de Philippe, mais dans te monde ; car le patriarche VYalter on Wolfgar d'Aquilée, depuis longtemps
en favenr auprès de la maison des Waiblingen , était aussi dévoué à cette maison. Il n'exécuta pas maintenant les desseins du pape, et ne tenta peut-être pas d'efforts pour cela; mais il est certain qu'il exerça une action pacifique sur le roi, calmant les passions, adoucissant les ressentiments. Philippe adressa au saintpère une lettre qui , par le ton et les expressions bien différentes des précédentes, témoigna d'un désir de rapprochement. Il rend compte au pape de toute la marche des choses depuis la mort de son frère Heinrich VI; il cherche à justifier tout ce qui est arrivé pbur lui et par lui , et représente la situation sous un tel aspect, qu'il parait agir avec une bonne foi entière. « Dans son élection comme roi , dit-il , il s'était proposé avant tout d'être le défenseur et le restaurateur des églises , d'étendre le culte de Dieu et la religion chrétienne, de faire rendre justice à tous les opprimés et à ceux qui souffraient de l'iniquité , de ne pas épargner les coupables, et en toutes choses d'agir suivant la rigueur des lois, tempérée par l'équité et la pitié. » Il offre d'abandonner h l'instant l'archevêque Rudolf, si le pape veut aussi se résigner à délaisser l'arclievêque Sifrid. Sur la suspension d'armes , il fait une réponse équivoque , mais à laquelle pouvait se donner \m totrr amical. « Cette trêve, dit-il, entre nous et le seigneur Otto, que vous désirez, nous l'aurions accordée , si vos envoyés avaient pu parvenir aitprès dudit seigneur : » et ils n'avaient été empêchés que par ses partisans ou par les gens d'Adolphe. « Au reste, ajoute-t-il, pour rétablir la paix et la concorde entre vous etnon^, entre le sacerdoce et l'empire, ainsi que nous y avons toujours aspiré, nous nous soumettons à vos cardinaux et à nos princes qui sont obligés, comme catholiques, à poursuivre la paix et l'union. Si, à quelque égard , nous vous avons offensé, tous ou la sainte Église romaine , nous voulons vous donner la satisfaction que ces hommes prononceront. Si au contraire vous aviez blessé en quelque point nous ou l'empire, pour l'honneur de Notre- Seigneur Jésus-Christ , dont vous tenez la place sur la terre; par respect pour saint Pierre, le prince des apôtres, dont vous êtes le lieutenant, et pour notre propre salut, nous vous laissons à votre propre conscience : car, comme nous croyons fermement que Kotre-Seigueur Jésus- Christ, avant et après la Passion, a remis à
l'apôtre Pierre les clefs du royaume des cietix , avec le droit de lier et de délier , nous voulons aussi que.vous , son successeur, avec la plénitude de son pouvoir, ne puissiez être jugé en matière do ce genre par aucun homme , mais qu'il soit réservé à Dieu de prononcer sur vous. »> Enfin, ce qui jusqu'alors n'était pas encore arrivé , en dépit de tant d'attestations da pape , Philippe nie que l'excommunication ait été prononcée contre lui par Célestin 111 , et il espère que le pape Innocent lui-môme attesterait son innocence, s'il invoquait les témoignages.
11 est certain que celte justification du roi Philippe ne satisfit pas le pape ; Innocent put môme être blessé de quelques expressions dans la lettre. Mais un grand avantage obtenu par lui, c'est que le prince Hohenstaufen s'était résigné à cette justification , et que les principes catholiques orthodoxes qu'il y exprimait paraissaient ouvrir les voies à des négociations ultérieures. En effet, Innocent renonça aussitôt à ses efforts pour une trêve. Il écrivit à Otto ce que Philippe avait répondu à cette offre , et lui conseilla amicalement, si l'armistice pouvait encore lui être utile, de s'adresser désormais lui-même à Philippe, et de déclarer à ce prince que, sur l'avis du pape, il était prêt à consentir à une trêve d'une année. Il ne manqua pas de répéter encore qu'Otto devait être assuré de sa faveur, de tenir ferme avec prudence, et ne pas souffrir que de mauvais esprits l'embarrassassent de leur intervention, comme ils avaient coutume de faire (2).*
Mais avant que cette lettre put être remise entre les mains d'Olto , déjà l'on était arrivé à une décision, ou du moins l'on y touchait. Philippe marcha de nouveau avec «ne grande armée sur Cologne; et cette fois il avait plus de confiance dansle résultat de l'entreprise que l'année précédente : car il était parvenu avec ses immenses ressources à décider le duc de Limbourg en faveur de sa cause, et ce duc avait su gagner si complètement la confiance des bourgeois , qu'ils lui avaient remis la conduite de la guerre et de toutes les affaires de la ville. L'archevêque Adolphe marcha au-devant du roi avec tous les comtes et seigneurs de l'archevêché, et réduisit tout le pays sous son obéissance. Cologne fut investie, mais ne fut pas attaquée. On voulut resserrer la ville, la fatiguer, l'affamer; ce genre de guerre excita