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i^ussirent^ sinon en totalité, au moins en grande partie, jusqu'à Tautomne de Tfinnée f2IO. Les pays qu'lnnoceiit avait acquis ou dont il voulait se saisir étaient en la possession d'Otto ; ils furent donnés en fief à des hommes qu'il tenait pour ses fidèles vassaux; et il s'était emparé aussi des possessions de l'Eglise autour de la ville éternelle , qui , depuis les temps anciens, étaient regardées comme le patrimoine de Saint-Pierre. Rome était, par terre ^si complètement séparée du monde, que ]e pape ne pouvait envoyer de légats dans les ^ays chrétiens; que des* étrangers qui se rendaient à Rome pour affaires, ou étaient poussés par un sentiment religieux au seuil de l'A' pôtre , se voyaient forcés de retourner sur leurs pas. Les communications par mer avec Rome n'étaient, pas sûres, parce q^ie les Pisans avaient pris le parti de l'empereur. Otto se; ré-; garda donc comme tellement puissant, qu'il eut la pensée hardie de soumettre aussi le royaume de Sicile, dont le pape s'était proclamé illégalement le suzerain , et de ramener cette Ile sons le pouvoir de l'empire. Dans sa haine contre les Hohenstaufen, il voulut venger les outrages faits à son père, Hcinrich le Lion, par rcmperenrr Friedrich Barberoussc, sur le petitfils de cdui'-ci , sur le jeune roi Friedrich de Sicile, papilb et protégé du pape, qui, maintenant âgé de 46 ans, avait pris en main les rênes .du gouvernement. Le roi Friedrich était pour lui comme un aiguillon : il parait qu'un noir pressentiment traversa son ùme. Aussitôt après la mort de Philippe, il avait craint que Friedrich, lé dernier Waiblingcn, ne voulût faire valoir les prétentions auxquelles, il semblait être autorisé par le serment que les princes teutscbs avaient prêté à son nom lorsqu'il était enfant; et le pape, qui lui rappelait eu certains cas le souvenir de Frîedrich, avait eu beaucoup de peine à le tranquilliser. An reste,' quelques grands seigneurs de là Pouille et de la Calabre entretenaient avec lui des intelligences ^ et voulaient le pousser à la conquête du pays. Aussi Otto ne se fit pas scrupule d'envahir le roj^ume au conra\eneement du mois de novembre; et, avant la fin de l'année, Capoue et Salerne, Monte-Cassino , Avérea et Naples, étalent en son pouvoir. La trahison, la lâcheté et la terreur le secondaient presque partout ; il trouva rarement de la résistance.
Ces mouvements étranges , qui tenaient
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moins d'une grande passion que d'un audacieux esprit d'aventures,. duraient déjà depuis plus d'un an , et Otto paraissait avoir compléf% tement oublié la patrie, comme avait fait jadis Friedrich l''^ Le pape Innocent paraissait S9 tenir en face de lui comme un héros désarmé et enchaîné; mais en. réalité le pontiCs considérait la conduite de l'empereur avec ua étonnemcnl mêlé de mépris. Il pouvait bien sentir sa poitrine se gonfler d'indignation et de colère.; mais assurément il ne craignait pas que l'édifice entrepris par Otto fût jamais achevé et acquit de la solidité ; il n'avait certes pas li'iuquiétude que le siège apostolique subit des dommages considérables et permanents de ces orages passagers^ mais parce qu'il avait soutenu , élevé lui-même rUon[)me qui maintenant osait le braver, parce que sa prudei^ce devant le monde était devenue folie, son espérance s'était changée en honte,en voyant que ses. prédictions avaient été tournées en dérision, il considéra donc, assez longtemps les événementi en. silence. Il parait avoir rcgai*dé rempe;*eur * comme un jeune homme qui , débarrassé pour la première fois de ses liens, dans le sentiment de sa liberté nouvelle , se livre à tous ses mouvements sans réilcxion , sans prévoyance ; et il ' attendit avec confiance son retour à la réflexioa et à. la prudence. Mais quand Otlo alla plus loin; que, non content de la prise de posses^ sion des biens de Alathilde, non content du duché de Spolète , il réduisit sous son pouvoij; l'ancien patrimoine de Saint-Pierre , et investit, pour ainsi dire , Rome de telle sorte, qu'il sem^ blait vouloir se saisir même de la ville éternelle; alors il lui fit parvenir le cohscil de s^arrêtei* /lans ces cl'irainels préludes, lui rappelant les bienfaits dont il avait à rendre grâces au saintéiége, et la reconnaissance qu'A avait promise , les obligations qu'il avait contractées sous ser-^ ment, la sainteté et la puissance de.ri^lise, l'apôtre Pieire , Dieu et* le fils de Dieu ; l'avertissant enfin de prendre garde aux foudres dil siège apostolique, dont les bénédictions Tavaicnt fait ce qu'il était. Otto reçut l'exhortation M pape, mais il n'en tint nul compte. Innocent jugea donc nécessaire de disposer les choses à Tavance, afin que, s'il prononçait l'anathème ^ ce ne fût pas comme un retentissement de vaincs paroles. Il entra en alliance étroite avec te roi Friedrich de Sicile, on plutôt il resserrli les anciens liens qui l'unissaient & ce prince ; ï\
HISTOIRE DU PEUPLE ALLMAND
travailla surtout dans la prévision de la défection ou de la conquête des provinces en deçà de la mer, afin que l'on ne s'effrayât pas et que Ton ne fût pas entraîné à une lâche soumission. II se ligua également avec le roi Philippe de France \ car Philippe redoutait la puissance de Tempereur Otto; il y voyait des dangers pour la Normandie, qu'il avait arrachée au roi d'Angleterre, oncle d'Otto. Innocent pouvait compter -sur lui contre l'empereur; mais il comptait bien plus sur les princes leutschs , d'abord sur les ecclésiastiques , puis sur beaucoup de séculiers : car il savait que la plupart avaient trafiqué de leur serment; qu^Otlo n'avait été reconnu que par nécessité , et parce » que lui-même avait mené les affaires de cet empereur; que la maison des llohenstaufen avait encore beaucoup de partisans ; qu'il ne serait donc pas difficile d'exciter au moins une nouvelle et grande division dans le Teutschland. Le départ d'une partie des princes qui avaient paru à Rome avec Otto, aus- .sitôt après le premier désaccord entre lui et l'empereur , devait déjà lui donner comme des gages de cette attente. Lorsqu'Otto, repoussant toutes les représentations du pape , et restant sonrdà l'appel delajusticeet du devoir, entreprit l'attaque sur le royaume de Sicile , Innocent crut ne devoir pas hésiter plus longtemps : il prononça l'excommunication contre l'empereur.
Otto ne se laissa point embarrasser par l'anathème du saint-père ; il était en prospérité, et les circonstances étaient favorables. La malédiction lui paraissait comme des éclats de colère â*un prêtre offensé^ qui retentiraient comme d'autres vains sons. Philippe, son adversaire, ' tant de princes teutschs, partisans de ce prince, avaient été frappés des foudres de l'Église , et la fortune leur était restée fidèle; lui-même, béni par le souverain pontife, avait été trahi et abandonné, mais ^excommunication était révoquée par le même homme qui l'avait prononcée. Il ne se détourna donc pas de sa route et ne se tint pas en repos. Durant l'hiver, il fut fêté à Capoue en triomphateur; au printemps de l'année 4244 , il reprit les hostilités et les poussa vigoureusement là où il était nécessaire d'employer les armes. Mais le pape ne se reposait pas non plus; il fit de nouveau faire à l'empereur des offres qui témoignaient de son attachement à la paix. En même
temps il répéta l'excommunication, en la fortifiant des circonstances les plus solennelles et les plus terribles , et Fétendit snr tous les complices, fauteurs et adhérents d'Otto. II employa aussi tous les moyens dont il pouvait disposer pour faire connaître an monde chrétien , surtout aux Italiens et aux Teutschs, qu'il avait été contraint, et comment il Tavait été, à prononcer cet anathème contre l'ingrat , le perfide et criminel empereur. Lcs âmes honnêtes, tout'près du théâtre des événements ou dans l'éloignement , voyaient avec terreur cet état de choses , et considéraient en tremblant l'abime au bord duquel Otto paraissait chanceler. Il y eut aussi des partisans et des amis de sa maison qui , sans mettre en doute la sincérité de ses paroles de justice et de devoir, s'adressaient vivement à son^ cœur, pour le détourner de ses téméraires entreprises. Mais, enivré de ses succès, il n'écouta pas ces avertissements , et , sans regarder ni à droite ni à gauche, il se lança en de plus vastes projets. Dans le cours de l'été , il réduisit toute la Pouille en son pouvoir, ainsi que la plus grande partie de la Calabre, de sorte qu'il pouvait se considérer comme le souverain de tout le royaume en deçà de la mer. 11 dirigeait toujours un regard d'une convoitise plus ardente sur l'Ile de Sicile elle-même. Il fit tous les préparatifs nécessaires pour y passer , et les Pisans mirent une flotte à sa disposition. li doutait d'autant moins du succès de l'entreprise , qu'en Sicile même on le regardait comme assuré ; tout y était bouleversé. Plusieurs hauts barons de l'ile, voulant se mettre au moins en sûreté, envoyèrent des messages secrets à l'empereur pour lui déclarer leur soumission, et lui promettre de seconder ses armes aussitôt que , par son apparition sur le sol de nie, il les mettrait dans la possibilité de se détacher de son ennemi , leur roi Friedrich; les Sarrasins , établis encore sur le territoire sicilien , lui firent offrir aussi leurs bras et leurs épées. Ainsi Otto put bien se considérer comme seigneur de Sicile , et même rêver un avenir de grandeur et de puissance , tel qu'il ne s'en était pas encore ouvert devant aucun empereur de ses prédécesseurs. Mais ce brillant rêve fut de courte durée; Otto avait atteint le plus haut point de sa gloire. Dans le temps même où il s'imaginait avoir embrassé tant de puissance, où il voulait on saisir plus encore^
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le ciel se chargea , les brillants horizons ouverts devant ses yenx disparurent dans la nuit et les sombres nirages, et, au bout de quelques mois, il se vit faible, abandonné, trahi ^ comme il Tavait été dans les premiers jours de sa carrière.
Depuis le départ de Tempereur pour rilalie, il y avait eu sans doute dans le Tentschiand des mouvements « de l'agitation de diverse nature , des efforts des villes pour se maintenir et s'accroître , des débals dans les évéchés à Toccasion de Toccupation des places vacantes , des guerres particulières entre certains princes, des brigandages exercés sur les grandes routes et sur les fleuves ; mais il ne parait pas que rien d'important ou de caractéristique se soit manifesté durant un temps assez long. 11 régnait plutôt en général un repos , une sécurité telle, que les contemporains eux-mêmes s'étonnaient de cet ordre inaccoutumé (5). Les premRres nouvelles d'Italie avaient apporté la joie, et justiflaient l'attente d'une heureuse issue du voyage de l'empereur. Il n'y a pas de doute sur ce point : si Otto, aussitôt après avoir été paré de la première couronne du monde, fût revenu dans le Teutschiand, et eût ramené dans sa patrie la belle armée qui l'avait suivi au delà des Alpes , il aurait été reçu partout au bruit des acclamations.
Mais le retour de plusieurs princes qui avaient quitté l'empereur après le commencement de la querelle avec le pape , et regagné successivement le Teutschiand en 4210, parait avoir excité, suivant la situation et les dispositions des hommes , ici des inquiétudes , là des espérances , en général réveillé toute sorte de passions. Dès ce moment se manifesta une nouvelle discorde qui alla toujours croissant. Amis, ennemis, gens irrésolus, tous regardèrent autour d'eux, considérèrent leur position , et prirent des mesures afin de pouvoir mettre à proflt les occasions , sinon pour l'empire, au moins pour leur ancien parti* ou pour eux-mêmes. Au milieu de cette excitation, tomba, vraisemblablement au printemps de l'année 4211 , l'excommunication du pape contre l'empereur Otto. En même temps , ou bientôt après, arrivèrent des lettres du pape aux princes teutschs, dans lesquelles ceux-ci étaient relevés du serment f[u'ils avaient prêté à rempereur Olto , et sommés d'élire un autre empereur. Il avait sans doute été pénible au
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pape de rejeter ainsi aux yeux des princes teutschs un homme qu'il avait recommandé, exalté pendant dix ans, pour l'élévation daquel il avait employé les mêmes moyens dont il usait maintenant pour le renverser: car il pouvait prévoir que l'aveu d'une méprise si profonde de sa part devait provoquer des rires insultants sur lui le successeur de l'Apôtre ; il savait bien aussi que les jugements des hommes réfléchis sur ses débats avec Otto variaient beaucoup en Italie , et que la diversité ne serait pas moindre dans le Teutschiand. Au reproche de violation du serment par lequel il avait promis au pape les pays et les droits que celui-ci réclamait, Otto avait op« posé , non sans raison , un autre serment par lequel il était obligé à conserver et à réclamer tous les pays et les droits de l'empire. Innocent, au contraire , ne pouvait nullement repousser l'accusation d'avoir- abusé artificieusement de la détresse et de l'ignorance du roi Otto, pour l'entraîner à renoncer à des pays pour lesquels les empereurs ses devanciers avaient lutté de* puis un siècle avec les prédécesseurs du souverain pontife. La responsabilité du débat et de ses causes pouvait donc lui être attribuée. Toutefois il fut assez habile pour présenter la chose aux princes teutschs sous un autre aspect. H ne parla pas de Torigine de la querelle; il ue prouva pas son droit à exiger du roi le serment en question; il invoqua seulement ce qu'il avait fait pour Otto, et le représenta xomme un homme pervers qui payait tant de bienfaits par la plus noire ingratitude. H s'était, disait-il, cruellement abusé sur cet homme; mais il avait aussi expié cette faute, . et rendait grâces à Dieu de ce qu'Otto l'avait attaqué le premier, dévoilant ainsi toute la con'uption de son àme : car, si Fempereur n'é- • pargnait pas le souverain pontife, auquel, d'après ses propres aveux ^ il devait tout; s'il s'efforçait de l'outrager , de le flétrir de toute manière , les princes teutsehs pouvaient se dire à l'avance ce qu'ils avaient à attendre d'un tel souverain , et se mettre à l'abri du danger qui les menaçait. Innocent alla plus loin encore, et leur recommamla le prince qu'ils devaient élire : c'était Friedrich , roi de Sicile , un Hohenstanfen (6) ! Cette proposition était en contradiction manifeste avec les principes qu'Innocent avait hautement professés jusque-là ^et qui lui défendaient de consentir à ce que le
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roi héré^îtaifo de Sici)e , son vassal , réuntt sur sa tète à la couronne de ce royaume celles dii Têuisclilaod et de Lombardie, eu les surmoQtaot encore du diadème impérial. Mais lumceni étai( serré de si près, qu'il ne tenait guèrfi compte de dangers futurs et incertains , )out enliei: à la pensée d'échapper à ceux qui Alldieot fondre sur lui< D'ullleui-S) d'après l'état des.cboses en lialie et dans le Tcut|chland, purement, si le Welf Otto devait être renversé W UKXi'eu d'un rivai , ce rival no pouvait être (|u'un Ilobenstaufen. Eofm , pour changer aus- ^tôi ses pai'oles en acU^s, Innocent nomma 4'abord l'aicbevèque Sifrid de Mayence , puis HU^si l'archevêque Albert de Magdebourg , pour ffi^ légatâ dans Je Teutschiand ; le premier destiné sj^jus doute aux provinces méridionales, et l'autre h- la juirtie du nord. Il avait eu occasion d*anprendj'e ^ connaître dans l'archevêque Si- ^i(|.,l!esprit sacerdotal et les sentiments reli- ^i^ux , et savait bien que devant de telles vertus la faveur qu'Otto avait montrée à ce préjctt tomberait dans un complet oubli. Quant (^, r.archcyéque Albert, il n'avait adopté le parti d'Otto qu'à, l'instigation du pape^ et tout jodergé de Magdebourg était resté fidèle à Vhijippe dç Hohen$taufen jusqu'à sa mort. IniiQce^t {)Qi)vait donc croire que l'affaire était femîs^ .^a. boni\cs mains ; il ne s'était point
.. l'arcl^evéque Sifrid convoqua quelques-uns (les premier^ princes dé l'empire à une réunion è Bamherg. pn prétexte était fourni par l'affaire de )!évéque de Bamherg , soupçonné', pomme on )'a déjà rappelé, de complicité dans le floeurlre du roi Philippe. L'assemblée nomhven&G se composait , pour la partie la plus grande, ou du moins la plus importante, de princes.qui étaient allés en Italie avec l'empereur et en étaient revenus sans lui : ou cita surtout le roi de Bohême, le landgraf de Thuringc , les ducs de Bavière et d'Autriche. L'arebevêqqe proposa sans hésitation Télcction du roi de Sicile, Friedrich de Hohenstaufen.
ta proposition ne fut pas adoptée par Tassemlée, sans doute parce que la réunion était trop nombreuse, et qu'elle n'avait pas été préparée $juf(isamment; mais l'excommunication contre l'empereur fut proclamée par l'archevêque Sifrid., et l'ordre apostolique fut expédié à tous |es archevêques du Teutschiand de proclamer et de foire proclamer aussitôt l'excommunica-
tion dans les églises de leurs diocèses, JSQsuito rassemblée fut dissoute. Mais les princes, qui se concertaient ou qui s'étaient entendus déjà, parmi lesquels se ti'ouvaient probablement les prchcvêques de Magdebourg et de Trêves, se réunirent de nouveau à Nurnberg. Là ils se déclarèrent détachés d'Otto, et ils élurent pour empereur le roi Friedrich de Sicile. £n mémo temps ils nommèrent deux représentants, Heinrich de Nifen et Anselme de Justingen , pour se rendre à Home et en Sicile, afin de faire connaître l'clection au pape et au roi Friedi ich, et aussi d'inviter ce dernier à venir dans le Teutschiand et à prendre possession de Fempire. Pour les frais du voyage on ficcorda aux dé* pûtes mille cinq cents marcs d'argent , que l'on résolut de payer sur les revenus de l'empire. Un vaste incendie embrasa de nouveau le Teutschiand ; les deux anciens partis des Waibliugen et des Wclfs s'avancèrent encore l'un contre l'autre, le premier pour attiser ]p feu, le secoi\d pour l'éteindre. Là où les sentiments étaient' pour les Waiblingen, Fexcommunication contre Otto fut proclamée partout; si les Welfs l'emportaient, la publication ne se faisait pas ; mais , commue par le passé , l'avantage se montra encore cette fois du côté des Hohenstaufen , d'autant plus naturellement que maintenant le pape s'y était jeté avec ses foudres et ses talents , de même que jadis il s'agitait pour les Wejfs. En général , quoiqu'àvec des exceptions , le Teutschiand méridional se prononça pour Friedrich.' Pourtant le jeulie homme de dix-sept ans était entièrement inconnu ; mais l'on espérait sans doute que, grâce à sa jeunesse et aux nécessités de son royaume héréditaire, il porterait le nom royal dans le Teutschiand sans offenser pei^sonne , et qu'il chercherait à se maintenir au moyen d'une grande tolérance, de l'inaction, et à force de concessions et d'engagements. Les plus vives démonstrations en sa faveur se faisaient en Souabe, dans les anciennes possessions des Hohenstaufen. Ce n'était pas que les Souabes eussent pour lui de l'inclination, de l'amour ou de la confiance; mais ils haïssaient Otto, qui avait voulu ramener l'ordre parmi eux , au moyen de rigueurs et de châtiments insupportables à tous ceux qui s'imaginaient devoir vivre en chevalière. La plus grande influence , dans ce pays , était exercée par les archevêques de Mayence et de Magde-i bourg. Pour Otto étaient son frère Heinrich ,
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palatin dn Rhin , la plupart des princes dans le ' yeUfechRiiiA mériBidilat eC* h LorraVrie; mats les Savions des domaines de Isa^ maison lai étaient'seols attaehés<de ceeor. Ces gens nestôreot fermes dahls lem* fidélité, quoique l'arehevéque de Magdebonrg prohonçàt rexc^timonieation" contre ^uiconqwe donnerait encore le titre d'empereur à Otto, el employât tous lés moyens ipoitr les détaober du fils de Heinrieh le Lion. Plus les partisans d'Otto recominrerit Icilr iaibles»e , plus ibrtement ils crurent devoir employer les armes pour lui. En effet le palatin Heinrieb, se concertant avec' le duc de Bratiant et beaucoup de seigneurs de Lorraine, dès l'automne de 4244 envahit rarcbevèchô de Maytdnce avee des troupes. L*archevéque BifrM , incapable d'aucune résistaface , n'attendant «mcun secours, s^nfait en ThuringB. L'arcbevéebéfol mis h feu et à sang ^ les villes et les ehàteatix furent seuls'épargn^ ^ sans doute parce que l'on comptait sur les bourgeois, et que l'on n'avait pas le temps ni tes moyens nécessaires pour enlever les f^teresses* Le landgraf Hermann, auprès duquel Siffirid s'était réfugié y fut bientôt serré de trèB^près. A peise crùyait-il avoir persuadé aux vassaux et aux seignenrt de Tburinge, à Ntumbonrg^ de paslerau parti de Friedrich ; l'écuyer d'Otto , Ooneelin',tdobt là fidélité s'était manifestée en maintes Occasions «at jours de danger, pénétra en llmringe avee^es troupes des domaines héréditaires de son maitro, se saisit des «villes •> royales de Nôrdbausen et Molhausen, les fortifta de mui*s et de fossés, et àe^ ces vlHes il Ma promener au loin sdn épée , répandre l'argent et tes promesses. Les seigneurs et les vassaux forent déterminés à renoncer à leur piince héréditaire , à se réunir aux Saxons , et, combinant leurs opérations avec ceux-ci , à saccager, dévaster les possessions patrimoniales du landgraf. Le provocateur et le fauteur de cette défection fut le comte Friedrich de Beichlingen , qui depnis'donx ans avait reçu de grosses sommes d'argentan Iandgraf,et,cn échange, s'était engagé solennellement à se tenir prêta le suivre età le secourir contre'tout ennemi (7). H ne resta plus an landgraf qu'à augmenter les ouvrages de ses forteresses^ et à contempler tranquillement du ly^ut de leurs murailles les dévastations qui étaient exercées sur son pays par ses fidèles courtisais et les amis de s» famille ligués avec les Saxons.
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La nouvelle de ces mouvements dans le Tebtschtand ^parVint à l'cmpeiiraf- tfkto^ ék moment où^ il méditait de passer en 'Sidle et d'accomplir son œuvre, fin * même lemps loi arrivèrent des nouvelles de Lombàrdie ^tA n'étaient pas plus favorable^ ; éar M •éclatèrent de^ événements analogues à ceut Su Teutsch* lànd. Le pape fit usage des mêmes faioten^qbi avaient été employés dans le Teutschlanilponr proclamer et mettre à exécution Texcommunication contre l'empereur; et là aussi ces moyens produisirent leur effet. Toute la Lombàrdie chancelait ; nul ne se montrait hbstile à Otto , mais la plupart devinrent douteux ^ incertains ^ ou indifférents ; • trèsfeu rsstàrent dévoués à l'emperour. £t comment, en dételles conjonctures, Otto aurait-il pu compter sur l'armée qui l'entourait, compcû^ée pour la plus grande partie d'Italiens? Il dut reconnaître qu'un long séjour danâ fltalie méridionale rendrait sa ruine inévitable. U se mit donc en monvenaent an mois de hovembre,'taon sans laisser des exhortations , des ' prescriptions et des ordres, comme un roi à ses sujets.Lës Lombards qui tenaient pour lui, lepeutée Teutschs qui étaient restés encore à ses ^eôtéi^, Faocompagnèrent ] et, après 'son dépait ^ 'dans l'Italie inférieure el l'Italie ^eDtralè, 4'éla«des choses se rétablit coiàMeriï était avant stm wrivée. De même que* derrière 'uAvaiiseau' s'efface le sillon qu'il avait tracé, desen apparitioti Il ne reBtarien que le souvenir.^ Sa 'premièfe pensée pdrait avoir été de se fortifier e» Leoibardie , de ^gner les villes, de téiinif^ d'établir son autorité impériale! Pedt-ètfe«ie proposait-il aussi de' combattre là j de désarmer , de détroiro le #oi Priedriob j «doikt Je nom et la famille paraissaient dev^eir t<éirteiller les «pltts affreux souvenirs parmi les Lombâfds)<maii-U dut bisntêt reconnaître qiie d'étaM là uneivakie pensée; tout s'était transformé depuis son «rrivée^ deux ans et demi auparavanii Alors on Favait salué, lui le Welt, avec joiey avee eifoip; maintenant il' ne paraissait plus aux yens 'de tons que l^hômme de l'anathème , fuyant^drivanLia malédiction divine. AveOlous ses^effeiils il ne saisit rien ; ses' négociations n'amenèreiit aucun résultat; ses diètes publiques, y réunies & grand'peîne, ne produisirent aueim fruit. Bologne seule, où il se trouvait au comnâioemeiit du mois de mat 4242, lui montra vn rvrai dévoùment. Milan i où il passa quinsejorne» en
HISTOIRE DU PEUPLE AIXEMAND
février, laissa voir des sentiments favorables ; mais personne ne se rattacha à lui , ne grossit ses troupes. 11 parait que Tempereur lui-mérne s'aperçut, à toute sorte de signes, qu'il était dans un pays étranger. Dans la saison la plus rude de Tannée il passa les Alpes , et au commencement du mois de mars il foula le sol de la patrie.