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SITUATION ASSURÉE DES TËUT8CHS A L É- GAHO DBS PEUPLES VOISINS* — * LBS CIA1IT01I& DU NORD DU TEUTSCHLAND AF-^ t-HANCHIS DE LK DdMkNAtlOA DANOISE.
— APPEL DE L*ORDRE TEUTONIQUÉ EN PRySSE.
De Tan 1320 h Van i230.
Il parait que dans le Tcutschland Téloignement de Friedrich fut à peine remarqué, et que Ton ne se sentit pas dans Tabandon à cause de sou absence; le Tcutschland n'était pas désolé. 11 avait eu rarement à se féliciter d*nne administration paternelle ou active de la part de ses rois et de ses empereurs^ et dans les trois dernières générations à peine fivait-il été Tobjet de leur attention. Ce qui avait pu se conserver de bon et de louable des anciens jours, ou ce qui avait surgi, avait été fondé postérieurement. Les teutschs ne le devaient pas À leurs rois, Sont la pensée était ordinairement dirigée sur tout autre chose que sur la culture intellectuelle et morale de leur peuple ^ sur la belle et funeste Italie , sur le brillant fantôme de Tempire, sur la conquête, la domination U le pouvoir. L'empereur Friedrich lui-même n*avait pas été connu dans les huit années qu'il avait passées dans le Tcutschland. L'intelligence élevée quiétait en lui , la haute sagesse avec laquelle il savait ménager les faits cxislants et transmis , honorer , encourager le développement moral, et opérer une transaction entre les éléments du passé et ceux du présent , ainsi qu'il le fit avec tant d'éclat en Sicile, ces émincntcs facultés , il n'avait pas été en état de les déployer ; peut-être aussi ne s'était-il pas proposé de les déployer dans le Tcutschland. Son cœur n'avait jamais été parmi les Teutschs ;
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comment donc aurait-il gagné çeliii de c^ peuple ? Longtemps ^ans une position incertaine, toujours douteuse , exposé à des caîomr nies de tout genre, sans avoir apporté de légèreté dans les affaire^ de l'État germanique , il avait pourtant montré une indifférence blessante qui devait surprendre ceux-là même au profit desquels elle se laissait voir.
il n'échappa sans doute nullement aux princes teutschs que le but de Friedrich était loin du Tcutschland. Il était donc assez naturel que, s'il considérait le Tcutschland conlme un moyen d'arriver à son but, les princes teutschs à leur tour se proposassent de tir^, par lui,. parti de la dignité royale pour saisie l^objet de 4eurs désirs, Us voulaient devenir souverains des pays qu'ils étaient chargés d'administrer. Cette souveraineté avait été accordée authdntiquement aux princes ecclésiastiques; les princes séculiers en étaient en possession dé fait; il ne leur fallait que la reconnaissance légale de l'hérédité de leurs domaines; et Friedrich avait déjà établi par acte l'hérédité du duché de Bavière dans la maison de Wittelsbach. Son éloignement, sur lequel on ne s'abusait pas malgré la croix brodée sur son épaule , paraissait très-favorable , en partie pour amener cette reconnaissance authehtique, en partie pour faciliter l'exercice de la souveraineté. Peut-être les villes elles-mêmes virentelles assez volontiers l'éloignement de Friedrich. Elles n'avaient d'autre désir que d'acquérir la liberté nécessaire pour leur vie , leur industrie ^ leur commerce , et de l'assurer une fois acquise; et difficilement devaient-elles croire qu'un roi de la maison de Hohenstaufen favoriserait ces tendances. Si jusqu'alors, en certains cas particuliers, il ne s'était pas montré hostile envers certaines villes , il restait incertain si cette bienveillance venait de ses sentiments ou des nécessités do sa situa?tion. Les concessions qu'il avait faites aux princes et qu'il était obligé de faire encore, les abandons de provinces teutsches d'une haute importance pour le commerce , ne devaient pas encourager les espérances, et le souvenir de son père et de son aïeul n'était propre qu'à exciter l'inquiétude. L' ennemi dO la liberté bourgeoise , ce n'était pas la royauté, mais la féodalité. D'après la nature des choses et l'état des relations, le trône, ainsi qu'on l'a souvent remarqué, devait être le protecteur
HISTOIRE l>n PEUPLE ALLEMAND.
des villes contre les vassaux , parce qne c'était dans ces villes seulement qu'il pouvait trouver la force qui lui était nécessaire contre Torgueil et Finsolence des vassaux ; et les villes avaient bien montré qu'elles traitaient en ennemis les ennemis du roi , et que par conséquent elles étaient prêtes à donner leurs biens et leur sang pour assister les rois Mais jusqu'alors, par mépris pour les' véritables rapports , par orgueil chevaleresque , ou par dédain pour les petites gens , les rois de la maison des Hohenstaufen avaient toujours incliné vers les vassaux , avaient cherché leur pouvoir parmi ceux qui paralysaient et brisaient leurs propres forces. Les villes ne pouvaient donc s'empêcher de considérer ces rois comme le point d'appui , la force impulsive des vassaux contre les libertés municipales. Elles pouvaient donc bien espérer aussi n'avoir qu'à gagner à l'absence de Friedrich : car la régence ou la lieutenance ne présenterait sans doute pas une grande vigueur, et contre les princes isolés de l'Etat croulant il y avait plus de chances de succès que contre leur réunion dirigée par le roi. Ainsi les villes, reconnaissant clairement qu'elles devaient conquérir et protéger elles-mêmes leur liberté, virent probablement , chacune de son côté et toutes ensemble , Téloignement ûu roi avec plaisir. Quant aux dernières classes, aux paysans , aux mortaillables et aux serfs , rarement de hautes pensées traversaient leurs âmes; et pourtant ils devaient entrevoir aussi que leur sort était attaché^à celui des villes , et que leur affranchissement devait résulter de la liberté des villes. Si donc ils eurent d'ailleurs quelque occasion de montrer leurs sympathies, ils partagèrent assurément les vues et les désirs des habitants des cités.
Durant une suite d'années Ton peut à peine saisir une trace d'un pouvoir royal ou politique. Rarement on apprend où réside le jeune roi Heinrich. Dans les premiers temps probablement, il se tint au château de Winlcrstetten, sous-la garde de Tcchanson royal Runrad de Tanne; et quand il grandit, alors seulement il dut transférer sa résidence en Souabe , dans les domaines héréditaires de sa famille. Dans la deuxième année après le départ de l'empereur du Teulschland, en ^222, Tarchevèque Engelbcrt de Cologne conduisit le jeune prince, à peine Agé de ^ 4 ans, à Aix-la-Chapelle, et , le 8 mai , lui mit la couronne sur la
tète (1). Dès lors il est fait mention de loi de temps en temps : Heinrich , suivant l'expression des écrivains , tint çà et là des diètes auxquelles furent traitées des affaires publiques, mais presque toujours sans résultat. Parfois anssi furent données en son nom des lettres de protection pour des couvents et d'autres fondations pieuses ; des possessions et des privilèges furent confirmés , des débats décidés ; mais le tout est sans grande importance. Et si une f<ns une concession fut accordée à telle on telle ville, il ne manque pas non plus d'exemples que des libertés aient été retirées à des cités qui déjà les possédaient. Cependant la oDoeession, comme le retrait, était sans effet; c'étaient les circonstances , l'énergie ou la timidité des bourgeois, qui décidaient de la valeur des actes. L'on peut donc soutenir qu'il restait à peine une ombre d'autorité royale , et que tout ce qui arriva était l'œuvre ici des princes , là des villes, ou bien aussi de l'Église, qui s'élevait au-dessus des princes et des villes. L'honneur ou le blâme doit être attribué aux princes, aax villes, à l'Eglise, et ne revient aucunement au trône, que l'on ne trouve nulle part.
Antérieurement on pouvait à peine repousser la pensée que ce fût un malheur pour le Teutschland de n'avoir ou ni voisin ni ennemi dont la crainte l'eût tenu en alarme, en éveil ; désormais il fautfse résigner à l'avouer^ ce fut un bonheur pour le Teutschland de n'avoir en ni voisin ni ennemi en état de tenter une attaque sur l'empire germanique. Alors un tel ennemi eût été un aiguil|pn pour tous les Teùtschs; il aurait agi sur eux comme les Anglais agirent sur les Français, il les eût poussés à se grouper autour du trône, à réunir leurs forces , à former une puissance redoutable , âi fonder un Etat imposant, à devenir j^n peuple libre; mais maintenant l'Etat négligé, abandonné, croulant, aurait difficilement résisté à une attaque vigoureuse; il serait plutôt tombé par morceaux entre les mains des étrangers. La conquête des provinces du Teutschland^cptenliional par les Danois, et les vains efforts de l'empereur Otto pour réwit les princes teùtschs afin de ressaisir ces contrées, avaient montré (le la manière la plus claire que l'honneur de l'empire germanique, que la pensée d'une patrie commune avaient disparu des âmes à cette époque. Mais nul voisin ne remua contre le peuple teutsch. I^ convoitise ne
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manqnait pas pourtant; mais toutes les nations des alentours étaient retenues par leur propre impuissance, toutes étaient enchaînées par leurs propres nécessités. Le danger qu'elles auraient pu offrir , les princes t^utschs qui se seraient tus menacés de plus près étaient en état de le repousser sans recourir à l'assistance deTémpire. La vieille fureur teutsche, qui avait fait si souvent trembler le monde , frémissait encore sur qudques points des frontières.
Chez les voisins de l'ouest, en France, il parait que la pensée ne vint à personne que la vieille Lorraine , pour laquelle s'étaient livrés tant de combats, pouvait maintenant être reconquise entièrement jusqu'au Rbin, ou du moins en grande partie. L'empereur Otto lY avait perdu la bataille de Bovines ; mais , pour le roi de France,, cette victoire n'avait eu d'autres suites que celles d'un heureux tournoi. Sa gloire avait Tctenti dans des chants bruyants, mais qui bientôt ^'éteignirent. Les Français avaient assez à faire avec les Anglais, contre lesquels ils devaient toujours se tenir sur leurs gardes, malgré de récents triomphes; et l'horrible lutte contre les hérétiques albigeois , qui désolait la France méridionale, l'inondait de sang et la couvrait de ruines, entretenait parmi eux une effroyable discorde. D'ailleurs le roi Philippe-Auguste était l'allié de Friedrich II , maintenant parvenu à la dignité impériale, à laquelle lui-même l'avait poussé.' 11 se maintenait dans cette alliance, pour empêcher qu'une autre ne fut conclue contre lui. Son (ils Louis yill et son petit-fils Louis IX restèrent iidèles aux mêmes principes. Entre le dernier et le jeune roi Heinrich, l'alliance fut renouvelée dans son essence eu 4226.
11 y avait encore moins à craindre du côté du sud. Depuis sept ou huit siècles l'Italie avait vu d'innombrables bataillons descendre des montagnes , mais elle n'avait pas envoyé à son tour des légions italiennes dans les pays du Nord; et, dans ce temps, on n'aurait pas songé le moins du monde à une telle entreprise en Lombardic.
Les rapports sociaux du Teutschiand , religieux ou civils y étaient bien menacés de quelque danger de la pai't de l'Italie; mais les ennemis qui venaient' pai* les Alpes ne se proposaient nullement de conquérir violemment les pays ou les hommes ; ils s'adressaient à l'intelliscoce et au cœur. Car c'étaieut des idées de
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liberté civile et religieuse , qui étaient traitées de révolutionnaires par les seigneurs temporels, d'hérétiques par les seigneurs spirituels. Comme ces ennemis ne se livraient pas à leurs attaques le fer à la main, on ne pouvait pas non plus les rei)ousser des frontières avec des armes.
Les frontières orientales du Teutschiand étaient dans la même sécurité. En Hongrie la couronne était portée par André 111 , prince inquiet , faible et désordonné , qui avait aspiré au pouvoir suprême avec une ardeur dévorante, et qui , une fois maître , par un malheureux événement , de cette autorité tant désirée , ne sut pas l'exercer avec dignité. La confusion de peuplades d'origines diverses, et le singulier mélange do la rude nature magyare et des facultés propres à la race slave, avec le système chrétien et une constitution étrangère taillée sur le patron teutsch, les collisions entre les pouvoirs religieux et séculiers , qui là aussi ne manquaient pas , avaient excité en Hongrie les plus terribles passions. De là des discordes de toute nature , des guerres civiles , des luttes de familles, des querelles entre les frères, des désastres lamentables. La Hongrie avait besoin d'un roi bienveillant autant qu'énergique; d'un roi doué d'ardeur, de vigueur, d'intelligence, vaillant autant que vertueux; mais André assurément était bien éloigné de réunir' toutes ces qualités. Appelé de la prison à l'administration du >*oyaume par son frère mourant , aussitôt après la mort subite de son neveu mineur Ladislaw (2), il s'était placé sur le trône qu'il avait jadis tenté d'arracher violemment à Emerich. Ses anciennes passions durent nécessairement se réveiller , et trouver des aliments puissants dans les nouveaux événements. Une malheureuse croisade , à laquelle André s'était laissé entraîner , n'était pas propre à ramener le calme parmi son peuple ni dans son propre cœur. Les Hongrois , autrefois fléau du Teutschiand, n'étaient donc pas maintenant des ennemis bien redoutables. Les troupes du duc Léopold d'Autriche sufOsaicQt pour les empêcher de violer les frontières de l'empire germanique.
La Pologne n'était pas dans une meilleure situation que la Hongrie. Déchirés par des discordes continuelles, les guerres civiles, les querelles entre des frères , les Polonais avaient ainsi épuisé les forces employées jadis pour maintenir leur indépendance et leur puissance.
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HISTOmfi DU PEUPLÉ ALLEMAND.
Le duc Casimir, que Ton a coutume d'appeler le Juste , avait, une génération auparavant , réuni sous son autorité, par des exploits militaires et une bonne administration, la plus grande partie des hommes désignés sous le nom de Polonais, et avait donné lieu d'espérer qu'ils formeraient par la snite une grande natiop. Mais, aussitôt après la mort de ce prince (3) , le nouvel État avait croulé , et les espérances sur l'avenir d'un grand peuple s'étaient évanouies. Car aloî-s s'élevèrent des factions, parce que Mjesco , frère de Casimir , entreprit d'arraclicr la souveraineté aux Gis du duc encore mineurs, Letsko et Kunrad. Ces débats durèrent une longue suite d'années, éveillèrent toutes les vieilles passions , rouvrirent les anciennes blessures; et quand MJcsco mourut, que les iïls de Casimir étalent parvenus à leur majorité , alors finit cette trop longue gucn'é ; mais les deux frères, en partageant le pays, jetèrent le germe d'effroyables malheurs pour l'avenir. Une forte preuve de la faiblesse et de l'ignorance dos princes en Pologne, c'est qn'entrc la frontière de leurs États et la mer , ils souffrirent le petit peuple des Prussiens, pauvre et belliqueux, qui repoussait la religion chrétienne toujours avec cette opiniâtreté qui avait fait succomber jadis le pieux et zélé Adelbert de Prague. Constamment en état d'hostilités avec eux , les Polonais durent rester souvent vainqueurs en rase campagne , ehàtier les Prussiens par de cruelles dévastations , arracher de dures rançons à leur misère , et les réduire à se reconnaître tributaireis; mais, à chaque occasion, les Prussiens ne négligèrent pas de tirer une terrible vengeance, et les troubles de Pologne leur offrirent souvent des facilités pour exercer des représailles, et rejeter le joug qu'ils avaient promis de supporter. Le duc Casimir lui-même n'avait pas oiKenu de succès plus décisif auprès d'eux.
Maïs la faîMesse de la Pologne avait encore eu poïir conséquence une autre mésintelligence qni agit concurremment avec la situation en fleice des Prussiens , et qui , dans la suite du temps , fit de ces ennemis une cause de désastres pour la Pologne. Le pays entre l'Oder, la Vistuie et la mer, la Poniéranie orientale, jadis lomfoée sous ta domination polonaise , s'était insensiblement soustraite de plus en plus à cette puissjtiu^, et maiatenant jouissait d'une eovte i'Hidépeiuiaace éoa9 ses propres priaces.
Pour se maintenir dans cet état^ ces princes, à ce qu'il parait, avaient jugé nécessaire d'introduire une civilisation plus avancée. Non-seulement ils avaient laissé pénétrer la religion chrétienne venant du Teutschiand, ils avaient encore cherché à la flxcr, à l'encourager par des fondations d'églises et de cloîtres. Ifs s'étaient donc mis en communication avec le Teutschiand, s'étaient familiarisés avec la vie et les mœurs teutsches. BientOt, pour repeupler leur pays désolé, pour y ranimer l'agi icullure, peut-être aussi pour mieux se défondre contre les Danois , qui depuis plus d'un siècle cherchaient à fondej aussi leur domination sur ces côtes, ils y avaient attiré des colons tcutschs , et par des donations et di^ concessions ils s'étaient acquis l'aâiitié des chevaliers de Tordre de St-Jcan. Ainsi, quand les pays slaves en -deçà de l'Oder, quand les provinces teutsches au delà de l'Elbe furent perdues et bientôt abandonnées aux Danois avec une indiftcrencc impardonnabfe par Friedrich H, le peuple teutsch vît s'ouvrir pour lui la perspective d'un nouveau débouché vers la mer Baltique , et sentit s'éveiller le désir de posséder le rivage entier de cette mer; désir qui nécessairement devait devenir toujours plus puissant, et chercher une satisfaction par tous les .moyens possibles, attendu que vers ce temps, sur les côtes de la Baltique, dans la Livonle, le christianisme ftU établi, attenant avec lui les mœurs et les coutumes du Teutschiand sur des flots de sang et de larmes. Il parait que l'importance des cotonics teutsches , dans la Poniéranie orientale , n'échappa nullement aux rois de Danemark ; car les deux frci'cs, Knud et Wakicmar, aussitôt qu'ifs curent réduit par leur pouvoir les provinces teutsches sur la Baltique et entre les deux mers, tentèrent aussi de s'emparer du pays entre i'Odcr et la Vistulc. Le destin de toute fa côlc au delà de l'Oder resta ainsi incertain aussi longtemps que les provinces maritimes du côté de ce fleuve demeurèrent sous la domination danoise; mais, dans tous les cas, les Polonais couraient le danger de perdre tout le rivage de cette mer, dont la possession leur avait été incontestablement destinée par la nature-, d'être séparés de la mer et exclus du commerce du monde. Pins il ^st certain maintenant , d'après les enseignements de iliktoire , que les voles do la tivilisâftiofl sont
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oav^rtos h on p«QpIo en proportion de }'é<tendue des côtes sqr lesquelles i| domiac, et qw les progrès Iqi so|it U'è$-difAciIes quand la mer lui pst compléteipent fierméa; plus grand étiMt ce dangcjr dont i) a été question tont A Theure ppur les Polonais qui oceupaiept un yastè territoire» dont la fertilité et les produits sant d'poe importance ipfinie en cas de commerce avec d'autres pejiipIeS| mais qui perdrait toute v^ur par le manque de relations commerciales, Au moment même où ce danger s*;»pprochait en menaçjant, )es fils de C^imir, Lptskp et l^unriad, se partagèrent le pays sqqs concorde fr$itiçrne|le. Kuorad , Ipmme dépoiirvu de vertus et d'activité, adonné ai| vice et |i la dé})auc})ç , reçut la partie septentrionnle, 1^ Uasovie et 1^ Kujavie, comme duo indépendant) sur 1^ frontière des Prussiens, dans lesqnels il j^vait désormais de redoutailles .cf^nemis. )1 ne méconnut le danger en aucune façon , et il vit donc as$c;ç volont/crs le ^èle avep lequel le moine Christian commença, du couvent d'OJiya, à jeter parmi les Prussiens la semen/:e i^ l'Évangile ç car il pouvait croire que cette race sauvage n/e serait domptée que par nne main de prêtre cl^rétien. 11 ne fgt pas mécontent QOft plus qne .Christian ïiit éleyé au rang d'évô^ue de Prusse avec des pleins pouvoirs des papes Innocent JIJ et Ilonorius lHj gu'il préchAt avec succès une croisade contre les païens pour accomplir son œuvre pieuse. Mais il .oybjiail quc^ par Tarrivép d'armées de croisés tcutscbs, l'attention du Teutschland était de plus en plus dirigée sur la Prusçe^et les côtes de la Pologne , et que le sort de ces contrées serait de plus en plus soustrait aux Polonais. I.a Pologne pouvait bien ainsi se délivrer d'un ennemi féroce, mais pour se trouver exposée aux coups d'un autre plus civilisé et d'autant plus redoutable.
Ainsi, à Fouest, au sud et à l'est, le Teutschland était à l'abri de toute attaque, Au nord seulement, il avait un ennemi menaçant dan$ le roi des Danois Waldemar, qui, sans être en guerre avec les Teutschs, pouvait étrp considéré par eux comme engagé en dos rapports hostiles, parce qu'il retenait des provinces teutsçhes sous sa domination. Toutefois il était pour les Tcutsch§ moins un objet de terreur 'que d'humiliation. Il se livrait à des bravades, pon parce qu'il se sentait puissant, mais parce uu'Ù ^v,ait été favorisé 4^ la fortune , ou plutôt
parice que les déehir^entB du T^pbnblinpd
l'avaient accoutumé à coiicevoir une haute idén de ses propres forces. Peu à peu son eoBur s'était gonflé de l'orgueil d'un heureux eofiT quérant^ son imagination s'exalta; ^on regard embrassa toute la m^r Baltique, et il ne rer garda pas comme trop audacieux le projet d# hnder un État qui s'étendrait tOMt autour àa. cette étendue d'eau; car déjà sa domination paraissait affermie daqs le Hœlland, l'Esthland et la Poméranic orientale. Dans les momenta où la ré/lexion venait calmi^r ces transportât sans doute il reconnaissait que son édifice manquait d'une base solide, que le colpsse qui se dressait devant ses yeux, semblaMp 4 l'oWe^ des rêves de Nabuchodouosor , avait la t^(n d'or, la poitrine d'argcpt, les vfiinc;^ d'aiFïun, les jambes de fer et 4es pieds d'argilf^ (4} , 4 qu'une seule secousse le renverserait à terf*<^, Peut-être des cpusidéralions de pe genre e^^nt^ taient en lui, au niilicu de tous ses succès, 0n§ certaine irritation qui le poussait de tous côt4| afin de trouver des étais ppur ^nt^pir spfi. œuvre téméraire, et trop souvent alprs loi faisait e:i;ercer ses actes de rigueur et d^ viQ»- Icnce. Mais il ne craignait pourtant po^ que qe coup le frappât si vite , avant que ii% pnuée;) ne fussent écpulées depuis la cession de^ pro* yinces teutschcsparFrjedrichU. Ce coup tomlx^ de la manière qu'il avait certainement le mom prévue.
pn ^222, |e comte Heinrich 4e Scljwerin, r«^ venant d'un pèlerinage en Jerre-fSaintf , trouva dans son p^ys un état da filmes qui h^ reniplif d'indignatiop, Son frôre , le comte fiunxel, é(ajt mort, at la ^lle de ce prince, Ida, 2|vait été mariée avec le fils illégitime de leur suzeraja Waldemar, Nicolas , comte de Heelland, auquel elle avait donné up fils. Puis elle-n^mp étai^ njorte, et son époux l'avajt suivie de prés. Mais le roi Waldemar, depuis longtemps irrité contre les deux frères Heinrich et Guuzel , sjqus le prétexte de veiller aux intérêts de son pptitf fils mineur, avait prjs poss^cssion des dqmainea de ces cbmtés, et I^s faisait adniinistrer po|]|r son propre conjpter Cette nsurpation inaigne excit^ la colère du comte. ^)ai^ il était seul» dé? pouillé de ses JËtats, sans amis, étranger parnii les siens. Son àme appelait la vengeapcp^ipajfs il ne pouvait penser à une lutte décïajrée. Gepei^f dant il pouvait s,avoir que la dominatl^/n A¥ Bpisq ét^t pdieifse ^am \out/^ |^ proyipaw
HISTOlftÉ DU t^ËUPLE ALLEMAND.
qai jadis avaient appartenu à l'empire germanique, et que, s'il y avait des cœurs pusillanimes, la majorité pourtant était disposée à briser un joug dont le poids était insupportable. Le comte Henrich conçut donc un audacieux projet, odieux en lui-même, et qui lui parut peut-^tre noble et digne d'éloges , parce qu'il se flattait qVil donnerait l'impulsion , qu'il provoquerait un grand mouvement au moyen duquel seraient de nouveau incorporées au Teutschland les provinces perdues et abandonnées par l'empereur. Convenablement préparé, il se rendit, avec un léger esquif, accompagné de quelques hommes fidèles, auprès du roi W aldemar. 11 le trouva dans une sécu* rite complète, avec son fils du même nom que lui , dans la petite lie de Lyac. Le roi raccueilîit, mais repoussa nettement sa demande de réintégration dans ses domaines , tels qu'il les avait possédés avant le pèlerinage, où la soumit à de si dures conditions, que le comte ne crut pouvoir y accéder : car il avait reconnu l'état des choses autour de lui; il avait trouvé l'occasion favorable pour l'exécution de son projet, et probablement il avait porté sa prière aux pieds du roi sans espérer qu'elle serait axaucéc. Dans la nuit du 6 mai 4223, le comte Heinrich, avec ses affidés , surprit les deux rois qui dormaient paisiblement dans leurs tentes, se saisit de leurs personnes, les entraîna d'abord dans uu bois , puis les transporta sur son bâtiment, et gagna la haute mer avant que la capture et l'enlèvement du roi pussent être seulement remarqués. 11 parvint heureusement sur la côte germanique avec sa proie , et déposa les prisonniei^ dans le château de Danneberg en Saxe.
L'action de Heinrich de Schwerin fut hautement condamnée. Personne ne pouvait louer ou justiûer ce fait de trahison. Mais comme personne n'osait non plus contester que la conduite de Waldemer envers le comte no fût injuste, perfide et violente, Heinrich ne fut désapprouvé, à ce qu'il parait, ni par les princes du Teutschland en général , ni par les princes de Saxe en particulier. La nouvelle de l'événement excita d'abord l'étonnement et l'inquiétude; bientôt l'acte fut admiré, et l'on se réjouit de l'humiliation de l'orgueilleux conquérant. Dans tous les cas^ ce qui était arrivé ne pouvait rester sans conséquences graves, et en effet elles ne manquèrent pas de se dérouler. Parmi
les princes, seigneurs et vassaux des proTinees tentsches et slaves , se manifesta aussitôt une grande agitation ; ils s'occupèrenf de s'affi-anchir de la domination des Danois, et de se mettre à l'abri contre ces peuples. Les boorgeois des villes seuls , nommément à Lubeck et à Hambourg, paraissent avoir attendu le développement des choses dans un état de paisible obéissance; il est toutefois incertain s'ils désapprouvèrent l'action du comte Heinrich, si^ l'exhortation du pape de conserver Odélité au roi captif ^git sur eux, on s'ils furent contenns par les châteaux que les Danois avaient élevés devant leurs portes ou dans l'intérieur de leurs murailles, et garnis de fortes garnisons. Mais en Danemark il y eut une grande fermentation. Le comte Albert d'Orlamunde, neveu de Waldemar , qui depuis l'expulsion du comte Adolphe de Holstcin avait gouverné ce pays, se chargea maintenant de l'administration de toat leroyaitme ; et pendant que ce prince pressait des armements pour maintenir ou rétablir la domination danoise sur les provinces teutscbesj et pour procurer la délivrance de son roi , avec d'autres princes et des prélats du Danemark , il porta des plaintes graves sur la trahison violente du comte Heinrich contre son suzerain au pape Honorius , comme à la cour du jeune roi Heinrich , et réclama la délivrance de son roi, ainsi que satisfaction pour le crime delè^e* majesté.
Le saint-père se déclara aussitôt en termes fort durs contre l'attentat, et adressa des lettres menaçantes au comte Heinrich de Schwerin, suppliantes à l'administrateur de l'empire germanique, à l'empereur Friedrich*, et insista enfm auprès de tous ceux dont on pouvait attendre quelque concours pour la délivrance du roi. Le 1*^ de novembre, il écrivit de nouveau à l'archevêque Engelbert de Cologne, en exprimant la plus profonde indignation. « La cause de Waldemar , disait-il , est celle de tous les rois et de tous les princes ; mais , pour le saint-siége, c'est un devoir tout particulier de travailler à la délivrance de ce monarque; car le Danemark appartient au siège apostolique, doiit il est tributaire (5). D'ailleurs Waldemar s'est toujours montré fidèle et respectueux envers les successeurs de saint Pierre ; il n'a pas, à la vérité , porté ostensiblement la croix ; mais en Sicile il s'est obligé à une croisade , et cette circonstance seule suffirait pour que Ton eizi-