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conférer à Vérone avec l'empereur Ludwig, son neveu , avec, lequel il avait precédémriiént déjà noué des négociations, et avec le jpape Jean VIIT, qui avait succédé à Adrien sur le saint-siége; et il entretint en môme temps des relations actives, par écrit et verbalement,
avec son frère Karl. Il accepta enfin aussi la proposition qu'avait faite, à plusieurs reprises, Zuentibald de rester toute sa vie fidèle au roi et de payer le tribut fixé (s) , et il donna en même temps la paix aux Bohèmes , après qu'ils se furent également déclarés prêts a rentrer dans les anciennes relations.
Mais Tannée suivante , 875 , donna au roi une preuve aflligeante qu'il était resté loin de son but. Taudis que le \" juin il tenait une diète à Tribur , les Franks cl les Saxons , qui s'y étaient présentés , eurent entre eux une querelle si violente , que sous les yeux même du roi , ils tirèrent fipéo les uns contre les autres, et furent sur le point de se massacrer; et ils auraient commis ce crime , si le jeune Ludwig , fils du roi , auquel les Savons portaient une grande affection , ne s'était pas jeté avec ses compagnons entre ces guerriers excités par le tumulte. Et à peine ce sauvage éclat, qui révélait d'une manière formidable l'esprit des vassaux , fut-il apaisé, que l'on vi,t paraître dans les airs une comète qui secoua au loin sa brillante chevelure et remplit de crainte et de terreur le coeur du roi et du peuple, qui y voyaient le menaçant présage de grands malheurs. Tcu de semaines après cette apparition , il tomba soudain pendant la nuit une pluie si prodigieuse , qu*uu village , Eschborn , dans le voisinage de Francfort (6) , dans une position éloignée de tout fleuve et de toute rivière, fut presque entièrement détruit. Quatre-vingt-huit personnes furent ensevelies sous les flots. On vit des familles entières, hommes , femmes et enfants, étroitement pressés les uns contre les autres, étendus à terre comme des cadavres ; tous les arbres furent renversés , toutes lcé vignes déracinées, tous les bâtiments renversés, tout le bétail et tout le mobilier complètement anéantis. Il fut impossible de retrouver un vestige de l'église ; les cerceuils furent arrachés de la terre consacrée et dispersés au loin dans les campagnes bouleversées. De tels événements, désolants en eux-mêmes, et menaçant d'en amener d'autres non moins désastreux , produisirent une impression d'autant plus puis-
HISTOIRE Dl* PEUPLE ALLEMAND.
santé , que les esprits avaient été plus excités et les Aines plus amollies par les calamités de toute espèce que Ton avait précédemment éprouvées.
Au milieu de cette impression se plaça un fait qui eut pour résultat un grand changement dans la position des princes et des États karolingiens. Le 12 août, mourut le dernier des fds de l'empereur Lothar, l'empereur Ludwig, roi d'Italie; homme sur lequel il est difficile de porter un jugement, à cause de la confusion de ses relations et de la pauvreté des documents de toute nature; mais dont on peut dire qu'il ne fut inférieur à aucun autre prince de sa maison et de cette époque, ni en intelligence , ni en activité ; que toute sa vie se passa en luttes continuelles, compliquées et difficiles, cl que, bien qu'il ne fût pas toujours heureux dans ces luttes, il maintint du moins l'unité de l'Italie, et la rattacha tout enlière à son autorité. Il mourut sans héritier, comme étaient morts ses deux frères Karl et Lothar ; il ne laissa qu'une fille, Irmcngarde. En lui finit l'une des trois maisons karolingiennes qui avaient été fondées, une génération auparavant, par le traité de Verdun , et cette maison était celle du fils aîné de Ludwig le Pieux. Cette éventualité avait depuis longtemps déjà éveillé l'attention des deux oncles de l'empereur , Ludwig et Karl le Chauve , ainsi que celle de leurs vassaux ; les événements de Lotharingie, après la mort de Lothar, avaient excité l'attention générale. Ludwig , le roi des Teulschs, attendait plus du droit, comme déjà il avait opposé le droit aux empiétements de Karl en Lotharingie ; aussi s'était-il déjà antérieurement efforcé de gagner l'empereur , et particulièrement la femme de celui-ci , Engelherga : pour se les concilier , il avait même promis , trois ans auparavant , de restituer sa part de la Lotharingie. Son frère Karl , au contraire, resta fidèle au principe de l'usurpation , et crut qu'à un roi appartenait tout ce qu'il pouvait attirer à lui et défendre ensuite; aussi précédemment déjà, lorsque s'était répandu le faux bruit de la mort de l'empereur , s'était-il préparé à une prompte expédition en Italie. Sans aucun doute , celle affaire avait aussi été l'objet de négociations secrètes entre les deux frères; Karl y avait certainement caché ses vues et ses projets, mais il en avait en silence préparé l'exécution. Personne ne semble avoir songé aux Italiens, bien
que ceux-ci pussent avoir aussi une voix. Après la mort de l'empereur cependant , sur l'appel de sa veuve l'impératrice Engelherga, les officiers du royaume et les grands vassaux se réunirent à Pavic pour aviser à ce qu'il y avait à faire. Mais ces vassaux , se rappelant peut-être la double lutte, si longue et si opiniâtre, qu'ils avaient eue à soutenir sous un seul roi , dans l'Italie supérieure, contre les Slaves; dans l'Italie inférieure, tantôt contre les Grecs, tantôt contre les Sarrasins , arrivèrent à la malheureuse pensée que cela serait un bien si l'Italie recevait deux maîtres , afin de pouvoir exploiter à leur avantage contre l'un la crainte que l'autre lui inspirait. Ils résolurent donc d'inviter le roi des Teutschs, aussi bien que Karl le Chauve, à partager l'héritage de l'empereur et à s'en mettre en possession. Cette résolution fut exécutée.
Mais la nouvelle de la mort de l'empereur était déjà arrivée au delà des Alpes. Karl le Chauve se trouvait en Lotharingie. Aussitôt il se rendit en toute hâte à Pontion , puis à Langres. Des exprès appelèrent dans cette dernière ville ses conseillère et ses vassaux en aussi grand nombre qu'ils purent les réunir. II confia à son fils Ludwig la défense de la Lotharingie , dans le cas où une attaque serait dirigée contre ce pays. Le 1,T septembre, il se mit en route , se dirigea à travers les Alpes vers le monastère de Saint-Maurice , et arriva heureusement en Italie.
Ludwig , roi des Teutschs , au moment où lui parvint la nouvelle de la mort de l'empereur son neveu , se trouvait à Tribur, où il crut nécessaire de réunir une nouvelle diète au mois d'août, puisque la première, tenue au mois de mai, avait été interrompue par la discorde élevée entre les Franks et les Saxons. Il était vieux et malade ; il ne pouvait pas non plus quitter aussitôt l'assemblée de ses fidèles ; du reste il comptait sur le droit et sur la parole. Il se contenta donc d'envoyer en Italie, avec une faible escorte, son fils Karl, qui était auprès de lui ; il ignorait encore entièrement la marche de son frère ; son fils devait seulement assurer ses droits cl les défendre en cas de besoin. Lorsque ce Karl, que les Italiens appelèrent Karolct pour le distinguer de son oncle le roi Karl, arriva sur les frontières du Milanais , il apprit que son oncle était déjà dans Pavic avec une armée. Karl et ses Teutschs ne