‹ Histoire d'AllemagneChapitre 12 sur 100 · LIV. XIII , CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIV. XIII , CHAP. VIII

% iront ici que trahison. Ils cherchèrent donc à se faire un parti parmi les Italiens ; et son cousin Bcrengar, marquis de Frioul, fils du margrave Kbcrhard,ct de Cisela, fille de Ludwig le Pieux, prit le parti des Tcutschs. Mais les Italiens qui se réunirent aux Tcutschs , et ressentaient peut-être une vieille inimitié contre les autres Italiens qui se montraient indifférents ou tenaient pour les Français , se livrèrent bientôt aux plus violents excès et aux mauvais traitements les plus odieux contre leurs compatriotes. Par là Karolct gâta sa cause et celle de son père. Aussi, lorsque le roi Karl sortit de Pavie pour marcher coutre lui , accompagné des Italiens irrités , il se vit forcé de renoncer à toute entreprise et de repasser les \lpcs.

Mais, dans ce même temps , Ludwig , roi des Teutsclis, aussitôt qu'il avait été instruit de l'expédition perfide de son frère en Italie , avait déjà pris des mesuras pour déjouer son entreprise ou pour en tirer vengeance. Son fils Karlmann s'avança vers l'Italie avec des bandes guerrières ; le roi lui-même , accompagné de son lils Ludwig, conduisit une armée en Ix>tharingie pour attaquer ou menacer la France, en tout cas , pour contraindre le roi Karl à sorlir d'Italie. Mais cette fois encore les affaires tournèrent autrement que Ludwig ne l'avait espéré on ne s'y était attendu.

Karl le Chauve, eu effet, conçut d'abord la pensée d'arrêter par les armes, dans les défilés des Alpes, l'armée commandée par Karlmann ; mais lorsqu'il reconnut que le succès de cette tentative était impossible, il proposa à son neveu, en termes flatteurs, une entrevue pacifique. Karlmann accepta cette proposition. L'entrevue eut lieu sur la Bien ta. Karl y fut de beaucoup supérieur au prince tcutsch. Sa vie était une longue chaîne d'actions et de maux dont les anneaux étaient réunis par des intrigues et par les artifices de la ruse. Il se servit contre Karlmann de son adresse à mettre ces artifices en œuvre; on prétend qu'il se le rendit favorable par de riches présents : il se peut qu'en général Karlmann n'ait pas eu de méfiance pour les paroles de son oncle. Celui-ci proposa : que Karlmann sortit d'Italie avec ses guerriers tcutschs , et que lui - même repassât les Alpes avec les siens; qu'ensuite Ludwig, père de Karlmann , déciderait du royaume d'Italie. Karlmann accepta ces offres, que Karl jura, dit-on, de réaliser. Ce qui est certain, m.

c'est que Karlmann , qui pouvait redouter l'hiver des Alpes, ramena promptement son armée dans son pays. Mais à peine le roi Karl vit-il les Alpes entre lui et l'armée leutschc, qu'il fit volte-face, se hâta de pénétrer plus avant dans l'Italie, et fit son entrée à Home le 21 décembre.

I-e siège apostolique était occupé par Jean , qui s'appelait le huitième de ce nom. On assure que ce pape invita le roi Karl à venir à Rome pour y recevoir la couronne impériale. Or il n'est pas facile de comprendre pourquoi le pape aurait eu pour Karl une prédilection toute particulière ; mais cette invitation se conçoit. Karl , en effet , était en Italie ; la majorité des vassaux italiens s'attachait à lui ; son ambition , son ardent désir d'obtenir le titre d'empereur , ne pouvaient être inconnus au pape. 11 était à supposer qu'il viendrait à Rome et demanderait à y être couronné , ce que le pape ne pourrait lui refuser, puisqu'il était entre les mains du roi. Mais à la cour pontificale , on tenait fermement à ce principe que la dignité impériale ne pouvait être concédée que par le saint-siége , et que personne ne pouvait devenir seigneur temporel de Rome , si cette dignité ne lui avait été concédée. Mais, en même temps , le saint-siége dev ait tenir à fonder la croyance que la collation de la dignité impériale était un acte entièrement libre du pape. Jean VIII , qui du reste n'était pas un homme énergique , agit donc certainement avec sagesse, si, suivant l'exemple des jours antérieurs , il offrit au roi Karl , avec une volonté libre en apparence, la couronne impériale qu'il était hors d'état de lui refuser. Maintenant il pouvait peut être faire des conditions qui plus tardne lui auraient jamais été accordées. Karl du moins n'épargna pas les présents ; vraisemblablement il n'épargna pas non plus les promesses d'augmenter le bien de l'Église et le pouvoir du siège apostolique. En tout cas , il est certain que le 25 décembre , le jour de Noël , fête avec laquelle commençait la nouvelle année 870, Karl le Chauve fut sacré et couronné et salué «lu titre d'empereur par le pape Jean Mil , avec la plus grande solennité.

Peu de jours après cette cérémonie, le nouv el empereur quitta la ville éternelle. 11 tint une diète à Pavie ; il y nomma son beau-frère Hoso, frère de sa femme Richildis, son lieutenant , et lui plaça sur la tèle la couronne ducale. Knsuilc

il se hâta de repasser les Alpes pour rentrer eu France ; et aussitôt après son départ , le duc Roso , son lieutenant en Italie , épousa , à force d'odieuses intrigues, Irmengarde , fille de l'empereur Ludwig.

Mais pendant que ces choses se passaient en Italie, le roi Ludwig avait entrepris son expédition contre la France. 11 avait pénétré jusqu'à Attigny sans rencontrer de résistance. Il n'alla pas plus loin ; mais au mois de janvier il retourna par Trêves vers le Rhin et vers Francfort. Les véritables motifs de cette inaction pouvaient bien se trouver dans la disposition d'esprit du roi : il voyait sa mort s'approcher, et était fatigué d'efforts inutiles. Peut-être reconnut-il aussi que , puisque le but qu'il s'était proposé de forcer son frère Karl à. revenir d'Italie était complètement manqué , il fallait prendre d'autres mesures pour rétablir ses droits et son honneur , et pour punir la perfidie et l'arrogance de Karl. Aussitôt après son retour, il reçut la nouvelle que sa femme Emma était morte à Ratisbonne. Cet événement affaiblit encore ses forces chancelantes; pourtant il ordonna de nouveaux armements et réunit ses guerrière : vraisemblablement il voulait faire la guerre à son frère en Italie aussi bien que sur les frontières de la Lotharingie. L'empereur Karl , quelles que fussent la vanité avec laquelle il s'était décoré de la dignité impériale, et l'arrogance avec laquelle il avait pu faire entendre ses menaces, ne vit pas sans inquiétude les préparatifs de son frère. Il chercha à détourner l'orage et proposa un accommodement pacifique. Ludwig , toujours plus indifférent pour la vie, et toujours plus occupé de ses pensées h l'éternité , reculait également devant la guerre, parce qu'il ne pouvait plus la faire. Des négociations furent donc entamées. Pendant qu'elles se suivaient , le roi fut saisi d'une maladie dangereuse , et il mourut avant qu'on fût arrivé à une conclusion. Ludwig, le premier roi de tous les peuples teutschs, expira le 20 août de l'an 876 , à Francfort , fatigué et rassasié de la vie. Son corps fut solennellement enseveli dans le couvent de St-Nazairc à Lauresheim.

LE TELTSCHLASD SOIS LES F[LS DE LUDWIG , KARLMANN, LUDWIG ET KARL. — MORT

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